© Cie Animaux en paradis - Valentine Chauvin.
Après "La vie et la mort de J. Chirac, roi des Français" (épisode 1), "Génération Mitterrand" (épisode 2), "Le dîner chez les Français de V. Giscard d'Estaing" (épisode 3), ce nouveau spectacle réunit les épisodes 4 et 5 de la série "Huit rois (nos présidents)" autour des portraits de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. La série théâtrale devrait se clore dans les mois à venir avec "@La Thérapie d'Emmanuel Macron" (épisode 6) et "La Chanson de Charles (et le Film de Georges" (épisodes 7 et 8). La fin de la série coïncidera-t-elle avec la fin de la Vᵉ République ? Allez savoir…
Conçue par Léo Cohen-Paperman, cette série ambitionne de raconter, sous le signe de la comédie, à travers le portrait de ses "rois républicains", mais aussi par l'histoire d'une famille sur quatre générations, la société française de 1958 à nos jours. Ainsi, le premier épisode montrait-il un Jacques Chirac (1932-2019) "populaire", adepte du changement politique : de gauche, de droite, écolo, productiviste… Campé par le comédien Julien Campani, dans une adresse directe au public, les ruptures idéologiques du président étaient montrées de manière aussi amusante que caricaturale à travers des scènes à deux personnages dans lesquels Clovis Fouin (déjà lui) incarnait tour à tour Charles Pasqua, Pierre Juillet ou encore Louis XIV.
Conçue par Léo Cohen-Paperman, cette série ambitionne de raconter, sous le signe de la comédie, à travers le portrait de ses "rois républicains", mais aussi par l'histoire d'une famille sur quatre générations, la société française de 1958 à nos jours. Ainsi, le premier épisode montrait-il un Jacques Chirac (1932-2019) "populaire", adepte du changement politique : de gauche, de droite, écolo, productiviste… Campé par le comédien Julien Campani, dans une adresse directe au public, les ruptures idéologiques du président étaient montrées de manière aussi amusante que caricaturale à travers des scènes à deux personnages dans lesquels Clovis Fouin (déjà lui) incarnait tour à tour Charles Pasqua, Pierre Juillet ou encore Louis XIV.
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Le deuxième épisode, via le parcours de trois trentenaires ayant voté François Mitterrand (1916-1996) en 1981, puis Macron, Le Pen et Mélenchon en 2022, faisait le pont avec le présent et racontait l'explosion de cette sociologie, de cette "génération Mitterrand", celle de nos parents, mais aussi la nôtre. Dans le troisième épisode, une famille d'agriculteurs normands recevait le couple présidentiel pour le réveillon, répondant au vœu de Valéry Giscard d'Estaing (1926-2020) de "regarder la France au fond des yeux".
Le repas figurait, de manière métaphorique, le mandat du président : la soirée commençait bien et finissait mal. Chaque personnage représentait une force politique : le grand-père gaulliste, le gendre communiste… Léo Cohen-Paperman y évoquait, de façon fort habile et drôle, la France des années 1970, avec la loi sur l'IVG, l'arrivée du chômage… Si chaque épisode de cette série peut être vu de manière indépendante, tel un spectacle en soi, l'ensemble constitue une fresque aussi intéressante que cohérente.
Le repas figurait, de manière métaphorique, le mandat du président : la soirée commençait bien et finissait mal. Chaque personnage représentait une force politique : le grand-père gaulliste, le gendre communiste… Léo Cohen-Paperman y évoquait, de façon fort habile et drôle, la France des années 1970, avec la loi sur l'IVG, l'arrivée du chômage… Si chaque épisode de cette série peut être vu de manière indépendante, tel un spectacle en soi, l'ensemble constitue une fresque aussi intéressante que cohérente.
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Le quatrième opus s'intéresse ici non pas à un, mais à deux présidents. Deux présidents non réélus qui resteront les présidents d'un seul quinquennat : 2007-2012 pour Sarkozy, 2012- 2017 pour Hollande. Deux présidents qui, chacun à sa façon, – "du "Casse-toi pov'con" au scooter de la rue du Cirque, du "Avec Carla, c'est du sérieux" au "Président normal" – se sont employés, selon Léo Cohen-Paperman, à désacraliser la fonction présidentielle. À leurs noms réunis, le titre du spectacle accole la mention "comédie identitaire", car cette période récente de notre histoire est marquée par le retour tragique des attentats (Charlie Hebdo, l'Hyper Casher, le Bataclan, les terrasses parisiennes…) et, à travers ces événements sanglants et leur écho politique, la crise identitaire qui s'ensuivit.
