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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-11T09:48:37+02:00</dc:date>
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   <title>IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…</title>
   <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 09:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "La Trilogie des chiennes, Chapitres I, II, III" de la dramaturge, metteuse en scène et performeuse Carolina Bianchi et de son Collectif Cara de Cavalo, est à vivre comme une œuvre-monde des plus bouleversantes où, performances physiques, vidéos, textes défilants, déferlent en un flux continu sur le plateau, submergeant sens et raison… Comment pouvoir sortir indemne de ce marathon théâtral nous entraînant dans les abysses de vécus insoutenables, mis en abyme eux-mêmes par des créations littéraires nourries elles aussi de la barbarie qui les a suscitées ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67814774.jpg?v=1784188771" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Capítulo I &quot;A Noiva e o Boa Noite Cinderela&quot;, &quot;La Mariée et bonne nuit Cendrillon&quot;, titre énigmatique choisi par Carolina Bianchi pour se faire l'écho vivant de viols où la meute des souvenirs ravive par effraction &quot;des blessures si amères que la mort semblerait un sort plus doux&quot; (cf. &quot;La divine Comédie&quot; de Dante, cité en exergue). Convoquant d'autres œuvres littéraires, &quot;Le Décaméron&quot; de Boccace, &quot;2666&quot; de Roberto Bolaño, ou encore des tableaux comme &quot;La Rencontre avec les Damnés dans la Forêt de Pin&quot; de Botticelli où l'on assiste à la scène d'une jeune femme poursuivie par un chien avant d'être dépecée – peinture qui mettra par la suite en abyme le crime commis par un célèbre gardien de but, s'étant débarrassé d'une jeune femme mannequin, devenue maîtresse encombrante, en étranglant sa conquête, avant de faire dévorer son corps morcelé par ses Dobermans et de couler ses os dans le béton –, l'artiste annoncera &quot;Bonne nuit Cendrillon&quot;…       <br />
              <br />
       … ce nom donné en brésilien au GHB, la drogue du violeur, chapeaute l'histoire de Pippa Bacca, performeuse italienne et féministe au centre du premier chapitre. Vêtue d'une robe de mariée (symbole de paix), l'artiste accomplissait un trajet en auto-stop qui devait la mener d'Italie jusqu'aux territoires en conflit du Moyen-Orient. Son aventure artistique, porteuse d'un message politique, s'interrompit en Turquie où elle fut violée puis assassinée par l'automobiliste qui l'avait prise à son bord. La caméra avec laquelle elle avait auparavant filmé l'homme, révéla que d'autres s'étaient joints à son violeur pour abuser d'elle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67814802.jpg?v=1784189236" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Loin de se faire uniquement l'écho du sort tragique de Pippa, la performeuse questionnera au plateau son parcours… <span style="font-style:italic">&quot;Croyait-elle qu'une robe de mariée suffirait à la protéger des prédateurs masculins ?&quot;</span> et Carolina Bianchi d'ajouter : <span style="font-style:italic">&quot;L'écoféminisme me donne des envies de meurtre…&quot;.</span> Alors, plus que questionner, elle va s'impliquer corporellement dans la problématique du viol, absorbant devant nous (sic) le contenu d'un flacon de GHB, la drogue du violeur qui progressivement fera son effet en la plongeant, étendue inerte sur un matelas, dans une profonde léthargie.       <br />
              <br />
       Comme dans son cauchemar, une vraie voiture apparaîtra sur le plateau, tous phares allumés, avec sa cargaison d'hommes. Des chorégraphies millimétrées rejoueront la culture du viol au Brésil, viol érigé en preuve de virilité et utilisé comme instrument de domination des domestiques considérées comme des esclaves modernes. Pendant que des textes défileront sur l'écran pour disséquer les réalités de ces viols et que des chorégraphies au ralenti les donneront à voir autour du capot de la voiture, les fragments de ses propres souvenirs de viol émergeront avec l'excitation d'un arrière-goût ancré en elle. Et comme aucun langage ne pourra pallier les dégâts – <span style="font-style:italic">&quot;Fuck catharsis !&quot;</span> – alors, cuisses maintenues ouvertes, spéculum introduit, caméra projetant en gros plan l'image de son sexe où le mot chienne est gravé, sa nouvelle peau sera recousue en direct. Une implication des plus radicales au service de sa performance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67814825.jpg?v=1784189261" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Capítulo II &quot;The Brotherhood&quot;, derrière le voile servant de rideau de scène et teint aux couleurs d'un tableau de Rubens – &quot;Le Viol d'Hippodamie&quot; –, sera révélée toute &quot;une fraternité&quot; masculine porteuse de siècle en siècle d'une solidarité de genre justifiant, directement ou pas, la culture du viol des femmes… Carolina Bianchi, à peine émergée de la léthargie où la metteuse en scène écrivaine s'était plongée sous l'effet du sédatif puissant, s'empare d'un micro pour poser la question qui la taraude : <span style="font-style:italic">&quot;Que fait-on d'un corps brisé qui survit à un viol ? Comment trouver sa place dans le théâtre après un traumatisme ?&quot;.</span> Convoquant alors le mythe grec de Perséphone tentant de survivre au viol d'Hadès, elle se demande comment revenir dans le monde des vivants après un tel traumatisme…       <br />
              <br />
