© Kyxomania.
La mise en scène de Rose Noël s'appuie essentiellement sur cet accompagnement musical et vocal pour insuffler une unité à la pièce de Koltès, faite d'une quinzaine de séquences qui se déroulent dans différents lieux. Ainsi la prison, la maison familiale, la cuisine de la Gamine, le quartier des putes, le square sont évoqués à la fois par cette musique, ces sons, ces ambiances et la présence constante des deux musiciens en fond de scène, dans une aura de fumigènes, donnent l'impression que le monde entier, vu par les yeux de Roberto Zucco, est une sorte d'immense Lunapark, une fête foraine où l'on passe le temps à éprouver son courage, à se faire peur, à se faire trembler.
C'est également une manière de mettre une distance esthétique avec la cavale meurtrière de Roberto Zucco, personnage né de la rencontre de Koltès avec un avis de recherche pour un tueur en série, qui traversa la chronique en 1987. Un personnage que le dramaturge a voulu élever au rang de mythe. Cette pièce choqua une partie de la société lorsqu'elle fut montée pour la première fois quelques années plus tard, puisqu'elle mettait en scène la cavale d'un tueur que le récit raconté par Koltès ne semblait pas condamner.
C'est également une manière de mettre une distance esthétique avec la cavale meurtrière de Roberto Zucco, personnage né de la rencontre de Koltès avec un avis de recherche pour un tueur en série, qui traversa la chronique en 1987. Un personnage que le dramaturge a voulu élever au rang de mythe. Cette pièce choqua une partie de la société lorsqu'elle fut montée pour la première fois quelques années plus tard, puisqu'elle mettait en scène la cavale d'un tueur que le récit raconté par Koltès ne semblait pas condamner.
© Kyxomania.
Car il n'y a pas de psychologie dans Roberto Zucco. Des faits, des actes, des pensées aussi rugueuses et aiguisées que des actes, des illusions aussi, de l'instant. Toutes les rencontres entre les personnages de la pièce sont des chocs, des percussions et tous les personnages sont comme surchargés de tâches, de devoirs, de rôles à tenir dans la société, dans leurs vies, qui les entravent, qu'ils endossent, mais qu'ils détestent au fond d'eux-mêmes. Lorsqu'ils croisent la route de Roberto Zucco, c'est comme si celui-ci les libérait de ces charges. Sans pour cela leur redonner vie.
Rose Noël réussit une belle proposition de mise en scène en faisant déborder l'action de cette cavale dans tout l'espace de la salle, du plateau, des coulisses et des cintres. Elle parvient à intégrer à plusieurs endroits le public à l'histoire, le transformant en témoin vaguement complice. Et tous les interprètes, ils sont neuf sur scène, parviennent à donner corps avec énergie et sincérité aux multiples personnages de la pièce. La pièce originale est pourtant tronquée de quelques séquences, dont le meurtre brutal d'un enfant. On peut se demander pourquoi censurer cet acte, pic de l'effroyable et de la monstruosité ? Roberto Zucco y perd de sa dimension hors norme et la mère de l'enfant, toute profondeur dramatique, hélas.
Ces coupes et l'envie de rendre hommage à la belle écriture de la pièce rendent ce spectacle un peu trop sage quand le désir, la mort, le désir de la mort et le sexe ne cessent de parcourir en filigrane tout ce récit. Des thématiques que Bernard-Marie Koltès porte dans plusieurs de ses textes, comme cette urgence à dire, à faire, que l'on retrouve dans la fièvre portée par Roberto Zucco, lui qui rêve des neiges éternelles du Kenya pour l'apaiser enfin…
◙ Bruno Fougniès
Rose Noël réussit une belle proposition de mise en scène en faisant déborder l'action de cette cavale dans tout l'espace de la salle, du plateau, des coulisses et des cintres. Elle parvient à intégrer à plusieurs endroits le public à l'histoire, le transformant en témoin vaguement complice. Et tous les interprètes, ils sont neuf sur scène, parviennent à donner corps avec énergie et sincérité aux multiples personnages de la pièce. La pièce originale est pourtant tronquée de quelques séquences, dont le meurtre brutal d'un enfant. On peut se demander pourquoi censurer cet acte, pic de l'effroyable et de la monstruosité ? Roberto Zucco y perd de sa dimension hors norme et la mère de l'enfant, toute profondeur dramatique, hélas.
Ces coupes et l'envie de rendre hommage à la belle écriture de la pièce rendent ce spectacle un peu trop sage quand le désir, la mort, le désir de la mort et le sexe ne cessent de parcourir en filigrane tout ce récit. Des thématiques que Bernard-Marie Koltès porte dans plusieurs de ses textes, comme cette urgence à dire, à faire, que l'on retrouve dans la fièvre portée par Roberto Zucco, lui qui rêve des neiges éternelles du Kenya pour l'apaiser enfin…
◙ Bruno Fougniès
"Roberto Zucco"
© Fanny Cortade.
Texte : Bernard-Marie Koltès.
Mise en scène : Rose Noël.
Collaboration artistique : Simon Cohen.
Avec : Natalia Bacalov, Lola Blanchard, Simon Cohen ou Vincent Odetto, Laurence Côte, Maxime Gleizes ou Thomas Rio ou Pierre Loup Mériaux, Axel Granberger, Akrem Hamdi ou Julien Gallix, Rose Noël ou Milena Sansonetti, Martin Sevrin et Suzanne Dauthieux.
Création Musicale : Natalia Bacalov et Martin Sevrin.
Lumière : Enzo Cescatti.
Scénographie : Mathilde Juillard.
Son : Mateo Esnault et Tom Beauseigneur.
Costume Cloé Robin.
Surtitrage vidéo : Katell Paugam.
À partir de 14 ans.
Durée 1 h 30.
Du 31 mars au 18 avril 2026.
Mardi, mercredi et vendredi à 20 h, jeudi à 19 h, samedi à 16 h.
Théâtre 14, 20, avenue Marc Sangnier, Paris 14ᵉ.
Téléphone : 01 45 45 49 77.
>> Billetterie en ligne
>> theatre14.fr
Le spectacle se jouera au Théâtre du Girasole à 18 h 50 lors du Festival Off d'Avignon du 4 au 25 juillet 2026.
Mise en scène : Rose Noël.
Collaboration artistique : Simon Cohen.
Avec : Natalia Bacalov, Lola Blanchard, Simon Cohen ou Vincent Odetto, Laurence Côte, Maxime Gleizes ou Thomas Rio ou Pierre Loup Mériaux, Axel Granberger, Akrem Hamdi ou Julien Gallix, Rose Noël ou Milena Sansonetti, Martin Sevrin et Suzanne Dauthieux.
Création Musicale : Natalia Bacalov et Martin Sevrin.
Lumière : Enzo Cescatti.
Scénographie : Mathilde Juillard.
Son : Mateo Esnault et Tom Beauseigneur.
Costume Cloé Robin.
Surtitrage vidéo : Katell Paugam.
À partir de 14 ans.
Durée 1 h 30.
Du 31 mars au 18 avril 2026.
Mardi, mercredi et vendredi à 20 h, jeudi à 19 h, samedi à 16 h.
Théâtre 14, 20, avenue Marc Sangnier, Paris 14ᵉ.
Téléphone : 01 45 45 49 77.
>> Billetterie en ligne
>> theatre14.fr
Le spectacle se jouera au Théâtre du Girasole à 18 h 50 lors du Festival Off d'Avignon du 4 au 25 juillet 2026.