Devant un rideau bleu scintillant, c'est un Sarkozy plus vrai que nature qui déboule surexcité dans ce Comedy Club où il va s'adonner au stand-up. Légion d'honneur ostensiblement portée à la boutonnière sur un complet bleu marine (avant qu'elle ne lui soit retirée, le 15 juin 2025, suite à sa condamnation dans l'affaire des écoutes) et énorme Rolex au poignet, Sarkozy, micro à la main, interpelle son public, déclenche lui-même les applaudissements, prend à part quelques spectateurs des premiers rangs qu'il classe aussitôt politiquement, de façon malaisante, selon leur prénom, leur profession ou leur religion.
Devant un rideau bleu scintillant, c'est un Sarkozy plus vrai que nature qui déboule surexcité dans ce Comedy Club où il va s'adonner au stand-up. Légion d'honneur ostensiblement portée à la boutonnière sur un complet bleu marine (avant qu'elle ne lui soit retirée, le 15 juin 2025, suite à sa condamnation dans l'affaire des écoutes) et énorme Rolex au poignet, Sarkozy, micro à la main, interpelle son public, déclenche lui-même les applaudissements, prend à part quelques spectateurs des premiers rangs qu'il classe aussitôt politiquement, de façon malaisante, selon leur prénom, leur profession ou leur religion.
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Tel un parfait stand-uppeur, il ne les lâchera pas du spectacle, revenant régulièrement à eux, tout en survolant à toute vitesse son quinquennat. Cet opus de la série s'intéresse ici davantage à la personnalité même de Sarkozy qu'aux faits marquants de son mandat : un type imbu de lui-même, bourré de préjugés, faussement aimable avec son éternel sourire carnassier. Clovis Fouin habite le personnage à la perfection, tant physiquement qu'intérieurement. Très bien grimé, le comédien excelle dans le rôle, épousant complètement les mimiques, intonations et gimmicks de l'ancien chef d'État.
Changement d'univers total avec l'arrivée de François Hollande en clown : nez rouge, grosse bedaine, cravate à poids et chaussures blanches. Le rideau du Comedy Club s'ouvre sur le bureau présidentiel, tout de guingois. Pour y accéder, le clown se prend plusieurs fois les pieds dans le tapis (ou la marche – ce qui revient au même). Bref, rien ne va. Valentin Boraud, qui maîtrise à merveille la gestuelle clownesque, ne fait pas dans la demi-mesure, enchaînant mimiques appuyées et balourdises. Si on rit aux facéties de ce personnage aussi maladroit que malchanceux, c'est le ventre serré que nous écoutons sortir de son vieux transistor l'annonce des attentats et égrener les noms des nombreuses victimes.
Changement d'univers total avec l'arrivée de François Hollande en clown : nez rouge, grosse bedaine, cravate à poids et chaussures blanches. Le rideau du Comedy Club s'ouvre sur le bureau présidentiel, tout de guingois. Pour y accéder, le clown se prend plusieurs fois les pieds dans le tapis (ou la marche – ce qui revient au même). Bref, rien ne va. Valentin Boraud, qui maîtrise à merveille la gestuelle clownesque, ne fait pas dans la demi-mesure, enchaînant mimiques appuyées et balourdises. Si on rit aux facéties de ce personnage aussi maladroit que malchanceux, c'est le ventre serré que nous écoutons sortir de son vieux transistor l'annonce des attentats et égrener les noms des nombreuses victimes.
© Cie Animaux en paradis - Valentine Chauvin.
Contrairement à ce que laisserait supposer le titre, le spectacle ne se compose pas de deux, mais de trois parties. Après François Hollande, apparaît, à notre grande surprise, le personnage fictif de Leïla Merabet. Droite comme un i, juchée sur une estrade dissimulée par sa longue robe bleue, drapée telle une Marianne, la jeune femme raconte son parcours, celui d'une jeune femme, française d'origine algérienne, ayant grandi en Seine-Saint-Denis, devenue avocate à force d'ambition et de persévérance. Alors que sa mère ne cesse de lui réclamer des petits-enfants, Leïla priorise ses études, sa carrière et sa vie amoureuse.
