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Trib'Une

"Des femmes ? Vous dites ? Des femmes pour jouer Cyrano ? Ce siècle moderne… me fascine" Signé IL

La chronique d'Isa-belle L

Trois précieuses au Théâtre du Funambule…
Trois gracieuses dansent sur les mots d'Edmond Rostand…
Trois petites merveilles se délectent des Alexandrins et composent des personnages truculents.
Elles, au pluriel, s'amusent et gesticulent…



© Filipe Roque.
© Filipe Roque.
Trois femmes, acrobates de la rime, nous offrent un grand "Cyrano."
Pas chorégraphiés, corps animés, personnages totalement habités.
Maquillées, masquées, costumes colorés et chevelure digne d'une reine de beauté !
Christian, Ragueneau, Le Bret, Roxane et Cyrano !
Sans oublier le nez ! Tout nous est servi sur un plateau.

Ce trio est remarquable parfaitement mis en scène dans un décor complètement aéré pour mieux respirer. Quelle chance quand il est question de nez !

Éclairage d'époque, bougies, accessoires suffisants pour accompagner ces dames.

Musique et sonorités choisies impeccables.

Que dire de plus . Si ce n'est de se rendre en métro, tram, RER ou bus au théâtre du Funambule admirer ses déesses de finesse s'emparer de la sorte, avec toute leur féminité, du destin de Cyrano.

© Filipe Roque.
© Filipe Roque.
Les comédiennes échangent les rôles, toutes jouent leur partition. Les mimiques sont appliquées et il y a un parti pris humoristique qui allie poésie et ludique. Le nez ! Oups… le pied !

À l'heure où les textes classiques font grise mine, comme le temps de ce début d'automne, il n'y a pas plus beau spectacle à se mettre sous la dent car on en sort content, souriant et très causant. Parler d'une pièce à chaud, c'est important ! Se souvenir d'une prestation après quelque temps, c'est rassurant, et encourager ce trio de comédiennes aux multiples talents m'est très plaisant.

Pour conclure, je finirai avec ces quelques mots d'Edmond Rostand, empruntés à une autre de ses œuvres (Les Musardises) : "Oh ! Les yeux, les beaux yeux des femmes ! Que de choses nous y voyons !".

En effet ! Ce spectacle est grand, beau et bon ; à travers trois femmes qui, par leur talent, donnent raison à Edmond Rostand.

"Cyrano"

© Filipe Roque.
© Filipe Roque.
Texte : Edmond Rostand.
Mise en scène : Bastien Ossart.
Avec : Iana-Serena de Freitas, Lucie Delpierre, Nataly Florez en alternance avec Marjorie de Larquier.
Une production Théâtre Les Pieds Nus & Le Funambule Montmartre.
Durée : 1 h 40.

Du 9 octobre au 12 décembre 2019.
Du mercredi au samedi à 19 h ou 21 h (en alternance), dimanches à 17 h 30.
Théâtre le Funambule Montmartre, Paris 18e, 01 42 23 88 83.
>> funambule-montmartre.com

Isabelle Lauriou
Mercredi 9 Octobre 2019

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"Le Frigo" de Copi mis en scène par Clément Poirée

Captation intégrale Voici aujourd'hui une proposition du Théâtre de la Tempête, "Le Frigo", une création qui fut la première partie d'une aventure théâtrale intitulée "Dans le frigo" de Clément Poirée et présentée en ouverture de saison en septembre et octobre 2019.

"Un frigo, c'est la boîte du prestidigitateur la plus élémentaire quand on n'a pas de moyens", nous dit Copi. Exilé à Paris dans les années soixante, l'auteur et dessinateur franco-argentin est une figure emblématique et déjantée de la scène et de l'affirmation du mouvement gay. Atteint du sida, il se sait déjà condamné en 1983 lorsqu'il écrit "Le Frigo". "Je n'ose pas l'ouvrir. J'ai peur d'y trouver le cadavre de ma mère", confie L., le personnage principal. Qu'y a-t-il dans le frigo, dans nos frigos ?

