La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Communiqué des occupants de la FÉMIS  28/04/2016

© Fémis.
Nous, étudiants d’art en lutte, occupons actuellement la Fémis. Tout comme les intermittents occupent les théâtres nationaux, en tant qu’étudiants nous occupons, cette école du Ministère de la Culture. Loin de vouloir nous enfermer dans l’école, nous cherchons au contraire à en ouvrir toutes les portes à tous les étudiants d’art qui souhaiteraient lutter avec nous. Nous affirmons ainsi notre solidarité avec la mobilisation en cours qui prend feu dans les centres dramatiques nationaux et qui demain, prendra la rue.

Depuis plusieurs jours, des représentations ont été annulées, des théâtres occupés, suite à l’intervention des intermittents, étudiants, précaires, cheminots, etc. Sept théâtres publics (le Théâtre de l’Odéon, la Comédie-Française, le Théâtre National de Strasbourg, les Centres Dramatiques Nationaux de Caen, Bordeaux, Lille et Montpellier) sont actuellement occupés en attendant la fin des négociations concernant l’assurance chômage.

Depuis dimanche, nous souhaitons nous réunir à l’Odéon. Ce soir encore, en ce mercredi 27 avril 2016, les manifestants, réunis devant le théâtre, ont été gazés. Les portes refusent toujours de s’ouvrir.

Nous exigeons le retrait immédiat des forces de police qui entourent honteusement ce théâtre. Nous refusons que les espaces publics et les lieux de culture soient changés en arènes : nous ne sommes pas de la chair à matraques.

Nous appelons l’ensemble des étudiants en arts à descendre massivement dans la rue, ce jeudi 28 avril, aux côtés des salariés, intermittents, précaires, étudiants pour la défense de notre régime, contre la loi Travail, et en solidarité à tous les précaires.

Rendez-vous pour départ groupé de la Fémis (6, rue Francœur, Paris 18e) à 13 h.

Des étudiants d’art en lutte de :
ERAC / LOUIS LUMIERE / FEMIS / ENSATT / CRR de Lyon / CRR d'Aubervilliers / Conservatoire royal de Liège / Cours FLORENT /UFR arts plastique et cinéma de Paris 1 / Paris 3 / Paris 8 / Paris 10 / EDT 91 / Ateliers du SUDDEN / CNSAD /
Claude Mathieu / ESEC /Conservatoire des 10ème, 6ème, 11ème, 14ème, 17ème, 18ème, 19ème arrondissements / Laboratoire de l'acteur / L'école du Jeu / 3 IS /
Les élèves comédiens de la comédie française / Le CFA des comédiens / ESAD /
La comédie de Saint Etienne / Les gobelins / Le centre des arts de la scène /
Le centre des arts vivants / Les Beaux Arts d'Angoulême / Les Beaux Arts de Poitiers / Les Beaux Arts de Nancy. Les Gobelins. Et des jeunes intermittents.
La Rédaction

Nouveau commentaire :





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

FAB 2019 "Concours européen de la chanson philosophique" La philosophie mise en musique dans un dispositif à faire kiffer "l'euro-vision"

Massimo Furlan, performer suisse mâtiné d'Italien, était dans ses jeunes années fan de l'Eurovision, de ses paillettes éblouissantes et de ses bluettes sentimentales réunissant joyeusement sa famille autour du petit écran. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est la grande avant-scène du Carré qui le projette sous les sunlights en splendide ordonnateur - flanqué d'une superbe créature en robe lamé - de deux soirées "enchantées" dédiées à une vision de notre Monde. Comme quoi divertissement populaire et réflexion de pointe peuvent rimer ensemble…

FAB 2019
Reconstituant somptueusement le décorum kitsch du concours de l'Eurovision ayant à jamais impressionné ses premières émotions artistiques, le performer semble jubiler en détournant "sérieusement" le répertoire d'origine pour proposer un récital de onze chansons dont l'écriture a été confiée par ses soins à des philosophes, sociologues et autres chercheurs sachant penser le monde. L'interprétation de ces textes métaphoriques revient à des artistes costumés de manière délirante, projetés en direct par un vidéaste décuplant leur truculente présence scénique sur les notes d'un orchestre en live.

Quant au Jury réuni sur une singulière estrade roulante dénotant avec sa "notabilité", il est composé d'éminents professeurs d'université et sommités intellectuelles se prêtant avec grâce et bonheur au jeu de leur interprétation avant d'attribuer leur note. Le public - le genre l'impose - est sollicité en permanence afin de faire entendre également "sa voix" captée par un "votaton" chargé d'enregistrer le volume d'applaudissements attribué à chaque candidat.

Yves Kafka
15/10/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019