La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle


Humour

"Bled Runner"… Fellag, le combattant humoriste - 08/03/2017

Fellag, l'humoriste algérien, est de retour, offrant comme à son habitude une palette de situations dans laquelle il s'amuse à détourner les fleuves, allumer les contre-feux dans un humour où les situations sont poussées jusqu'à l'absurde pour bousculer les contextes sociaux, religieux et politique de l'Algérie. Menacé de mort en Algérie, rassurez-vous le reste de l'article est plus joyeux,...  

"Ça ira mieux demain"… Alévêque ne se fait pas prier pour en remettre ! - 04/11/2015

Alévêque, en pourfendeur de la morosité, joue les "Don Quichotte" sur scène. Il se bat, tel un soldat des temps modernes qui en a sa claque, contre l'ambiance morne et triste. Mais oui, ça ira mieux demain pardi ! J'ai hésité à écrire cet article. Mais il est difficile de passer sous silence un soldat qui s'est battu contre la dette et les banques et qui aujourd'hui s'attaque à la morosité. Dans...  

Guigue et Plo sont sur le même batô... C'est pas du Nô mais c'est rigolô ! - 05/09/2016

Reprise ! Les duos comiques ne sont pas le genre le plus prisé dans le domaine de l'humour. Celui-ci impose souvent la création de personnages solides, bien cadrés, et une écriture, une mise en scène très éloignées du minimalisme du stand-up. Pourtant, c'est à cet exercice que se sont confrontés deux jeunes comédiens... plus connus (mais pas encore assez) sous le nom de Guigue et Plo. Comme dans...  

Le stand-up caustique, trash mais hilarant de la mutine et espiègle Blanche Gardin - 29/04/2015

Âmes sensibles s'abstenir, spectacle interdit au moins de seize ans... Ne vous attendez pas au pire, ça va être encore pire... Car Blanche Gardin dépasse les bornes, les limites, fait valdinguer les tabous... Et tout ça, avec une frimousse de séraphine et surtout un insolent talent. Bref c'est jouissif, hilarant et réveille nos neurones façon chaise électrique ! Rarement stand-up aura été aussi...  

L'univers affreux, bête et méchant mais terriblement drôle de Bénédicte Vidal - 04/04/2015

Elle a du talent… et une véritable écriture qu'elle a déjà mise au service des autres (Arthur, Marc-Olivier Fogiel, Nagui, etc.). Elle a une voix - qui lui permet de personnaliser et d'habiller ses différents personnages -, une vraie présence scénique et un humour caustique, terriblement actuel et d'une méchanceté jouissive qui n'est pas sans nous rappeler l'envergure comique d'une Zouc. Elle se...  

Retour en forme de comédie sur l’histoire sociale de la femme en France depuis 1945 - 17/09/2014

Simone Veil peut veiller tranquille. Sur scène, de façon comique, trois femmes retracent l’évolution sociale et politique de la femme en France de 1945 à aujourd’hui. Ici nul drapeau, seul comme étendard le rire pour dénoncer certains traits d’époques, pas si lointaines, où les femmes étaient bien peu considérées. Dès le début du spectacle, une femme (Bonbon) habillée d’une veste jaune et...  

Sans temps morts et à mi-mots, Gauthier Fourcade déplie les secrets du temps - 24/09/2015

Une nuit d'orage, un homme que sa femme a quitté, attend. De cette inactivité naît une réflexion sur le temps qui passe… Une théorie révolutionnaire sur le temps, son origine, sa fonction, sa matière, sa couleur, ses intentions… Tout commence par l'histoire, somme toute banale, d'un homme que sa femme a quitté et qui décide de regarder le temps passer. Activité de chaque instant, exclusive,...  

Les fous du IV bis... une folie douce et sucrée - 24/09/2013

Pièce complètement décalée où une folie douce tient lieu d'étendard pour les comédiens, "Les fous du IV bis" nous plonge dans les méandres de comportements humains hors de toute vue psychologique. L’histoire se déroule dans le pavillon d’une clinique traitant des patients souffrant de problèmes psychiatriques. La pièce est très décalée sous couvert d'un tragique dans lequel se retrouvent sur...  

Avignon Off 2013 : Les Mangeurs de Lapin... une piste aux étoiles délirante et désopilante - 23/07/2013

Dans la dramaturgie du cirque qui fait frissonner le spectateur, les personnages des clowns font baisser la tension quand celle-ci est trop forte, attirent sur eux l’attention pour faire diversion. Les clowns sont attentifs aux prestations des artistes en piste et aux émotions du public. Leurs interventions nécessitent une concentration très forte et un tact absolu. Le rire est leur lot. Si les...  

Entre pétulance et générosité, Noëlle Perna raconte de nouveau Mado - 26/02/2013

Star autoproclamée du "chauve-binz" national, la truculente Mado vient d’avoir une nouvelle idée toute à son image : généreuse et ingénieuse ! Elle décide de transformer la morosité des clients de son célèbre bar du vieux Nice en énergie créatrice. Et les voilà embarqués dans un grand moment de théâtre classique… ou presque ! Troisième spectacle en dix ans de Noëlle Perna dans le rôle de Mado la...  
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À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/01/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

"Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés

"Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", Théâtre Essaïon, Paris

Deux hommes et une femme, l'un bien sapé, l'autre dépenaillé... et elle, surgissant, comme une ombre, chantonnant en vers, par intermèdes, la chronique des deux. En compagnons d'infortune : des rats, à destination de compagnie ou d'expériences. Assis sur un banc, les deux "s" - comme solitude - tentent le tête-à-tête…

En attendant la mort ou la résilience… Shaman et Shadoc dissertent, dans une forme de dualité où les rapports de force ne sont pas ce qu'ils paraissent être, où l'équilibre mental des êtres semble déterminer les règles ludiques de cet affrontement verbal ayant pour trame un passé commun volontairement oublié.

Entre eux, une femme, sœur de l'un, femme de l'autre, carbonisée, incinérée dans le feu des souvenirs, perdue dans les flammes de la mémoire, mais toujours brûlante de possibles règlements de comptes, de vengeance, d'absolution ou de renaissance… la fin en donnera la solution.

En attendant, dans un habit d'absurde faisant parfois songer à Godot, nos zigues, pas toujours débonnaires, usent de joutes oratoires et de convenances dînatoires. Dans une recherche de mainmise de l'un sur l'autre, et vice-versa, se jouent tentatives de manipulations ou de connivences. Au bout du compte, après l'épuration du cynisme et la révélation de la noire vérité se posera la question finale :
Shaman : Shadoc ! Et Dieu dans tout ça ?
Shadoc : Le brave homme.

Gil Chauveau
29/03/2017