       Le théâtre, cette confrérie d'hommes qui s'encensent autant qu'ils sont encensés, survivra-t-il à la mort… de la confrérie ? La chute sonore et percutante d'une interview, menée sans concession par la performeuse armée de son seul micro, d'un spécimen hétéro cisgenre blanc imbu de son aura de mentor de la scène, apportera quelques éléments de réponse… Morceau d'anthologie critique des pratiques d'artistes reconnus pour leurs réels talents, comme Jan Fabre ou encore Roman Polanski cités, lesquels, au-delà de l'attraction qu'ils suscitent, provoquent l'aversion quant à leur penchant à considérer qu'abuser d'actrices (ou de toutes jeunes filles de treize ans) fait partie du jeu de la séduction liée à leur métier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67814864.jpg?v=1784189639" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Attraction, elle qui a été amoureuse de Jan Fabre, que la performeuse actera en cédant aux pulsions lui enjoignant de baisser sa culotte pour mimer un acte sexuel filmé en gros plan avec le génie du théâtre. Colère venant d'une ancienne blessure, tapie en elle et laissée béante. Ambiguïté constitutive de l'humain et essentielle à la vie, qu'au lieu de nier, elle reconnaît pleinement en citant Walter Benjamin : <span style="font-style:italic">&quot;À la base de toute œuvre d'art majeure, il y a un morceau de barbarie&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Capítulo III &quot;Uma Luz Cordial&quot;, &quot;Une lumière Cordiale&quot;, comme son titre l'indique, célèbrera les liens entre littérature, théâtre et existence pour magnifier ce qui les traverse : la même pulsion où sexe et désirs tissent la trame &quot;dramatique&quot;. L'Ecrivaine, les mains liées et entièrement nue, entourée d'actrices et acteurs nus comme elle, les yeux bandés, vont se livrer à des ébats effrénés. Fantasmes libérés – <span style="font-style:italic">&quot;Me faire baiser par derrière pendant qu'une fille en robe de mariée fait du stop…&quot;</span> –, masturbations démultipliées, elle conclut : &quot;Mon imagination est un dépotoir. Ce lieu d'où j'écris est un trou noir hallucinogène. Tout n'est que sexe et désespoir dans mes vers&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67815729.jpg?v=1784194378" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Phrases symptomatiques ourdissant un Manifeste artistique dont elle retrouvera les marques dans les Cahiers d'Hilda Hilst, de Rainer Maria Rilke, de Franz Kafka, de Fiodor Dostoïevski, d'Antonin Artaud ou encore de la poétesse Emily Dickinson et de son &quot;Cahier de l'obscène&quot; où l'on peut lire : <span style="font-style:italic">&quot;Ton utérus se fait monde, ouvre le puits de ton sexe&quot;</span>. Le tout soutenu par des tableaux vivants où les corps nus et libérés de toutes contraintes, entre grâce et violence, rejouent la liberté phénoménale d'une écriture déliée.       <br />
              <br />
       Carolina Bianchi sortira épuisée de ce marathon théâtral où son engagement physique et psychique fait littéralement exploser toutes les normes connues. Ce faisant, elle et les actrices et acteurs du Collectif Cara de Cavalo nous ont fait toucher du doigt ce que peut être un théâtre total, impliquant corps et âme, jusqu'à mettre en danger les performeurs. Dire que nous sommes sortis ébranlés de cette &quot;représentation monumentale&quot; ferait figure d'euphémisme tant l'intensité des propos tenus, des textes cités et des chorégraphies données à voir agit comme un puissant aimant, nous &quot;captivant&quot; pendant les dix heures de représentation… Une expérience in vivo d'une épiphanie propre à dessiller nos yeux pour mieux nous &quot;enchanter&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 12 juillet 2026 à l'Opéra du Grand Avignon, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trilogia Cadela Força. Capítulos I, II, III"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67815778.jpg?v=1784194398" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      Brésil - Pays-Bas.       <br />
       En portugais brésilien surtitré en français et anglais.       <br />
       <b>Capítulo I – &quot;A Noiva e o Boa Noite Cinderela&quot;</b>       <br />
       Spectacle créé le 6 juillet 2023 au Festival d'Avignon.       <br />
       Conception, texte, mise en scène et scénographie : Carolina Bianchi.       <br />
       Avec : Larissa Ballarotti, Carolina Bianchi, Bruta, José Artur, Joana Ferraz, Fernanda Libman, Chico Lima, Rafael Limongelli, Marina Matheus.       <br />
       Dramaturgie et partenariat à la recherche : Carolina Mendonça.       <br />
       Direction technique, musique originale, son : Miguel Caldas.       <br />
       Lumière : Jo Rios.       <br />
       Réalisation du décor et design graphique : Luisa Callegari.       <br />
       Vidéo : Montserrat Fonseca Llach.       <br />
       Costumes : Luisa Callegari, Carolina Bianchi, Tomás Decina.       <br />
       Collaboration artistique : Tomás Decina.       <br />
       Construction de la voiture : Matthieu Audejean, Philippe Bercot, Miguel Caldas, Luisa Callegari, Pierre Dumas, Lionel Petit, Xavier Rhame, Jo Rios - Ateliers de construction du Festival d'Avignon.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Larissa Ballarotti, Luisa Dalgalarrondo, Joana Ferraz, Marina Matheus (anglais), Thomas Resendes (français).       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Capítulo II &quot;The Brotherhood&quot;</b>       <br />
       Spectacle créé le 9 mai 2025 au KVS Bruxelles.       <br />
       Conception, texte, mise en scène et scénographie : Carolina Bianchi.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Murillo Basso.       <br />
       Avec : Rodrigo Andreolli, José Artur, Carolina Bianchi, Tomás Decina, Lucas Delfino, Flow Kountouriotis, Chico Lima, Rafael Limongelli, Kai Wido Meyer.       <br />
       Dramaturgie et partenaire de recherche : Carolina Mendonça.       <br />
       Direction technique, musique originale, son : Miguel Caldas.       <br />
       Réalisation du décor et design graphique : Luisa Callegari.       <br />
       Lumière : Jo Rios.       <br />
       Vidéo et projection : Montserrat Fonseca Llach.       <br />
       Costumes : Luisa Callegari, Carolina Bianchi.       <br />
       Chorégraphie du prologue et conseil en mouvement : Jimena Pérez Salerno.       <br />
       Vidéo en direct et collaboration artistique : Larissa Ballarotti.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Marina Matheus (anglais), Thomas Resendes (français).       <br />
