La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

Festival de Royaumont 2012 : Une saison musicale royale !

Pour son édition 2012, la Saison musicale de l’Abbaye de Royaumont est d’une richesse vraiment royale. Dans un lieu exceptionnel, huit week-ends du 25 août au 14 octobre sont consacrés à la musique, à la danse, à des expériences étranges et vont vous consoler de la fin de vos vacances !



Il canto di Orfeo © Lelli-Masotti.
Il canto di Orfeo © Lelli-Masotti.
À quelques dizaines de kilomètres de Paris, dans le Val-d’Oise, s’élève une superbe abbaye fondée par Saint-Louis au XIIIe siècle. Un joyau au cœur d’une si belle nature qu’elle fit rêver Jean-Jacques Rousseau. Cette abbaye cistercienne revit tous les automnes grâce à ce festival réputé et vous invite à de belles promenades - et au voyage.

En effet, la Fondation qui s’occupe de ce monument royal depuis 1964 abrite le "Centre International pour les artistes de la musique et de la danse". Huit ensembles en résidence - chœur, ensemble instrumental, orchestre, chanteurs, etc - participent à un programme de recherche et de création centré sur les musiques anciennes et contemporaines. Leur travail est donc présenté à l’abbaye, en compagnie d’artistes confirmés et de personnalités variées (tel l’écrivain Yannick Haenel).

Ensemble Correspondances © Bertrand Cuiller.
Ensemble Correspondances © Bertrand Cuiller.
Pour le public du Festival, les samedis thématiques et les dimanches éclectiques seront bien remplis : de nombreux rendez-vous rythmeront d’heure en heure la visite. Des rencontres, des concerts, des conférences, des ateliers pour les enfants, des installations sonores, des chorégraphies : les visiteurs seront comblés. Des voyages dans la Rome du XVIIe siècle, dans l’Italie et la Bosnie médiévales, dans le Paris de Claude Debussy, entre autres, sont proposés chaque semaine. Les amateurs de sensations inédites ne sont pas oubliés : par exemple, vous êtes invités ce dimanche 26 août à vous baigner sur "Une plage à Royaumont" avec la chorégraphe Catherine Contour et quatre-vingts autres "spectateurs-baigneurs" ! Tenue de bain exigée !

De Marc-Antoine Charpentier à Andréi Tarkovski, de Guillaume de Machaut à George Ligeti, ce sont les croisements artistiques et le grand répertoire musical qui sont donc au rendez-vous. Et nouveauté, on peut désormais passer un week-end entier à Royaumont : manger, dormir sur place, visiter les jardins médiévaux dans un cadre somptueux. Une édition qui s’annonce passionnante. Je vous en reparlerai ici-même.

Renseignements, programme, tarifs et réservations :
Sur le site : www.royaumont.com
Par téléphone : 01 34 68 05 50.

Christine Ducq
Vendredi 24 Août 2012

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique




Partenariat



À découvrir

"Underground" Éloge du risque amoureux

L'amour comme les angelots n'a pas de sexe. Même les amours les plus charnels, les plus dévastateurs, les plus profonds, les plus troublants. Oui, c'est étrange d'énoncer cela. Mais c'est ici le propos central d'"Underground". Underground, le métro en anglais, et plus symboliquement ici, telle l'image des entrailles sinueuses et enfouies de l'être intime, là où dorment les désirs cachés, indiscrets, inavouables, mais surtout les désirs inconnus et les peurs.

"Underground" explore cette faille des êtres humains, que l'ordre établi, la conscience et la puissance de l'éducation morale dissimulent pour que les normes sociales dominent. La jeune femme, interprétée avec une sensibilité troublante par Clémentine Bernard, seule sur scène, semble pourtant extrêmement classique, anodine, assise dans sa rame de métro. Mais c'est son discours intérieur qu'elle nous partage alors, une voix grâce à laquelle elle va nous emporter vers l'histoire qui l'attend et l'émotion qui va faire résonner son corps, de sa peau jusqu'au plus profond de son être.

