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Bazbaz… Dans l'urgence de l'amour… Manu Militari !

Sensualité mélodique ou mélodies délicieusement sensuelles, voix trainante, caressante… entraînante… Rythme langoureux, ondulant, chaloupant sur un groove soul ou reggae, voici quelques-unes des facettes des aubades amoureuses nouvellement concoctées par Bazbaz dans son nouvel opus, comme un appel à l'amour dans l'urgence, et avec force et humour… "Manu Militari" !



© DR.
© DR.
Trois ans après "Café", Bazbaz est de retour avec un nouvel album (le neuvième), "Manu Militari", léché à souhait et porteur de petites pépites musicales. À noter que, dans l'intervalle, il n'a pas chômé… puisqu'il en a profité pour poursuivre sa collaboration avec le cinéaste Pierre Salvadori pour qui il a composé la musique de son dernier film "En Liberté !"… Sa cinquième collaboration avec le réalisateur ! Et une superbe BO sortie dans la foulée en CD et en digital.

Mais revenons à "Manu Militari" pour lequel Camille Bazbaz a travaillé un peu différemment de tous ses autres disques en s'entourant de deux collaborateurs, Chet au service du texte et Feed pour ce qui est des arran­gements musicaux, particulièrement soignés. Bazbaz étant à ce moment-là plongé dans les compos du film de Salvadori, il réceptionnait le travail de ces deux copains qu'il peaufinait alors pour que les chansons créées lui collent parfaitement à la peau, à son esprit artistique, tant sur le phrasé, les harmonies que sur les accords.

Pour la partie technique studio finale, quatre titres ont été mixé par Marlon B (Brigitte, Juliette Armanet) et cinq par Alf (Phoenix, Thérapie Taxi), le tout masterisé par le grand Chab (Daft Punk, etc.). Résultat ? Un cocktail réussi mélangeant, avec subtilité et légèreté, une bonne dose de reggae bien cadencé, un soupçon de soul bienvenu, deux trois mesures funky groovy, le tout portant la voix sensible et chaude de Camille…

© Franck Hédin.
© Franck Hédin.
Si l'ensemble est porteur de neuf succès potentiels, quelques-uns nous trottent encore dans la tête dont "Comment t'oublier" au groove d'enfer. C'est entêtant à souhait, la ritournelle est bien là, menant le manège du libertinage joyeux et canaille : "… Tu aimes l'amour/L'amour n'a pas de loi/Les jours sont à lui/Les nuits sont à moi…". L'orchestration est limpide, aux petits oignons, avec des boucles mélodiques redoutables mais géniales ; et la voix est sensuelle, enivrante et dynamique, tout à la fois.

"Y'a plus de saisons", joyeux dépit saisonnier, nous offre un motif instrumental qui balance, qui swingue reggae… et incise un riff synthé qui vous rentre dans la tête, vous fait frétiller des neurones et flatte nos pavillons auditifs. Idem pour "Le boss" à la poésie minimaliste mais bourrée de punchlines ; ou encore "Not Limit", plus rock'n'roll, à vocation autobiographique : "… La peur n'évite pas le danger/J'arrive toujours pas à me ranger/Même si y'a des jours ou c'est limite… D’être toujours no limit…".

"Manu Militari" est un hymne à l'amour, marque de fabrique de Bazbaz, où l'expression militaire est détournée, où cette injonction guerrière est utilisée "… pour exiger d'urgence le bonheur, l'amour, une caresse, un baiser." Pour Bazbaz, l'amour, c'est celui qui s'échappe, facétieux, sur les chemins de traverse, sous toutes ses formes, libertaire, solitaire, heureux ou malheureux, souvent passionné ou impétueux. Et aujourd'hui "… consacrer un disque entier à l'amour, et crier sur les toits son envie de douceur, c'est déjà un acte politique, voire subversif."

● Bazbaz "Manu Militari"
Label : 22D Music Group.
Sortie : 15 mars 2019.

Tournée
4 mai 2019 : Festival Blizz'art, Ciral (61).
9 mai 2019 : Le Pédiluve, Châtenay-Malabry (92).
1er juin 2019 : La Manufacture, Saint-Quentin (02).
3 octobre 2019 : Salle Diff'art/Association Diff'art, Parthenay (79).
8 octobre 2019 : Train Théâtre, Portes-lès-Valence (26).
17 octobre 2019 : L'Archipel, Fouesnant (29).
12 novembre 2019 : Théâtre Victor Hugo, Fougères (35).
10 mars 2020 : La Bouche d'air, Nantes (44).
21 avril 2020 : Salle Nougaro, Toulouse (31).


Gil Chauveau
Mercredi 1 Mai 2019

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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