© Marc Domage.
En prélude, il serait difficile de ne pas remarquer le clin d'œil mutin adressé par l'artiste sur scène qui s'est plu, dans le choix du titre donné à sa performance, à faire muter l'infinitif "Transformer" en son participe passé "Transformé"… marquant ainsi qu'elle ne s'arrêtera pas aux métamorphoses de genres et autres comportements hors norme réprouvés par la morale bourgeoise (sexe, alcool, drogue, etc.) mis en scène en 1972 par Lou Reed, pour porter ici et maintenant à son incandescence l'art libertaire de l'interprétation chère à son instigateur.
D'emblée Fanny de Chaillé donnera le ton en se présentant comme David Bowie, le producteur de Lou Reed présent à ses côtés, contrebasse en main… Les titres défileront, "amplifiés" par les mimiques décalées des deux artistes (allant jusqu'aux borborygmes, éructations, claquements de joue interne) dont le plaisir de jouer – de se jouer – de leurs contenus "sauvages" participe grandement à notre plaisir à nous de les réentendre mis en perspective. Ainsi de "Walk on the Wild Side" dont le refrain entêtant – "Hey bébé, viens faire un tour du côté obscur" – résonne comme une invitation joyeuse à larguer les amarres pour partir illico à la rencontre de l'underground new-yorkais des années soixante-dix, celui de la Factory d'Andy Warhol, mentor du pop art et producteur musical de Lou Reed à qui il vouait un soutien indéfectible. Hymne à la transidentité et autres valeurs prisées par la contre-culture servant de fil rouge à l'album.
D'emblée Fanny de Chaillé donnera le ton en se présentant comme David Bowie, le producteur de Lou Reed présent à ses côtés, contrebasse en main… Les titres défileront, "amplifiés" par les mimiques décalées des deux artistes (allant jusqu'aux borborygmes, éructations, claquements de joue interne) dont le plaisir de jouer – de se jouer – de leurs contenus "sauvages" participe grandement à notre plaisir à nous de les réentendre mis en perspective. Ainsi de "Walk on the Wild Side" dont le refrain entêtant – "Hey bébé, viens faire un tour du côté obscur" – résonne comme une invitation joyeuse à larguer les amarres pour partir illico à la rencontre de l'underground new-yorkais des années soixante-dix, celui de la Factory d'Andy Warhol, mentor du pop art et producteur musical de Lou Reed à qui il vouait un soutien indéfectible. Hymne à la transidentité et autres valeurs prisées par la contre-culture servant de fil rouge à l'album.
© Marc Domage.
"Vicious", coécrit en totale complicité avec Andy Warhol, offrira l'occasion rêvée au duo réuni ce soir sur le plateau d'un show déjanté conclu par une salve de "Tu es si dépravé, si morbide, si déréglé… Je suis si libertin, si dissolu, si pervers, si licencieux, si vicieux…", ponctuée par un "Tu es si…" des plus retentissants. Les marginaux évoqués dans ce titre, mais aussi dans les autres morceaux de l'album culte, sont toutes et tous des aficionados de drogue, de sexualité sans limites et autres "déviances" des chemins tracés prônés par les "honnêtes gens" (cf. Brassens), racontent les horizons libertaires appartenant à un passé fondu dans une mythologie de l'avant-garde new-yorkaise. Et si cette "mythologie" (au sens où l'entendait Roland Barthes) est distanciée pour être un brin moquée, c'est avec une tendresse palpable mettant en abyme le désir à tous crins de liberté avec son destin annoncé : "Un de ces jours, on pensera ce qu'on veut… et, finalement, on pensera comme tout le monde".
"Just a perfect day", autre titre phare, lors de sa sortie avait magnifiquement floué le public adhérant à la belle romance contée… sans comprendre alors que l'effet euphorisant ressenti par les protagonistes n'avait rien de naturel, mais résultait d'une prise d'héroïne. Aussi, la diffusion du délire d'applaudissements enregistrés, sera-t-il doublé d'un clin d'œil appuyé à l'adresse des spectateurs d'aujourd'hui devenus complices "enchantés" de cette mystification.
