Théâtre

"Hôtel des deux mondes"… Deux rounds avant un autre départ

"Hôtel des deux mondes", Théâtre Rive Gauche, Paris

Dans un lieu où la vie est en suspens, Anne Bourgeois met en scène des personnages à la crête des sentiments de résignation, de nouvel envol ou de sacrifice dans une scénographie aux accents futuristes.



© F. Rappeneau.
Ils y arrivent et y sortent par un ascenseur. Cinq personnes, dont la vie a été happée par un événement tragique, se retrouvent dans un même endroit. Une sorte de purgatoire. Ils incarnent ce moment où l'attente devient le centre d'une existence. Cette attente est-elle pour autant crainte, frayeur, joie ou espoir ? Elle dépend des personnages, de leur résignation ou de leur combativité.

Deux préposés disant mot accompagnent le déroulement des scènes. Leur présence est une préfiguration d'un moment où le silence fait acte. C'est par cette lucarne qu'Éric-Emmanuel Schmitt, au travers du docteur Hess (Odile Cohen), philosophe, médite sur le sens de la vie sans que la pièce verse dans un quelconque intellectualisme.

Schmitt a un talent d'écriture. Nombre de ses pièces le montrent. Celle-ci est très bien écrite même si elle flirte parfois avec des travers "fleur bleue". Humour et philosophie se mêlent dans une dramaturgie que l'auteur maîtrise.

© F. Rappeneau.
Le docteur Hess porte un joli décolleté. L'intérêt de celui-ci reste mystérieux dans un espace qui fait plutôt office de purgatoire. Le jeu des comédiens est de très bonne facture, incarné avec truculence et brio par Jean-Paul Farré, Michèle Garcia et Jean-Jacques Moreau. Le regard amoureux entre Davy Sardou et Noémie Elbaz, qui par ailleurs est remarquable tout au long de la pièce, manque toutefois de vérité comme si le silence gestuel ne pouvait être habité même en arrière-scène.

La mise en scène reste un tantinet dans un pré carré où la prise de risque a été quelque peu bottée en touche. Anne Bourgeois aurait sans doute pu bousculer un peu plus le texte, riche de possibilités.

"Hôtel des deux mondes"

© F. Rappeneau.
Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.
Mise en scène : Anne Bourgeois, assistée de Betty Lemoine.
Avec : Davy Sardou, Jean-Paul Farré, Jean-Jacques Moreau, Michèle Garcia, Odile Cohen, Noémie Elbaz, Günther Vanseveren, Roxane Le Texier.
Décor : Stéfanie Jarre, assistée de de Daphné Roulot.
Lumières : Jacques Rouveyrollis, assisté de Jessica Duclos.
Costumes : Nathalie Chevalier.
Accessoiriste : Nils Zachariasen.
Musique : Jacques Cassard.
Durée : 1 h 50.

Depuis le 19 Janvier 2017.
Mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.
Théâtre Rive Gauche, Paris 14e, 01 43 35 32 31.
>> theatre-rive-gauche.com

Safidin Alouache
Mardi 21 Février 2017
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