© Loïc Nys.
Au carrefour de la vie et de la mort, croisement concret d'ambulances, de corbillards ou d'autos pressées, croisée abstraite de rêves et d'espérances d'enfants, mais également de poétiques utopies, se retrouvent ainsi ces deux gosses assis au bord du monde qui, face à une réalité loin d'être rose, osent encore l'espoir… en s'inventant de nouvelles vérités… comme s'il était urgent de sauver le monde. "Si tu dois sauver le monde, tu commencerais par qui ?"
Fabrice Melquiot développe avec "Albatros" une poésie urbaine à hauteur d'enfance. Si les problématiques actuelles sont abordées avec l'évocation des violences familiales – "Ne pas s'aimer, car quand on s'aime, on fait des enfants et on les bat" –, du harcèlement scolaire, du deuil, de la difficulté d'aimer – "J'aimerai plus personne avec le cœur, j'aimerai avec les pieds." –, etc., il s'agit bien d'un conte avec son génie (de l'Huile de Coude), son défi insensé (sauver le monde en trois jours) et sa quête sous-jacente : redonner de l'espoir à l'humanité.
Fabrice Melquiot développe avec "Albatros" une poésie urbaine à hauteur d'enfance. Si les problématiques actuelles sont abordées avec l'évocation des violences familiales – "Ne pas s'aimer, car quand on s'aime, on fait des enfants et on les bat" –, du harcèlement scolaire, du deuil, de la difficulté d'aimer – "J'aimerai plus personne avec le cœur, j'aimerai avec les pieds." –, etc., il s'agit bien d'un conte avec son génie (de l'Huile de Coude), son défi insensé (sauver le monde en trois jours) et sa quête sous-jacente : redonner de l'espoir à l'humanité.
© Loïc Nys.
Le Théâtre Clandestin en propose une version courte, autant empreinte de merveilleux, de fantasque que d'onirisme, le tout "boosté" à l'imaginaire enfantin. La singularité de cette compagnie nantaise, créée en 2017, est d'être dotée d'une caravane spectacle. Sa vocation est donc d'occuper l'espace public, tous les espaces publics, de la place de village à la cour d'école en passant par les parcs, les parkings, les boulodromes ou les campings… afin d'aller à la rencontre de toutes les populations, de faire exister le théâtre dans tous les endroits où on ne l'attend pas et de faire entendre les écritures contemporaines.
La petite caravane, espace clos s'il en est, offre néanmoins, avec ses ouvertures, simultanément ou pas, des perspectives de vues au lointain, des interactions entre un personnage en intérieur et l'autre à l'extérieur, ou encore de vives entrées et sorties par la petite porte. À l'intérieur, des éléments scénographiques en noir et blanc, conçus de manière très astucieuse, s'inspirant de la magie du pop-up où les univers se déplient rapidement, comme ces livres de notre enfance dans lesquels les décors en carton se déployaient quand on les ouvrait. Leur aspect graphique n'est pas sans rappeler l'approche esthétique qui caractérisa le cinéma expressionniste allemand – notamment "Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene (1920) – ou celui de Tim Burton.
La petite caravane, espace clos s'il en est, offre néanmoins, avec ses ouvertures, simultanément ou pas, des perspectives de vues au lointain, des interactions entre un personnage en intérieur et l'autre à l'extérieur, ou encore de vives entrées et sorties par la petite porte. À l'intérieur, des éléments scénographiques en noir et blanc, conçus de manière très astucieuse, s'inspirant de la magie du pop-up où les univers se déplient rapidement, comme ces livres de notre enfance dans lesquels les décors en carton se déployaient quand on les ouvrait. Leur aspect graphique n'est pas sans rappeler l'approche esthétique qui caractérisa le cinéma expressionniste allemand – notamment "Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene (1920) – ou celui de Tim Burton.
© Loïc Nys.
Mêlant ainsi des ambiances fantastiques, voire étranges et décalées, et un certain onirisme narratif, est mis en évidence le contraste entre le réalisme de l'espace public entourant la caravane et la poésie singulière du texte de Fabrice Melquiot. Cela est amplifié par un jeu d'apparition et de disparition des protagonistes et celui inopiné de leurs têtes jaillissant des petites trappes latérales, celles-ci se dévoilant grâce à des systèmes de grilles mobiles. La baie principale, quant à elle, permet d'assister à des échanges à deux ou trois personnages. Parfois, les fenêtres sont fermées par des volets, renforçant ainsi une brève impression de boîte noire, presque d'enfermement… physique ou psychologique.
