© Andrew Perry.
Figure emblématique de la musique américaine et des comédies musicales, Irving Berlin, créateur aussi de l'hymne américain "God bless America" (1918), reste encore aujourd'hui un monument incontournable qui a donné ses lettres de noblesse à Broadway.
Avec "Top Hat" (1935), et Fred Astaire et Ginger Rogers en vedette, Irving Berlin rencontre un succès international et sa création est considérée comme l'un des plus grands films musicaux. La première version scénique, avec pour metteuse en scène et chorégraphe Kathleen Marshall, a été créée en 2011.
Sur le plateau, les lumières brillent et découvrent une scénographie en forme circulaire, tournante et située en arrière-fond central. Le plateau est découpé à l'avant où se déroulent les séquences théâtrales. À l'arrière-scène, dans la bulle tournante, à chaque tableau, les décors montrent un intérieur huppé, avec, entre autres, l'accueil d'un hôtel, une chambre d'hôtel et une salle d'attente. Là, tout est théâtre accompagné parfois par des solos de claquettes de Philip Attmore (Jerry Travers) et des duos avec Nicole-Lily Baisden (Dale Tremont).
Avec "Top Hat" (1935), et Fred Astaire et Ginger Rogers en vedette, Irving Berlin rencontre un succès international et sa création est considérée comme l'un des plus grands films musicaux. La première version scénique, avec pour metteuse en scène et chorégraphe Kathleen Marshall, a été créée en 2011.
Sur le plateau, les lumières brillent et découvrent une scénographie en forme circulaire, tournante et située en arrière-fond central. Le plateau est découpé à l'avant où se déroulent les séquences théâtrales. À l'arrière-scène, dans la bulle tournante, à chaque tableau, les décors montrent un intérieur huppé, avec, entre autres, l'accueil d'un hôtel, une chambre d'hôtel et une salle d'attente. Là, tout est théâtre accompagné parfois par des solos de claquettes de Philip Attmore (Jerry Travers) et des duos avec Nicole-Lily Baisden (Dale Tremont).
© Andrew Perry.
C'est propre et très coloré. Pas de faux pli, tout est sur-mesure. Pas une once de froissure comme si chaque danseur était sur du papier glacé. Tout est à l'image de la trame qui reste dans un fil narratif où il n'y a pas de surprise. Au-delà du talent indéniable des protagonistes, c'est à l'image d'une société américaine de l'époque de la création du film qui se montre sans ses aspérités, sans ses problèmes de racisme dans une guerre froide où l'image du capitalisme, comme de sa rivale communiste, devait se montrer lisse et propre.
Les chansons alternent, dont le célèbre "Cheek to cheek" où le couple danse avec une gestuelle basée sur des mouvements vifs et rapides, quand le groupe des danseurs est dans des dynamiques plus ou moins au corps à corps selon leurs distances entre eux et que les membres supérieurs se tendent, se courbent ou se plient.
Le couple Philip Attmore/Nicole-Lily Baisden revient à différentes reprises dans le fil dramaturgique, autant dans le chant, la danse que le théâtre, dans un rapport au jeu où les ruptures alternent souvent lors des changements de scène, donnant à chacune d'elles une couleur en écho à des émotions.
Les chansons alternent, dont le célèbre "Cheek to cheek" où le couple danse avec une gestuelle basée sur des mouvements vifs et rapides, quand le groupe des danseurs est dans des dynamiques plus ou moins au corps à corps selon leurs distances entre eux et que les membres supérieurs se tendent, se courbent ou se plient.
Le couple Philip Attmore/Nicole-Lily Baisden revient à différentes reprises dans le fil dramaturgique, autant dans le chant, la danse que le théâtre, dans un rapport au jeu où les ruptures alternent souvent lors des changements de scène, donnant à chacune d'elles une couleur en écho à des émotions.
© Andrew Perry.
En avant-scène, le jeu théâtral est mené par des protagonistes comme la remarquable Emma Williams qui campe le personnage de Madge Hardwick, pleine de truculence. C'est la seule qui sort d'un spectre un peu trop policé. Jouant sur les comiques de situation, sur un ton souvent sarcastique, elle incarne une femme mariée, suffisamment espiègle pour s'attirer les bonnes grâces de la vie avec ses rencontres, ses surprises et ses problèmes aussi. Dans d'autres registres, des protagonistes tels Alberto Bedaine (Alex Gibson-Giorgio) ont leurs traits caractéristiques, comme son accent et sa physionomie méditerranéenne, contrebalançant la bonhomie d'homme d'intérieur et passablement bourgeoise d'Horace Hardwick (Stuart Hickey).
Tout est magnifique, autant dans les voix, les chants, le jeu que la danse. Cela manque toutefois de truculence. Le talentueux Philip Attmore (Jerry Travers), artiste complet qui danse aussi bien des claquettes qu'il ne chante, a un jeu de pieds très rapide où les tapes restent dans un spectre sonore peu élevé contrebalançant le rythme et les mouvements aériens de son corps. C'est vif, virevoltant et alternant parfois avec des phases de jeu où les sentiments prennent les commandes du verbe quand l'amour et les disputes domestiques s'immiscent. Ainsi, le corps et les chants sont les deux vecteurs exclamatifs des émotions quand la parole est une vectrice plus intérieure.
