La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
CédéDévédé

L'univers singulier, mélodique et hypnotique de Chine Laroche

Chine Laroche signe, avec son EP "On My Mind", un travail soigné, proposant des compositions d'une cohérence musicale évidente et d'une variété de styles marquée.



Auteure, compositrice et interprète talentueuse, elle fait preuve, dès ce premier disque, d'une maîtrise et d'une maturité artistiques certaine. C'est "un EP de piaule car j'ai tout fait dans ma piaule", jusqu'à la production, nous dit-elle.

C'est toutefois beaucoup plus que cela. De sa voix à faire fondre les sillons d'un vinyle, une atmosphère se dégage qui marie la musique électronique à du hip-hop, pour certains morceaux, où le texte de ses chansons reste pour elle très important.

Dans "Girl in Paris", Chine Laroche chante une fille perdue dans une ville remplie de murs. Ce n'est toutefois pas d'elle dont elle parle, venant de l'autre côté du périphérique, originaire de Choisy-le-Roi (94) et habitant en Seine-Saint-Denis (93). Du haut de ses vingt et un ans, elle s'interroge, dans ses paroles et devant nous, sur le sens du monde, sur ces relations happées par une technologie qui lie virtuellement les gens en les laissant seuls au bout du compte.

© DR.
© DR.
Ayant appris le piano, la guitare et la batterie au conservatoire municipal, elle a réussi à dépasser sa formation classique initiale pour se lancer dans son propre style musical qu'elle définit comme i["hip-pop aux influences électroniques"i]. Elle voit déjà loin et considère que son "EP n'est qu'un tout début" et prévoit d'autres compositions qui la mèneraient vers d'autres rivages musicaux. Une touche-à-tout qui promet, vu la qualité de ce "cinq titres" et de ses convictions. Elle s'est battue pour le sortir en entier et non morceau par morceau, ce qui aurait dénaturé, selon elle, son travail.

Celui-ci a une tonalité à la fois sobre, épurée où les sons sont variés, multiples, tel un entrelacement de différents tempos qui viennent accoucher d'un refrain entraînant comme dans "On my mind" qui a toutes les qualités d'un bon single. Le rythme oscille sur quelques contretemps et une voix qui bouscule le tout avec velouté, comme un chocolat qui fond en bouche.

Ses chansons sont basées sur une sensualité certaine portée par sa voix subtile, éthérée. Les percussions nourrissent la cadence par des tempos plus ou moins appuyés. Des titres comme "Dreamer" et "Break out" sont dans une atmosphère beaucoup plus aérienne notamment grâce aux claviers quand "Only thing I need" est dans une rythmique vocale hip-hop plus saccadée. C'est un disque avec différentes couleurs musicales, des sonorités venant d'horizons distincts, s'inspirant avec talent de diverses influences, puisées dans celles transmises par son père ou dans la richesse de ses écoutes personnelles. Un pur délice. Vivement la suite !

● China Laroche "On My Mind".
Coédition : Green United Music/Sylvie Hamon Éditions.
Distribution : Believe.
Sortie : 18 novembre 2016.
Écrit et composé par Chine Laroche.

20 janvier 2017 à 19 h.
Les Inouïs du Printemps de Bourges.
Gratuit sur invitation.
La Maroquinerie, Paris 20e, s : 01 40 33 35 05.
>> lamaroquinerie.fr

Safidin Alouache
Samedi 14 Janvier 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

FAB 2019 "Concours européen de la chanson philosophique" La philosophie mise en musique dans un dispositif à faire kiffer "l'euro-vision"

Massimo Furlan, performer suisse mâtiné d'Italien, était dans ses jeunes années fan de l'Eurovision, de ses paillettes éblouissantes et de ses bluettes sentimentales réunissant joyeusement sa famille autour du petit écran. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est la grande avant-scène du Carré qui le projette sous les sunlights en splendide ordonnateur - flanqué d'une superbe créature en robe lamé - de deux soirées "enchantées" dédiées à une vision de notre Monde. Comme quoi divertissement populaire et réflexion de pointe peuvent rimer ensemble…

FAB 2019
Reconstituant somptueusement le décorum kitsch du concours de l'Eurovision ayant à jamais impressionné ses premières émotions artistiques, le performer semble jubiler en détournant "sérieusement" le répertoire d'origine pour proposer un récital de onze chansons dont l'écriture a été confiée par ses soins à des philosophes, sociologues et autres chercheurs sachant penser le monde. L'interprétation de ces textes métaphoriques revient à des artistes costumés de manière délirante, projetés en direct par un vidéaste décuplant leur truculente présence scénique sur les notes d'un orchestre en live.

Quant au Jury réuni sur une singulière estrade roulante dénotant avec sa "notabilité", il est composé d'éminents professeurs d'université et sommités intellectuelles se prêtant avec grâce et bonheur au jeu de leur interprétation avant d'attribuer leur note. Le public - le genre l'impose - est sollicité en permanence afin de faire entendre également "sa voix" captée par un "votaton" chargé d'enregistrer le volume d'applaudissements attribué à chaque candidat.

Yves Kafka
15/10/2019
Sortie à la Une

"Si Hoffmann était conté" à la Salle Gaveau

La Croisade Lyrique, créée en 2018 par Thierry Dran, propose un nouveau spectacle, "Si Hoffmann était conté", à la Salle Gaveau le 10 décembre 2019. Un spectacle en forme d'enquête musicale à voir à partir de dix ans.

La Croisade Lyrique entend emmener en tournée et populariser des opéras et opérettes revisités pour raconter le monde d'aujourd'hui de façon comique et poétique et, ce, à destination d'un large auditoire. En décembre, c'est Jacques Offenbach qui sera à l'honneur à Paris à l'occasion du bicentenaire de sa naissance. Désacraliser le genre lyrique étant un des objectifs de la Croisade Lyrique, ce nouveau spectacle entend mettre le poète et nouvelliste E. T. A. Hoffmann - protagoniste romantique du seul opéra d'Offenbach - au cœur d'une enquête écrite et mise en scène par Thierry Dran, un talentueux chanteur lyrique des années quatre-vingt que les amateurs du grand art n'ont pas oublié.

Avec quatre ténors, deux sopranos, un chœur d'enfants et une marionnette accompagnés du pianiste Emmanuel Massarotti, la proposition de Thierry Dran entend percer le mystère (grâce à un inspecteur très spécial) du poète allemand tel qu'on le connaît comme artiste et tel qu'il est dessiné dans l'opéra d'Offenbach - un compositeur qui dut prendre plus de vingt ans pour l'écrire sans jamais pouvoir en livrer une version définitive.

Christine Ducq
15/09/2019