© Michèle Laurent.
Pour les représentations du samedi, le Théâtre du Soleil propose l'intégrale de "Ici sont les dragons" comprenant deux époques dont nous avions fait un article pour la "Première" intitulée "1917 : La Victoire était entre nos mains". La deuxième, "1918-1933 : Chocs et mensonges", s'amorce avec Lénine au pouvoir. Staline s'impose de plus en plus lors de la maladie du leader soviétique, puis à sa mort, il écarte Trotsky et dirige l'URSS. La représentation finit, entre autres, par l'accession au pouvoir de Hitler. Différents autres événements historiques sont traités et la troupe du Soleil montre les coulisses de ceux-ci, la soumission ou le courage des uns et des autres, et le cynisme des politiques.
Le personnage de la metteure en scène, Cornélia (Dominique Jambert en alternance avec Hélène Cinque), dans sa loge devant et un peu en dessous du plateau avec ses livres et ses carnets, est moins présent dans la deuxième époque que dans la première. Ariane Mnouchkine s'appuie beaucoup plus sur les faits historiques pour construire parfois de bout en bout des scènes, comme le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours (1920).
Le personnage de la metteure en scène, Cornélia (Dominique Jambert en alternance avec Hélène Cinque), dans sa loge devant et un peu en dessous du plateau avec ses livres et ses carnets, est moins présent dans la deuxième époque que dans la première. Ariane Mnouchkine s'appuie beaucoup plus sur les faits historiques pour construire parfois de bout en bout des scènes, comme le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours (1920).
© Michèle Laurent.
Ainsi, l'Histoire s'apparie au théâtre et l'événement à la fable. L'imaginaire dramaturgique est essentiellement axé sur la scénographie qui permet, à chacun, de se représenter le tragique de l'Histoire. La trame est aussi appréhendée dans un fort rapport à l'Ukraine, qu'Ariane Mnouchkine soutient avec le Théâtre du Soleil depuis le début de l'invasion de la Russie. Le parti-pris est montré toutefois un peu trop explicitement, comme si le public ne pouvait pas le comprendre par lui-même.
Presque tous les acteurs portent un masque et miment des enregistrements audios, les propos tenus étant de temps en temps en français et principalement en russe, ukrainien, allemand ou anglais. Pour quasiment chaque réplique, une traduction est à lire, qui peut être fastidieuse et fait que le jeu théâtral, avec les masques des comédiens qui ne sont pas compensés par un jeu corporel spécifique, manque parfois d'expressivité.
De très beaux tableaux s'enchaînent cependant, comme celle, entre beaucoup d'autres, de la lecture de la lettre de l'écrivain Mikhaïl Boulgakov qui donne un souffle à la dramaturgie tout autant que le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours.
Presque tous les acteurs portent un masque et miment des enregistrements audios, les propos tenus étant de temps en temps en français et principalement en russe, ukrainien, allemand ou anglais. Pour quasiment chaque réplique, une traduction est à lire, qui peut être fastidieuse et fait que le jeu théâtral, avec les masques des comédiens qui ne sont pas compensés par un jeu corporel spécifique, manque parfois d'expressivité.
De très beaux tableaux s'enchaînent cependant, comme celle, entre beaucoup d'autres, de la lecture de la lettre de l'écrivain Mikhaïl Boulgakov qui donne un souffle à la dramaturgie tout autant que le discours de Léon Blum lors du congrès de Tours.
© Michèle Laurent.
Les ruptures de rythme sont de différents ordres, scandées par les événements, la scénographie faisant place à différents contextes historiques. Certaines sont musicales, comme pour deux tableaux dans lesquels Clémence Fougea chante, donnant ainsi une respiration, une pause rythmique à la pièce, emmenant la trame dans un autre tempo avec, par exemple, "Chanson de la rose blanche".
Trois babayagas (Dominique Lambert en alternance avec Andrea Marchant Fernandez et Judit Jancsó, Aline Borsari, Alice Milléquant) s'inscrivent, dans quatre scènes dédiées, dans un autre type de ruptures basé sur un imaginaire de conte de fées dans des clairs-obscurs où leurs mystères donnent une autre dimension à la création.
La scénographie découvre de grands espaces permettant une contextualisation des événements dans leur ampleur et leur durée. Elle symbolise aussi une place du pouvoir, vide de toute image du peuple, habitée seulement de ces tyrans, avides de mépris humain, d'espaces et de conquêtes.
Trois babayagas (Dominique Lambert en alternance avec Andrea Marchant Fernandez et Judit Jancsó, Aline Borsari, Alice Milléquant) s'inscrivent, dans quatre scènes dédiées, dans un autre type de ruptures basé sur un imaginaire de conte de fées dans des clairs-obscurs où leurs mystères donnent une autre dimension à la création.
La scénographie découvre de grands espaces permettant une contextualisation des événements dans leur ampleur et leur durée. Elle symbolise aussi une place du pouvoir, vide de toute image du peuple, habitée seulement de ces tyrans, avides de mépris humain, d'espaces et de conquêtes.
© Michèle Laurent.
