La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle


Pitchouns

Alice aux mille merveilles - 13/09/2016

Pour la deuxième saison consécutive, Emmanuel Demarcy-Mota et Fabrice Melquiot nous régalent de leur talent sur le grand plateau du Théâtre de la Ville. "Alice et autres merveilles" est tout à la fois un conte débridé et un hommage à son auteur Lewis Caroll. Un régal tout public, à voir en famille ou entre adultes. Le directeur du Théâtre de la Ville ne se refuse rien. Dans le cadre du parcours...  

Un carnaval rieur qui se joue des peurs rentrées, des phobies et des tabous - 05/07/2016

Reprise Dans cette famille plombée de traditions, la fille chérie, vampirette en devenir, dépérit. Les interdits lui pèsent. Elle aimerait en finir avec le morne repas familial et son sempiternel bol de sang et voir enfin le soleil. Prendre dans le chemin de la vie une traversière. Take a walk on a wild side. Pour une vampirette, c'est se retrouver du bon côté… En se faisant accepter par une...  

Fidelio : Un opéra-conte qui porte la force de l'enchantement et la puissance de la Liberté - 04/01/2016

Ils sont beaux tous les deux et jeunes et s'aiment. Ils défilent pour la liberté et la jeune femme ne se défile pas quand il faut sauver son homme qui est emprisonné dans une geôle infâme pour avoir manifesté. Elle se travestit en homme (ce qui est classique dans tout bon récit), se jette dans la gueule du loup et réussit son coup… Elle avance par ruse et séduction, ne recule pas devant la force...  

Un conte où l'on découvre comment sous le venir se tisse l'à venir - 21/10/2015

Dans un conte attachant, "Zohar et la carte mémoire" de Laurent Gutmann, une jeune femme manifestement positive et équilibrée, qui sait très bien capter l'attention des petits et des grands, raconte l'histoire de Zohar : son histoire… Celle de dernier rejeton d'une lignée familiale dont l'aîné, dans le respect des traditions et de l'autorité des pères, se nomme toujours Zohar. Que celle-ci soit...  

Un chat botté qui "dé-cape" ! - 02/10/2015

C’est un spectacle bourré d’humour où se côtoient une princesse un peu cruche, un meunier simplet et une redoutable ogresse dans le rôle du méchant. C’est en ce moment au Lucernaire. Emmenez-y vos pitchouns voir ce "Chat botté" habillé en super héros, parce qu’il "dé-cape" ! Dans son costume sorti tout droit d’un héros de "comic book", ce chat botté est tout sauf classique. Mais si l’histoire a...  

Avignon Off 2015 "Pierre et loulou" : de Prokofiev au "ciné-théâtre marionnettique"... Superbe ! - 27/07/2015

Nous repartons d'Avignon avec le sentiment qu'il nous aurait fallu quelques semaines de plus pour tout découvrir, compte tenu des 1 336 spectacles que constitue le festival Off. Nous avons tout de même réussi à dénicher quelques pépites que nous espérons retrouver un jour sur une scène publique ou privée. C'est le cas de ce spectacle "Pierre et Loulou", absolument magnifique ! Attente… Des...  

Avignon Off 2015 La Revue des Pitchouns - 14/07/2015

Beaucoup de spectacles pour enfants sont présentés dans le festival Off d’Avignon cette année (contre 3 dans le In). À partir de 2-3 ans, le choix ne manque pas. Si vous êtes en famille, c’est donc l’occasion d’en profiter et de découvrir de belles créations. Un premier coup de cœur se porte sur "Petit-Bleu et Petit-Jaune". L’histoire est extraite d’un merveilleux petit texte de Leo Lionni qui...  

"Kaolin et Barbotine"... 5e rencontres européennes pour la petite enfance, à Limoges - 04/05/2015

Le rendez-vous des tout-petits à Limoges, de 3 mois à 6 ans, revient du 18 au 31 mai 2015. Pour sa 5e édition, le festival "Kaolin et Barbotine" propose plus de vingt spectacles, mais également des animations, ateliers pour parents et enfants, des expositions, des jeux, des balades contées et une conférence pour les professionnels de la petite enfance. Initiée par la Ville de Limoges en 2007,...  

Le Petit Poucet version cailloux blancs, harmonica et fraises Tagada ! - 27/12/2014

Après avoir passé avec succès l'été à Avignon, Le Petit Poucet s'installe au Lucernaire. Dans une version revisitée du conte de Charles Perrault, écrite par Gérard Gelas et mis en scène par Emmanuel Besnault, la dynamique compagnie L'Éternel Été nous propose un conte moderne, revisité en mode délirant et humoristique, à l'énergie communicative qui ravira enfants et parents. Il était une fois un...  

