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"Crève-silence" de Nicolas Jules Grand Prix de l'Académie Charles Cros

"Crève-silence", dernier opus de Nicolas Jules, sortie en avril dernier, a obtenu l'un des Grands Prix Internationaux du Disque et du DVD 2017, section Chanson, décerné par l'Académie Charles Cros.



© Kobayashi.
© Kobayashi.
Une ambiance rock travaillée, élégante et sombre, où flottent quelques fines vapeurs épicées parfois déchirées par des riffs de guitare mordants, voire rugueux, habille "Crève-silence… au fil de 12 titres où plane, comme un discret point d'unité, une grâce légèrement désabusée mais à la fibre talentueuse.

La prose de Nicolas Jules est composé de dentelles poétiques où les ajours laissent percer des pensées mélancoliques d'aventures déçues ou d'états d'âme d'un clown triste en quête d'une réalité positiviste.

La voix très en avant, grave, pleine de reliefs, de tristesse retenue, se pose sur des arrangements solides et chaleureux, ciselés par une instrumentation équilibrée, entre des percussions inventives, des guitares accrocheuses et des claviers concis, efficaces et tout en harmonieuse légèreté.

Un grand prix qui récompense le travail d'un orfèvre de la chanson.

Pour mémoire.
Fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Académie Charles Cros défend la diversité musicale, veille à la préservation de la mémoire sonore, soutient la création, le développement de carrière des artistes, l'esprit d'entreprise et le courage des éditeurs graphiques et phonographiques.

● Nicolas Jules "Crève-silence"
Production : Nicolas Jules.
Label : Association Ursule.
Distribution : L'Autre Distribution.
Sortie : 28 avril 2017.

© David Desreumaux.
© David Desreumaux.
Nicolas Jules : paroles et musiques, guitares et voix.
Roland Bourbon : batterie, percussions.
Clément Petit : violoncelle, claviers, chœurs.
+
Béatrice Gréa : voix sur "Faon".
Alex Finkin : orgue, Fender Rhodes.

Quelques dates de Nicolas Jules en formation "trio" ou "solo".
8 février 2018 : en trio, Salle des Malassis, Bagnolet (93).
18 février 2018 : en solo, Espace Fauriaux, Flayat (23).
3 mars 2018 : en trio, Espace culturel des Corbières, Lézignan-Corbières (11).
9 mars 2018 : en trio, Théâtre Charles Trenet, Chauvigny (86).
10 mars 2018 : en solo, Le Jardin de ma sœur, Bruxelles (Belgique).
15 mars 2018 : en solo, MJC, Palaiseau (91).
16 mars 2018 : en trio, Salle Pierre Henon, Mably (42).
17 mars 2018 : en trio, Le Petit Duc, Aix-en-Provence (13).
25 mars 2018 : en trio, Théâtre de Poche, Bienne (Suisse).
31 mars 2018 : en solo, Saint-Jean-d'Angely (17).
>> Autres dates sur nicolasjules.com

Gil Chauveau
Lundi 11 Décembre 2017

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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018