Connectez-vous S'inscrire



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
À l'affiche

11/07 au 15/09/2012, Le Lucernaire, Paris, "Sous ma peau"

Pièce intime et spectaculaire pour un personnage à visage multiple, écrite à partir d'interviews d'anonymes sur le désir amoureux et de fragments de récits de Grisélidis Réal, artiste et prostituée suisse.



© Benoît Fortrye.
© Benoît Fortrye.
Confidence brutale du plaisir et de la frustration. Grand cirque de la passion, cabaret du sexe, manège du désir, "Sous ma peau" explore le fantasme et la réalité amoureuse dans tous ses états. L'Amour... Faire l'amour... et les autres, comment font-ils ? Que se cache-t-il dans ma tête et dans mon ventre, d'inavoué, de trouble, de sulfureux ? Suis-je normale ? Charlotte ne sait pas, Charlotte ne sait plus. Mais qui sait ?

À qui avouer qu’elle hésite à sortir le soir avec son amant parce qu’elle sait qu’en rentrant, elle aura droit à la gâterie qui gâte tout ? Est-ce que le désir de l’autre oblige (à passer à l’acte) ? C’est entre ce point de culpabilité de se croire pudibonde et de ras-le-bol de sa vie sexuelle que Charlotte est arrivée. Elle tombe sur une interview de Grisélidis Réal qui a alors 75 ans... et blessée de la fellation que son amoureux lui demande de faire "sous la pluie, dans le froid avec tout le monde qui peut les voir… !" ; anecdote qui déclenche chez Charlotte une vraie remise en question.

Suis-je normale, se demande t-elle, et où se trouve son désir à elle ? Elle s’aperçoit en tout cas que le désir de son mari lui pourrit la vie. Charlotte essaie de se situer, elle s’informe, elle cherche à savoir : comment se passe le désir dans les autres couples ?

Sa belle-sœur lui fait peine. Charlotte devine qu’elle aurait pu devenir comme elle, engoncée dans les convenances de son éducation : il y a des choses qui ne se font pas, qui sont sales…

Jean Louis, lui, la fascine. Il pratique la liberté sexuelle tout azimut. Elle voudrait avoir le courage d’essayer mais pourquoi ne peut-elle pas franchir le pas ? Elle en vient à se demander si l’amour existe ? Si le plaisir absolu est à la portée de tous ? Avoir quelqu’un dans la peau et réciproquement, ça existe ?

La vieille Marlène lui dit tranquillement que "Si on n’affronte pas le sexe, on ne connaît rien à rien de la vie… !". Et avoir une relation sexuelle en échange d’argent, n’est-ce pas plus simple ? Ne pas être embarrassée par son sentiment à l’autre et l’image de soi ?

Une nuit elle passe à l’acte : "Quand j’ai réalisé que j’avais plus de tendresse pour ce type que pour mon mari, j’ai pu rompre ! Faire la pute pour comprendre enfin que son couple est fichu, c’est quand même très enfantin !"

© Saïd Taftaf.
© Saïd Taftaf.
De et avec : Geneviève de Kermabon.
Lumière : Pascal Sautelet.
Musique originale : Jean-Marie Sénia.
Durée : 1 h 10.

Spectacle du 2 mai au 30 juin 2012.
Du mardi au samedi à 21 h 30, dimanche à 15 h (jusqu'au 17 juin).
Prolongations pour cause de succès :
Du 11 juillet au 15 septembre 2012.
Du mardi au dimanche à 19 h.
Théâtre Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Annonce
Mercredi 13 Juin 2012

Nouveau commentaire :

Théâtre | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Trib'Une | Archives | Concerts & Lyrique





Publicité



À découvrir

Une comédie de mœurs où le comique purifie le tragique

Reprise 2013, "À toi, pour toujours, ta Marie Lou", Théâtre Lucernaire, Paris

[2e Reprise] Né en 1942, Michel Tremblay est un auteur québécois touche à tout de théâtre, romans, chansons, scénarios, etc. Son premier succès, "Les belles sœurs" en 1968, traduit dans près de cinquante langues, a fait le tour du monde. Il est quelque peu oublié en France depuis.

