"Biben" © Pierre Planchenault.
"Biben" introduit dans l'espace clos de ce qui pourrait être une chambre à soi, revisitée version couple fusionnel. Là, un homme et une femme se livrent aux ébats de jeux rituels consentis (peut-être…). Revêtus l'un et l'autre de tenues noires les confondant, ils se lancent dans un ballet, sorte de fuite éperdue, où les corps s'aimantent, se désaimantent au gré des sentiments qui les parcourent.
Sur une musique répétitive, Hamid Ben Mahi – en fin connaisseur du genre humain – va orchestrer le jeu de leurs rencontres dans des chorégraphies prenantes… "Il" va la manipuler en tous sens, "elle" va se laisser aller, résister, se hisser sur ses épaules, s'éloigner, avant de revenir vers lui et d'être enserrée entre ses bras. Ne faisant plus qu'un, ils esquisseront quelques pas, elle, juchée sur le dessus des pieds de son partenaire, captive de son parcours… Quelques pas (de danse) avant de se disjoindre à nouveau.
Sur une musique répétitive, Hamid Ben Mahi – en fin connaisseur du genre humain – va orchestrer le jeu de leurs rencontres dans des chorégraphies prenantes… "Il" va la manipuler en tous sens, "elle" va se laisser aller, résister, se hisser sur ses épaules, s'éloigner, avant de revenir vers lui et d'être enserrée entre ses bras. Ne faisant plus qu'un, ils esquisseront quelques pas, elle, juchée sur le dessus des pieds de son partenaire, captive de son parcours… Quelques pas (de danse) avant de se disjoindre à nouveau.
"Biben" © Pierre Planchenault.
Reliés par le filin qui les accouple, chacun tirant de son côté, elle va éprouver le lien qui les unit en le mettant à l'épreuve de son désir. Quand il voudra la ramener vers lui, elle résistera, chutera au sol. S'enclenchera alors le cycle de la violence, le lien devenant laisse… De haute lutte, elle réussira à s'en libérer décrochant le harnais qui la tenait à sa merci… le laissant lui, démuni, la laisse désormais sans objet pendant de sa main, encerclé dans un halo de lumière l'emprisonnant.
Quant au jeu des lumières, il éclaire en la redoublant l'Histoire de cette emprise amoureuse… Jeux d'ombres, la chambre à soi du couple fusionnel devenant en un éclair la caverne de Platon lorsque les ombres des protagonistes, éclairés pleine face, se profilent sur la paroi du fond de scène. Projection d'une scène archaïque, une scène de la vie conjugale surgissant de la nuit des temps pour venir s'inviter dans notre présent, comme si se rejouaient sur un plateau de danse contemporaine les sempiternelles dérives du sentiment amoureux et de son corollaire, l'emprise mortifère.
Quant au jeu des lumières, il éclaire en la redoublant l'Histoire de cette emprise amoureuse… Jeux d'ombres, la chambre à soi du couple fusionnel devenant en un éclair la caverne de Platon lorsque les ombres des protagonistes, éclairés pleine face, se profilent sur la paroi du fond de scène. Projection d'une scène archaïque, une scène de la vie conjugale surgissant de la nuit des temps pour venir s'inviter dans notre présent, comme si se rejouaient sur un plateau de danse contemporaine les sempiternelles dérives du sentiment amoureux et de son corollaire, l'emprise mortifère.
"Stuck" © Sjoerd Derine.
"Stuck" est à prendre comme un électron libre sur la scène de danse contemporaine, un électron qui ne peut laisser indifférent tant ses vibrations sont irradiantes. Convoquant les ressources de la musique électronique, de la danse waacking plongeant ses racines dans l'impérieuse nécessité de lutter contre toutes oppressions (internes comme externes), mais aussi s'appuyant sur les apports colorés de costumes éclatants, de clins d'œil furtifs au cinéma et autres influences, cinq femmes d'horizons et de corpulences multiples vont se lancer dans des interprétations décoiffantes, démultipliées en tableaux vivants.
De quoi sont porteuses ces deux femmes que l'on découvre assises sur un banc, comme emmurées en elles-mêmes, le visage dissimulé par un dépliant où se détachent sur fond rouge les lettres STUCK ? Stuck, c'est-à-dire bloqué, coincé, en français… Ce qui reste coincé et les immobilise ces femmes danseuses à l'arrêt, sans pouvoir trouver une "voix" d'issue dans les mots restés bloqués quelque part en elles, surgira plus tard dans des danses furieuses où les corps se feront haut-parleurs. Là, on les surprend frappées de stupeur, la même que celle vécue naguère par Mounia Nassangar victime d'un burn-out aux effets dévastateurs.
De quoi sont porteuses ces deux femmes que l'on découvre assises sur un banc, comme emmurées en elles-mêmes, le visage dissimulé par un dépliant où se détachent sur fond rouge les lettres STUCK ? Stuck, c'est-à-dire bloqué, coincé, en français… Ce qui reste coincé et les immobilise ces femmes danseuses à l'arrêt, sans pouvoir trouver une "voix" d'issue dans les mots restés bloqués quelque part en elles, surgira plus tard dans des danses furieuses où les corps se feront haut-parleurs. Là, on les surprend frappées de stupeur, la même que celle vécue naguère par Mounia Nassangar victime d'un burn-out aux effets dévastateurs.
