Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
CédéDévédé

Beau geste : "Siam, au fil de l'eau", un superbe conte musical pour Noël

Projet solidaire et collectif, "Siam, au fil de l'eau", est le conte musical à offrir absolument à Noël. Un bijou (un magnifique livre illustré avec CD) conçu par l'Ensemble Contraste, entouré d'une pléiade de grands artistes de la scène et de la chanson, au profit de l'association Le Rire Médecin.



Dans les bacs depuis fin octobre, le conte initiatique "Siam, au fil de l'eau" est le dernier-né de l'Ensemble Contraste ; un bel enfant qui a vu le jour avec l'association Le Rire Médecin et les éditions Flammarion Jeunesse. Ce projet solidaire vise à créer d'abord un magnifique conte musical initiatique (avec 19 chansons) porté par de grands artistes tels Ariane Ascaride, François-Xavier Demaison, Sara Giraudeau et autres Gérard Jugnot, sans oublier Karine Deshayes, Juliette ou Albin de la Simone, et un bel album devant lequel rêver.

Réalisé pendant le premier confinement, l'album-cd est donc un rare objet à offrir absolument. Arnaud Thorette (alto, violon des Contraste, guitare basse) a écrit le conte ; Johanne Farjot, directeur artistique de l'ensemble, en a composé la musique (piano, claviers et programmation musicale) ; et, enfin, Olivier Latyk, illustrateur doué d'une centaine d'ouvrages pour la jeunesse, en a proposé (en 48 pages) une belle mise en images du grand voyage de Siam. Le résultat est tout simplement bluffant. Citons aussi les autres musiciens : Antoine Pierlot (violoncelle), Alban Sautour (basse), Jean-Louis Di Fraya (percussions, batterie) et Aurélien Naffrichoux (guitares) - tous indispensables.

Poésie intense des voix, du chant, d'une musique ciselée et lumineuse (créant les climats envoûtants des lieux et des aventures de Siam), et pouvoir évocateur des images pour faire vivre personnages et paysages (du Vietnam à l'Amérique) avec des dessins superbes, tout concourt à cette réussite. Une réussite au service non seulement des enfants grands ou petits qui écouteront (et regarderont) avec passion l'histoire de Siam, mais aussi au service de l'association Le Rire Médecin, qui fêtera ses 30 ans en 2021.

L'Ensemble Contraste, ici avec Rosemary Standley © Amelin Chanteloup.
L'Ensemble Contraste, ici avec Rosemary Standley © Amelin Chanteloup.
Petit rappel, l'association aide les enfants hospitalisés à jouer et à rire pour mieux affronter la maladie, en intervenant dans 48 services pédiatriques en France. Plus de 100 clowns-comédiens professionnels offrent chaque année près de 83 000 spectacles aux enfants, à leurs familles et aux soignants. Gérard Jugnot, Sara Giraudeau et François-Xavier Demaison sont les parrains - marraine de l'association. C'est donc tout naturellement qu'ils ont décidé de participer à ce beau projet.

Une bonne raison supplémentaire de se plonger dans la quête initiatique de Siam est que le voyage proposé est intrigant. Dans les années soixante-dix, cette petite fille née d'une mère vietnamienne (Lan incarnée par Sara Giraudeau) part à la recherche de son père, James (ancien GI américain) à San Francisco. Traversant les océans, accompagnée d'oiseaux bienveillants (Demaison, Jugnot, Ascaride) elle trouvera tout à la fois son destin et son père en devenant une grande chanteuse dans la comédie musicale paternelle. Évidemment, le parcours ne peut déboucher que sur cette belle conclusion : la musique est toujours salvatrice. Outre les artistes connus déjà cités, les lecteurs-auditeurs apprécieront les personnages joués ou chantés par Tim Dup (le père), Marie Oppert (délicieuse Siam), Vanille, Rosemary Standley (le Fleuve Mekong) et Yanowski (le Policier).

Très bel objet, et beau geste, il faut offrir et s'offrir "Siam, au fil de l'eau".

● Ensemble Contraste + invités "Siam, au fil de l'eau".
Genre : Livre CD.
Dès 6 ans.
Prix : 23,90 euros (un euro reversé au Rire Médecin par exemplaire vendu).
Format : 246 sur 308.
48 pages + dépliant + CD (1 h d'écoute).
Éditions Flammarion Jeunesse.
Sortie : 28 octobre 2020.

Christine Ducq
Lundi 23 Novembre 2020

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021