La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle


Théâtre

"Nous aimerons-nous ?", des combinaisons d'éléments infinies… pour une histoire qui s'improvise - 18/02/2017

C’est dans un lit cage qu’ils se réveillent. Ils ont manifestement partagé un instant de fusion et de confusion amoureuse et se retrouvent évidemment dans de beaux draps. Partenaires d’un instant, l'homme et la femme redescendent sur terre, retrouvent le sens des réalités. Ils décident en temps réel de leur présent et de leur avenir tout juste encore indicible. Vont-ils tourner en rond ? Se...  

Les aveux d'Augustin… Dans une forme d'humilité supérieure, une mise au présent du Monde - 17/02/2017

Une barre d'appui propice aux effets oratoires, une table accueillante pour le lecteur ou le conteur, une estrade lieu d'un trône favorable. Quelques sièges pour des spectateurs. Et puis un livre posé, manié. Dominique Touzé met en scène et interprète les confessions de Saint Augustin. Le dispositif choisi favorise l'intimité de l'écoute et du regard. Le comédien se montre avec jubilation et...  

"Les Fourberies de Scapin"… En un élan créatif et impertinent, une version chaleureuse et revigorante - 10/02/2017

Jeunesse amoureuse, frondeuse et insoumise. Amour acté et signé sans consentement de leurs géniteurs et, en secours rusé mais généreux, l'homme Scapin au pedigree de valet futé donne la cadence de la danse. Dans un pur esprit de troupe, Emmanuel Besnault et une ribambelle de comédiens musiciens chanteurs nous prouvent, avec impétuosité et fraîcheur, l'intemporalité du texte de Molière. Le...  

Amour enfoui, amour enfui. Ne reste que le goût des "Cendres de cailloux" - 02/02/2017

Tout fou, tout feu, tout flamme. Dans "Cendres de cailloux" de Daniel Danis (auteur québécois), une bande de copains un peu tocards, un peu toqués, soudés à un coin de campagne par des pactes d’enfance, la monotonie des jours et des boissons ingurgitées, brûlent la vie comme ils peuvent. Entre farces et virées nocturnes. Le rire est quelquefois chargé, la vitalité reste indéniable. Et puis en...  

Un conte porteur de la force de la vie… une île en attente d'un arc-en-ciel - 01/02/2017

Avec "L'Ombre de la baleine", le spectateur découvre un étonnant et passionnant travail théâtral usant de la forme marionnettique… Très librement inspiré de "Moby Dick" d’Herman Melville. Avec l'appui d'une marionnette qui est son sosie à taille réduite, Mikael Chirinian, l'auteur, anime le personnage d'un petit garçon dont la vie est marquée par la stupeur d'être né. Sa famille du côté du père,...  

"Shock Corridor"… Ou comment il est fou parfois de n'être pas fou - 24/01/2017

Avec "Shock Corridor", Mathieu Bauer propose une adaptation théâtrale du film éponyme de Samuel Füller qui révèle l'envers du décor américain et les dessous du glamour. Une american way of life de la violence. Et particulièrement celle de l'institution psychiatrique. Par les moyens du théâtre, le spectateur est invité à suivre les pistes du film dans une forme de labyrinthe scénographique et...  

"Urfaust", mise en couple instable et dynamique s'arrêtant au point de brisure où l'a laissé Goethe - 20/01/2017

Point de pacte avec le diable, ni de cavalcade à travers le monde dans cette première version de Faust que Goethe écrit dans sa jeunesse. Dans ce Faust originel, ce Faust primitif pris à la source médiéval (ce "Ur Faust "en allemand), l'auteur met en place un dialogue érudit et plutôt condensé par personnages interposés. Dans ce Faust il est question de l’État de la Connaissance, Connaissance de...  

"Hôtel Feydeau" a le parfum discret, le flaconnage joyeux… d'un rêve de vaudeville - 17/01/2017

"Hôtel Feydeau" est une fantaisie théâtrale que Georges Lavaudant élabore en faisant se miroiter des petites pièces de Georges Feydeau : auteur qu’il connaît bien. Dans cette proposition de spectacle, les clients d’un hôtel sont joués, mimés, moqués par les serviteurs. Comme saisis sur le vif. La pièce réunit des extraits de "Feu la mère de madame", "On purge bébé !", "Léonie est en avance",...  