Effondrement originel, mais aussi passage obligé pour pouvoir ensuite rebondir de plus belle, libérées des pressions imposées. Et ce passage à un autre état, comme la transition d'un corps solidifié vers un corps aérien libéré de ses amarres, sera développé dans le plan-séquence suivant… Le tableau vivant où une spectatrice complice montera sur le plateau pour se faire tondre avec application, la même affiche rouge et son inscription en mains. Une scène où la durée de la mutation est respectée en temps réel comme pour souligner le temps nécessaire à la métamorphose. Le crâne complètement rasé, sa chevelure gisant à ses pieds, elle aura devant nous, et en toute liberté, fait "table rase" du passé pour renaître symboliquement.
Dès lors, accompagnées de grondements et de lumières flamboyantes, les interprètes – une à une ou en chœur, mais toujours impeccables – vont déborder d'une formidable énergie se répandant jusque dans la salle… Corps en tension, corps électrisé par la musique qui le traverse, corps secoué de soubresauts rageurs, corps martelant des pieds le plancher de danse, corps en pause… corps toujours charismatique porteur d'une authenticité palpable.
Danser est un sport de combat… Mounia Nassangar et ses cinq fabuleuses danseuses nous le rappellent ce soir avec une force communicative si intense que l'on ressort sonné de ces rounds magistralement chorégraphiés.
◙ Yves Kafka
Vu le 18 mars 2026, à la Scène nationale du Carré-Colonnes à Saint-Médard (33).
Dès lors, accompagnées de grondements et de lumières flamboyantes, les interprètes – une à une ou en chœur, mais toujours impeccables – vont déborder d'une formidable énergie se répandant jusque dans la salle… Corps en tension, corps électrisé par la musique qui le traverse, corps secoué de soubresauts rageurs, corps martelant des pieds le plancher de danse, corps en pause… corps toujours charismatique porteur d'une authenticité palpable.
Danser est un sport de combat… Mounia Nassangar et ses cinq fabuleuses danseuses nous le rappellent ce soir avec une force communicative si intense que l'on ressort sonné de ces rounds magistralement chorégraphiés.
◙ Yves Kafka
Vu le 18 mars 2026, à la Scène nationale du Carré-Colonnes à Saint-Médard (33).
"Biben" © Pierre Planchenault.
"Biben"
Création 2026.
Chorégraphie : Hamid Ben Mahi.
Avec : Elsa Morineaux et Frédéric Faula.
Musique : Manuel Wandji.
Lumière : Antoine Auger.
Durée : 25 minutes.
"Stuck"
Création 2024, dans le cadre de (UNDER)GROUND à Rennes.
Chorégraphie : Mounia Nassangar.
Avec : Suzanne Degennaro, Serena Freira, Oumrata Konan, Nicole Kufeld, Carla Parcianello
Assistante chorégraphique et reprise de rôle : Sofia Staníc.
Beatmakeuse : Mac L'Arnaque.
Scénographie, lumières : Xavier Lescat.
Costume et stylisme : Lydie Tarragon, Mounia Nassangar.
Sound designer : Lucie Béguin.
Durée : 45 minutes.
Création 2026.
Chorégraphie : Hamid Ben Mahi.
Avec : Elsa Morineaux et Frédéric Faula.
Musique : Manuel Wandji.
Lumière : Antoine Auger.
Durée : 25 minutes.
"Stuck"
Création 2024, dans le cadre de (UNDER)GROUND à Rennes.
Chorégraphie : Mounia Nassangar.
Avec : Suzanne Degennaro, Serena Freira, Oumrata Konan, Nicole Kufeld, Carla Parcianello
Assistante chorégraphique et reprise de rôle : Sofia Staníc.
Beatmakeuse : Mac L'Arnaque.
Scénographie, lumières : Xavier Lescat.
Costume et stylisme : Lydie Tarragon, Mounia Nassangar.
Sound designer : Lucie Béguin.
Durée : 45 minutes.
"Stuck" © Sjoerd Derine.
"Biben" et "Stuck" ont été représentés les 17 et 18 mars 2026 à la Scène nationale du Carré-Colonnes, Saint-Médard (33).
Tournée "Stuck"
26 mars 2026 : Auditorium, Seynod (74).
27 et 28 mars 2026 : SNA MC2, Grenoble (38).
2 avril 2026 : Théâtre au Fil de l'eau, Pantin (93).
3 avril 2026 : L'orange Bleue, Eaubonne (95).
9 et 10 avril 2026 : SNA Points Communs, Cergy (95).
21 et 22 avril 2026 : SNA L'Archipel, Perpignan (66).
30 avril 2026 : Le Pin Galant, Mérignac (33).
26 mai 2026 : L'Avant Seine, Colombes (92).
11 et 12 juin 2026 : SNA Espace des Arts, Chalon-sur-Saône (71).
Tournée "Stuck"
26 mars 2026 : Auditorium, Seynod (74).
27 et 28 mars 2026 : SNA MC2, Grenoble (38).
2 avril 2026 : Théâtre au Fil de l'eau, Pantin (93).
3 avril 2026 : L'orange Bleue, Eaubonne (95).
9 et 10 avril 2026 : SNA Points Communs, Cergy (95).
21 et 22 avril 2026 : SNA L'Archipel, Perpignan (66).
30 avril 2026 : Le Pin Galant, Mérignac (33).
26 mai 2026 : L'Avant Seine, Colombes (92).
11 et 12 juin 2026 : SNA Espace des Arts, Chalon-sur-Saône (71).