"Macbeth" de Shakespeare et "Les Bonnes" de Jean Genet nouent à mes yeux des correspondances profondes et, tout comme "Le Frigo" de Copi, dévoilent, chacune à sa manière, nos monstres intimes, nos désirs les plus noirs, nos ressources les plus puissantes. Je cherche à tisser les liens sensibles qui font de ces trois pièces un seul spectacle et un seul parcours vibrant pour les spectateurs : un cheminement dans les recoins inavouables de nos âmes, à la recherche de ce qui est dissimulé, enseveli dans nos cœurs, scellé dans nos frigos intérieurs. Un parcours imprévisible, lui-même monstrueux. Clément Poirée.

Gil Chauveau
30/03/2020
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Pour cette nouvelle saison, Alexandre Prévert vous propose un voyage dans le temps et dans l'Histoire à travers les rêves d'amour de Verlaine et de Liszt, les rêves de révolution de Beaumarchais et de Mélenchon, le rêve d'égalité de Martin Luther King ou encore le rêve d'un nouveau Monde partagé par Gérard et Christophe Colomb !

Sur votre route, vous pourrez également croiser Mozart, Apollinaire, Leonardo DiCaprio, Renaud, Schubert, Montaigne, Booba et Kaaris, Chopin, et même Napoléon III dans un Airbnb...

Alors, où sont passés vos rêves ?

Gil Chauveau
27/03/2020
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"Comment va le monde ?" de Marc Favreau, mise en scène de Michel Bruzat, avec Marie Thomas

Captation intégrale Proposée par RBD Productions, le Théâtre de la Passerelle (Limoges) et le Théâtre Les Déchargeurs (Paris), "Comment va le monde ?" a été filmé en 2017 dans ce théâtre parisien. Il s'agit d'une création de Marie Thomas permettant de découvrir les textes et de rendre hommage à Sol, le clown clochard imaginé et interprété pendant plus de quarante ans par le québécois Marc Favreau (1929-2005).

Parce qu'il a toujours eu envie de protéger la terre, Sol, pétrisseur, jongleur de mots, à la diatribe philosophique et humoristique, s'évade. Lui, il n'a rien, ce clown naïf nous fait partager sa vision du monde, il joue avec les maux/mots de la terre. La grande force de Sol, c'est de n'être rien, ça lui permet de jouer à être tout. Simplicité, liberté, folie, note bleue mélancolique dans les yeux.

"On est tous Sol seul au fond de soi et qu'il est le pôvre petit moi de chacun. Il se décarcasse pour que la vérité éclate. Il n'a pas d'amis, rien que des mots, il débouche sur la poésie pure. Liberté.

"Il est le plus petit commun dénominateur, c'est-à-dire qu'il a en lui, quelque chose de chacun de nous. Tout le monde finit par se reconnaître en lui. Pourquoi ? Un exemple de qualité, sans emphase, sans ostentation, avec humilité. Il insuffle au langage une énergie. Poète philosophe, médecin de l'esprit, menuisier, jardinier, autodidacte. Dans une époque secouée par toutes sortes de crises, cultivé, il transcende avec un grand éclat de rire. As du cœur, poète, rêveur, il rejoint le clown et l'Auguste. On s'enrichit à son contact. Enfant, il va jusqu'à l'absurde et dissèque ce petit peuple de tous les jours. Ce n'est pas une mise en accusation mais un constat témoin, malin. Il pose les questions, soulève des interrogations. Il est plus que jamais nécessaire de faire entendre les mots de ce clown/clochard, humaniste, qui nous parle de l'état de la planète, de la consommation.

"Et Marie Thomas lève la tête comme si le ciel lui parlait. Elle ne ressemble à personne, c'est fou comme j'aime. J'aime sa gaieté et sa mélancolie, ce vide et ce plein en elle. Un clochard aux traits d'un clown triste s'en va faire son "parcours" au milieu des mots. Il recrée tout un langage qui distrait le quotidien de sa banalité. Il dissèque la société et ses multiples aveuglements. Un marginal qui découvre le monde et le recompose avec humour. Tout est tourné en dérision avec délicatesse." Michel Bruzat, metteur en scène.

Gil Chauveau
26/03/2020