© Christophe Raynaud de Lage.
Les deux concepteurs de "Nos corps désirants", Élise Chatauret et Thomas Pondevie, se sont interrogés sur ce que cette vague de fond allait provoquer dans ces relations et, plus largement, sur les changements inévitables et nécessaires que le désir, les désirs, seront amenés à faire dans ce nouveau monde. Mais en premier lieu, il faut évaluer l'étendue que cet héritage culturel a sur nos vies, nos envies, nos corps.
La scène commence vide. Un vide qui est comme une mise à plat. Rien, même pas une lumière, comme avant le début du monde. Et, comme une naissance, apparaissent trois comédiennes et trois comédiens, en apparence nus comme des nouveau-nés, mais en collants chair. Ce plateau nu, maintenant habité par ces corps, sera bientôt envahi, gonflé et redondant d'images. Les images des représentations des corps depuis des siècles et des siècles, depuis le début de notre civilisation, depuis les contes et les histoires qui précèdent ce début, la mythologie, la Bible.
La scène commence vide. Un vide qui est comme une mise à plat. Rien, même pas une lumière, comme avant le début du monde. Et, comme une naissance, apparaissent trois comédiennes et trois comédiens, en apparence nus comme des nouveau-nés, mais en collants chair. Ce plateau nu, maintenant habité par ces corps, sera bientôt envahi, gonflé et redondant d'images. Les images des représentations des corps depuis des siècles et des siècles, depuis le début de notre civilisation, depuis les contes et les histoires qui précèdent ce début, la mythologie, la Bible.
© Christophe Raynaud de Lage.
C'est de renouveau dont il s'agit ici. Ce sont ces six corps nouveau-nés qui commencent leur vie en gobant, dès les premières minutes, le premier morceau de cet héritage culturel sous la forme d'une pomme, la fameuse pomme croquée qui jeta Adam et Ève hors du paradis terrestre pour une vie de malheur. Tout au long du spectacle, ce seront non seulement les histoires, mais aussi et surtout les peintures, les chansons, les contes enfantins qui envahiront le plateau du Théâtre de la Tempête, comme autant de références culturelles qui se gravent, jour après jour, dans l'inconscient à force d'éducation, à force de repères sociaux.
Et le bilan est frappant : comme si une volonté invisible décidait de tout en secret, depuis la mythologie jusqu'aux chansons populaires les plus contemporaines, tout semble sculpter la même identique forme de désir tout au long des siècles. Des désirs et des comportements qui déclenchent des lectures troublantes. Ainsi, cette longue liste de personnages féminins du monde antique que les dieux trompent pour abuser d'elles, de leurs corps, les violer impunément, et, le plus souvent, les punir ensuite. Ainsi, Io, Europe, Proserpine, Léda, entre autres, traversent les siècles et surtout renaissent dans les représentations picturales.
Élise Chatauret et Thomas Pondevie ont sélectionné une soixantaine de tableaux classiques, tous reproduits sur scène dans une scénographie mouvante. Les dizaines de tableaux, représentant principalement des corps de femmes, se déroulent des cintres en larges bandes de tissu qui jaillissent et disparaissent comme des flashs de l'inconscient. Cet inconscient est nourri minutieusement par ces images de corps, transformant ainsi les femmes en objet absolu du désir. En objet, surtout.
Mais la quête et l'enquête ne se bornent pas aux contes (la Belle au bois dormant est bien là, à attendre sagement le désir du prince…), mais la belle réalisation sonore de Jérôme Castel enrichit le propos en diffusant une kyrielle de tubes de chanson française, principalement interprétés, entre autres, par Johnny, Gainsbourg, Polnareff, Aznavour, sachant qu'il n'y a pas mieux que les ritournelles pour lester le fond des cerveaux.
Nos six corps humains, nés au début du spectacle dans leur apparence nue, après un ballet balbutiant chorégraphié par Sylvain Huc, vont, dans une deuxième partie, acquérir la parole et ingurgiter bravement toutes ces influences culturelles pour mieux s'en libérer en interrompant le catalogue des représentations par des déclarations plus intimes, face au public.