       Durée : 3 h 40 avec entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97363268-67816071.jpg?v=1784195431" alt="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" title="IN 2026 "Trilogia Cadela Força", Viols au-dessus d'un nid de coucous mâles et des rapports intimes de la littérature avec la violence : un théâtre total…" />
     </div>
     <div>
      <b>Capítulo III "Uma Luz Cordial"</b>       <br />
       Spectacle créé le 4 juillet 2026 au Festival d'Avignon.       <br />
       Conception, texte, mise en scène et scénographie : Carolina Bianchi.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Murillo Basso.       <br />
       Révision du texte : Larissa Ballarotti.       <br />
       Le texte contient un extrait du livre "O Caderno Rosa de Lori Lamby" de Hilda Hilst.       <br />
       Avec : Rodrigo Andreolli, Larissa Ballarotti, Carolina Bianchi, Lucas Delfino, Joana Ferraz, Flow Kountouriotis, Fernanda Libman, Amanda Lyra, Danielli Mendes, Carolina Mendonça.       <br />
       Dramaturgie et partenariat à la recherche : Carolina Mendonça.       <br />
       Direction technique, musique originale, son : Miguel Caldas.       <br />
       Réalisation du décor et design graphique : Luisa Callegari.       <br />
       Lumière : Jo Rios.       <br />
       Vidéo et projection : Montserrat Fonseca Llach.       <br />
       Costumes : Luisa Callegari, Carolina Bianchi.       <br />
       Stage à la mise en scène : Thomas Médioni.       <br />
       Traduction pour le surtitrage Marina Matheus (anglais), Thomas Resendes (français).       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
       Durée des trois chapitres : 10 h avec entractes.       <br />
              <br />
       Déconseillé aux moins de 18 ans. Ce spectacle fait référence à des violences sexuelles, récits de pédocriminalité et images de relations sexuelles. Certaines scènes comportent des lumières stroboscopiques, des effets de fumée, du sang.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été représenté du 12 au 13 juillet 2026.</span>       <br />
       À 14 h.       <br />
       Opéra du Grand Avignon, place de l'Horloge, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       L'Odéon Théâtre de l'Europe dans le cadre du Festival d'Automne (Paris, France) :       <br />
       19, 20, 26 et 27 septembre 2026 : "Trilogia Cadela Força. Capítulos I, II, III".       <br />
       23 et 30 septembre 2026 : Capítulo I – "A Noiva e o Boa Noite Cinderela".       <br />
       24 septembre et 1er octobre 2026 : Capítulo II "The Brotherhood"       <br />
       25 septembre et 2 octobre 2026 : Capítulo III "Uma Luz Cordial".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97363268-67814774.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/IN-2026-Trilogia-Cadela-Forca--Viols-au-dessus-d-un-nid-de-coucous-males-et-des-rapports-intimes-de-la-litterature-avec_a4621.html</link>
  </item>

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   <title>"Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes</title>
   <pubDate>Mon, 03 Nov 2025 08:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Rose, la cinquantaine épanouie, n'est pas Alice… celle de Lewis Carroll au pays des merveilles. Ou alors peut-être serait-elle celle de Woody Allen, du moins pour ce qui est de l'insoutenable incomplétude qui sourd en elle. Frustrations claquemurées sous le vernis d'une femme accomplie, belle toujours et encore, sa maturité semble désormais la prémunir de la toxicité des prédateurs mâles. Ses aventures passées, ses traumas dépassés, elle les a mis à distance pour se lover dans le cocon chaleureux du Royal, ce bar qu'elle rejoint chaque soir à la sortie de son travail…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92257313-64735870.jpg?v=1762099273" alt=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" title=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" />
     </div>
     <div>
      Mais ce serait là sans compter sur la plume éclairée de Nicolas Mathieu (l'auteur du magistral &quot;Leurs enfants après eux&quot; et auteur de la nouvelle éponyme adaptée ici) pour dévider la noirceur ordinaire des destins inscrits en soi, avec comme seule marge de liberté de s'en saisir comme palimpsestes afin de tenter d'y écrire sa propre histoire hors de tout héritage.       <br />
              <br />
       Ce serait sans compter aussi sur la sensibilité tant artistique qu'humaine de Romane Bohringer et d'Anne Charrier (fascinante dans la plasticité de ses interprétations) qui, s'emparant magistralement de cette matière dormante et explosive, nous la servent sur un plateau.       <br />
              <br />
       Dans une scénographie dépouillée composée de paquets ficelés recouverts de draps blancs servant de praticables de scène utilisés comme autant de tremplins à un passé à recomposer devant nous, l'actrice se donne à voir, y compris dans ce que son personnage essaie de se dissimuler à lui-même. Seule en scène, prenant en charge le récit de son existence, Rose raconte… Rose se raconte, n'éludant aucun sentiment traversé, le corps disant ce que les mots s'appliquent à taire… Elle, radieuse, au comptoir du bar du Royal, un rade qu'elle a élu comme havre de paix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92257313-64736039.jpg?v=1762156573" alt=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" title=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" />
     </div>
     <div>
      Désormais seule et heureuse apparemment de l'être, les deux gosses envolés, le divorce consommé, l'existence ordinaire d'une femme mûre. Sa vie, dorénavant, elle est là. Faudrait pas croire que Rose est en rade de relations, les masculines certes, elle en a soupé. Mais là, au Royal, il y a Marie-Jeanne, la copine confidente qui se fait quelques billets en coupant les cheveux de la clientèle. Il y a aussi Fred, le patron, un chic type qui lui sert un demi dès qu'elle prend place au bar, croisant haut ses jambes dont elle est (légitimement) fière, son visage – lucide – annonçant quant à lui les années à venir. Et puis il y a la présence des marginaux esseulés commentant la vie des autres, s'étalant à la une des journaux. Tout ce monde assemblé là, ça lui fait chaud au cœur à Rose.       <br />
