"Fuck me Blind" © Pierre Planchenault.
"Fuck me Blind", de Matteo Sedda, procure un vertige d'une intensité peu commune tant notre regard est irrésistiblement attiré par ces deux corps dansant ne faisant qu'un, corps unis dans le même mouvement circulaire à formes variables les contenant. Une danse au pouvoir hypnotique dont il faut chercher l'énergie du côté du désir qui lie ces deux hommes dont les mouvements sont focalisés autour d'un point immuable : leurs regards qui, jamais durant les trente-cinq minutes de la performance, ne se quitteront.
Hommage à "Blue" de Derek Jerman, réalisé comme un film testament – devenu presque aveugle du fait des complications du sida, l'artiste ne discernait que la couleur bleue –, Matteo Sedda et Marco Labellarte transcendent la piste de la Halle des Chartrons pour nous entraîner dans un trip où l'intime le dispute à l'artistique. Leurs trajectoires faites d'attractions, rapprochements, lents déplacements, poursuites effrénées, embrassades et ballet de langues chorégraphiées, agissent comme de puissants aimants opérant une fascination telle qu'elle échappe au cercle de leurs ébats pour envahir l'espace de la Halle.
Accompagnés d'une musique idoine aux fluctuations sonores épousant leurs trajectoires (mentales et physiques), les corps aimantés des deux amants dessinant les arabesques de leur puissante symbiose organique ont le pouvoir de nous inclure dans le vif plaisir qu'est le leur.
Hommage à "Blue" de Derek Jerman, réalisé comme un film testament – devenu presque aveugle du fait des complications du sida, l'artiste ne discernait que la couleur bleue –, Matteo Sedda et Marco Labellarte transcendent la piste de la Halle des Chartrons pour nous entraîner dans un trip où l'intime le dispute à l'artistique. Leurs trajectoires faites d'attractions, rapprochements, lents déplacements, poursuites effrénées, embrassades et ballet de langues chorégraphiées, agissent comme de puissants aimants opérant une fascination telle qu'elle échappe au cercle de leurs ébats pour envahir l'espace de la Halle.
Accompagnés d'une musique idoine aux fluctuations sonores épousant leurs trajectoires (mentales et physiques), les corps aimantés des deux amants dessinant les arabesques de leur puissante symbiose organique ont le pouvoir de nous inclure dans le vif plaisir qu'est le leur.
"Trucs" © Pierre Planchenault.
"Trucs", d'Alexis Toussaint et Romain Colautti de la Cie Hart Brut, "percute" le silence des transhumances des vertes prairies pour faire résonner la musicalité des sonnailles, ces cloches et clochettes attachées au cou des bovins et ovins lors des estives pyrénéennes. Ainsi, ces sonnailles ("trucs" en occitan béarnais) suspendues fièrement à un joug faisant office de castelet pour les deux musiciens en salopettes de bergers, occupent la place de choix dans ce concert de haute altitude en devenant instruments de percussion trônant à côté des tambourins à cordes et batteries boostés par un traitement électro-acoustique.
Libérant une énergie électrisante, les deux batteurs vont inonder la salle du T4S de leurs percussions de rockstars… "en herbe". Une expérience sonore à hauts décibels, "dépaysant" à souhait, propre à galvaniser les sédentaires des villes amollis sous l'effet de la grisaille hivernale.
Libérant une énergie électrisante, les deux batteurs vont inonder la salle du T4S de leurs percussions de rockstars… "en herbe". Une expérience sonore à hauts décibels, "dépaysant" à souhait, propre à galvaniser les sédentaires des villes amollis sous l'effet de la grisaille hivernale.
"A time between birth and chaos" © Pierre Planchenault.
"A time between birth and chaos", de Symo Reyn, propose une tout autre ambiance sonore, une musique envoûtante nous transportant sur les rivages anciens du Moyen-Orient et de la modernité recomposée. Laissant courir ses doigts sur un instrument millénaire de la famille des cithares (le qanoûn), il le fait résonner de ses états d'âme se développant en longues nappes sonores. Donnant vie à l'instrument à cordes ayant traversé les siècles, il le remodèle au gré de ses envies de musicien expert ; le prolongeant par un capteur relié à une pléiade de pédales amplifiant ses vibrations d'origine, il donne libre cours à ses inspirations contemporaines.
Le résultat crée une parenthèse hors du temps où la nostalgie orientale et les pulsations électro contemporaines allient leur singularité pour créer un moment planant, abolissant les frontières entre tradition et modernité pour faire entendre d'autres mondes possibles.
Le résultat crée une parenthèse hors du temps où la nostalgie orientale et les pulsations électro contemporaines allient leur singularité pour créer un moment planant, abolissant les frontières entre tradition et modernité pour faire entendre d'autres mondes possibles.
"Supersensible" © Pierre Planchenault.
