La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
RV du Jour

"Oblomov", l'Hikikomori de la littérature russe !

Dorian Rossel, portrait d'un artiste : Épisode 2

Deuxième épisode en compagnie de Dorian Rossel avec presque simultanément trois spectacles à l'affiche. Dans cette partie de l'interview, nous parlons encore de la pièce "Oblomov" d' Ivan Gontcharov. Or, la question est simple : en quoi cette œuvre (majeure) du XIXe peut-elle encore intéresser la jeune génération ?



"Oblomov" © Erika Irmler.
"Oblomov" © Erika Irmler.
Chez Dorian Rossel, quand les personnages tentent d'être mis à la verticale alors qu'ils essaient de se tenir droit (comme dans "Quartier lointain"), ils se retrouvent vite à l'horizontale. "Oblomov" d'Ivan Gontcharov, petit chef-d’œuvre de la littérature russe, raconte un personnage de haut rang enfermé dans une telle inertie qu'il décide de ne plus en sortir.

En revendiquant le droit de dormir, cet antihéros du XIXe est à l'origine d'un phénomène social de plus en plus répandu au Japon et dans le monde : l'Hikikomori. Sous la pression sociale, des jeunes trouvent refuge dans leur chambre et peuvent y rester sans en sortir durant plusieurs années. Cette réaction dont nous n'avons pas encore étudié tous les contours fait peur car se répand de plus en plus.

Est-ce d'ailleurs un hasard si Joris Mathieu ("Hikikomori Le Refuge") et Fabrice Murgiat traitent des mêmes thématiques sur la scène française ? N'avons-nous d'ailleurs pas tous une part d'Oblomov en nous ? Ah oui, ces "choses" auxquelles on n'a pas toujours accès et dans lesquelles on aimerait parfois se blottir...

Générique de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

>> Écouter la première partie
Deuxième Partie >>
dorian_rossel,_partie_2.mp3 Dorian Rossel, partie 2.mp3  (2.08 Mo)


"Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir"

© Pascal Gély.
© Pascal Gély.
D’après le film "La maman et la putain" de Jean Eustache .
Mise en scène : Dorian Rossel.
Avec : David Gobet, Dominique Gubser, Anne Steffens.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Assistante : Sandrine Tindilière.
Lumière et régie : Niells Doucet.
Scénographie : Compagnie STT.
Responsable technique Compagnie STT : Mathieu Baumann.
Costumes : Karine Vintache.
Durée : 1 h 30.

Du 5 au 31 janvier 2016.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30, relâche le dimanche 10 janvier.
Théâtre du Rond-Point, Salle Roland Topor, Paris 8e, 01 44 95 98 00.
>> theatredurondpoint.fr/

Tournée
2 février 2016 : DSN - Dieppe Scène Nationale, Dieppe (76).
4 février 2016 : L’ARC - Scène Nationale Le Creusot (71).
11 février 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).
13 février 2016 : Usine à Gaz, Nyon (Suisse).
19 au 21 février 2016 : ABC, La Chaux de Fonds (Suisse).
23 au 24 février 2016 : Théâtre du Pommier, Neuchâtel (Suisse).
25 au 27 février 2016 : Théâtre de Poche - Spectacles français, Bienne (Suisse).

"L’usage du monde"

"Oblomov" © Erika Irmler.
"Oblomov" © Erika Irmler.
D’après Nicolas Bouvier.
Mise en scène : Dorian Rossel.
Assistant à la mise en scène : Clément Lanza.
Avec : Delphine Lanza, Rodolphe Dekowski, Karim Kadjar, Anne Gillot et Jérôme Ogier.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Scénographie : Cie STT, Sibylle Kössler.
Costumes : Séverine Lustière.
Musique : Anne Gillot et Jérôme Ogier.

Tournée
22 au 23 mars 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).
5 au 9 avril 2016 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).
2 juin 2016 : Plein Tube, Meyrin (Suisse).
3 juin 2016 : Teatro Comico, Sion (Suisse).
4 juin 2016 : L’échandole, Yverdon-les-Bains (Suisse).
6 au 7 juin 2016 : Lancy (Suisse).
30 juin 2016 : Meyrin-les-Bains (Suisse).