              <br />
       Le dernier type avec qui elle a eu une (brève) aventure, un plutôt gentil, un soir de dispute où elle a reconnu sur les traits de son visage une crispation pouvant annoncer la violence toujours prête à surgir des mâles, a été pour elle l'occasion de s'offrir un petit revolver qui l'accompagne depuis comme un doudou… Faut dire qu'en termes de violences masculines, Rose a été à bonne école avec un paternel ambigu ; l'amour et la peur, un produit deux en un… Le passé ça vous surprend, ça remonte comme un haut-le-cœur qui vous brasse les entrailles. Ainsi des tripotages et plus si affinités…       <br />
              <br />
       Rose au franc-parler, à quatre pattes, mimant acrobatiquement et en musique ses ébats sexuels. Unions charnelles désirées pour certaines, subies pour d'autres, celles infligées par des gros cons qui ne comprenaient pas quand on leur disait non. Des viols, frappés dans l'instant du sceau du déni, qui l'ont amenée à pleurer seule dans sa chambre… car comment à treize ans ne pas se dire que c'est le prix à payer quand le corps en feu désire ? Alors, on préfère oublier. Sauf le corps, qui lui &quot;sait&quot; les outrances inscrites en lui en lettres de feu.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui la page est belle et bien tournée… Plus jamais Rose ne se laissera dominer par l'espèce mâle. Et son nouveau bijou calibre 38 acheté sur internet, qu'elle porte en pendentif dans son sac à main, en est le garant… Mais voilà qu'un inconnu franchit ce soir-là les portes du Royal en pleine furie festive (Rose en rock star et poses lascives), et le sort en est jeté, les cartes sont rebattues, remettant en jeu le passé enfoui.       <br />
              <br />
       Face à cet homme de plutôt belle allure, plutôt prévenant même s'il n'est pas très causant, un homme doté d'une voiture d'une puissance vrombissante et d'un corps de ferme entièrement rénové, Rose retrouve comme par magie ses quinze ans… Un verre de gin tonic, un autre, le jeu des points communs, des chansons qui réunissent et puis… et puis… rien. Ou pas grand-chose. Alors Rose raconte comment elle a mis sur le compte de l'alcool, les maigres performances de son nouvel amant. Son visage se fait alors grave, contrastant avec l'énergie que son corps dégage. Elle s'épanche sur ses stratégies pour que son corps de femme puisse y trouver son compte. Finalement, de déboires en déboires, elle réapprendra à considérer d'autres intérêts que ceux réclamés à tue-tête par ce corps demeurant insatisfait.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92257313-64739987.jpg?v=1762156961" alt=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" title=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" />
     </div>
     <div>
      À chaque échec, le monsieur se fait pardonner d'avoir voulu forcer le passage avant de s'écrouler sur le côté, loche épuisée, réminiscence pour elle d'un goût ancien, celui des viols. Les jours suivants, il l'invite aux plus grandes tables. Pour lui, qui voit en elle s'il ne peut la combler une poupée à parer et, peut-être, pour les leurres de son compte en banque opulent, elle renie progressivement son existence d'avant, allant jusqu'à résilier son bail pour vivre désormais captive de sa belle maison déserte où il l'emploie… à son propre compte.       <br />
              <br />
       Longue descente aux enfers d'une femme animée par des désirs de liberté clamés du plus profond de son être, mais sujette à des vœux secrets déposés en elle, à l'insu de son plein gré, par des couches de patriarcat toxique l'amenant à l'endroit même où elle refuse d'être… Elle qui se croyait affranchie de toute domination masculine, se fait grignoter pas à pas son existence pour devenir l'objet non sexuel (un comble !) d'un pervers impuissant pour lequel elle renonce à être, alors que ce qu'il a à lui offrir ne l'intéresse même pas…       <br />
              <br />
       Et lorsque l'emprise jusqu'à plus soif la noie dans un océan d'amertume, le soir de trop où, dans le décor luxueux de l'Hôtel Royal d'Évian (rien à voir avec le rade miteux du Royal où, naguère, elle filait des amitiés heureuses) le sexe ramolli de l'homme à la puissante Audi Q7 ne remplit pas une nouvelle fois sa mission, elle décide d'en finir une fois pour toutes avec cette ribambelle de types qui lui ont gâché sa vie de femme… Rose est décidée à partir, pleine d'une belle énergie recouvrée… Mais les histoires de (non) amour, comme le clame un air connu, finissent mal en général, et la chute sera à cet égard des plus… &quot;parlantes&quot;.       <br />
              <br />
       Que dire de cette &quot;novela negra&quot; superbement écrite par Nicolas Mathieu, fouillant de son scalpel acéré les replis intimes de l'âme d'une femme &quot;exemplaire&quot; ? Le portrait sans fard de la guerrière sans armure, abusée par des siècles d'asservissement masculiniste, n'est pas prêt de déserter nos nuits, tant son incarnation subtile et radicale sous les traits d'une actrice flamboyante – Anne Charrier, âme sœur de Rose – fait figure ici d'une hallucinante allégorie du combat des femmes pour devenir maîtresses… d'elles-mêmes.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 18 octobre 2025 au Studio des Champs-Élysées, Paris VIIIe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rose Royal"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92257313-64739988.jpg?v=1762156981" alt=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" title=""Rose Royal" Voyage sans retour d’une femme au pays des hommes" />
     </div>
     <div>
      Librement adapté du roman &quot;Rose Royal&quot; de Nicolas Mathieu, paru aux Éditions In8 (2019) et Actes Sud (2021).        <br />