Cette astucieuse utilisation de la caravane – fenêtres (de différentes tailles) occultées pour le côté "boîte noire", comme un refuge ou une amplification dramatique, fenêtres ouvertes (une, plusieurs ou toutes) comme des ouvertures sur les actions, sur les événements, cadres de différentes scènes, fenêtres sur le monde, sur l'ailleurs, le monde extérieur – offre un espace de jeu dont la comédienne et les trois comédiens s'emparent avec délectation et dynamisme, investissant leurs personnages avec justesse, évitant la caricature et la facilité.
Cette astucieuse utilisation de la caravane – fenêtres (de différentes tailles) occultées pour le côté "boîte noire", comme un refuge ou une amplification dramatique, fenêtres ouvertes (une, plusieurs ou toutes) comme des ouvertures sur les actions, sur les événements, cadres de différentes scènes, fenêtres sur le monde, sur l'ailleurs, le monde extérieur – offre un espace de jeu dont la comédienne et les trois comédiens s'emparent avec délectation et dynamisme, investissant leurs personnages avec justesse, évitant la caricature et la facilité.
© Loïc Nys.
Sur un jeu résolument dynamique, les scènes se succédant sur un rythme soutenu, en partie justifié par les basculements scéniques entre l'intérieur de la caravane et les séquences extérieures perçues à travers les fenêtres, les personnages usent d'une large palette de sentiments, d'expressions qui, sans subir d'infantilisation, sont explicitement identifiables par un jeune public. Ici, l'intelligence théâtrale est aux commandes. Laura Flahaut est particulièrement remarquable dans son interprétation de Petite Pièce, mêlant avec un incroyable talent une tonalité vocale juvénile sans perdre un seul instant la maîtrise de son rôle, riche de reliefs émotionnels.
On remarquera également les prestations bien dosées, convaincantes, au jeu enthousiaste de Damien Debonnaire, Nicolas Lainé, Thomas Trelohan. Tous ensemble, ils et elle insufflent une vivacité particulière au texte, jonglant avec les aspects farfelus de certains dialogues – "D'après toi, comment ils font les oiseaux quand ils n'ont plus de pattes, ils se posent sur le ventre ?" – et la tendre poésie de certaines déclarations – "… vivement que j’aie ma cave pour me cacher Casper, me cacher pour pleurer parce que là, n’importe qui pourrait croire que j’ai des trucs comme des sentiments pour toi…" –, posant ainsi une lecture de la pièce tout autant loufoque que bouleversante… et nous emmènant explorer un conte drôle et étrange où deux gosses rêvent de sauver le monde, prenant des chemins de traverse et s'inventant leurs propres vérités.
La mise en scène inventive et riche de surprises donne véritablement le rythme et met en évidence l'opposition entre la magie propre au récit de ces enfants en quête d'espérance et nos sinistres réalités actuelles. Ici, petits et grands découvriront des moments de vie inattendus dans lesquels des enfants ont l'incroyable audace, presque l'insolence, de croire que tout est encore possible. Voilà une espérance à mettre entre toutes les mains, jeune public comme adultes.
◙ Gil Chauveau
Vu le 17 juillet 2026 au Totem - Scène conventionnée d’intérêt national, lors du Festival Off d'Avignon.
On remarquera également les prestations bien dosées, convaincantes, au jeu enthousiaste de Damien Debonnaire, Nicolas Lainé, Thomas Trelohan. Tous ensemble, ils et elle insufflent une vivacité particulière au texte, jonglant avec les aspects farfelus de certains dialogues – "D'après toi, comment ils font les oiseaux quand ils n'ont plus de pattes, ils se posent sur le ventre ?" – et la tendre poésie de certaines déclarations – "… vivement que j’aie ma cave pour me cacher Casper, me cacher pour pleurer parce que là, n’importe qui pourrait croire que j’ai des trucs comme des sentiments pour toi…" –, posant ainsi une lecture de la pièce tout autant loufoque que bouleversante… et nous emmènant explorer un conte drôle et étrange où deux gosses rêvent de sauver le monde, prenant des chemins de traverse et s'inventant leurs propres vérités.
