La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Humour

Le sens de la vie... via The Oliver Saint John Gogarty Pub

Ne cherchez pas dans le titre un véritable lien réel avec le célèbre pub irlandais (situé au cœur de Temple Bar, le quartier bohème artistique et culturel de Dublin), si ce n'est la "descente" de pintes de bières successives (habituelle dans ce type d'Irish Bar) qui aurait pu éventuellement amener, lors de leur passage à Dublin, les Chiche Capons à aiguiser leur imagination. Mais la rencontre avec les consommateurs dudit pub a suffi pour laisser naître dans leurs cerveaux de clowns farfelus et fertiles l'idée de ce spectacle. Et l'histoire ainsi créée, traitée sous forme de cabaret, complétement loufoque, est un pur moment de bonheur !



Les Chiche Capon © Thierry Guillaume.
Les Chiche Capon © Thierry Guillaume.
Que l'enquête d'opinion qu'ils nous disent avoir effectuée ait eu lieu ou pas, peu importe... Le résultat, bien qu'il aurait pu paraître improbable, donne un spectacle étonnant, joyeusement décalé et incroyablement jubilatoire où nous est contée l'histoire de l'homme en quatre tableaux, burlesques et absurdes... que n'aurait pas renié les Marx Brohters. Fred Blin, Matthieu Pillard et Ricardo Lo Giudice nous prouvent que leur maîtrise de l'art clownesque est aboutie et qu'ils peuvent se jouer de toutes les subtiles mécaniques de cet art du cirque depuis longtemps sorti de sa piste originelle. De répliques absurdes ou répétitives en fausses maladresses, tout est calé au millimètre près, nous donnant parfois l'agréable illusion de situations improvisées... mais il n'en est rien !

Les Chiche Capon © Thierry Guillaume.
Les Chiche Capon © Thierry Guillaume.
Nos trois clowns, reprenant les codes du triptyque "clown blanc, auguste et contre-pitre", y apportent une dimension supplémentaire en testant les rapports de pouvoir entre les hommes... Mais ici sur un mode "comico-dérisoire". Et leurs personnages retranscrivent parfaitement cela. Matthieu Pillard, le grand "dadais" du trio, à la dégaine rappelant celle de John Cleese (parfois même le "chaloupé" d'un Tati) joue subtilement une partition allant du dégingandé maladroit à l'insolence faussement naïve d'un Laurel. Son numéro de l'échelle est remarquable et incroyablement réussi, de bout en bout, jusqu'au rappel. Fred Blin se dévoile immédiatement en perturbateur mais toujours sur un fil tendu entre poésie et franc délire... un Harpo Marx qui aurait retrouvé la parole et ne voudrait plus la quitter ! Quand à Ricardo Lo Giudice, il est le costaud de la bande, clown roi sans cesse détrôné mais aux gags irrésistibles, passant du chanteur d'opérette (mémorable numéro du Duc d'Italie) à la performance d'human beatbox bluffant !

Et le burlesque trio nous entraîne entre mots et silences, gags désopilants et chutes spectaculaires, dans une histoire de l'homme - sans évidemment aucune véracité historique - qui met à rude épreuve nos zygomatiques et nous laisse une sacrée "banane" à la sortie... Le remède efficace, en somme, pour lutter contre les frimas de l'hiver.

"Les Chiche Capon présentent Le Oliver Saint John Gogerty"

(Vu le 15 novembre 2010)

Spectacle écrit, mis en scène et interprété par les Chiche Capon.
Les Chiche Capon : Fred Blin, Matthieu Pillard et Ricardo Lo Giudice.
Avec les complicités de Patrick de Valette, Grégory Lackovic, Doriane Moretus.

Du 11 octobre au 27 décembre 2010.
Tous les lundis à 21 h.
Reprise à partir du 13 janvier 2011 à 19 h.
La Pépinière théâtre, Paris 2e, 01 42 61 44 16.

Gil Chauveau
Lundi 10 Janvier 2011

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/01/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

"Monsieur de Pourceaugnac", un travail d'archéologie expérimentale ne sombrant pas dans la reconstitution académique

"Monsieur de Pourceaugnac", Théâtre de l'Épée de Bois, Paris

Sbriganti, brillant filou napolitain a, de son jeune maître Eraste, reçu mission de faire déguerpir un provincial nouvellement arrivé, un ridicule venu pour épouser la toute belle Julie, et qui contrarie sans le savoir les sentiments amoureux. Tous les recours sont mis en œuvre pour faire échec au projet de mariage de ce Pourceau… gnac.

Farces, mensonges partent en rafales. Vrais médecins, fausses épouses, juges et policiers. Tout est bon, dans une succession de tableaux, pour faire basculer et éjecter le personnage central.

Créée à partir de trames italiennes, encadrée par la musique de Lully et entrecoupée d'intermèdes de danse, cette comédie de Molière a une telle tenue que le public ne peut que rire aux dépens du bonhomme.

La mise en scène de Raphaël de Angelis se montre attentive aux indications d'origine. En s'appuyant sur des passionnés de l'univers baroque et carnavalesque, elle met en valeur dans une forme épurée de tréteau la richesse des jeux.

Minutieux, les effets sont gradués et précis. La musique, la pantomime, la danse, les masques italiens et de carnaval présentent même un côté un peu ritualisé qui n'est pas sans évoquer quelques brins de No et de Kyogen discrètement injectés.

C'est un travail authentique d'archéologie expérimentale qui ne sombre pas dans une reconstitution académique. Mais qui propose une restitution en manière contemporaine. Sa progressivité atteint la justesse par la beauté.

Jean Grapin
14/06/2017