La frontière entre ce qu'est Cornélia et ce qu'elle représente est parfois dans une zone grise, son rôle fluctuant par deux fois. Metteure en scène, elle semble surprise, un moment, par la trame dramaturgique, comme prise d'incompréhension par le tragique de l'Histoire, comme beaucoup peuvent l'être actuellement dans le contexte géopolitique. Lors du dernier tableau très symbolique, elle rejoint Churchill (Marilou Poujardieu avec la voix de Martin Vaughan Lewis) dans les flots. À ce moment, est-elle toujours metteure en scène ? Ou citoyenne vivant le moment historique ? Ou spectatrice d'une Histoire dont elle essaie en vain d'influer à rebours le destin ? Ou tout simplement est-elle emportée par le tragique de l'Histoire ?
Le spectacle est très ambitieux et de très belle facture, mais aurait à y gagner en faisant jouer les comédiens, avec leurs masques, dans un jeu vocal et corporel autre, beaucoup plus en lien organique avec ce qu'ils sont et ce qu'ils incarnent.
◙ Safidin Alouache
Le spectacle est très ambitieux et de très belle facture, mais aurait à y gagner en faisant jouer les comédiens, avec leurs masques, dans un jeu vocal et corporel autre, beaucoup plus en lien organique avec ce qu'ils sont et ce qu'ils incarnent.
◙ Safidin Alouache
"Ici sont les dragons"
© Michèle Laurent.
(Deuxième époque, 1918-1933 : Chocs et mensonges)
Une création collective du Théâtre du Soleil en harmonie avec Hélène Cixous.
Dirigée par Ariane Mnouchkine.
Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Mitia Zloto, Aline Borsari, Alice Milléquant, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Anna Kuzina, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Victor Gazeau, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Nolan Berruyer, Vijayan Panikkaveettil, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Elise Salmon, Marilou Poujardieu, Tomaz Nogueira da Gama, Clémence Fougea, Ya-Hui.
Voix : Ira Verbitskaya, Clémence Fougea, Reiichi Sato, Charlotte Krenz, Amoto Taniguchi, Egor Morozov, Judit Jancsó, Iori Onoguchi, Ira Verbitskaya, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Maurice Durozier, Sacha Bourdo, Arman Saribekyan, Artem Bannikov, Artem Tokmakov, Rei Ichi Sato, Hao-Yang Wu, Rainer Sievert, Alexandre Zloto, Vincent Mangado, Ciaran Creswell, Philip Weissert, Johannes Oliver Hamm, Sacha Bourdo, David Stanley, Vincent Martin, Yuriy Zavalnyouk, Hanna Kuzina.
Une création collective du Théâtre du Soleil en harmonie avec Hélène Cixous.
Dirigée par Ariane Mnouchkine.
Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Mitia Zloto, Aline Borsari, Alice Milléquant, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Anna Kuzina, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Victor Gazeau, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Nolan Berruyer, Vijayan Panikkaveettil, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Elise Salmon, Marilou Poujardieu, Tomaz Nogueira da Gama, Clémence Fougea, Ya-Hui.
Voix : Ira Verbitskaya, Clémence Fougea, Reiichi Sato, Charlotte Krenz, Amoto Taniguchi, Egor Morozov, Judit Jancsó, Iori Onoguchi, Ira Verbitskaya, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Maurice Durozier, Sacha Bourdo, Arman Saribekyan, Artem Bannikov, Artem Tokmakov, Rei Ichi Sato, Hao-Yang Wu, Rainer Sievert, Alexandre Zloto, Vincent Mangado, Ciaran Creswell, Philip Weissert, Johannes Oliver Hamm, Sacha Bourdo, David Stanley, Vincent Martin, Yuriy Zavalnyouk, Hanna Kuzina.
© Michèle Laurent.
Musique composée par Clémence Fougea et jouée à chaque représentation avec Ya-Hui Liang.
Durée du spectacle : 2 h 45 avec l'entracte pour la Première Époque, 3 h 10 avec entracte pour la Deuxième Époque (les jours d'intégrale il y aura 1 h de pause entre les deux époques).
Pour rappel : la "Deuxième Époque 1918-1933, Choc et mensonges" a été créée le 12 mars 2026 ; la "Première Époque 1917 : La Victoire était entre nos mains", quant à elle, le 27 novembre 2024.
Du 12 mars au 31 mai 2026.
Deuxième Époque : mercredi et jeudi à 19 h 30, dimanche à 14 h.
Alternance Première et Deuxième Époque : vendredi à 19 h 30.
Intégrale : samedi à 14 h sauf 2, 9 et 23 mai, deuxième époque.
Relâches exceptionnelles 28, 29 avril et 1ᵉʳ mai.
Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, 2, route du Champ de Manœuvre, Paris 12ᵉ.
Téléphone : 01 43 74 24 08.
>> Billetterie en ligne
>> theatre-du-soleil.fr
Durée du spectacle : 2 h 45 avec l'entracte pour la Première Époque, 3 h 10 avec entracte pour la Deuxième Époque (les jours d'intégrale il y aura 1 h de pause entre les deux époques).
Pour rappel : la "Deuxième Époque 1918-1933, Choc et mensonges" a été créée le 12 mars 2026 ; la "Première Époque 1917 : La Victoire était entre nos mains", quant à elle, le 27 novembre 2024.
Du 12 mars au 31 mai 2026.
Deuxième Époque : mercredi et jeudi à 19 h 30, dimanche à 14 h.
Alternance Première et Deuxième Époque : vendredi à 19 h 30.
Intégrale : samedi à 14 h sauf 2, 9 et 23 mai, deuxième époque.
Relâches exceptionnelles 28, 29 avril et 1ᵉʳ mai.
Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, 2, route du Champ de Manœuvre, Paris 12ᵉ.
Téléphone : 01 43 74 24 08.
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