"Oblomov"

D’après Ivan Gontcharov.
Adaptation théâtrale : Dorian Rossel et Carine Corajoud.
Mise en scène : Dorian Rossel.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Avec : Rodolphe Dekowski, Xavier Fernandez-Cavada, Elsa Grzeszczak,Jean-Michel Guerin, Fabien Joubert, Delphine Lanza et Paulette Wright.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Création musicale : Paulette Wright, Anne Gillot et Patricia Bosshard.
Scénographie et costumes : Sibylle Kössler et Clémence Kazémi.
Création lumière : Jean Grison et Luc Khiari.

Tournée
8 janvier 2016 : Salle CO2, Bulle (Suisse).
26 janvier 2016 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).
2 février 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).

Sheila Louinet
Mercredi 27 Janvier 2016

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives








À découvrir

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !

"Cabaret Louise", Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris

Reprise Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !
En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
22/01/2019
Spectacle à la Une

"Cassandra", cruauté et infinie tendresse pour conter le métier de comédienne

La chronique d'Isa-belle L

"Cassandra", C majuscule s'il vous plaît. Pas uniquement parce que c'est un prénom qui, aussi, introduit une phrase ou parce que c'est le titre du spectacle, mais parce que Cassandra, qu'elle soit moderne ici, mythique là-bas, mérite en capitale (C) cette jolie troisième lettre de l'alphabet à chaque recoin de mon papier. La lettre "C" comme Cassandra et comme le nom de famille de l'auteur. Rodolphe Corrion.

Deux C valent pour un troisième : Coïncidence. L'auteur, masculin, très habile répondant au nom de "Corrion" a écrit pour une comédienne à multiples facettes ce seul(e) en scène. Nous voilà à 3 C et trois bonnes raisons d'aller découvrir et applaudir ce spectacle mené de main de maîtresse par la comédienne Dorothée Girot. Jolie blonde explosive, sincère et talentueuse.

Inspiré du mythe de Cassandre, Rodolphe Corrion nous propose aujourd'hui, dans son texte à l'humour finement brodé, un personnage - Théodora -, comédienne enchaînant les castings avec peine, se retrouvant d'ailleurs en intro de spectacle, face à une conseillère Pôle Emploi. Excellent moment et monologue réjouissant. Théodora sent que quelque chose va se produire dans la vie de cette conseillère, quelque chose de… bah ! Oui. Il va se passer quelque chose… elle l'avait sentie, on ne l'a pas écoutée puis… la conseillère, elle ne l'a plus jamais revue.

Isabelle Lauriou
27/03/2019
Sortie à la Une

"An Irish Story" Une histoire des Irlandais, ces derniers bardes

"An Irish Story", Théâtre de Belleville, Paris

Son grand-père Peter 0'Farrel a disparu sans laisser d'adresse. Dans "An irish story", Kelly Rivière, la petite fille, est partie en quête puisque sa mère Margaret n'a pas voulu révéler le secret de la famille. Volubile, Kelly raconte sur scène ce qui devient vite, par elle et pour elle, une épopée. Don ou atavisme familial ? Au spectateur de décider mais il est comblé devant le collier de perles théâtrales qui lui est présenté.

Trimballé de Lyon à Dublin via Londres. Au départ, Kelly s'y prend un peu, faussement, gauchement, par un timide stand up mais l'histoire accroche. Il y a la personnalité de cet aïeul "so Irish" rejoignant étonnamment Londres pour reconstruire la ville dévastée par la guerre, qui a eu une fille, et a disparu comme bien d'autres… Disparus dans une mer d'alcool ? Peut-être… Que peut-on attendre de ces diables d'hommes, seuls garçons de fratries de filles (nombreuses) et eux–mêmes géniteurs de légendes…

À mesure que l'histoire avance, le récit devient dialogue. Le personnage est de plus en plus échauffé, de plus en plus passionné. Comme ébrié. Des paroles prises sur le vif, des personnages incarnés. Les accents à couper au couteau, ces îles de par delà la Manche ou le channel, de la mer d'Irlande Muir Éireann ou Irish sea, les rituels de la "cup of Tea", de la Guinness, la mère, les cousines, les voisins, le pub, tout y passe.

Jean Grapin
14/05/2019