"Just a perfect day", autre titre phare, lors de sa sortie avait magnifiquement floué le public adhérant à la belle romance contée… sans comprendre alors que l'effet euphorisant ressenti par les protagonistes n'avait rien de naturel, mais résultait d'une prise d'héroïne. Aussi, la diffusion du délire d'applaudissements enregistrés, sera-t-il doublé d'un clin d'œil appuyé à l'adresse des spectateurs d'aujourd'hui devenus complices "enchantés" de cette mystification.
© Marc Domage.
Quant à l'interview "en live" de Lou Reed (alias Sarah Murcia) par une journaliste (Fanny de Chaillé), portant sur le rapport de ce dernier aux thèmes transgressifs dont son œuvre est truffée, il est à se fendre (la poire) tant l'artiste de rock, shooté à mort, n'a que faire des questions posées… et le montre très ouvertement ! Entreprise de "déglinguage" en bonne et due forme qui déboulonne de son piédestal la statue iconique… pour la rendre tout simplement humainement désirable. Le récital conclu par le dernier titre de l'album culte, lancé à l'adresse du public : "Good night ladies !"… pour l'inviter à poursuivre – à sa guise – l'ivresse.
De l'icône du Velvet Underground, Fanny de Chaillé a adopté l'esprit libre, l'humour sans fard et le goût prononcé pour la voix parlé-chanté mise en valeur par la contrebasse de Sarah Murcia dont les saisissantes interprétations sont amplifiées par ses boucles musicales. De cette coopération complice naît un récital insolite, une "ré-création" délibérément drôle et énergisante qui, si elle n'est pas destinée à être gravée dans les sillons des puristes du rock, marque une prise de risque joyeusement assumée pour une culture (musicale et autre) sortant des sentiers battus. Une contribution de plus à une œuvre – la sienne – échappant à tous critères, si ce n'est celui d'une exigence de sincérité tramant ses créations.
◙ Yves Kafka
Vu le 18 septembre 2026 au Salon de musiques du Rocher de Palmer de Cenon (près de Bordeaux) (33).
De l'icône du Velvet Underground, Fanny de Chaillé a adopté l'esprit libre, l'humour sans fard et le goût prononcé pour la voix parlé-chanté mise en valeur par la contrebasse de Sarah Murcia dont les saisissantes interprétations sont amplifiées par ses boucles musicales. De cette coopération complice naît un récital insolite, une "ré-création" délibérément drôle et énergisante qui, si elle n'est pas destinée à être gravée dans les sillons des puristes du rock, marque une prise de risque joyeusement assumée pour une culture (musicale et autre) sortant des sentiers battus. Une contribution de plus à une œuvre – la sienne – échappant à tous critères, si ce n'est celui d'une exigence de sincérité tramant ses créations.
◙ Yves Kafka
Vu le 18 septembre 2026 au Salon de musiques du Rocher de Palmer de Cenon (près de Bordeaux) (33).
"Transformé"
Création 2021.
À partir de “Transformer” de Lou Reed (1972).
Conception : Fanny de Chaillé et Sarah Murcia.
Avec : Fanny de Chaillé (voix) et Sarah Murcia (contrebasse).
Son : François-Xavier Vilaverde.
Durée : 50 minutes.
Représenté les 17 et 18 septembre 2026 au Rocher de Palmer de Cenon (près de Bordeaux) (33), en collaboration avec le Théâtre national Bordeaux Aquitaine (tnba).
À partir de “Transformer” de Lou Reed (1972).
Conception : Fanny de Chaillé et Sarah Murcia.
Avec : Fanny de Chaillé (voix) et Sarah Murcia (contrebasse).
Son : François-Xavier Vilaverde.
Durée : 50 minutes.
Représenté les 17 et 18 septembre 2026 au Rocher de Palmer de Cenon (près de Bordeaux) (33), en collaboration avec le Théâtre national Bordeaux Aquitaine (tnba).