Les aventures de Rudolph le renne au pays du Père Noël - 25/12/2014

Une histoire de Noël mêlant conte et chansons, créée par de jeunes artistes que nous avions déjà remarqués lors de deux précédents spectacles - "La Marelle" d'Israël Horovitz et "La Surprise de l'Amour" de Marivaux -, voilà une occasion intelligente d'emmener sa marmaille au théâtre pour découvrir la vie animalière au pays du Père Noël et le respect de la différence ! Rudolph est un des nombreux...  
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À découvrir

"Le Mariage de Figaro" par les Nomadesques... Le choix du burlesque pour dépeindre le grotesque des cuistres !

"Le Mariage de Figaro ou la folle journée", Théâtre Le Ranelagh, Paris

Reprise S'ils œuvrent avec excellence dans l’univers des spectacles Jeune Public*, les Nomadesques savent aussi nous régaler avec quelques classiques "revisités". Après le très western "Beaucoup de bruit pour rien" de Shakespeare en 2010, les voici de retour sur la scène du Ranelagh avec un très coloré "Mariage de Figaro" de Beaumarchais à la tonicité revigorante.

La fin de l'Ancien Régime est proche quand Pierre Augustin Caron de Beaumarchais écrit en 1784 "Le Mariage de Figaro". Après la Révolution de 1789 (et l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août), plus rien ne sera comme avant. Beaumarchais l'avait bien pressenti et Marivaux avant lui. Le théâtre ici aussi, sous ses aspects de farce, marque au fer rouge la disparition d'un monde, celui des privilèges et du système monarchique où des relents de féodalité subsistaient encore.

Marivaux rêve et écrit l'utopie d'une inversion des classes dans "L'île des esclaves" en 1725 où le valet prenait la place du maître et le maître se retrouvait à la merci du valet. Mais l'absence du savoir brise l'utopie. Beaumarchais ne tombe pas dans le piège et, hardie anticonformiste, aventurier et libertin, fait de son valet Figaro un contestataire cultivé maîtrisant le langage et donc à même de s'opposer au comte Almaviva, son maître... Duel à fleurets mouchetés pour qu'un beau épouse sa belle sans que vilaine noblesse y exerce droit de cuissage et pour qu'amoureuse mais vengeresse comtesse punisse mari volage.

Gil Chauveau
15/02/2015
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

J'aimerais tant voir Stavanger... En écoutant chanter les étoiles

"Stavanger", Studio Hébertot, Paris

Qui est-elle ? Florence Bernstein, avocate… mais encore ? Lui, Simon, qui est-il ? Ex, réel ou futur suicidé ferroviaire ? A-t-il tué sa mère ? Est-elle une amante ou une sœur ? S'aiment-ils ? Iront-ils à Stavanger ? Tout cela est-il bien réel ?

J'aimerais tant voir Stavanger... En écoutant chanter les étoiles
Répondre à ces questions reviendrait à dévoiler une histoire qui repose sur un mystère construit notamment sur les réponses à ces interrogations. Le texte d'Olivier Sourisse est le type même de ceux dont on ne peut pas parler, au risque de glisser vers la fin et dévoiler la "surprise" finale… Découverte qui ferait perdre, au spectateur, l'intérêt principal de cette étrange pièce.

Ainsi donc, nulle réponse vous aurez. Mais il vous sera bon de savoir que Stavanger, improbable destination dont nos protagonistes se découvrent un goût commun de villégiature, est un petit port norvégien dont les sites touristiques sont aussi nombreux que ceux de Randaberg sa voisine, hormis peut-être sa spectaculaire falaise et son musée du pétrole. Ceci étant dit, son ciel étoilé et pur est sans aucun la douce image virtuelle que nous laisse la pièce en sortant de la salle.

Une fois mis de côté le titre à la consonance scandinave, les premières répliques posent très vite une situation peu banale où une avocate à la réussite sociale acquise réussit à convaincre un jeune homme au succès suicidaire inachevé de ne pas rester allonger sur des rails où le passage régulier de trains n'est pas inhabituel. Cela posé, se met en place une mécanique des relations toute en nuances, même dans leurs violences. Petit à petit, entre ces deux êtres solitaires, que rien ne semble a priori lier (quoique !), se construit une trame tissée des fils de l'écoute, de l'échange, de la découverte de l'autre, dessinant doucement mais sûrement l'inattendu dessin d'une réconciliation.

Gil Chauveau
25/01/2017