© Thomas Amouroux.
Au lever du rideau, des lumières éclairent un plateau sombre où le ciel est parsemé d'étoiles, avec deux personnages qui échangent sur un banc. La scène se découpe en trois plans transversaux, dont deux qui forment une montée et une descente d'environ quinze degrés chacun, et le dernier qui reste horizontalement plat. Cette disposition scénique met en perspective des directions opposées qui semblent s'ouvrir vers de larges espaces d'où les protagonistes, fantastiques ou humains, arrivent.
Haruki Murakami n'est plus à présenter tant ses romans, en plus de ses essais et nouvelles, sont lus par de nombreux lecteurs dans le monde et traduits dans une cinquantaine de langues. "La fin des Temps" a été écrit en 1985 et traduit en français en 1992. Decouflé avait déjà travaillé par deux fois pour Horipro Inc., société de production japonaise, avec "Dora" (1996), un conte pour enfant, et "My name is Shingo" (2016), un manga de science-fiction pour adolescent. C'est la première fois qu'il s'attaque à un roman.
Haruki Murakami n'est plus à présenter tant ses romans, en plus de ses essais et nouvelles, sont lus par de nombreux lecteurs dans le monde et traduits dans une cinquantaine de langues. "La fin des Temps" a été écrit en 1985 et traduit en français en 1992. Decouflé avait déjà travaillé par deux fois pour Horipro Inc., société de production japonaise, avec "Dora" (1996), un conte pour enfant, et "My name is Shingo" (2016), un manga de science-fiction pour adolescent. C'est la première fois qu'il s'attaque à un roman.
© Thomas Amouroux.
Il est adapté par Ako Takahashi selon deux axes. Le premier est théâtral, avec des échanges entre personnages se tenant, pour le second axe, à la frontière de prés carrés humain et fantastique dans une physionomie monstrueuse pour le Géant (Shinya Matsuda) et un univers féerique composé de licornes. Incarnées par des danseuses habillées d'un costume jaune, avec une corne au milieu du visage, elles tiennent respectivement dans chacune de leurs mains un bâton d'une trentaine de centimètres, tels des échasses, en se déplaçant et en faisant des levés de jambes.
Au milieu, les figures humaines de Watashi, de la bibliothécaire (Misato Morita) et de la fille en rose (Tomita Miu) circulent dans un monde où le quotidien n'a pas sa place, sauf entre Watashi et la fille en rose avec leurs désirs amoureux mâtinés de sexe. Des acrobaties s'immiscent dans certaines séquences en apportant à la création une dynamique et des ruptures de jeu.
Le fantastique est aussi porté par la scénographie de K. Ishihara, qui mêle des paysages souvent dessinés. Elle met en écho ce qui peut être représenté scéniquement par ce qu'un lecteur peut s'imaginer en lisant Murakami, à savoir un univers à cheval entre rêve et réalité. Elle donne toujours une illusion de vastitude, avec de grands espaces, même pour des intérieurs tels qu'une chambre ou une bibliothèque. Elle apporte ainsi quelques notes de fantasque et d'intimité entre des vues extérieures et intérieures.
Au milieu, les figures humaines de Watashi, de la bibliothécaire (Misato Morita) et de la fille en rose (Tomita Miu) circulent dans un monde où le quotidien n'a pas sa place, sauf entre Watashi et la fille en rose avec leurs désirs amoureux mâtinés de sexe. Des acrobaties s'immiscent dans certaines séquences en apportant à la création une dynamique et des ruptures de jeu.
Le fantastique est aussi porté par la scénographie de K. Ishihara, qui mêle des paysages souvent dessinés. Elle met en écho ce qui peut être représenté scéniquement par ce qu'un lecteur peut s'imaginer en lisant Murakami, à savoir un univers à cheval entre rêve et réalité. Elle donne toujours une illusion de vastitude, avec de grands espaces, même pour des intérieurs tels qu'une chambre ou une bibliothèque. Elle apporte ainsi quelques notes de fantasque et d'intimité entre des vues extérieures et intérieures.