Une comédie de mœurs où le comique purifie le tragique
"À toi, pour toujours, ta Marie Lou", œuvre de jeunesse (écrite en 1971), est présentée pour la première fois en France. Elle traite de la guerre impitoyable aggravée par la pauvreté qui règne au sein des familles. Le père qui boit (Yves Collignon), la mère qui accable (Cécile Magnet), les enfants qui se planquent. L’une, crâne et bravache (Sophie Parel), choisit la liberté ; l’autre (Marie Mainchin), repliée et craintive, choisit la sainteté. Les frères sont étrangement absents. Il est vrai que la mère tricote trop... Tous sont démangés par une envie de tuer.

La pièce pourrait n’être qu’une pochade prolétarienne, elle s’avère être une formidable machine théâtrale à la belle inventivité langagière. Elle est charpentée par des chassés croisés entre le passé et le présent, un peu comme le ferait un jeu de cartes dont les figures retomberaient invariablement sur le pique : une réussite qui ne réussirait jamais. Elle distribue les morceaux de bravoure aux comédiens et leur procure des manières de profondeur et d’humanité. Chacun a sa part de vérité.

Jean Grapin
15/12/2011
Spectacle à la Une

Histoire d'une chute annoncée... Du monarque au tyran...

Reprise 2013, "Marie Tudor", Le Lucernaire, Paris

Dans "Marie Tudor" de Victor Hugo, une reine et son amant sont emportés par le tourbillon mortel du désir et du pouvoir. Au rythme talentueux d’un bonimenteur, d’un bateleur, l’auteur, qu’il faut savoir découvrir hors de tout fatras patrimonial, enchaine les scènes et livre une extraordinaire lecture de la société. Le mépris exercé par la caste aristocratique, les ostracismes ordinaires, la foule instrumentalisée. L’auteur sait comme personne conjuguer archétypes et réalisme dans une tension dramatique croissante qui n’exclut pas le rire et la beauté.

Histoire d'une chute annoncée... Du monarque au tyran...
Le spectateur découvre comment, des salles du palais royal aux places de Londres plongées dans la nuit et le brouillard, se tissent les liens entre des personnes que tout sépare, découvre les effets de démultiplication dévastateurs que provoque l’idéal de vertu qui fonde un peuple... lorsque se cristallisent les forces de la raison d’État, de l’Amour confrontés à la jalousie, la cupidité, la voracité et la vengeance. L’histoire de Marie Tudor est celle d’une chute annoncée. Du monarque au tyran.

Marie Tudor se présente comme un conte populaire qui dévoile le dessous des cartes. Précis et toujours actuel…

Victor Hugo théorisa le drame, enfanta le théâtre populaire, le roman populaire et le roman policier. Il rêva peut-être le cinéma.

C’est cette intuition que Pascal Faber concrétise dans sa mise en scène. Avec une grande justesse et délicatesse dans la forme.

Jean Grapin
26/10/2011
Sortie à la Une

Quand Caravaggio nous est conté… la beauté fait rage !

Reprise 2013, "Moi, Caravage", Théâtre de la Gaîté Montparnasse, Paris

Lorsqu'une pièce rencontre son public, on a la chance de la voir reprise et prolongée. C’est le cas de "Moi, Caravage", une des réussites d’Avignon 2010, écrite et en partie interprétée par Cesare Capitani, dans le rôle-titre du célèbre peintre italien Michelangelo Merisi da Caravaggio (dit Caravage).

Quand Caravaggio nous est conté… la beauté fait rage !
A priori, la pièce n’avait pas tous les ingrédients pour soulever un tel enthousiasme. Ni décor, ni machinerie, une mise en scène réduite à son strict minimum : deux comédiens, un texte et une mise en lumière. Et c’est à peine s’il s’établit un dialogue entre les deux interprètes. Long soliloque (ou long monologue, au choix, ce n’est qu’une question de point de vue), le texte est essentiellement construit sous forme de narration, celle d’une vie poignante et passionnante, mais bien trop courte.

Si le plateau est rendu à sa plus simple expression, le jeu habile des lumières de Bernard Martinelli enserre les comédiens, baignés tour à tour par la noirceur des démons ou par l’aura des anges. Mais au-delà du bel hommage rendu aux fameux clairs-obscurs du peintre, les contrastes, loin de s’estomper, révèlent l’ange perfide ou le démon loyal qui habitent chacun de ses tableaux. Comme sa vie, l’œuvre de Caravaggio est dénuée de tout jugement moral, c’est ce qui fait (entre autres) la puissance et la modernité de son œuvre. Et avoir compris cela force déjà le respect du critique.

Sheila Louinet
23/02/2012