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Théâtre

"Le Mariage de Figaro" par les Nomadesques... Le choix du burlesque pour dépeindre le grotesque des cuistres !

"Le Mariage de Figaro ou la folle journée", Théâtre Le Ranelagh, Paris

Reprise S'ils œuvrent avec excellence dans l’univers des spectacles Jeune Public*, les Nomadesques savent aussi nous régaler avec quelques classiques "revisités". Après le très western "Beaucoup de bruit pour rien" de Shakespeare en 2010, les voici de retour sur la scène du Ranelagh avec un très coloré "Mariage de Figaro" de Beaumarchais à la tonicité revigorante.



© Charlotte Spillemaecker.
© Charlotte Spillemaecker.
La fin de l'Ancien Régime est proche quand Pierre Augustin Caron de Beaumarchais écrit en 1784 "Le Mariage de Figaro". Après la Révolution de 1789 (et l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août), plus rien ne sera comme avant. Beaumarchais l'avait bien pressenti et Marivaux avant lui. Le théâtre ici aussi, sous ses aspects de farce, marque au fer rouge la disparition d'un monde, celui des privilèges et du système monarchique où des relents de féodalité subsistaient encore.

Marivaux rêve et écrit l'utopie d'une inversion des classes dans "L'île des esclaves" en 1725 où le valet prenait la place du maître et le maître se retrouvait à la merci du valet. Mais l'absence du savoir brise l'utopie. Beaumarchais ne tombe pas dans le piège et, hardie anticonformiste, aventurier et libertin, fait de son valet Figaro un contestataire cultivé maîtrisant le langage et donc à même de s'opposer au comte Almaviva, son maître... Duel à fleurets mouchetés pour qu'un beau épouse sa belle sans que vilaine noblesse y exerce droit de cuissage et pour qu'amoureuse mais vengeresse comtesse punisse mari volage.

© Charlotte Spillemaecker.
© Charlotte Spillemaecker.
Les actions du personnage que crée Beaumarchais, dans ses revendications de liberté et d'oppositions à des actes féodaux, sont prémonitoires de la force que prendra la parole et le savoir cinq plus tard. Et de ça, les Nomadesques ont pris le parti d'en rire et d'appliquer une cadence effrénée à un texte qui sublime le contraste entre la comédie quasi vaudevillesque et le drame social où s'affrontent deux classes dont l'une finira sur l'échafaud sous peu.

La mis en scène de Vincent Caire, comme d'habitude, a la précision d'un horloger, mécanique parfaitement huilée et rouages tout en fluidité. Les évènements se succèdent sans répit, séquencés par des virgules musicales... ponctuant gags, mimiques grimaçantes ou ruptures de situations.

L'ensemble de la troupe embrassent avec générosité les successions de scènes sur un rythme endiablé et les répliques fusent, ne laissant aucun répit aux spectateurs emportés sur le tapis volant des quêtes amoureuses. Costumes colorés et décors surannés - mais ô combien astucieux dans leur capacité à se transformer - appuient le côté burlesque et clinquant de ce monde à l'agonie que nous offre Beaumarchais en "une folle journée"...

Les comédiens (Auguste Bruneau ou Vincent Caire, Franck Cadoux, Damien Coden, Élodie Colin, Gaël Colin, Cédric Miele et Karine Tabet) manient la langue du XVIIIe avec dextérité, aisance et jubilation. Leur enthousiasme, cette énergie déployée à interpréter leurs rôles sont réjouissants pour le spectateur. Le parti pris des Nomadesques est celui d'un spectacle gai et intelligent, d'une comédie sans retenue, sans complexe mais sans excès non plus... Le choix du burlesque pour dépeindre le grotesque de cuistres nobliaux !

* Actuellement à l'affiche de l'Alhambra Paris, "Le loup est revenu" d'après Geoffroy de Pennart et "Le chat botté" d'après Charles Perrault, adaptations de Karine Tabet, mise en scène de Vincent Caire, avec les comédiens de la compagnie.

"Le Mariage de Figaro ou la folle journée"

© Charlotte Spillemaecker.
© Charlotte Spillemaecker.
Texte : Beaumarchais.
Mise en scène : Vincent Caire, assisté de Gaël Colin.
Avec : Auguste Bruneau ou Vincent Caire, Franck Cadoux, Damien Coden, Élodie Colin, Gaël Colin, Cédric Miele et Karine Tabet.
Lumières : Lou-Anne Lapierre.
Costumes : Corinne Rossi.
Décor : Nicolas Cassonnet et Caroline Rossignol.
Cie Les Nomadesques.
Durée : 1 h 30.

Du 23 janvier au 19 avril 2015.
Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.
Relâches exceptionnelles les 13 mars et 8 avril.

Représentations scolaires exceptionnelles :
Le 20 mars à 10 h 30, les 22 et 23 mars 2017 à 14 h.

Théâtre Le Ranelagh, Paris 16e, 01 42 88 64 44.
>> theatre-ranelagh.com

Tournée
7 mars 2017 à 14 h 30 : représentation scolaire, Espace Nino Ferrer, Dammarie-les-Lys (77).
10 mars 2017 à 20 h 30 : Espace Nino Ferrer à Dammarie-les-Lys (77).
17 mars 2017 à 20 h 30 : Théâtre et Cinéma, Fontenay-le-Fleury (78).

Gil Chauveau
Dimanche 15 Février 2015

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Gil Chauveau
15/02/2015
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Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

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Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

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Jean Grapin
19/12/2016
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Répondre à ces questions reviendrait à dévoiler une histoire qui repose sur un mystère construit notamment sur les réponses à ces interrogations. Le texte d'Olivier Sourisse est le type même de ceux dont on ne peut pas parler, au risque de glisser vers la fin et dévoiler la "surprise" finale… Découverte qui ferait perdre, au spectateur, l'intérêt principal de cette étrange pièce.

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Gil Chauveau
25/01/2017