"Quintessence"… entre terre et ciel, l'Art du Cirque ! - 10/01/2017

Pour la deuxième fois d'affilée, la famille Gruss et la compagnie les Farfadais poursuivent l'aventure ensemble en proposant un spectacle où l'univers du cirque est réinventé dans une approche à la fois artistique et acrobatique. Depuis trois ans, la famille Gruss, qui compte actuellement trois générations, collabore avec la compagnie les Farfadais. Depuis la création par Alexis Gruss du "Cirque...  

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes ! - 03/01/2017

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion. Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il...  
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À découvrir

"Le Mariage de Figaro" par les Nomadesques... Le choix du burlesque pour dépeindre le grotesque des cuistres !

"Le Mariage de Figaro ou la folle journée", Théâtre Le Ranelagh, Paris

Reprise S'ils œuvrent avec excellence dans l’univers des spectacles Jeune Public*, les Nomadesques savent aussi nous régaler avec quelques classiques "revisités". Après le très western "Beaucoup de bruit pour rien" de Shakespeare en 2010, les voici de retour sur la scène du Ranelagh avec un très coloré "Mariage de Figaro" de Beaumarchais à la tonicité revigorante.

La fin de l'Ancien Régime est proche quand Pierre Augustin Caron de Beaumarchais écrit en 1784 "Le Mariage de Figaro". Après la Révolution de 1789 (et l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août), plus rien ne sera comme avant. Beaumarchais l'avait bien pressenti et Marivaux avant lui. Le théâtre ici aussi, sous ses aspects de farce, marque au fer rouge la disparition d'un monde, celui des privilèges et du système monarchique où des relents de féodalité subsistaient encore.

Marivaux rêve et écrit l'utopie d'une inversion des classes dans "L'île des esclaves" en 1725 où le valet prenait la place du maître et le maître se retrouvait à la merci du valet. Mais l'absence du savoir brise l'utopie. Beaumarchais ne tombe pas dans le piège et, hardie anticonformiste, aventurier et libertin, fait de son valet Figaro un contestataire cultivé maîtrisant le langage et donc à même de s'opposer au comte Almaviva, son maître... Duel à fleurets mouchetés pour qu'un beau épouse sa belle sans que vilaine noblesse y exerce droit de cuissage et pour qu'amoureuse mais vengeresse comtesse punisse mari volage.

Gil Chauveau
15/02/2015
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

J'aimerais tant voir Stavanger... En écoutant chanter les étoiles

"Stavanger", Studio Hébertot, Paris

Qui est-elle ? Florence Bernstein, avocate… mais encore ? Lui, Simon, qui est-il ? Ex, réel ou futur suicidé ferroviaire ? A-t-il tué sa mère ? Est-elle une amante ou une sœur ? S'aiment-ils ? Iront-ils à Stavanger ? Tout cela est-il bien réel ?

J'aimerais tant voir Stavanger... En écoutant chanter les étoiles
Répondre à ces questions reviendrait à dévoiler une histoire qui repose sur un mystère construit notamment sur les réponses à ces interrogations. Le texte d'Olivier Sourisse est le type même de ceux dont on ne peut pas parler, au risque de glisser vers la fin et dévoiler la "surprise" finale… Découverte qui ferait perdre, au spectateur, l'intérêt principal de cette étrange pièce.

Ainsi donc, nulle réponse vous aurez. Mais il vous sera bon de savoir que Stavanger, improbable destination dont nos protagonistes se découvrent un goût commun de villégiature, est un petit port norvégien dont les sites touristiques sont aussi nombreux que ceux de Randaberg sa voisine, hormis peut-être sa spectaculaire falaise et son musée du pétrole. Ceci étant dit, son ciel étoilé et pur est sans aucun la douce image virtuelle que nous laisse la pièce en sortant de la salle.

Une fois mis de côté le titre à la consonance scandinave, les premières répliques posent très vite une situation peu banale où une avocate à la réussite sociale acquise réussit à convaincre un jeune homme au succès suicidaire inachevé de ne pas rester allonger sur des rails où le passage régulier de trains n'est pas inhabituel. Cela posé, se met en place une mécanique des relations toute en nuances, même dans leurs violences. Petit à petit, entre ces deux êtres solitaires, que rien ne semble a priori lier (quoique !), se construit une trame tissée des fils de l'écoute, de l'échange, de la découverte de l'autre, dessinant doucement mais sûrement l'inattendu dessin d'une réconciliation.

Gil Chauveau
25/01/2017