Le début du texte la saisit au moment de sa rupture avec l'homme convenable et convenu que la vie lui destinait. Une vie normale, faite de projets d'enfants et de vacances, faite d'un quotidien bien balisé, d'un ordinaire applaudi par tous : familles, amis, rencontres. Une ouverture qui semble comme le début d'un exil obligé. Elle a perdu ce conventionnel qui l'habillait comme une armure. Elle est égarée dans ce métro comme dans un dédale sans issue.

Bruno Fougniès
11/01/2022
Spectacle à la Une

Piquer en plein cœur au théâtre La Flèche, Paris, Jeudi 6 Janvier, 21 heures…

Comment démarrer cette chronique ? Par une citation ? "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", Lamartine. Oui ! Qu'en dirait Laurent Orry ?

© Fabien Montes.
Ah ! Oui. Laurent Orry, c'est l'acteur impeccable vêtu d'un vieux manteau usé et poussiéreux qui, pendant 1 h 15, déploie toute sa force, son énergie mais surtout sa palette d'émotions au service de ce délicieux texte écrit par Alessandro Baricco : "Novecento".

Il interprète Tim Tooney, trompettiste, qui pendant plusieurs années jouera aux côtés de son grand ami Novecento, pianiste génial et hallucinant dont les notes dépasseront même l'océan !

Novecento est donc le héros. C'est dans un carton à chaussures déposé sur le piano de la salle de bal d'un paquebot que Novecento commence sa vie, recueilli par un homme d'équipage… et c'est là que démarre l'histoire.

Et ! Quand Novencento rencontre Tim Tooney, comme une tempête en pleine mer, la secousse est grande, les oreilles agitées et le regard fixe pour ne rien manquer de ce spectacle de vague… à l'âme…

Si ! Car le cœur de Tim Tooney est lourd de peine quand il repense à son ami disparu qui jamais n'avait de son vécu touché la terre ferme. Novecento, sa vie, c'était le paquebot, la mer, les visages des voyageurs entre l'Europe et l'Amérique qui l'inspiraient et ont fait de lui un virtuose mais aussi un homme perdu au milieu de l'océan qui n'a jamais su d'où il venait, qui il était et, de la terre ferme, en a développé une vraie névrose.

Isabelle Lauriou
10/01/2022
Spectacle à la Une

"Fragments" d'Hannah Arendt Du 5 au 8 février 2022 à l'Espace Rachi

Bérengère Warluzel et Charles Berling nous invitent, à travers les mots d'Hannah Arendt, à aimer cette faculté inhérente à la nature humaine : penser. Non, penser n'est pas réservé à une élite, bien au contraire. Penser peut être une aventure joyeuse pour chacun, en plus d'être une jubilation et un enthousiasme qui se partagent.

© Vincent Berenger/Châteauvallon-Liberté - Scène Nationale.
"L'essentiel pour moi, c'est de comprendre : je dois comprendre", dit Hannah Arendt. Au fil de ses textes philosophiques et politiques, mais aussi, et c'est moins connu, ses escapades poétiques, Hannah Arendt a construit une œuvre singulière et inclassable. Bérengère Warluzel y a plongé, en a choisi ces Fragments qui résonnent particulièrement aujourd'hui.

Une table, des chaises, les notes d'un piano… ce n'est pas une biographie, mais un parcours ludique, une traversée partagée et qui ouvre l'accès à la liberté de penser pour soi-même autant qu'à une volonté de comprendre en tant que citoyen et citoyenne dans le monde que nous habitons.

Celle qui voulait avant tout "penser sans entraves" s'adresse à nous et nous invite à penser avec elle.

"La pensée (…), conçue comme un besoin naturel de la vie (…) n'est pas la prérogative d'une minorité, mais une faculté constamment présente en chacun de nous."
François Rodinson.

Annonce
14/01/2022