© Thomas Amouroux.
La musique d'Umitaro Abe accompagne certaines séquences de façon très rythmée et en complet contraste avec la scénographie. Celles-ci sont furtives et laissent découvrir, par deux fois, des êtres verts un peu étranges, mi-monstres et mi-reptiles, se déplaçant très rapidement dans une nature sauvage. Ou une série de crânes humains qui dévalent sur les planches.
Philippe Decouflé met sur des orbites multiples l'œuvre de Murakami avec un opéra, à dessein, sans chant lyrique, accompagné de chorégraphies par intermittence, où le récit et la narration sont occultés. La création est ainsi sur une crête artistique où le roman s'éclipse pour laisser place à un conte où le théâtre et la danse se disputent dans des scènes aux accents surréalistes. C'est très original et cela sort du cadre artistique que l'on connaissait à Decouflé.
◙ Safidin Alouache
Philippe Decouflé met sur des orbites multiples l'œuvre de Murakami avec un opéra, à dessein, sans chant lyrique, accompagné de chorégraphies par intermittence, où le récit et la narration sont occultés. La création est ainsi sur une crête artistique où le roman s'éclipse pour laisser place à un conte où le théâtre et la danse se disputent dans des scènes aux accents surréalistes. C'est très original et cela sort du cadre artistique que l'on connaissait à Decouflé.
◙ Safidin Alouache
"La fin des Temps"
© Thomas Amouroux.
D'après le roman de Haruki Murakami.
Mise en scène et chorégraphie : Philippe Decouflé.
Adaptation : Ako Takahashi.
Avec : Tatsuya Fujiwara, Misato Morita, Shuntaro Miyao, Miu Tomita, Kiita Komagine, Ryunosuke Shimamura, Haru Fujita, Shinya Matsuda, Narushi Ikeda.
Danseurs : Moeko Uematsu, Yuuka Okamoto, Mizuki Tomioka, Junpei Hamada, Erika Hara, Miki Furusawa, Nana Horikawa, Reo Yamada, Yuya Yoshizaki, Rikubouz.
Musique : Umitaro Abe.
Musiciens (en alternance) : Umitaro Abe, Mayu Gonto.
Scénographie : K. Ishihara.
Lumières : Yukiko Yoshimoto.
Sound Design : Masahiro Inoue.
Vidéo : Taiki Ueda.
Costumes : Ayako Maeda.
Coiffures et maquillages : Naoki Kamada.
Durée : 2 h 30 avec l'entracte.
A été représenté du 16 octobre au 21 octobre 2026.
Mardi, mercredi et vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et 20 h, dimanche à 15 h.
Théâtre du Châtelet, 1 place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.
>> chatelet.com
Mise en scène et chorégraphie : Philippe Decouflé.
Adaptation : Ako Takahashi.
Avec : Tatsuya Fujiwara, Misato Morita, Shuntaro Miyao, Miu Tomita, Kiita Komagine, Ryunosuke Shimamura, Haru Fujita, Shinya Matsuda, Narushi Ikeda.
Danseurs : Moeko Uematsu, Yuuka Okamoto, Mizuki Tomioka, Junpei Hamada, Erika Hara, Miki Furusawa, Nana Horikawa, Reo Yamada, Yuya Yoshizaki, Rikubouz.
Musique : Umitaro Abe.
Musiciens (en alternance) : Umitaro Abe, Mayu Gonto.
Scénographie : K. Ishihara.
Lumières : Yukiko Yoshimoto.
Sound Design : Masahiro Inoue.
Vidéo : Taiki Ueda.
Costumes : Ayako Maeda.
Coiffures et maquillages : Naoki Kamada.
Durée : 2 h 30 avec l'entracte.
A été représenté du 16 octobre au 21 octobre 2026.
Mardi, mercredi et vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et 20 h, dimanche à 15 h.
Théâtre du Châtelet, 1 place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.
>> chatelet.com