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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle


Théâtre

"Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime - 24/04/2017

Éric Ruf met en scène une œuvre de Jean Racine peu jouée, "Bajazet", dans laquelle est décrite une tentative de coup d’État. Au palais, lors d’une vacance du pouvoir, pendant que le roi guerroie au loin, le vizir influence la maîtresse du roi qui rêve du titre d'impératrice, la pousse au mariage avec le frère du roi qui ne se sent pas à la hauteur. La confusion est extrême. Le retour du roi,...  

"La Résistible Ascension d'Arturo Ui", du bon usage du théâtre épique dans des temps troublés - 12/04/2017

Retour en fanfare du théâtre épique de Bertold Brecht à la Comédie-Française jusqu'au 30 juin 2017 avec l'entrée au répertoire de sa pièce dans la production d'une des figures du Berliner Ensemble, Katharina Thalbach. Dans cette "Résistible Ascension d'Arturo Ui" très réussie, les comédiens du Français endossent brillamment les défroques des gangsters de Chicago dans cette parabole de l'ascension...  

"Le Fils" : Parabole contemporaine d'un roman de l'incompréhension - 06/04/2017

La jeune femme en jean et corsage bleu pâle qui monte à l'avant scène est une mère de famille. Elle parle d'elle et de son fils, raconte la montée irrésistible au fait divers. Son évolution, son glissement vers les milieux traditionalistes et le suicide de son fils homosexuel dans l'officine de ses parents. Avec tous les éléments d'un drame de l'incompréhension, le texte est une étude de...  

"Mon Cœur", une histoire d'aujourd'hui autour du Médiator, un hymne à la capacité de résistance - 03/04/2017

Claire aimait vendre des sous-vêtements féminins, aurait voulu être jolie pour devenir mince. Elle a pris du médiator : à tort. Et elle a été opérée à cœur ouvert. A eu sa vie brisée. Irène, elle, aurait pu avoir une vie tranquille de médecin de famille, mais elle a rencontré de nombreuses Claire et toute sa vie en a été bouleversée. Dans la pièce "Mon Cœur", Pauline Bureau dit la rencontre du...  

"Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés - 29/03/2017

Deux hommes et une femme, l'un bien sapé, l'autre dépenaillé... et elle, surgissant, comme une ombre, chantonnant en vers, par intermèdes, la chronique des deux. En compagnons d'infortune : des rats, à destination de compagnie ou d'expériences. Assis sur un banc, les deux "s" - comme solitude - tentent le tête-à-tête… En attendant la mort ou la résilience… Shaman et Shadoc dissertent, dans une...  

"Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement - 28/03/2017

La mise en scène de Stéphane Braunschweig met en exergue l'essence psychique de la pièce de Tennessee Williams tout en soulignant son humour et le drame qui s'y joue dans un milieu familial où l'autre n'est que douleur et doute. Le rideau laisse apparaître une jungle aux troncs d'arbres longs et énormes avec des lianes qui vont du sol au plafond. C'est un univers où la place de l'homme est...  

L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger - 27/03/2017

Harcelé, bousculé, assommé par les préjugés, le personnage de Pierre Notte est une femme qui aimerait bien comprendre et n'en peut plus. Une femme qui a la rage. Une femme qui est en bordure de la crise de nerfs et a encore la force d'exposer ses demandes de pourquoi. Les vexations anodines , les sous-entendus, les violences verbales, les insultes, les rires gras qui composent le socle des...  

Dans "Une saison en Enfer", Jean-Quentin Châtelain donne sa chair à un Rimbaud prophète - 17/03/2017

De l'ombre paraît, massif et solide, un chamane, un anachorète, ou bien un cénobite, un alchimiste peut-être… Quelque officiant puissant à coup sûr. Au centre de ce qui pourrait être un cratère de météorite, Jean-Quentin Châtelain s'aventure dans les dédales des différents textes qui composent "Une saison en Enfer" d'Arthur Rimbaud. Le comédien n'est que retenue et intensité. Contenant le flux de...  

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre - 15/03/2017

Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance. Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre,...  

Retrouver le plaisir enfantin qui nous fait appartenir à une société aimante - 13/03/2017

C'est dans une cuisine que Corinne Jaber, à la coiffure de lionne, coupe, hache menu, malaxe, farcit, jette dans l'huile chaude de manière un peu compulsive ces kebbeh. Ces petits pâtés de viande en forme de navette que l'on prépare en Syrie, en toute joie et gourmandise partagées, pour les amis, les proches, les siens. À base de boulgour et de pignons de pins, ils sentent bon l'oignon, le cumin,...  
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À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/01/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

"Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés

"Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", Théâtre Essaïon, Paris

Deux hommes et une femme, l'un bien sapé, l'autre dépenaillé... et elle, surgissant, comme une ombre, chantonnant en vers, par intermèdes, la chronique des deux. En compagnons d'infortune : des rats, à destination de compagnie ou d'expériences. Assis sur un banc, les deux "s" - comme solitude - tentent le tête-à-tête…

En attendant la mort ou la résilience… Shaman et Shadoc dissertent, dans une forme de dualité où les rapports de force ne sont pas ce qu'ils paraissent être, où l'équilibre mental des êtres semble déterminer les règles ludiques de cet affrontement verbal ayant pour trame un passé commun volontairement oublié.

Entre eux, une femme, sœur de l'un, femme de l'autre, carbonisée, incinérée dans le feu des souvenirs, perdue dans les flammes de la mémoire, mais toujours brûlante de possibles règlements de comptes, de vengeance, d'absolution ou de renaissance… la fin en donnera la solution.

En attendant, dans un habit d'absurde faisant parfois songer à Godot, nos zigues, pas toujours débonnaires, usent de joutes oratoires et de convenances dînatoires. Dans une recherche de mainmise de l'un sur l'autre, et vice-versa, se jouent tentatives de manipulations ou de connivences. Au bout du compte, après l'épuration du cynisme et la révélation de la noire vérité se posera la question finale :
Shaman : Shadoc ! Et Dieu dans tout ça ?
Shadoc : Le brave homme.

Gil Chauveau
29/03/2017