La mise en scène inventive et riche de surprises donne véritablement le rythme et met en évidence l'opposition entre la magie propre au récit de ces enfants en quête d'espérance et nos sinistres réalités actuelles. Ici, petits et grands découvriront des moments de vie inattendus dans lesquels des enfants ont l'incroyable audace, presque l'insolence, de croire que tout est encore possible. Voilà une espérance à mettre entre toutes les mains, jeune public comme adultes.
◙ Gil Chauveau
Vu le 17 juillet 2026 au Totem - Scène conventionnée d’intérêt national, lors du Festival Off d'Avignon.
"Albatros"
© Loïc Nys.
Spectacle en caravane.
Texte : Fabrice Melquiot (chez L'Arche éditeur).
Avec : Damien Debonnaire, Laura Flahaut, Nicolas Lainé, Thomas Trelohan.
Direction artistique : Thomas Trelohan.
Dramaturgie : Pauline Bourse.
Scénographie : Aurélien Izard.
Création sonore : Victor Pol.
Par la Cie Théâtre Clandestin.
À partir de 7 ans.
Durée : 35 minutes.
Texte : Fabrice Melquiot (chez L'Arche éditeur).
Avec : Damien Debonnaire, Laura Flahaut, Nicolas Lainé, Thomas Trelohan.
Direction artistique : Thomas Trelohan.
Dramaturgie : Pauline Bourse.
Scénographie : Aurélien Izard.
Création sonore : Victor Pol.
Par la Cie Théâtre Clandestin.
À partir de 7 ans.
Durée : 35 minutes.
© Loïc Nys.
Tournée
21 et 22 octobre 2026 : Salles Verdun, Pertuis (84).
15 et 16 février 2027 : La fête dans les nuages, Saint-Hilaire-de-Riez (85).
Du 14 au 20 mars 2027 : Théâtre de Grasse et en itinérance, Grasse (06).
22 et 23 mars 2027 : Le Sémaphore, Port-de-Bouc (13).
24 au 26 mars 2027 : Théâtre Massalia, La Friche Belle de Mai, Marseille (13).
27 mars 2027 : ARTO, Temps fort les Extras, Ramonville-Saint-Agne (31).
2 et 3 avril 2027 : Le Périscope, Nîmes (30).
4 au 6 avril 2027 : COVE, Carpentras (84).
9 au 11 avril 2027 : Festival Petits et Grands, Nantes (44).
25 au 27 avril 2027 : Le Sillon, Clermont-L'Hérault (34).
28 au 30 avril 2027 : Résurgence, Saison des arts vivants, Lodève (34).
Du 10 au 14 mai 2027 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).
Les 8, 10 et 11 juin 2027 : Saison culturelle, Communauté de communes Erdre et Gesvres, Grandchamp-des-Fontaines (44).
21 et 22 octobre 2026 : Salles Verdun, Pertuis (84).
15 et 16 février 2027 : La fête dans les nuages, Saint-Hilaire-de-Riez (85).
Du 14 au 20 mars 2027 : Théâtre de Grasse et en itinérance, Grasse (06).
22 et 23 mars 2027 : Le Sémaphore, Port-de-Bouc (13).
24 au 26 mars 2027 : Théâtre Massalia, La Friche Belle de Mai, Marseille (13).
27 mars 2027 : ARTO, Temps fort les Extras, Ramonville-Saint-Agne (31).
2 et 3 avril 2027 : Le Périscope, Nîmes (30).
4 au 6 avril 2027 : COVE, Carpentras (84).
9 au 11 avril 2027 : Festival Petits et Grands, Nantes (44).
25 au 27 avril 2027 : Le Sillon, Clermont-L'Hérault (34).
28 au 30 avril 2027 : Résurgence, Saison des arts vivants, Lodève (34).
Du 10 au 14 mai 2027 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).
Les 8, 10 et 11 juin 2027 : Saison culturelle, Communauté de communes Erdre et Gesvres, Grandchamp-des-Fontaines (44).