       Adaptation : Anne Charrier et Gabor Rassov.       <br />
       Mise en scène : Romane Bohringer, assistée d'Aurélien Chaussade.       <br />
       Avec : Anne Charrier.       <br />
       Avec la voix : Éric Caravaca.       <br />
       Scénographie : Rozenn Le Gloahec.       <br />
       Création Lumières : Thibault Vincent.       <br />
       Musique : Benoît Delacoudre.       <br />
       Chorégraphie : Gladys Gambie.       <br />
       Costumes : Céline Guignard Rajot.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 septembre au 28 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Studio des Champs-Élysées, 15, avenue Montaigne, Paris 8.       <br />
       Téléphone : 01 53 23 99 19.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-comediedeschampselysees.tickandlive.com/evenement/rose-royal" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.comediedeschampselysees.com/" target="_blank">&gt;&gt; comediedeschampselysees.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92257313-64735870.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Rose-Royal-Voyage-sans-retour-d-une-femme-au-pays-des-hommes_a4395.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-81362223</guid>
   <title>•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil</title>
   <pubDate>Fri, 05 Jul 2024 07:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Exhumer des arcanes des archives médico-légales, un siècle après les faits, le manuscrit d'une jeune femme du XIXe siècle s'étant donné la mort suite à un rectificatif d'état civil la faisant advenir homme, fut l'œuvre de Michel Foucault, analyste de la vie des "monstres" in "L'histoire de la sexualité" à laquelle il consacra un cycle de ses cours au Collège de France. En ce XXIe siècle, traversé par les questionnements progressistes libertaires, Catherine Marnas s'empare de ce troublant récit pour se faire à son tour la passeuse de cette voix singulière incarnée dans un corps pluriel, celui d'un hermaphrodite, l'intersexe contemporain.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81362223-58618914.jpg?v=1720103181" alt="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" title="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" />
     </div>
     <div>
      Il a été beaucoup écrit de propos savants (cf. la passionnante postface du sociologue Éric Fassin à &quot;Herculine Barbin dite Alexina B.&quot;, préfacée par Michel Foucault) sur cette histoire vraie exhumée de l'oubli... Mais quelle que soit l'extrême pertinence de ces analyses, prolongées par l'essentiel &quot;Troubles dans le genre&quot; de Judith Butler sur le féminisme et la subversion de l'identité, rien ne peut mieux faire entendre l'existence d'Herculine – Adélaïde - Alexina - Camille - Abel (cinq prénoms pour parler du même) – que &quot;Mes Souvenirs&quot;, le manuscrit authentique rédigé à vingt-cinq ans par &quot;cellelui&quot;  qui allait se donner la mort en 1868, seul comme pas une, victime de &quot;la chasse à l'identité&quot;.       <br />
              <br />
       Récit d'une force irrépressible – comment ne pourrait-on pas être transpercé par de tels accents vibrant d'humanité, rendant caduques les allégations de traditionalistes coupés de toutes vérités humaines ? –, &quot;Herculine Barbin&quot; se devait de trouver sur un plateau une traduction n'écrasant en rien sa subtile écriture, alternant à merveille les pleins et les déliés d'une calligraphie maîtrisée comme art de la parole performative. C'est justement à cet endroit précis – celui de la représentation – qu'on attendait la metteuse en scène…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81362223-58618976.jpg?v=1720103922" alt="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" title="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, la scénographie mise en jeu nous introduit au cœur du propos. Métaphore des identités flottantes qui vont s'y dévoiler, un imperceptible mouvement de vaguelettes hypnotiques anime les draps immaculés recouvrant une rangée de lits alignés en diagonale… Mickaël Pelissier (qui, avec un grand bonheur, reprend pour Avignon le rôle) prêtera son humanité aux autres personnages traversant le récit, jouant là délicatement avec l'eau contenue dans une bassine aux dimensions trop étroites où l'on pourrait voir la résurgence de la problématique gender fluid en attente de submerger le plateau.       <br />
              <br />
       À l'instar de l'insoupçonnable grâce troublante de Yuming Hey (nominé aux Molières 2024 pour la pièce &quot;Les Bonnes&quot;) – on ne sait si le rôle d'Herculine était fait pour iel ou si c'est l'inverse qui s'est imposé –, les deux complices au plateau vont incarner &quot;corps et âme&quot; cette héroïne à fleur de peau qu'ils donnent à entendre et à voir dans toute la vérité de sa nature intersexe, faisant vivre l'intensité de son vécu singulier tant dans son bonheur extatique que dans les affres de ses souffrances extrêmes.       <br />
              <br />
       Soulevant délicatement le drap linceul recouvrant une forme allongée, son alter ego la &quot;découvre&quot; et, en la dévoilant à nos regards, extrait Herculine des limbes de la mort où enfin elle avait trouvé le repos, pour nous raconter sa véridique histoire… <span style="font-style:italic">&quot;J'ai beaucoup souffert, et j'ai souffert seul ! seul ! abandonné de tous !&quot;.</span> Cri amplifié par l'articulation simultanée des deux acteurs qui confondent leurs voix dans le même appel de détresse nous transperçant, nous les témoins présents d'un drame ancien à résonance contemporaine.       <br />
              <br />