Tout est magnifique, autant dans les voix, les chants, le jeu que la danse. Cela manque toutefois de truculence. Le talentueux Philip Attmore (Jerry Travers), artiste complet qui danse aussi bien des claquettes qu'il ne chante, a un jeu de pieds très rapide où les tapes restent dans un spectre sonore peu élevé contrebalançant le rythme et les mouvements aériens de son corps. C'est vif, virevoltant et alternant parfois avec des phases de jeu où les sentiments prennent les commandes du verbe quand l'amour et les disputes domestiques s'immiscent. Ainsi, le corps et les chants sont les deux vecteurs exclamatifs des émotions quand la parole est une vectrice plus intérieure.
© Andrew Perry.
C'est rythmé avec des danses de groupe sur mesure qui s'imbriquent entre les tableaux, chaque danseur et chaque geste devenant les pièces d'un grand ensemble. Elles se coordonnent dans une synchronisation où les gestuelles s'organisent parfois dans des rondes dans lesquelles le pied et la main levés participent à une sorte de communion. Ces moments de rupture où le temps dramaturgique marque un arrêt dans la trame théâtrale sont des instants de symbiose joyeuse, alternant avec des tensions amoureuses ou domestiques, voire de violence physique où le comique est toutefois au rendez-vous.
"Top Hat" est dans un canevas dramaturgique un peu vieillot, celui d'une Amérique sage et conformiste. Ce qui a traversé toutefois plus de neuf décennies est le mariage d'une exigence talentueuse entre théâtre et danse, avec les claquettes qui ont eu leur heure de gloire des années trente aux années cinquante et qu'on retrouve toujours avec un grand plaisir !
◙ Safidin Alouache
"Top Hat" est dans un canevas dramaturgique un peu vieillot, celui d'une Amérique sage et conformiste. Ce qui a traversé toutefois plus de neuf décennies est le mariage d'une exigence talentueuse entre théâtre et danse, avec les claquettes qui ont eu leur heure de gloire des années trente aux années cinquante et qu'on retrouve toujours avec un grand plaisir !
◙ Safidin Alouache
"Top Hat"
© Johan Persson.
En anglais, surtitré en français.
D'après le film Top Hat (RKO Pictures).
Musique et paroles : Irving Berlin.
Adaptation pour la scène : Matthew White et Howard Jacques.
Mise en scène et chorégraphie : Kathleen Marshall.
Direction musicale : Luke Holman.
Décors : Peter McKintosh.
Costumes : Yvonne Milnes et Peter McKintosh.
Orchestration et arrangements : Chris Walker.
Lumière : Tim Mitchell.
Design sonore : Paul Groothuis.
Avec : Phillip Attmore, Nicole-Lily Baisden, Stuart Hickey / Clive Carter, Emma Williams, James Clyde, Alex Gibson-Giorgio.
Ensemble/seconds rôles : Lindsay Atherton, Rhiannon Bacchus, Freddie Clements, Pedro Donoso, Autumn Draper, Tilly Ducker, Zak Edwards, Laura Hills, Connor Hughes, David McIntosh, Jordan Oliver, Emily Ann Potter, Molly Rees Howe, Kirsty Sparks, Toyan Thomas-Browne.
Swings : Bethan Downing, Maddie Harper, George Lyons, Joe Press.
D'après le film Top Hat (RKO Pictures).
Musique et paroles : Irving Berlin.
Adaptation pour la scène : Matthew White et Howard Jacques.
Mise en scène et chorégraphie : Kathleen Marshall.
Direction musicale : Luke Holman.
Décors : Peter McKintosh.
Costumes : Yvonne Milnes et Peter McKintosh.
Orchestration et arrangements : Chris Walker.
Lumière : Tim Mitchell.
Design sonore : Paul Groothuis.
Avec : Phillip Attmore, Nicole-Lily Baisden, Stuart Hickey / Clive Carter, Emma Williams, James Clyde, Alex Gibson-Giorgio.
Ensemble/seconds rôles : Lindsay Atherton, Rhiannon Bacchus, Freddie Clements, Pedro Donoso, Autumn Draper, Tilly Ducker, Zak Edwards, Laura Hills, Connor Hughes, David McIntosh, Jordan Oliver, Emily Ann Potter, Molly Rees Howe, Kirsty Sparks, Toyan Thomas-Browne.
Swings : Bethan Downing, Maddie Harper, George Lyons, Joe Press.
© Johan Persson.
Orchestre : Matthew Spalding chef d'orchestre associé/claviers), Jemima Clarke, Glesni Roberts (violon), Elaine Ambridge, Kath Roberts (alto, violon), Simon Williams, Jonathan Vaux, Claire Shaw (reed), William Smith, Paul Mitchell (trompette, bugle), Andrew Watson (trombone), Tom Williams (batterie, percussions), Matthew Hollick (contrebasse).
Durée : 2 h 30 avec entracte.
Du 15 avril au 3 mai 2026.
Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 15 h et 20 h, dimanche à 15 h.
Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.
Tél. : 01 40 28 28 40.
>> Billetterie en ligne
>> chatelet.com
Durée : 2 h 30 avec entracte.
Du 15 avril au 3 mai 2026.
Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 15 h et 20 h, dimanche à 15 h.
Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.
Tél. : 01 40 28 28 40.
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>> chatelet.com