La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Une femme (drôlement !) seule au Guichet Montparnasse

Aujourd’hui Dario Fo est partout. Ce dramaturge italien est même entré au répertoire de la Comédie Française (depuis 2010)… C’est tout dire ! Et quand l’éclectique Bernard Pisani quitte Anouilh ou ses chaussons de danse pour la mise en scène d’"Une femme seule" au Guichet Montparnasse, le résultat est détonant…
de rire !



Brigitte Lucas © D.R.
Brigitte Lucas © D.R.
Qui est Bernard Pisani ? Un danseur étoilé, un chanteur d’opéra, un comédien auréolé par Jean Anouilh lui-même et un metteur en scène de talent. Ouf, rien que ça ! Et sa dernière mise en scène d'un texte de Dario Fo nous le prouve autant qu’elle nous surprend. Au lieu d’en faire une pièce à un personnage (comme le titre l’indique), il a la bonne idée d’y ajouter un "partenaire-complice" (Romain Mascagni). Une sorte de second rôle incontournable qui devient rapidement un personnage à part entière. L’idée est formidable et donne un tour encore plus drôle et plus percutant au texte de Fo.

L’intrigue se résume vite mais le personnage n’en est pas moins complexe. Cette femme dont nous ne connaissons même pas le prénom nous raconte. Quoi donc ? Sa vie de ménagère, de commère, de femme mariée, de mère et d’amante… enfin, sa vie quoi ! Un récit qui pourrait tourner au fait divers et rejoindre les rangs de S.O.S. Femme Battue si un gros grain de folie ne venait enrayer la machine. Quand le drame devient burlesque et la comédie dramatique, le rire est grinçant et non moins hilarant. D’un côté comme de l’autre, Bernard Pisani a le sens de l’équilibre et a su faire danser ses personnages sur une corde raide.

Brigitte Lucas d’abord, dans le rôle de "la femme". Chapeau fleuri, jupe violette et top rouge (pimpant) : elle est aux couleurs de sa folie… "bille-barrée". Même si elle a encore besoin d’un peu plus de justesse dans le ton et dans la gestuelle (pas toujours assez précise), la comédienne a su néanmoins épouser avec souplesse et énergie ce personnage totalement décalé. Cette jeune comédienne de soixante-trois ans (elle a démarré son apprentissage à Dullin il y a une dizaine d’années) ne manque ni d’excentricité ni de personnalité.

Romain Mascagni © D.R.
Romain Mascagni © D.R.
Mais le clou du spectacle est bien dans le choix du bruiteur, Romain Mascagni. Un poil ahuri, à mi-chemin entre Jerry Lewis et Michel Courtemanche, il navigue entre son essoreuse à salade, ses bouts de polystyrène, sa ventouse à gogues et divers objets aussi improbables pour imiter les bruits d’une machine à laver, d’un oiseau ou d’un baiser romantique. Ce virtuose (aux instruments insolites) "mime" avec fracas et drôlerie l’univers déjanté qui habite cette femme. En clair : un joyeux bordel que cette vie-là !

Pour mettre en scène cette enfant terrible (devenue un classique du répertoire italien), Bernard Pisani a eu recours à une fabrication faite de bric et de broc. Du pur jus artisanal. Aux saveurs explosives et pleines de trouvailles !



"Une femme seule"

Brigitte Lucas © D.R.
Brigitte Lucas © D.R.
(vu le 14 avril 2011)

Texte : Dario Fo.
Mise en scène : Bernard Pisani.
Avec : Brigitte Lucas et Romain Mascagni.
Production : Cie Vents et Marées.

Du 30 mars au 11 juin 2011.
Du mercredi au samedi à 19 h.
Théâtre du Guichet Montparnasse, Paris XIVe, 01 43 27 88 61.
Pour plus de renseignements :
www.guichetmontparnasse.com/

Autres dates : Du 8 au 30 juillet 2011.
Au Magasin-Théâtre, 31 rue des Teinturiers, Avignon (84).

Sheila Louinet
Samedi 23 Avril 2011

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


    Aucun événement à cette date.

