© Patrick Berger.
Un homme habillé en bleu de travail est sur scène avec un long balai entre les mains. Il joue de mimes, de situations, de spectateurs et d’accessoires scéniques, doucement, sans prévenir, tel un accessoiriste qui disposerait ses éléments. Tout est jeu et silence. Tout est attitude et expression dans un environnement dans lequel il est seul, sans chercher à créer un lien réciproque avec ce qui l’entoure. Il le questionne, mais son objet n’est pas d’entrer dans un échange, verbal ou émotionnel, avec lui. Ce moment s’inscrit à la fois en préambule du spectacle et entier à celui-ci.
L’entame est suivie par une musique et dix danseurs s’alignant en fond de scène. Cette rupture est autant dans la scénographie que dans le contenu du spectacle qui devient chorégraphique. De la verbalisation du corps et de la performance humoristique qui découle de la première séquence, s’inscrit ce qui suit : l’expression d’une colère en chorégraphies multiples. Sans que celle-là s’exprime de façon brutale, elle avance à petits pas vers une agressivité. Le fil rouge, liant ces deux parties, est cette émotion qui peut être portée de manière ponctuelle, continue, refoulée, expressive ou maîtrisée. "Être roi de ses humeurs est le privilège des grands animaux", comme le souligne Camus dans "La Chute" (1956).
L’entame est suivie par une musique et dix danseurs s’alignant en fond de scène. Cette rupture est autant dans la scénographie que dans le contenu du spectacle qui devient chorégraphique. De la verbalisation du corps et de la performance humoristique qui découle de la première séquence, s’inscrit ce qui suit : l’expression d’une colère en chorégraphies multiples. Sans que celle-là s’exprime de façon brutale, elle avance à petits pas vers une agressivité. Le fil rouge, liant ces deux parties, est cette émotion qui peut être portée de manière ponctuelle, continue, refoulée, expressive ou maîtrisée. "Être roi de ses humeurs est le privilège des grands animaux", comme le souligne Camus dans "La Chute" (1956).
Dans "Tendre colère" se joue un rapport à l’autre et à l’espace. Un des artistes chante quand, plus loin, un autre se plaint fortement en espagnol, avec une traduction effectuée avec humour et de façon décalée. Le verbe s’habille dans un débit passionné, ponctué d'exclamations et d'interpellations au public. Celles-ci sont dirigées vers les spectateurs sans qu’ils en soient le sujet, mais le support.
Les corps s’avancent, chacun à son rythme avec une gestuelle qui est dans un lâcher-prise continu en solo, en duo ou par petits groupes avec des déplacements effectués sans que le pas de course ne soit présent. Les lumières scandent les temps forts en créant une ambiance. Les danseurs se délassent. L’engourdissement des uns et des autres s'effectue par groupe de deux, un artiste tombant au sol avant qu’il ne soit retenu par en dessous de ses aisselles par son alter-ego. C’est fluide et gracieux. Les mouvements sont multiples, chacun étant dans ses propres gestes, mais le tout est de même tempo et à la même allure. Ceux-ci sont, à dessein, non synchrones, bien que l’ensemble le soit.
Un moment, des corps et des bras s’étirent dans des lumières fluorescentes comme celles d’une boîte de nuit. Le rythme change, devient animé et dansant avant que la réalité reprenne ses droits dans des lumières plus neutres. S’il y a "tendre colère", elle est contenue, sauf à la fin où les danseurs, disposés les uns à côté des autres dans une rangée en avant-scène, poussent, de façon crescendo, des cris dans un même tempo avant que ceux-ci ne redescendent pour finir dans un chant collectif et que le noir ne tombe sur eux.
Les corps s’avancent, chacun à son rythme avec une gestuelle qui est dans un lâcher-prise continu en solo, en duo ou par petits groupes avec des déplacements effectués sans que le pas de course ne soit présent. Les lumières scandent les temps forts en créant une ambiance. Les danseurs se délassent. L’engourdissement des uns et des autres s'effectue par groupe de deux, un artiste tombant au sol avant qu’il ne soit retenu par en dessous de ses aisselles par son alter-ego. C’est fluide et gracieux. Les mouvements sont multiples, chacun étant dans ses propres gestes, mais le tout est de même tempo et à la même allure. Ceux-ci sont, à dessein, non synchrones, bien que l’ensemble le soit.
Un moment, des corps et des bras s’étirent dans des lumières fluorescentes comme celles d’une boîte de nuit. Le rythme change, devient animé et dansant avant que la réalité reprenne ses droits dans des lumières plus neutres. S’il y a "tendre colère", elle est contenue, sauf à la fin où les danseurs, disposés les uns à côté des autres dans une rangée en avant-scène, poussent, de façon crescendo, des cris dans un même tempo avant que ceux-ci ne redescendent pour finir dans un chant collectif et que le noir ne tombe sur eux.
© Patrick Berger.
Les cris deviennent chants en cœur, les respirations, une agressivité à bout de souffle, les interprètes dans la grogne, une communauté unie par une même voix. Et si cette réaction était nécessaire pour dénoncer une injustice ? Ou comment François et Christian Ben Aïm arrivent à marier une émotion sous toutes ses formes dans une pluralité de gestes.
◙ Safidin Alouache
◙ Safidin Alouache
"Tendre colère"
© Patrick Berger.
Chorégraphie et scénographie : Christian et François Ben Aïm.
Assistante chorégraphique : Alex Blondeau.
Avec : Eva Assayas, Jamil Attar, Johan Bichot, Lucie Domenach, Rosanne Briens, Carla Diego, Andrea Givanovitch, Jeremy Kouyoumdjian, Andréa Moufounda, Emilio Urbina.
Accompagnement dramaturgique : Véronique Sternberg.
Composition musicale : Patrick de Oliveira.
Chant enregistré : Myriam Djémour.
Création costumes : Mossi Traoré.
Création lumière : Laurent Patissier.
Régie générale et plateau : Stéphane Holvêque.
À partir de 8 ans.
Production CFB 451.
Durée : 1 h 05.
A eu lieu du 15 au 17 juillet 2026 à 22 h.
Au Jardin des Tuileries, Domaine du Louvre, 4 quai des Tuileries, Paris 1er.
Festival Paris L'Été - 36e édition
Du 11 juillet au 4 août 2026.
>> parislete.fr
>> Programme
>> Billetterie en ligne
Assistante chorégraphique : Alex Blondeau.
Avec : Eva Assayas, Jamil Attar, Johan Bichot, Lucie Domenach, Rosanne Briens, Carla Diego, Andrea Givanovitch, Jeremy Kouyoumdjian, Andréa Moufounda, Emilio Urbina.
Accompagnement dramaturgique : Véronique Sternberg.
Composition musicale : Patrick de Oliveira.
Chant enregistré : Myriam Djémour.
Création costumes : Mossi Traoré.
Création lumière : Laurent Patissier.
Régie générale et plateau : Stéphane Holvêque.
À partir de 8 ans.
Production CFB 451.
Durée : 1 h 05.
A eu lieu du 15 au 17 juillet 2026 à 22 h.
Au Jardin des Tuileries, Domaine du Louvre, 4 quai des Tuileries, Paris 1er.
Festival Paris L'Été - 36e édition
Du 11 juillet au 4 août 2026.
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