Et le bilan est frappant : comme si une volonté invisible décidait de tout en secret, depuis la mythologie jusqu'aux chansons populaires les plus contemporaines, tout semble sculpter la même identique forme de désir tout au long des siècles. Des désirs et des comportements qui déclenchent des lectures troublantes. Ainsi, cette longue liste de personnages féminins du monde antique que les dieux trompent pour abuser d'elles, de leurs corps, les violer impunément, et, le plus souvent, les punir ensuite. Ainsi, Io, Europe, Proserpine, Léda, entre autres, traversent les siècles et surtout renaissent dans les représentations picturales.
Élise Chatauret et Thomas Pondevie ont sélectionné une soixantaine de tableaux classiques, tous reproduits sur scène dans une scénographie mouvante. Les dizaines de tableaux, représentant principalement des corps de femmes, se déroulent des cintres en larges bandes de tissu qui jaillissent et disparaissent comme des flashs de l'inconscient. Cet inconscient est nourri minutieusement par ces images de corps, transformant ainsi les femmes en objet absolu du désir. En objet, surtout.
Mais la quête et l'enquête ne se bornent pas aux contes (la Belle au bois dormant est bien là, à attendre sagement le désir du prince…), mais la belle réalisation sonore de Jérôme Castel enrichit le propos en diffusant une kyrielle de tubes de chanson française, principalement interprétés, entre autres, par Johnny, Gainsbourg, Polnareff, Aznavour, sachant qu'il n'y a pas mieux que les ritournelles pour lester le fond des cerveaux.
Nos six corps humains, nés au début du spectacle dans leur apparence nue, après un ballet balbutiant chorégraphié par Sylvain Huc, vont, dans une deuxième partie, acquérir la parole et ingurgiter bravement toutes ces influences culturelles pour mieux s'en libérer en interrompant le catalogue des représentations par des déclarations plus intimes, face au public.
© Christophe Raynaud de Lage.
Venu de cette lointaine naissance dans le noir et le vide du plateau, les interprètent finissent par tenter un dialogue avec le public, de façon à l'impliquer non seulement dans la reconnaissance de l'empire que les représentations sociales ont sur nos inconscients, mais surtout de tenter de trouver le nouveau désir capable de répondre à la question : comment rendre de nouveau le désir désirable ?
Il n'y aura pas de réponse dans "Nos corps désirants", tant mieux. La mise à jour est faite. Reste à réinventer.
◙ Bruno Fougniès
Il n'y aura pas de réponse dans "Nos corps désirants", tant mieux. La mise à jour est faite. Reste à réinventer.
◙ Bruno Fougniès
"Nos Corps Désirants"
© Christophe Raynaud de Lage.
Conception et mise en scène : Élise Chatauret.
Conception et dramaturgie : Thomas Pondevie.
Assistante à la mise en scène, dramaturgie : Agathe Peyrard.
Avec : Justine Bachelet, François Clavier, Mamadou Judy Diallo, Solenne Kéravis, Juliette Plumecocq-Mech, Charles Zévaco.
Collaboration artistique, écriture chorégraphique : Sylvain Huc.
Scénographie : Charles Chauvet.
Son : Jérôme Castel.
Construction du décor : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.
Lumières : Léa Maris
Costumigraphie : Noé Quilichini.
Couture : Audrina Groschene.
Régie générale et plateau : Caroline Costenoble.
Par la Cie Babel.
Durée estimée : 1 h 30.
À partir de 13 ans.
Du 31 octobre au 22 novembre 2026.
Du mardi au samedi 20 h, dimanche 16 h.
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, Paris 12ᵉ.
Téléphone : 01 43 28 36 36.
>> Billetterie en ligne
>> la-tempete.fr
Conception et dramaturgie : Thomas Pondevie.
Assistante à la mise en scène, dramaturgie : Agathe Peyrard.
Avec : Justine Bachelet, François Clavier, Mamadou Judy Diallo, Solenne Kéravis, Juliette Plumecocq-Mech, Charles Zévaco.
Collaboration artistique, écriture chorégraphique : Sylvain Huc.
Scénographie : Charles Chauvet.
Son : Jérôme Castel.
Construction du décor : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.
Lumières : Léa Maris
Costumigraphie : Noé Quilichini.
Couture : Audrina Groschene.
Régie générale et plateau : Caroline Costenoble.
Par la Cie Babel.
Durée estimée : 1 h 30.
À partir de 13 ans.
Du 31 octobre au 22 novembre 2026.
Du mardi au samedi 20 h, dimanche 16 h.
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, Paris 12ᵉ.
Téléphone : 01 43 28 36 36.
>> Billetterie en ligne
>> la-tempete.fr