"Supersensible", de Valerio Point de la Cie Mue, nous immerge dans le monde miniature de marionnettes à fils. Un monde ici à la fois diffusément inquiétant et imprégné d'une tendresse palpable, celle que leur voue le manipulateur leur insufflant vie avec une délicatesse sans égale.
Risquant un pied puis l'autre, le marionnettiste, vêtu d'une tunique noire sans affiliation précise, apparaît devant l'écran qui le masquait, sa haute taille contrastant avec les trois minuscules créatures qu'il s'apprête à animer. Accompagnant l'IRM projetée de son propre squelette mis à mal, une première marionnette sans cou ni tête fera son apparition ; il en tirera très délicatement les fils pour actionner ce corps mutilé qui, de reptation en reptation, finira par se ficher droit au sol.
Se tournant alors vers un sac sarcophage gisant à terre, il en ouvrira la fermeture Éclair pour en extraire une deuxième marionnette… une vieille dame fragile qu'il assoira avec d'infinies précautions sur son fauteuil roulant miniature, après avoir épousé au préalable sa posture en chien de fusil, étendant son grand corps (malade) dans une mise en abyme protectrice de sa créature. Quant à la troisième marionnette, qui aura droit aux mêmes intentions, elle aura deux jambes pour tout corps.
L'émotion intense communiquée par cette représentation pourrait dépasser le cadre de ce qui est montré… En effet, si on ne manque pas d'être profondément touché par la délicatesse infinie du créateur prenant soin de ses créatures avec une bienveillance peu ordinaire, la fascination produite pourrait aussi trouver sa source ailleurs… Quel sens donner à ce monde d'êtres amputés de leur intégrité dont le marionnettiste – leur créateur – prend devant nous autant soin ? N'y aurait-il pas dans le jeu de miroirs entre leur corps dégradé et celui qui leur a donné vie, un écho troublant au point de susciter un malaise diffus… un malaise lié à un désir de réparation adressé à nous, spectateurs d'un soir répondant à cet appel par de tranquilles applaudissements si appuyés soient-ils ? Au jeu des projections, il conviendrait d'ajouter celles du regardeur happé par cette saisissante représentation artistique, dont l'un des non moindres mérites est d'ouvrir grand… le champ des représentations.
◙ Yves Kafka
Vus lors de deux parcours les 24 et 28 janvier 2026 dans le cadre du Festival Trente Trente (23ᵉ Rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant) de Bordeaux Métropole.
Risquant un pied puis l'autre, le marionnettiste, vêtu d'une tunique noire sans affiliation précise, apparaît devant l'écran qui le masquait, sa haute taille contrastant avec les trois minuscules créatures qu'il s'apprête à animer. Accompagnant l'IRM projetée de son propre squelette mis à mal, une première marionnette sans cou ni tête fera son apparition ; il en tirera très délicatement les fils pour actionner ce corps mutilé qui, de reptation en reptation, finira par se ficher droit au sol.
Se tournant alors vers un sac sarcophage gisant à terre, il en ouvrira la fermeture Éclair pour en extraire une deuxième marionnette… une vieille dame fragile qu'il assoira avec d'infinies précautions sur son fauteuil roulant miniature, après avoir épousé au préalable sa posture en chien de fusil, étendant son grand corps (malade) dans une mise en abyme protectrice de sa créature. Quant à la troisième marionnette, qui aura droit aux mêmes intentions, elle aura deux jambes pour tout corps.
L'émotion intense communiquée par cette représentation pourrait dépasser le cadre de ce qui est montré… En effet, si on ne manque pas d'être profondément touché par la délicatesse infinie du créateur prenant soin de ses créatures avec une bienveillance peu ordinaire, la fascination produite pourrait aussi trouver sa source ailleurs… Quel sens donner à ce monde d'êtres amputés de leur intégrité dont le marionnettiste – leur créateur – prend devant nous autant soin ? N'y aurait-il pas dans le jeu de miroirs entre leur corps dégradé et celui qui leur a donné vie, un écho troublant au point de susciter un malaise diffus… un malaise lié à un désir de réparation adressé à nous, spectateurs d'un soir répondant à cet appel par de tranquilles applaudissements si appuyés soient-ils ? Au jeu des projections, il conviendrait d'ajouter celles du regardeur happé par cette saisissante représentation artistique, dont l'un des non moindres mérites est d'ouvrir grand… le champ des représentations.
◙ Yves Kafka
Vus lors de deux parcours les 24 et 28 janvier 2026 dans le cadre du Festival Trente Trente (23ᵉ Rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant) de Bordeaux Métropole.
"Fuck me Blind" © Pierre Planchenault.
"Fuck me Blind"
Danse - Création 2025 (Festival Romaeuropa - La Pelanda, Rome).
Idée et direction : Matteo Sedda.