       Suivra le récit détaillé de la première période, celle racontée au genre féminin, <span style="font-style:italic">&quot;des instants célestes&quot;</span> d'une sensualité à fleur de peau vécus au sein de différentes institutions où Herculine partagera innocemment le plaisir des caresses entre jeunes filles, les baisers des religieuses attendries par son besoin d'affection et la subtilité de son esprit. Des amours saphistes – car Herculine, identifiée femme par l'état civil, parlera alors d'elle au féminin –, il en sera de douloureux comme la maladie et la mort de sa chère Léa, de fort troublants comme ses émois de camériste au service d'une jeune beauté aux formes parfaites, et très vite d'intranquilles comme le trouble qui la gagnera à <span style="font-style:italic">&quot;l'entrée de ce sanctuaire de virginité&quot;</span> qu'était la classe des élèves-maîtresses (sic) où elle venait d'être admise.       <br />
              <br />
       Au visage lumineux d'Herculine répondra alors en miroir la silhouette déliée de son double. Interprétant avec une grâce infinie &quot;Les métamorphoses&quot; d'Ovide, prendront corps Hermès et Aphrodite s'unissant pour donner naissance à celui qui, à son corps défendant, séduit par la naïade Salmacis, devint uni à elle dans un seul corps bisexué. Ainsi le mythe, réincarné par les Dieux grecs (peu puritains…) ayant exaucé les vœux de la nymphe, se fera-t-il le porte-parole de la mythologie privée d'Herculine au corps indécis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81362223-58619775.jpg?v=1720104870" alt="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" title="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" />
     </div>
     <div>
      Succèderont les affres de la deuxième période, celle racontée au masculin après qu'advint la faille dans l'armure construite, après que le jeu des caresses folles se conclut par le passage à l'acte avec sa chère Sara, institutrice et fille de la directrice du Pensionnat de jeunes filles où elle avait trouvé un poste d'enseignante. Dès lors, se sentant frappé par l'ignominie des jugements, s'avançant en bord de scène, iel pointera un doigt accusateur vers nous public, toujours prêt à s'arroger le droit de juger cellelui que la nature a assigné à une place aléatoire.       <br />
              <br />
       Dès lors, le récit abandonnera les rives du bonheur perdu pour aborder celles des accents tourmentés de &quot;la chasse à l'identité&quot; dont parle si bien Michel Foucault. Hypocrisie des uns et des autres refusant à corps et âme perdus que le scandale ne se dévoile au grand jour, verdict de la sacro-sainte science, directrice de conscience d'une religion stupéfiée, réponse de la loi prenant acte de son &quot;erreur&quot; et souffrances de celle qui – devenue en toute légalité celui – erre dans un &quot;no man's land&quot; terrifiant de solitude abyssale et de dénuement cruel.       <br />
              <br />
       Endossant les rôles des personnages traversant son existence intranquille, habillant avec une infinie tendresse d'une robe puis d'un costume d'homme Herculine devenu Abel, la soulevant de terre comme un fétu fragile en la serrant dans ses bras, l'alter égo témoigne à l'interprète idoine, l'immense besoin de consolation que nous ressentons à son égard.       <br />
              <br />
       Jusqu'aux extraits de chansons populaires, distillées en contrepoint d'un passé n'arrêtant pas de passer en nous pour inscrire jusque dans notre présent la question brûlante du genre, tout sonne juste – comédiens d'exception et mise en jeu envoûtante – pour faire de cette &quot;représentation&quot; le théâtre vivant de nos interrogations intimes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 1ᵉʳ juillet au Palace d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Herculine Barbin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81362223-58619777.jpg?v=1720104905" alt="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" title="•Off 2024• "Herculine Barbin" Un d(r)ame d'État… civil" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Herculine Barbin dite Alexina B.&quot;, publié et préfacé par Michel Foucault (Éditions Gallimard) et &quot;Mes souvenirs&quot; d'Herculine Barbin       <br />
       Adaptation : Catherine Marnas et Procuste Oblomov.       <br />
       Mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Avec : Yuming Hey, Mickaël Pelissier.       <br />
       Conseil artistique : Procuste Oblomov.       <br />
       Scénographie : Carlos Calvo.       <br />
       Créatrice son : Madame Miniature assistée d'Édith Baert.       <br />
       Lumières : Michel Theuil, assisté de Fabrice Barbotin et Véronique Galindo.       <br />
       Vidéo : Valéry Faidherbe, assisté d'Emmanuel Vautrin.       <br />
       Chorégraphies : Annabelle Chambon.       <br />
       Costumes : Kam Derbali.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Au Palace, 38, cours Jean Jaurès, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 26 99.       <br />
       <a class="link" href="https://www.aupalace.fr/" target="_blank">&gt;&gt; aupalace.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81362223-58618914.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Herculine-Barbin-Un-d-r-ame-d-Etat-civil_a3987.html</link>
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  <item>
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   <title>Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jun 2024 11:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Danse, danse et mots, images, chorégraphies et chants, accessoires et nudité, et aussi une folie assumée, sont autant de fers chauffés à blanc qui risquent de marquer définitivement la mémoire des spectateurs de "Kill me". Une fête débridée, orchestrée par une Marina Otero qui plonge au fond d'elle-même pour y repêcher des émotions dangereuses, mais d'autant plus fascinantes et les offrir corps et âme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352628.jpg?v=1718273878" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      C'est une sorte d'introspection vibrante qu'elle projette sur scène dans cet opus de son projet &quot;Recordar para vivir&quot; (Se rappeler pour vivre). En ouverture, sous la forme d'un journal intime, une vidéo raconte la genèse du spectacle : un spectacle dont elle pressent la nécessité durant la tournée mondiale de son précédent succès, pour combler, pour combattre la panique de la solitude d'après spectacle. Cette nécessité devient urgence lorsque son histoire avec Pablo, un amour fusionnel, se brise. Une urgence qui devient mise en actes lorsque, après la rupture traumatisante d'avec cet amour toxique, la médecine la diagnostique borderliner.       <br />
