La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Concerts

12/01 et 16/02/2012, Théâtre des Champs-Élysées, Paris, "Prades aux Champs-Élysées"

Deux concerts exceptionnels de musique de chambre dans le cadre de la 19e édition de "Prades aux Champs-Élysées", coproduits par le Festival Pablo Casals à Prades et le Théâtre des Champs-Élysées... Un rendez-vous à ne pas manquer avec les chefs-d’œuvre de la musique de chambre.



François Salque, violoncelle © Nicolas Tavernier.
François Salque, violoncelle © Nicolas Tavernier.
Le Festival de Prades a été créé en 1950 par l’immense violoncelliste et compositeur Pablo Casals, sur les terres catalanes d’où était originaire cet inoubliable interprète de J. S. Bach. Il avait élu résidence dans cette petite ville de la Catalogne française en 1939. Ce Festival, dédié d’abord à Bach, a depuis longtemps élargi son répertoire et pris une dimension européenne et internationale. À partir du 25 février 2012, Michel Lethiec, son directeur artistique, et certains de ses solistes seront en tournée en Corée.

En attendant le 26 juillet 2012, date à laquelle débutera la 60e édition du Festival, les Français auront le plaisir d’entendre de grands interprètes au Théâtre des Champs-Élysées.

Programme du 12 janvier 2012 : Beethoven, Brahms, Mozart et une création française du "Duo Concertante per violino et contrabbasso" du compositeur polonais Krzysztof Penderecki. Cette pièce a été créée le 9 mars 2011 à Hanovre par la grande violoniste Anne-Sophie Mutter et elle sera donnée pour la première fois à Paris par le violoniste Olivier Charlier et le contrebassiste Jurek Dybal.
Programme du 16 février 2012 : Schumann, Mendelssohn, Haydn.
Des soirées donc à ne pas manquer !

Du 26 juillet au 13 août 2012.
60e Festival Pablo Casals, Prades (66), 04 68 96 33 07.
>> prades-festival-casals.com

Concerts les 12 janvier et 16 février 2012, à 20 h.
19e édition "Prades aux Champs-Élysées".
Les chefs-d’œuvre de la musique de chambre.
Théâtre des Champs-Élysées, Paris 8e, 01 49 52 50 50.
>> theatrechampselysees.fr

Michel Lethiec, clarinette © Josep Molina.
Michel Lethiec, clarinette © Josep Molina.
Programme complet :
Jeudi 12 janvier 2012 à 20 h.
• Beethoven - Trio avec piano n°5 en ré majeur (op. 70 n°1).
Stefan Vladar, piano ;
Olivier Charlier, violon ;
François Salque, violoncelle.

• Mozart - Quintette pour piano et vents en mi bémol majeur K. 452.
Stefan Vladar, piano ;
Jean-Louis Capezzali, hautbois ;
Michel Lethiec, clarinette ;
André Cazalet, cor ;
Giorgio Mandolesi, basson

Pause

• Penderecki - Duo concertante per violino e contrabbasso (création française).
Olivier Charlier, violon ;
Jurek Dybal, contrebasse.

• Brahms - Sérénade pour cordes et vents n°1 en ré majeur op. 113.
Olivier Charlier, violon ;
Vladimir Mendelssohn, alto ;
François Salque, violoncelle ;
Jurek Dybal, contrebasse ;
Jacques Zoon, flûte ;
Philippe Berrod, Michel Lethiec, clarinettes ;
André Cazalet, cor ;
Giorgio Mandolesi, basson.

Jeudi 16 février 2012 à 20 h.
• Haydn - Quatuor à cordes op. 76 n°4 "Lever du soleil".
Quatuor Talich.

• Schumann - Quintette avec piano en mi bémol majeur op. 44.
Peter Frankl, piano ;
Hagai Shaham, Dan Zhu, violons ;
Lise Berthaud, alto ;
Arto Noras, violoncelle.

Pause

• Mendelssohn – Octuor pour cordes op. 20.
Hagai Shaham, Dan Zhu, violons ;
Lise Berthaud, alto ;
Arto Noras, violoncelle ;
Quatuor Talich.

Christine Ducq
Lundi 2 Janvier 2012

Concerts | Lyrique







À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023