Publicité



À découvrir

● Avignon Off 2017 ● "Ici/Là-bas" de et par Christine Gandois

Le déménagement de l'appartement de sa mère plonge Hermine dans un questionnement sur sa propre quête. À travers la découverte d'une correspondance qui ne lui appartient pas, elle va faire revivre une histoire d'amour impossible sur fond de guerre d'Algérie.

● Avignon Off 2017 ●
Toute une vie dans deux valises…
Cette réflexion poétique autour de l'exil est inspirée librement du roman de Yasmina Khadra, "Ce que le jour doit à la nuit" (Éditions Julliard).
Portée et souvent transmise de génération en génération, la fêlure de la séparation peut engendrer une nouvelle force intérieure.

Au-delà de cette histoire, transparaissent les thèmes universels du conflit entre l'honneur et l'amour, des identités multiples, du déracinement et de la solitude ; complexité du monde tel qu'il est, riche, fort et insaisissable.

Annonce
10/06/2017
Spectacle à la Une

● Avignon Off 2017 ● "Jeu de piste", fantaisie philosophico-onirique

Cet homme qui cherche son chemin dans le noir, est-il le seul survivant d’un cataclysme, ou a-t-il émergé du cliquetis de la machine à écrire entendu auparavant ? Voilà que, dans la lumière, c’est sous l’aspect de l’écrivain au travail qu’il paraît.

● Avignon Off 2017 ●
Très vite, pourtant, le récit qu’il compose fait place à ses propres interrogations existentielles. La figure féminine qui vient, qui va, est-elle réelle ou fantasmée ? Allez savoir ! Mais alors, celui qui plonge dans ses rêves, tout en interprétant des bribes de l’ouvrage en gestation, est-il le créateur, ou sa création ? Quand, submergé par son imaginaire, l’écrivain se confondra ouvertement avec ses personnages, les spectateurs auront la réponse, et fabriqueront l’histoire selon leur ressenti.

A la lecture des romans de Jean Rigaud, "Cavaliers Seuls", ce qui m'a frappé, c'est la puissance de l'écriture. Jean Rigaud nous propose une expérience à plusieurs niveaux : Nous ancrer le corps dans le réel de notre vie, et la tête dans un monde parallèle qui oscille entre onirisme et conte philosophique millénaire. Ce qui au premier abord peut être très déroutant pour le lecteur ; mais au fil des romans, on se rend compte qu'il nous propose une autre lecture, de l'ordre de l'expérience mystique et chamanique.
Ce que j'ai voulu garder dans ma mise en scène de "Jeu de Piste", c'est cette expérience sensorielle.
David Le Roch.

Annonce
06/06/2017
Sortie à la Une

● Avignon Off 2017 ● "JAZ" par la Compagnie La Camara Oscura

Avec "JAZ", Koffi Kwahulé nous conduit au coeur de ses intuitions et glisse vers le poème musical choc. "JAZ" est le récit d'un viol, où la parole devient un exutoire, l'acte nécessaire à une certaine forme de libération ; un chant tragique où toute la violence du monde vient frapper la beauté et l'innocence de l'être.

● Avignon Off 2017 ●
Le chant de JAZ, c'est le corps musical qui bat de l'intérieur, une réappropriation de soi par la force de la création.

JAZ est un solo rythmé par des changements de vitesse constants, des bifurcations, des contradictions, comme dans une partition musicale, d'où une certaine sensation de déséquilibre permanent.

La fonction des motifs participe également à la création du swing propre au jazz, ce qui laisse planer la sensation d'un "danger", d'une menace latente. L'évidence du jazz apparaît dans leur libre circulation. Mais leur fonction ne se limite pas à la pure recherche sonore puisque ces motifs permettent de créer : "un horizon d'attente, pour devenir bientôt sans qu'on s'en aperçoive vraiment, à la fois des sonorités aussi familières qu'inquiétantes et les seuls enjeux narratifs de la pièce" (Koffi Kwahulé).

Annonce
28/06/2017