               <br />
       Après cette ouverture en projection vidéo doublée de la voix de la chorégraphe, cinq sosies entrent en scène, mêmes perruques rousses, mêmes bottines, gants et genouillères pour tout costume, sur une même nudité. Elles ont chacune deux revolvers aux poings qu'elles braquent aux quatre horizons dans une première chorégraphie de groupe qu'on croirait sorti d'un cabaret ou d'un film de Tarantino. Des flingues et des perruques qui sont à la fois des déguisements et une représentation en miroir de la figure symbolique qui accompagne ici l'histoire de la chorégraphe : le personnage fictionnel de Sarah Connor, l'héroïne résistante et guerrière des films &quot;Terminator&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352636.jpg?v=1718273904" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      Ce sont des femmes de combat, unies par leurs ressemblances, qui projettent autour d'elles la force d'un commando, sans aucune faille, sans aucune vulnérabilité, malgré la nudité de leurs corps, l'inverse de la représentation commune de nos cultures où le corps des femmes est toujours montré sous l'angle de cette vulnérabilité supposée. Dès ces premières minutes, l'étendue du propos du spectacle est donnée, et même criée, revendiquée avec fierté et bravade : l'intime, et toute la fragilité qu'il contient, sera là, vibrant, au cœur de la narration, par l'exposition des corps, mais dans le même temps, viendra la puissance de protection, de projection et une liberté de parole qui épargnera à cet intime tout jugement, tout rabaissement. Fragilité et force.       <br />
               <br />
       Parmi ces cinq évocations de Sarah Connor, se cachent trois danseuses, une chanteuse et Marina Otero elle-même. Une distribution sélectionnée sur un critère étonnant. Suite au diagnostic qui lui a été fait, elle a auditionné des danseuses ayant des troubles de la personnalité. Toutes souffrent ainsi de bipolarité, ou bien sont borderlines ou souffrent d'autres symptômes. La chanteuse, elle, ne souffre que d'avoir ses deux parents psychiatres lacaniens… C'est en additionnant sa propre histoire à celle des quatre autres interprètes que s'est construit ce spectacle entre intime et universel.       <br />
               <br />
       Une autre image tutélaire va très vite surgir sur scène sous la forme du seul interprète masculin : Vasclav Nijinski. Précurseur, il y a plus d'un siècle, de la modernisation de la danse classique, lui aussi fut atteint de troubles mentaux et interné durant des années pour schizophrénie. Clin d'œil époustouflant de drôlerie et de fantaisie, ce personnage, mi-homme, mi-femme, partagera, lui aussi, son histoire personnelle mêlée à celle de Nijinski.       <br />
              <br />
       Partant de cette chorégraphie commune du départ, les personnalités de chacune vont se découvrir, au même titre que celle de l'autrice-chorégraphe. Tout au long du spectacle, la parole (surtitrée en français) est autant omniprésente que la musique (qui va de Bach à la musique contemporaine). Raconter avec le corps, les mots, les musiques, le chant. Surtout, raconter en érigeant la liberté de parole, de geste au plus haut, de manière à éradiquer tout jugement sur l'apparence. Et c'est en toute beauté et liberté que cette douleur d'amour et de solitude s'exprime dans ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80944475-58352662.jpg?v=1718273938" alt="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" title="Après "Fuck me" et "Love me", "Kill me" poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero" />
     </div>
     <div>
      Des chorégraphies dans lesquelles l'énergie débridée se combine avec la violence des sauts et des réceptions au sol, comme s'il s'agissait de hachures nerveuses sur un texte en écriture. Il y a cette douceur dans l'émotion que ces histoires personnelles, mais parallèles dans le ressenti, diffuse, une douceur contrebalancée par l'intensité des blessures que la stupeur de l'abandon provoque. On vogue ainsi entre réalité et fiction, dans une mise à nu des âmes, une belle leçon d'authenticité, et de colère utile.       <br />
               <br />
       Impossible de rester indifférent à ce travail, sur elle-même, sur elles-mêmes, sur elles-aiment, sur cet acte de libération qui mêle intimement le réel et la fiction. Les six interprètes réussissent à construire avec la force de leurs singularités, de leurs unicités, de leurs personnalités et de leurs histoires intimes un univers fort et fascinant, cru et sensible, et porteur d'une liberté d'expression et d'être qui resplendit comme un idéal de vie et qui parvient par moments, à toucher cruellement le cœur.       <br />
              <br />
       <b>Vu à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Printemps des Comédiens.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Kill me"</b></div>
     <div>
      Spectacle en espagnol surtitré en français.       <br />
       Écriture et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Avec : Ana Cotoré, Josefina Gorostiza, Natalia Lopéz Godoy, Myriam Henne-Adda, Marina Otero et Tomás Pozzi.       <br />
       Musicienne au plateau : Myriam Henne-Adda.       <br />
       Création lumière : Victor Longás Vicente et David Seldes.       <br />
       Son : Antonio Navarro.       <br />
       Costumes : Andy Piffer.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Victor Longás Vicente.       <br />
       Regard extérieur : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Photographie : Sofia Alazraki.       <br />
       Création vidéo : Florencia de Mugica.       <br />
