© Dany Blin.
C'est l'histoire de Marion qui peut ressembler à celle de beaucoup de filles. Dans une superbe seule en scène, Marion Claisse rayonne, suinte de talent dans un spectacle à cheval entre le stand-up et le théâtre où elle incarne différents personnages, basculant de l'un à l'autre dans des ruptures de jeu très rapides.
La scénographie découvre des revêtements blancs bosselés et craquelés de toute leur surface rugueuse. Un dessin à la main sur une feuille de papier est épinglé sur ceux-ci. La protagoniste remonte le temps de son enfance, de son adolescence en parlant de ce qui se joue dans la perception des autres du corps d'une enfant puis d'une femme aux contours ronds. Côté jardin, il y a un micro sur pied. À proximité trônent deux battants un peu entrouverts où sort un brin de lumière. Le décor est construit dans une approche où se mêlent réalité et imaginaire, comme le rêve éveillé d'une enfant qui prend son micro pour dire, adulte, ce qu'elle sent, respire et vit au présent comme au passé.
Sur le plateau, avec Pompon, une peluche, deux personnages se tiennent symboliquement côte à côte : Marion, la protagoniste, incarnée par Marion Claisse, l'autrice, et la même, en tant que comédienne. L'une est-elle l'autre ou la seconde est-elle la porte-voix de la première ? La réalité des planches peut aussi embrasser goulument la réalité de la vie. Marion a le visage de beaucoup de filles, un peu trop grande pour son âge et un peu trop forte pour les canons de la beauté édictés par la mode.
La scénographie découvre des revêtements blancs bosselés et craquelés de toute leur surface rugueuse. Un dessin à la main sur une feuille de papier est épinglé sur ceux-ci. La protagoniste remonte le temps de son enfance, de son adolescence en parlant de ce qui se joue dans la perception des autres du corps d'une enfant puis d'une femme aux contours ronds. Côté jardin, il y a un micro sur pied. À proximité trônent deux battants un peu entrouverts où sort un brin de lumière. Le décor est construit dans une approche où se mêlent réalité et imaginaire, comme le rêve éveillé d'une enfant qui prend son micro pour dire, adulte, ce qu'elle sent, respire et vit au présent comme au passé.
Sur le plateau, avec Pompon, une peluche, deux personnages se tiennent symboliquement côte à côte : Marion, la protagoniste, incarnée par Marion Claisse, l'autrice, et la même, en tant que comédienne. L'une est-elle l'autre ou la seconde est-elle la porte-voix de la première ? La réalité des planches peut aussi embrasser goulument la réalité de la vie. Marion a le visage de beaucoup de filles, un peu trop grande pour son âge et un peu trop forte pour les canons de la beauté édictés par la mode.
© Dany Blin.
La comédienne joue de son corps comme de sa voix claire et limpide. Le second est un motif de narration qui s'étend tout au long de la représentation, utilisé pour poser son personnage quand le premier parcourt toute la scène dans des déplacements longitudinaux. Elle s'exprime par ses deux biais ainsi que par celui du psychisme dont elle prête une forme, un visage et une expressivité, tel un surmoi incarnant des regards extérieurs pesants.
Dès les premiers instants, Marion Claisse s'inscrit dans un rapport physique avec l'assistance. Elle est souvent face au public et se déplace sur tout le plateau. Se mêlent des temps de silence où s'échappent des notes au piano, la musique apportant des changements de rythme. Elle parle aussi par intermittence aux spectateurs sur ce qu'elle pense du féminisme, par exemple, en adoptant une attitude subtile et circonstanciée qui s'éloigne des rives d'un automatisme passif de validation ou d'une attitude tranchée et fermée du "pour" ou du "contre". Son récit oscille d'une seule-à-seul(e) avec chaque spectateur à un bout de vie en direction de tous. Très expressive, sa voix colle à ses gestes.
Il y a de l'intime et de l'extime, du privé et du public, des paroles et un discours, un récit de vie personnel et un fait social, une seule en scène et du stand-up, une fille et une femme. L'extime s'habille de ses plus beaux atours pour devenir un flambeau d'expression. De cette zone frontière dans laquelle le récit nous porte, Marion Claisse mêle tous ses éléments faisant que la réalité épouse la fiction, et l'Art le monde en éclairant de la même intensité un fait de société, celui du regard pesant et consensuel d'une normalité dictée, et un parcours personnel.
Bref, tout est bien huilé. C'est propre et efficace.
◙ Safidin Alouache
Dès les premiers instants, Marion Claisse s'inscrit dans un rapport physique avec l'assistance. Elle est souvent face au public et se déplace sur tout le plateau. Se mêlent des temps de silence où s'échappent des notes au piano, la musique apportant des changements de rythme. Elle parle aussi par intermittence aux spectateurs sur ce qu'elle pense du féminisme, par exemple, en adoptant une attitude subtile et circonstanciée qui s'éloigne des rives d'un automatisme passif de validation ou d'une attitude tranchée et fermée du "pour" ou du "contre". Son récit oscille d'une seule-à-seul(e) avec chaque spectateur à un bout de vie en direction de tous. Très expressive, sa voix colle à ses gestes.
Il y a de l'intime et de l'extime, du privé et du public, des paroles et un discours, un récit de vie personnel et un fait social, une seule en scène et du stand-up, une fille et une femme. L'extime s'habille de ses plus beaux atours pour devenir un flambeau d'expression. De cette zone frontière dans laquelle le récit nous porte, Marion Claisse mêle tous ses éléments faisant que la réalité épouse la fiction, et l'Art le monde en éclairant de la même intensité un fait de société, celui du regard pesant et consensuel d'une normalité dictée, et un parcours personnel.
Bref, tout est bien huilé. C'est propre et efficace.
◙ Safidin Alouache
"Pompon"
© Dany Blin.
Texte : Marion Claisse.
Mise en scène : Adèle Gotkovsky.
Assistante mise en scène: Hermine de la Perotière.
Avec : Marion Claisse.
Musique et création sonore : Dany Blin
Scénographie : Zoé Logié de Mersan.
Lumières : Guillaume Niemetzky.
Durée : 1 h 05.
Du 23 août au 28 octobre 2026.
Mardi et mercredi à 21 h, dimanche à 20 h.
La Manufacture des Abbesses, 7, rue Véron, Paris 18ᵉ.
Téléphone : 01 42 33 42 03.
>> Billetterie en ligne
>> manufacturedesabbesses.com
Mise en scène : Adèle Gotkovsky.
Assistante mise en scène: Hermine de la Perotière.
Avec : Marion Claisse.
Musique et création sonore : Dany Blin
Scénographie : Zoé Logié de Mersan.
Lumières : Guillaume Niemetzky.
Durée : 1 h 05.
Du 23 août au 28 octobre 2026.
Mardi et mercredi à 21 h, dimanche à 20 h.
La Manufacture des Abbesses, 7, rue Véron, Paris 18ᵉ.
Téléphone : 01 42 33 42 03.
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