© Christophe Raynaud de Lage.
C'est ouvrir ainsi une autre voie pour les générations possédant un pied sur chaque continent que la vengeance ou que l'assimilation. Vengeance contre un pays colonialiste qui a fondé sa prospérité sur l'exploitation des ressources et des peuples avec ses colonies, avec l'esclavage établi en système, et un modèle économique qui fait perdurer son influence, et assimilation pure et simple au modèle occidental quitte à abandonner la moitié de son patrimoine ou matrimoine culturel.
Une troisième voie synonyme de renouveau, de revitalisation, d'énergie qui, sous le terme d'Afropéa, est le fruit d'une "sensibilité particulière qui ne peut pas choisir entre l'Afrique et la France, parce qu'elle participe des deux", selon Léonora Miano. Redemption Song se propose de montrer sur scène ce que cette troisième voie serait susceptible de produire.
La pièce se situe ainsi dans un avenir pas très proche, au XXIIᵉ siècle, en Afrique subsaharienne. L'incarnation du concept de l'Afropéa est ici un pays imaginaire, la Nubie, et la philosophie qui préside à ce pays, le nubianisme. "C'est une pensée de soi pour soi. Il s'agit de se guérir, de se réinventer, de se réhabiliter à ses propres yeux, puis de se présenter autrement au monde. (…) Il ne s'agit pas seulement de combattre une domination extérieure, mais de retrouver une puissance de définition de soi."
Une troisième voie synonyme de renouveau, de revitalisation, d'énergie qui, sous le terme d'Afropéa, est le fruit d'une "sensibilité particulière qui ne peut pas choisir entre l'Afrique et la France, parce qu'elle participe des deux", selon Léonora Miano. Redemption Song se propose de montrer sur scène ce que cette troisième voie serait susceptible de produire.
La pièce se situe ainsi dans un avenir pas très proche, au XXIIᵉ siècle, en Afrique subsaharienne. L'incarnation du concept de l'Afropéa est ici un pays imaginaire, la Nubie, et la philosophie qui préside à ce pays, le nubianisme. "C'est une pensée de soi pour soi. Il s'agit de se guérir, de se réinventer, de se réhabiliter à ses propres yeux, puis de se présenter autrement au monde. (…) Il ne s'agit pas seulement de combattre une domination extérieure, mais de retrouver une puissance de définition de soi."
© Christophe Raynaud de Lage.
Pour rendre palpable et charnel cette possibilité d'avenir pour une Afrique décidée à choisir la voie de l'Afropéa, Léonora Miano invente un couple où vont se concentrer les luttes entre cette philosophie émancipatrice incarnée par Farafina, héritière du pouvoir et de la fortune qui va avec, et Francis, le mari qu'elle a choisi d'épouser, dont les actes de profiteur perpétuel semblent la copie de la politique coloniale subie par le continent. Une incarnation qui s'étend au reste de cette famille et à ceux qui gravitent autour, sur le modèle des grandes tragédies grecques, elles aussi, incarnées par des familles dominantes. Une famille traversée par un fratricide, les infidélités, l'exil, les corruptions financières ou sexuelles, des dérèglements susceptibles de détruire l'apparente harmonie qui règne sur le pays.
Mais la réalisation sur scène passe difficilement la rampe. Malgré une volonté visible et bien réalisée pour éviter tous les clichés, le jeu des comédiennes et des comédiens manque de corps. La pièce tend parfois vers un autre stéréotype, celui du théâtre bourgeois. La scène de la grande salle de la Colline apparaît souvent trop spacieuse, malgré l'élégance et la finesse des éléments de décors. Dans ces grands espaces, ou au pied du haut rideau de scène qui descend régulièrement, le jeu semble n'occuper qu'une petite partie d'un vaste vide.
Mais la réalisation sur scène passe difficilement la rampe. Malgré une volonté visible et bien réalisée pour éviter tous les clichés, le jeu des comédiennes et des comédiens manque de corps. La pièce tend parfois vers un autre stéréotype, celui du théâtre bourgeois. La scène de la grande salle de la Colline apparaît souvent trop spacieuse, malgré l'élégance et la finesse des éléments de décors. Dans ces grands espaces, ou au pied du haut rideau de scène qui descend régulièrement, le jeu semble n'occuper qu'une petite partie d'un vaste vide.
