La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Vadym Kholodenko, le grand pianiste à Paris

Médaillé de plusieurs concours prestigieux, le pianiste Vadym Kholodenko se produit le 30 novembre Salle Gaveau avec un programme cent pour cent russe dans lequel sa personnalité inclassable devrait faire merveille



© DR.
© DR.
Né en 1986 à Kiev (alors en URSS), le pianiste revient à Paris pour un unique récital consacré à Tchaïkovski, Rachmaninov et Scriabine. Un concert qui devrait confirmer l'importance et l'originalité de cet artiste déjà consacré sur la scène internationale. Médaillé d'or en 2013 du fameux Concours Van Cliburn aux USA, entre autres éminentes distinctions, la personnalité artistique de Vadym Kholodenko a marqué public et critique dès ses treize ans alors même qu'il était issu d'un milieu éloigné de la musique. Il poursuivit par ailleurs sa formation au Conservatoire supérieur Tchaïkovski de Moscou avec Vera Gornostayeva.

Depuis, son jeu subtil et cependant puissant, sa riche vie intérieure entrevue parfois en des prestations sur le fil, entre retenue et déchaînement, n'a cessé d'attirer louanges et comparaisons élogieuses avec d'illustres prédécesseurs pour la recréation d'œuvres qu'on croyait rebattues. Vadym Kholodenko s'est en outre illustré dans les répertoires contemporain et jazz. Il a déjà plusieurs fois tenté l'aventure du duo en musique de chambre, ne cessant au fond de vouloir repousser l'horizon attendu d'une carrière de soliste.

© Ira Polyarnaia.
© Ira Polyarnaia.
Après Londres, et pour ce récital Salle Gaveau, il donnera la Grande Sonate en sol majeur (opus 37) de Tchaïkovski dont le caractère ardu ne devrait pas pour autant menacer ce grand peintre de fresques du péril de la "sécheresse" (défaut possible, comme le reconnaissait Piotr Ilitch lui-même). Puis les Préludes de Rachmaninov (l'opus 3 et l'opus 23) lui seront l'occasion de montrer sa virtuosité transcendante (n° 2 et 7) et sa maîtrise inspirée de pièces aux climats expressifs divers.

Enfin il offrira deux œuvres incontournables d'Alexandre Scriabine avec le Poème Satanique opus 36 (cette sonate miniature de 1903) et sa Sonate n°5 (opus 53). Du compositeur adepte de la théorie synesthésique, élève de N. Zverev en même temps que Rachmaninov, le pianiste saura sans nul doute évoquer le mysticisme comme les beautés d'une écriture harmonique originale. De ces œuvres au programme, pour certaines gravées par le pianiste chez Harmonia mundi, on ne saurait augurer ni de l'ampleur ni du profond renouvellement - car quelle expérience plus bouleversante que le concert vivant ?

Concert le 30 novembre 2018 à 20 h 30.

Salle Gaveau.
45-47, rue de la Boétie, Paris 8e.
Tél. : 01 49 53 05 07.
>> sallegaveau.com

© DR.
© DR.

Christine Ducq
Mardi 27 Novembre 2018

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019