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Théâtre

"Le Fils" : Parabole contemporaine d'un roman de l'incompréhension

"Le Fils", en tournée, puis à La Manufacture, Avignon

La jeune femme en jean et corsage bleu pâle qui monte à l'avant scène est une mère de famille. Elle parle d'elle et de son fils, raconte la montée irrésistible au fait divers. Son évolution, son glissement vers les milieux traditionalistes et le suicide de son fils homosexuel dans l'officine de ses parents.



© Thierry Laporte.
© Thierry Laporte.
Avec tous les éléments d'un drame de l'incompréhension, le texte est une étude de caractère précis et méthodique qui évite le mélodrame, la caricature ou la charge militante. Par ses silences, il trace en pointillé le cheminement d'une conscience oscillant entre désarroi refoulé et certitudes affichées. En creux se dessine une carte des manques qui tâtonne sans la recherche des causes. Le portrait d'une société refermée sur elle-même.

Le spectateur en entr'ouvre les portes et découvre la monotonie d'une vie mue par des idées simples. Le temps semble s'être figé dans un idéal tranquille réglé et harmonieux, dans la conformité à la religion jamais remise en cause. La quiétude d'une famille, le statut social, le rite.

Dans cette histoire, le miroir de la respectabilité et de la notabilité s'embue au fil des jours. Une forme d'ennui ne se dit pas. Les enfants ont grandi mais restent des enfants aux yeux des parents. Une vie de silences que l'on eût qualifié au dix-neuvième siècle de rêve bourgeois. Provincial.

© Thierry Laporte.
© Thierry Laporte.
Sur lequel tombe comme un coup de tonnerre dans un ciel d'été, la nouvelle d'une proposition artistique jugée (préjugée) blasphématoire par des forces discrètes et puissantes. Des forces qui vont l'enrôler en toute douceur et persuasion dans l'opposition au projet de loi sur le mariage pour tous.

La mère qui ne soupçonnait pas que l'union civile, le mariage du code civil, n'était pas que le sacrement religieux du mariage, se découvre alors une vitalité inconnue. Battant le pavé, criant d'euphorie au sein de la foule. Métamorphosée.

Entre l'expression du "je" et du "elle", elle est étrangement distanciée. Dissociée même. La comédienne, (Emmanuelle Hiron), qui monte à l'avant-scène avec toute sa jeunesse, se moule dans la voix très posée de son personnage. Et accroît du coup l'effet de distance. Tout se passe comme si cette femme était en recherche de porte-parole, en recherche d'écoute et de connivence. En plaidoirie. N'ayant à l'évidence rien compris du drame que vivait son fils, ni des enjeux politiques qui l'environnent.

Le spectateur dont la conscience intime est sollicitée applaudit la qualité et le tact de travail. Face à ce spectacle qui apparaît bien comme une parabole contemporaine il lui appartient de trouver du sens à la parole biblique. "Ils ont des yeux et ne voient pas".

Vu à la maison des métallos.

"Le Fils"

© Thierry Laporte.
© Thierry Laporte.
Texte : Marine Bachelot Nguyen.
Idée originale, mise en scène, scénographie : David Gauchard.
Avec : Emmanuelle Hiron et un enfant claveciniste.
Collaboration artistique : Nicolas Petisoff.
Lumière : Christophe Rouffy.
Son : Denis Malard.
Musique : Olivier Mellano.
Enregistrement clavecin : Bertrand Cuiller.
Voix : Benjamin Grenat-Labonne.
Production L’unijambiste.
Durée : 1 h 20.
>> unijambiste.com

Tournée
6 et 7 avril 2017.
Festival Mythos, Rennes (35).
>> festival-mythos.com
3 et 4 mai et du 10 au 12 mai.
Espace Malraux - scène nationale de Chambéry et de la Savoie, Chambéry (73).
>> espacemalraux-chambery.fr

● Avignon Off 2017 ●
Du 6 au 26 juillet 2017.
Théâtre de La Manufacture - Collectif contemporain,
2 rue des Écoles.
>> lamanufacture.org

Jean Grapin
Jeudi 6 Avril 2017

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"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

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Safidin Alouache
03/01/2017
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Jean Grapin
19/12/2016
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Jean Grapin
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