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RV du Jour

TED interprète "Poil dans la main", un hommage confiné à Jacques Higelin

Voilà déjà deux ans que le Grand Jacques nous a quitté, heureux sans doute de ne pas avoir à être confiné. Sourire malicieux et humour incisif, il aurait sans doute su prendre la situation actuelle avec humour et détachement mais son grand cœur n’en aurait pas été moins touché, meurtri. C'est donc sous forme de clin d'œil que cette reprise de "Poil dans la main"* nous est livrée sans prétention par Ted et Noémie Chevaux.



On y découvre le texte d’origine agrémenté de quelques images qui, subtilement ou pas, nous font réfléchir à la gestion de tout ça… à tous ces discours… et pose la vraie question de la légitimité et d’une certaine compétence.

© DR.
© DR.
Cette adaptation est le préambule d’un single en préparation qui devrait sortir dans les semaines à venir. Ce clip vidéo est pour TED le moyen d’apporter un peu de sourire et de bonne humeur en cette période tendue. Mais chasser le naturel n’est jamais chose simple avec TED et il était difficile de ne pas le laisser reprendre le dessus en distillant quelques piqures de rappel sur ce qu’il pense de la situation actuelle.

Multifacette et charismatique, Ted est un artiste qui porte un regard acidulé sur la grisaille environnante et éprouve un besoin viscéral de le partager avec les autres. Noémie Chevaux, électron libre rafraîchissante, est à la fois le petit ange et le diable sur son épaule… Et quand il se plaint, elle en rajoute ! Elle est sa muse et ensemble ils s’amusent et transforment le quotidien le temps d’une chanson.

"TED" est un duo, en collaboration avec Noémie Chevaux au chant et aux claviers, qui se dévoile d’abord en concert, livrant ses tranches de vies dans un véritable échange intimiste avec le public, tantôt acoustique et poétique, tantôt électrique et brute. Il met le doigt là où ça chatouille et parfois là où ça démange.

*Titre paru sur l’album "Tombé du ciel" sorti en 1988.

À découvrir sur Spotify, en attendant la suite, "Mi amor", un album de 11 titres de 2014.

Chant, Guitare : Noémie Chevaux, Ted.
Guitare : Ted.
Basse : Le bassiste mystère.
Batterie : Ced Machi.

>> webdeted.com

Copyright @ EMI Group.
Production : www.tryanddyerecords.com.

Gil Chauveau
Samedi 25 Avril 2020

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Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

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Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

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Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020