© Christophe Raynaud de Lage.
Une mise en scène hachée par de nombreux noirs pour changements de décors (certains atteignent presque la minute, ce qui semble une éternité pour le spectateur dans la salle). Et malgré la surprise occasionnée par ces changements de lieux qui sont suggérés par des éléments décoratifs et quelques meubles, ces interruptions régulières perturbent l'attention aux propos pourtant forts et originaux.
Il en reste néanmoins que l'idée finit malgré tout d'infuser dans le public et que l'évocation d'une Afrique subsaharienne prospère, fière et rendue enfin maîtresse d'elle-même et de ses choix est une sorte de nécessité.
"Émancipez-vous de l'esclavage mental ?
Personne d'autre que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits".
Extrait de Redemption Song de Bob Marley.
◙ Bruno Fougniès
Il en reste néanmoins que l'idée finit malgré tout d'infuser dans le public et que l'évocation d'une Afrique subsaharienne prospère, fière et rendue enfin maîtresse d'elle-même et de ses choix est une sorte de nécessité.
"Émancipez-vous de l'esclavage mental ?
Personne d'autre que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits".
Extrait de Redemption Song de Bob Marley.
◙ Bruno Fougniès
"Redemption Song"
© Christophe Raynaud de Lage.
Texte : Léonora Miano.
Mise en scène : Léonora Miano, assistée d'Hugo Rousselin.
Avec : Ayouba Ali, Astrid Bayiha, Alvie Bitemo, Cyril Gueï, Kader Lassina Touré, Ysanis Padonou, Leleng Prezi, Stéphane Soo-Mongo.
Scénographie : Laure Pichat.
Lumières : Kelig Le Bars.
Création musicale et sonore : Jean-Baptiste Cognet.
Artiste capillaire, perruques : Séphora Joannes.
Costumes féminins : Jacquie Atandji pour Jacquie Créations (Lomé, Togo).
Costumes masculins : Elom 20ce pour Asrafobawu (Lomé, Togo).
Costumes figurants : Léonora Miano.
Réalisation vidéo : Hugo Rousselin.
Intermèdes, paroles, composition des chansons et musiques générées par IA : Léonora Miano.
Post-production et IA générative : Yannig Willmann.
À partir de 14 ans.
Durée : 2 h 10.
Du 18 septembre au 11 octobre 2026.
Mardi à 19 h 30, du mercredi au vendredi à 20 h 30, samedi à 17 h, dimanche à 15 h 30.
Théâtre de la Colline, 15, rue Malte-Brun, Paris 20ᵉ.
Téléphone : 01 44 62 52 52.
>> Billetterie en ligne
>> colline.fr
Tournée
15 et 16 octobre 2026 : Mixt - Terrain d'arts en Loire-Atlantique - Nantes (44).
Mise en scène : Léonora Miano, assistée d'Hugo Rousselin.
Avec : Ayouba Ali, Astrid Bayiha, Alvie Bitemo, Cyril Gueï, Kader Lassina Touré, Ysanis Padonou, Leleng Prezi, Stéphane Soo-Mongo.
Scénographie : Laure Pichat.
Lumières : Kelig Le Bars.
Création musicale et sonore : Jean-Baptiste Cognet.
Artiste capillaire, perruques : Séphora Joannes.
Costumes féminins : Jacquie Atandji pour Jacquie Créations (Lomé, Togo).
Costumes masculins : Elom 20ce pour Asrafobawu (Lomé, Togo).
Costumes figurants : Léonora Miano.
Réalisation vidéo : Hugo Rousselin.
Intermèdes, paroles, composition des chansons et musiques générées par IA : Léonora Miano.
Post-production et IA générative : Yannig Willmann.
À partir de 14 ans.
Durée : 2 h 10.
Du 18 septembre au 11 octobre 2026.
Mardi à 19 h 30, du mercredi au vendredi à 20 h 30, samedi à 17 h, dimanche à 15 h 30.
Théâtre de la Colline, 15, rue Malte-Brun, Paris 20ᵉ.
Téléphone : 01 44 62 52 52.
>> Billetterie en ligne
>> colline.fr
Tournée
15 et 16 octobre 2026 : Mixt - Terrain d'arts en Loire-Atlantique - Nantes (44).