Chorégraphie et performance : Marco Labellarte, Matteo Sedda.
Son : Gio Megrelishvili.
Dramaturgie et lumières : Margherita Scalise.
Mentors : Igor Urzelai Hernando, Moreno Solinas.
Durée : 35 minutes.
Représenté le 24 janvier 2026 à 21 h à la Halle des Chartrons à Bordeaux (33).
Tournée
Du 10 au 14 mars 2026 : La Balsamine (en coprogrammation avec Charleroi danse), Bruxelles (Belgique).
21 mars 2026 : FOG Performing Arts Festival – Triennale Milano Teatro, Milan (Italie).
Danse - Création 2025 (Festival Romaeuropa - La Pelanda, Rome).
Idée et direction : Matteo Sedda.
Chorégraphie et performance : Marco Labellarte, Matteo Sedda.
Son : Gio Megrelishvili.
Dramaturgie et lumières : Margherita Scalise.
Mentors : Igor Urzelai Hernando, Moreno Solinas.
Durée : 35 minutes.
Représenté le 24 janvier 2026 à 21 h à la Halle des Chartrons à Bordeaux (33).
Tournée
Du 10 au 14 mars 2026 : La Balsamine (en coprogrammation avec Charleroi danse), Bruxelles (Belgique).
21 mars 2026 : FOG Performing Arts Festival – Triennale Milano Teatro, Milan (Italie).
"Trucs" © Pierre Planchenault.
"Trucs"
Musique - Création 2022 (Pau).
Hart Brut.
Batterie, sonnailles, tambourins à cordes, traitements électro-acoustiques : Alexis Toussaint et Romain Colautti.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 20 h 15 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
Tournée
13 février 2026 : La Dynamo, Niort (79).
14 février 2026 : Théâtre Onyx, Saint-Herblain (44).
21 mars 2026 : Tradicionarius, Barcelone (Catalogne).
Musique - Création 2022 (Pau).
Hart Brut.
Batterie, sonnailles, tambourins à cordes, traitements électro-acoustiques : Alexis Toussaint et Romain Colautti.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 20 h 15 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
Tournée
13 février 2026 : La Dynamo, Niort (79).
14 février 2026 : Théâtre Onyx, Saint-Herblain (44).
21 mars 2026 : Tradicionarius, Barcelone (Catalogne).
"A time between birth and chaos" © Pierre Planchenault.
"A time between birth and chaos"
Musique - Création 2022 (Paris).
Qanoûn électroacoustique : Symo Reyn.
Régie technique : Paul Alkhallaf.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 21 h 10 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
Musique - Création 2022 (Paris).
Qanoûn électroacoustique : Symo Reyn.
Régie technique : Paul Alkhallaf.
Durée : 30 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 21 h 10 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
"Supersensible" © Pierre Planchenault.
"Supersensible"
Marionnettes - Création 2025 (Le Bloc, Poitiers).
Mue/Valerio Point.
Conception, construction, mise en scène, manipulation : Valerio Point.
Dramaturgie : Pauline Thimonnier.
Collaboration artistique : Gabriel Hermand-Priquet.
Création et interprétation sonore : Xavier Vochelle.
Technique : Anne Marquis.
Durée : 35 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 19 h 30 et 21 h 45 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
Tournée
16 mai 2026 : L'Arsénic, Gindou (46).
Du 13 au 17 avril 2026 : Stage Construction et animation d'une marionnette à fils - "Regard et premiers pas", La Grange aux Loups, Chauvigny 86).
Festival Trente Trente
23ᵉ Rencontres de la forme courte dans les arts vivants et performatifs
A eu lieu du 17 au 28 janvier 2026.
Les Marches de l'Été, 17, rue Victor Billon, Le Bouscat.
Téléphone : 05 56 17 03 83.
>> trentetrente.com
Marionnettes - Création 2025 (Le Bloc, Poitiers).
Mue/Valerio Point.
Conception, construction, mise en scène, manipulation : Valerio Point.
Dramaturgie : Pauline Thimonnier.
Collaboration artistique : Gabriel Hermand-Priquet.
Création et interprétation sonore : Xavier Vochelle.
Technique : Anne Marquis.
Durée : 35 minutes.
Représenté le 28 janvier 2026 à 19 h 30 et 21 h 45 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).
Tournée
16 mai 2026 : L'Arsénic, Gindou (46).
Du 13 au 17 avril 2026 : Stage Construction et animation d'une marionnette à fils - "Regard et premiers pas", La Grange aux Loups, Chauvigny 86).
Festival Trente Trente
23ᵉ Rencontres de la forme courte dans les arts vivants et performatifs
A eu lieu du 17 au 28 janvier 2026.
Les Marches de l'Été, 17, rue Victor Billon, Le Bouscat.
Téléphone : 05 56 17 03 83.
>> trentetrente.com