À la question "Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?", Ce troisième volet tente de répondre, à travers les interrogations, les doutes et les espérances d'une jeune femme du XXIᵉ siècle, tiraillée entre deux bords politiques en voie d'extinction. Dans un débit qui force l'admiration, Ada Harb est étonnante ! Cette comédie identitaire, rappel d'une histoire récente, ravive les souvenirs et nous invite à réfléchir à l'avenir – de plus en plus proche – de notre vie politique.
◙ Isabelle Fauvel
À la question "Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?", Ce troisième volet tente de répondre, à travers les interrogations, les doutes et les espérances d'une jeune femme du XXIᵉ siècle, tiraillée entre deux bords politiques en voie d'extinction. Dans un débit qui force l'admiration, Ada Harb est étonnante ! Cette comédie identitaire, rappel d'une histoire récente, ravive les souvenirs et nous invite à réfléchir à l'avenir – de plus en plus proche – de notre vie politique.
◙ Isabelle Fauvel
"Sarkhollande (comédie identitaire)"
© Cie Animaux en paradis - Valentine Chauvin.
Texte : Julien Campani, Léo Cohen-Paperman et Clovis Fouin.
Mise en scène : Léo Cohen-Paperman.
Collaboration à la mise en scène : Esther Moreira.
Collaboration artistique (clown de F. Hollande) : Valentin Boraud, Julien Campani.
Avec : Valentin Boraud, Clovis Fouin et Ada Harb.
Scénographie : Anne-Sophie Grac.
Création sonore : Lucas Lelièvre.
Lumières : Léa Marie.
Costumes : Manon Naudet.
Maquillage et coiffures : Pauline Bry.
Par la Compagnie des Animaux en paradis.
À partir de 14 ans.
Durée : 1 h 30.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 23 juillet 2026.
Tous les jours à 10 h. Relâche le vendredi.
Théâtre Le Parvis, 33, rue Paul Saïn, Avignon.
>> Billetterie en ligne
>> theatredutrainbleu.fr
Mise en scène : Léo Cohen-Paperman.
Collaboration à la mise en scène : Esther Moreira.
Collaboration artistique (clown de F. Hollande) : Valentin Boraud, Julien Campani.
Avec : Valentin Boraud, Clovis Fouin et Ada Harb.
Scénographie : Anne-Sophie Grac.
Création sonore : Lucas Lelièvre.
Lumières : Léa Marie.
Costumes : Manon Naudet.
Maquillage et coiffures : Pauline Bry.
Par la Compagnie des Animaux en paradis.
À partir de 14 ans.
Durée : 1 h 30.
•Avignon Off 2026•
Du 4 au 23 juillet 2026.
Tous les jours à 10 h. Relâche le vendredi.
Théâtre Le Parvis, 33, rue Paul Saïn, Avignon.
>> Billetterie en ligne
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À noter que le 1ᵉʳ épisode de la série, "La vie et la mort de J. Chirac, roi des Français", se jouera également au Festival d'Avignon du 4 au 22 juillet à 16 h 05 au Parvis/Théâtre du Train Bleu (les jours pairs).
À noter aussi que ces quatre spectacles de la série se joueront à Paris, au Théâtre de la Pépinière, à partir du 20 septembre 2026.
Tournée
20 et 27 septembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
11, 18 et 25 octobre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
1ᵉʳ, 8, 15 et 25 novembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
3 décembre 2026 : Halles aux Grains - Blois (41).
6 décembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
15 décembre 2026 : Théâtre du Cormier, Cormeilles-en-Parisis (95).
17 janvier 2027 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
22 janvier 2027 : La Faïencerie, Creil (60).
28 janvier 2027 : NEST, Thionville (57).
À noter aussi que ces quatre spectacles de la série se joueront à Paris, au Théâtre de la Pépinière, à partir du 20 septembre 2026.
Tournée
20 et 27 septembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
11, 18 et 25 octobre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
1ᵉʳ, 8, 15 et 25 novembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
3 décembre 2026 : Halles aux Grains - Blois (41).
6 décembre 2026 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
15 décembre 2026 : Théâtre du Cormier, Cormeilles-en-Parisis (95).
17 janvier 2027 : Théâtre de la Pépinière (Paris 2ᵉ).
22 janvier 2027 : La Faïencerie, Creil (60).
28 janvier 2027 : NEST, Thionville (57).