La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle


Danse

Solstice… Quand l'art se met au service de la Nature - 03/10/2017

La chorégraphe, Blanca Li, dans son combat depuis plusieurs années pour promouvoir le respect de l'environnement, présente une trame éco-artistique où la danse devient gardienne, jalouse et respectueuse, de la Nature. Une lumière noire suivie d'un long voile blanc en forme de vague à mi-hauteur se lève sur quatre bocaux rectangulaires. Deux visages ondulent à l'intérieur comme des flammes où deux...  

"Mount Olympus"… orgie en actes ! - 22/09/2017

Le temps d'une journée, Jan Fabre fait appel, dans une dramaturgie revisitée, aux héros grecs des pièces d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. Le chorégraphe belge rend hommage, au travers de la tragédie, à l'orgie, par l'intermédiaire de ses vingt-huit interprètes. C'est un spectacle marathon qui dure le temps d'une nuit et d'une journée pleines avec l'orgie en reine de cour. Peu surprenant de...  

"We love arabs"… I have a dream - 20/09/2017

C'est un Juif et un Arabe qui arrivent, le temps d'un spectacle, à unir, sans l'ONU, dans une même chapelle de communion, deux populations à l'aide de la danse, du théâtre et d'une bonne dose d'humour. C'est un plaisir de voir l'art utilisé à des fins politiques pour prôner l'ouverture à l'autre et être l'étendard de la paix. Hillel Kogan traite du rapport entre Juifs et Arabes en Israël....  

Alvin Ailey aux étés de la Danse… De la pure élégance technique ! - 22/07/2017

Avec Alvin Ailey, le spectacle est toujours au rendez-vous. Le chorégraphe américain reste toujours aussi présent sur la scène internationale grâce à la compagnie qu'il a créée et à ses œuvres, devenues des classiques pour certaines, où règne une certaine joie artistique. Ils reviennent pour la cinquième fois en treize ans dans le festival. L'Alvin Ailey American Dance Theater continue l'œuvre...  

"Grand finale"… quand le mouvement se fait poésie - 26/06/2017

Hofesh Shechter nous emmène dans un univers chorégraphique, scénographique, théâtral et musical. Le chorégraphe israélien inscrit ainsi son spectacle dans une quadruple dynamique où le corps devient à la fois sujet de lui-même et objet de ses propres convulsions. La scène semble immense avec ses grands blocs géométriques, maquillés de noir, autour de laquelle la lumière fait des apparitions par...  

Le corps sur scène au XXIe siècle - 26/05/2017

La scène est à l'origine le reflet de la société. Les corps handicapés, difformes, différents, les corps en marge des standards esthétiques de leur époque étaient sous-représentés ou alors relégués aux rôles mineurs. Il faut attendre les années 2000 pour voir accepter les physiques atypiques. C'est en montrant ces corps hors normes que l'artiste place le spectateur face à la réalité de la société...  

Séquence Danse Paris : "Tù"… La danse aux éclats - 04/04/2017

Pour sa cinquième édition, "Séquence Danse Paris" offre un éventail très varié d'une composition artistiquement riche où la danse contemporaine cohabite souvent avec le théâtre et où le classique revisité fait front avec des danses urbaines. Un long papier crisse et bouge telle une chenille. Les mouvements sont articulés et il est aisé d'imaginer leurs formes qui cheminent par en dessous....  

"Tetris"… géométrie corporelle temporelle - 19/01/2017

Erik Kaiel est né en Autriche, a grandi aux États-Unis et vit aux Pays-Bas où il a créé Tetris en 2011 pour le jeune public. Son spectacle est une vue de notre mode de vivre où le corps devient parangon géométrique de notre savoir-être. Quatre danseurs, deux hommes et deux femmes s'emboîtent et se désemboîtent comme dans ce fameux jeu, Tetris. Deux figures importantes sont effectuées. La première...  

"La jeune fille et la mort"… à couper le souffle ! - 14/03/2017

Les Grands Ballets Canadiens de Montréal font honneur à leur devise "Faire bouger le monde. Autrement" en invitant des artistes de renom comme Stephan Thoss qui marie avec aisance danses classique et contemporaine. Fondés en 1957 par Ludmilla Chiriaeff* (1924-1996), Les Grands Ballets Canadiens de Montréal renouent une troisième fois avec le chorégraphe allemand Stephan Thoss qui avait déjà...  

"Y Olé!"… Hip-hop classiquo-flamenco ! - 16/01/2017

José Montalvo tape un grand coup en invitant le flamenco, le hip-hop et la danse classique dans un spectacle où chaque style donne la repartie aux deux autres, accompagnés par des musiques et des chants aussi variés que leur déclinaison chorégraphique. La vue est presque cinématographique, rappelant quelque peu "West Side Story" avec des danseurs habillés de couleurs vives, disposés de façon...  
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À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016