La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Retour à la Maison Ronde pour le Philharmonique de Radio-France

Pour la saison 2014-2015, l'un des plus fameux orchestres français rentre à la Maison de la Radio avec l'inauguration après travaux de deux grandes salles : le Grand Auditorium et le fameux Studio 104. Cette inauguration aura lieu du 14 au 16 novembre avec une série de concerts comprenant l'ensemble des formations musicales maison. L'occasion ici de dérouler l'excellent programme de la dernière saison du directeur emblématique du Philharmonique Myung-Whun Chung.



Mikko Franck © C. Abramowitz.
Mikko Franck © C. Abramowitz.
C'est en effet après quinze années de bons et loyaux services que le directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Radio France Myung-Whun Chung se retirera et passera la baguette au jeune chef Mikko Franck en septembre 2015. Une année pas comme les autres pour un orchestre qui jouit désormais de la reconnaissance internationale et considéré comme l'une des meilleures formations grâce au travail effectué dans cette dernière décade. Mikko Franck dirigera également cinq concerts à Paris dès cette saison et "Carmen" avec le Philhar à Orange en août 2015.

Fini la salle Pleyel. Comme les autres formations de Radio France, l'Orchestre Philharmonique va jouer au Grand Auditorium totalement refait sur le modèle de la Philharmonie de Berlin (avec la musique au centre et le public tout autour), doté d'une capacité de 1461 places et d'une acoustique ultra pointue. Demeurent évidemment les tournées et les concerts hors les murs.

OPRF - Salle Pleyel © Jean-François Leclercq.
OPRF - Salle Pleyel © Jean-François Leclercq.
Justement, l'orchestre et son chef sont attendus au printemps 2015 à la Philharmonie berlinoise et au Musikverein de Vienne. Nous les verrons aussi le 26 janvier 2015 à la nouvelle Philharmonie de Paris pour une création française du Concerto pour violon de Pascal Dusapin ou au Festival de Saint-Denis en juin avec, au programme, le "Requiem" de Verdi, entre autres. Citons encore le traditionnel Festival de Radio France à Montpellier en juillet et "Otello" de Verdi aux Chorégies d'Orange avec Roberto Alagna début août 2015. Tous ces concerts étant dirigés par le plus français des chefs coréens Myung-Whun Chung.

L'orchestre va inaugurer toute une série de nouveaux rendez-vous concoctés par Radio France afin d'élargir son offre et son public. Outre les traditionnels concerts de 20 heures, un concert Expresso d'une heure se tient à 19 heures. Des concerts "Mardis Voix" et des parcours "Découvertes" autour d'un compositeur sont proposés. La musique contemporaine n'est évidemment pas oubliée avec la création d'une vingtaine d'œuvres de compositeurs aussi différents que Benjamin Attahir, Philippe Boesmans, Anthony Cheung, Philippe Hurel et Bruno Montovani entre nombreux autres.

OPRF - Salle Pleyel © Jean-François Leclercq.
OPRF - Salle Pleyel © Jean-François Leclercq.
Et puis l'orchestre poursuit son compagnonnage avec Jean-François Zygel pour le cycle "Les Clefs de l'orchestre" en collaboration avec France Télévisions et Naïve dans le Grand Auditorium. Last but not least, le chef Daniel Harding et le violoniste Christian Tetzlaff seront en résidence avec l'orchestre à partir de janvier 2015 et ils entameront un cycle de concerts autour de Alban Berg et Ludwig van Beethoven. Le jeune chef Lionel Bringuier, complice du Philharmonique depuis 2008 et nouveau directeur musical de l'Orchestre de la Tonhalle de Zurich, offrira en outre un répertoire dédié à Brahms et Dvorak avec le pianiste François-Frédéric Guy et le violoncelliste Daniel Müller-Schott. Beaucoup d'autres habitués de l'orchestre comme Ton Koopman sont encore attendus cette saison. Rendez-vous avenue du Président Kennedy dans la Maison Ronde avec le Philharmonique !

Programme complet et concerts :
Concerts de Radio France, 01 56 40 15 16.
116 avenue du Président Kennedy 75016.
>> radiofrance.fr

Tous les concerts sont retransmis sur France Musique.

Christine Ducq
Jeudi 6 Novembre 2014

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique




    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021