       Production déléguée en Europe : Otto Productions (Nicolas Roux, Lucila Piffer), Tecuatro (Jonathan Zak, Maxime Seugé), PTC Teatro (Olvido Orovio).       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       A été créé et joué à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon les 4 et 5 juin 2024 dans le cadre de la 38e édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 eau 29 septembre 2024 :</span> Théâtre du Rond-Point, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80944475-58352628.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Apres-Fuck-me-et-Love-me--Kill-me-poursuit-spectaculairement-la-creation-infinie-de-Marina-Otero_a3942.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Fuck me" Art, désir et volupté !</title>
   <pubDate>Wed, 26 Jul 2023 06:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est la 34e édition du festival Paris l'été. Créé en 1990 par Patrice Martinet et anciennement nommé "festival Paris quartier l'été", il tient toujours le haut du pavé avec une programmation qui compte à ce jour plus de 2 000 représentations dans 150 lieux différents de la capitale. Riche de 18 propositions cette année, brassant toujours des œuvres internationales, focus est fait sur "Fuck me", création de l'artiste argentine Martina Otera qui bouscule à bien des égards plusieurs codes autant artistiques que sociétaux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51657991.jpg?v=1690308610" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      &quot;Fuck me&quot;, c'est d'abord une histoire vécue, le récit d'un bout de vie, et aussi une invitation dans les coulisses d'une création. Au démarrage de celle-ci, un danseur dévêtu sort du public avant d'entrer sur scène. Il saute sur le plateau en faisant plusieurs fois le grand écart et en se relevant par la force des adducteurs. Quatre autres interprètes, nus également, le rejoignent dans une chorégraphie des plus physiques nourrie d'une gestuelle où les membres inférieurs et supérieurs ont un contact des plus marqués aux planches. La gravité est largement habitée du poids des danseurs et la grâce, à dessein, n'est pas au rendez-vous. Dans une même synchronisation, tous les membres inférieurs et supérieurs alternent des bascules de bas en haut et de droite à gauche donnant une allure géométrique aux mouvements.       <br />
              <br />
       La place de Marina Otero au bord du plateau interpelle. Elle joue le rôle autant de metteure en scène que de comédienne. Micro à la bouche, elle se raconte face à six hommes que celle-ci dirige telle une gouvernante. Idem pour la régie où, par sa voix, elle montre ce qu'elle veut. S'insinuent ainsi, durant la représentation, les coulisses du spectacle où, au travers des directives qu'elle lance parfois, des vidéos s'enchaînent montrant les répétitions ou elle, plus jeune, en train de danser. Un accident, lors de l'une d'elles, la contraint à ne plus pouvoir le faire aujourd'hui.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51657995.jpg?v=1690308504" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      C'est une affaire de corps comme le dit Marina Otero, mais pas que. Certes, le choix esthétique de six hommes grands et bien dessinés n'est pas le fruit du hasard. Bien consciente de mettre en focal son propos, sa personne dans une semi-confession, elle bouscule les codes patriarcaux d'une société où seul l'homme, bien que la voix féministe soit de plus en plus présente, peut montrer sans vergogne ses envies sexuelles sans qu'aucun reproche ne puisse lui en être fait.       <br />
              <br />
       Aussi, la revendication de son désir sexuel, c'est artistiquement et verbalement qu'elle l'exprime. De but en blanc, Marina Otero explique le pourquoi du titre de son spectacle afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur sa truculence. Oui, celle-ci aurait bien aimé &quot;baiser&quot; depuis les répétitions s'il n'y avait pas eu cet accident corporel qui la cloue aujourd'hui au sol. Rien n'est de trop, car tout est dévoilé dans une œuvre montrant le préconscient de son auteure au travers de ses dits verbaux et d'actes scéniques. La relation entre les deux est dûment entretenue. Et s'il y a fantasme, il est joué sur les planches.       <br />
              <br />
       Les hommes sont entièrement dévêtus, à l'opposé d'habitude de femmes déshabillées pour le plaisir des hommes. Les interprètes s'appellent tous Pablo avec, pour chacun, un nombre pour les distinguer. Marina dit ouvertement qu'elle a une préférence pour le numéro cinq. Et surtout face aux autres artistes qui ne s'en émeuvent pas pour autant. Hommes objets, ils n'ont pour rôle que de se prêter au désir de la créatrice argentine.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658028.jpg?v=1690308633" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      L'humour a aussi ses entrées dans une chorégraphie où un danseur l'incarne en jouant son rôle. Affublé d'une perruque sur la tête, l'un des Pablo abandonne son côté viril pour emprunter, avec brio le temps de cette séquence, des manières efféminées. Un homme prend ainsi ponctuellement la place d'une femme, telle une doublure. Un beau tableau en clair-obscur apparaît également où, la tête recouverte d'un bas noir, les interprètes dessinent une chaîne les faisant apparaître chacun comme un maillon. Leurs corps sont représentés comme des éléments matériels, leur occultant toute identité, tels des jouets silencieux et sans visage à la bonne marche de désirs à la chaîne.       <br />
              <br />
       En parallèle d'une autre vidéo où l'on voit Martina Otero danser durant les répétitions, le même tableau s'exécute en même temps sur scène, le seul avec un acte sexuel. Le choix n'est pas non plus anodin. Ainsi, trois vues se juxtaposent, à savoir théâtrale, dansée et vidéo, où le jeu se prête à une réalité, celui d'un désir autant artistique que sexuel.       <br />
              <br />
       Les corps étant omniprésents, c'est toute leur force physique qui est montrée. Dans les gestuelles se mêle un effort musculaire allié à une souplesse donnant lieu à des gestiques dans lesquelles les troncs, jambes et bras, ont pour axe une présence au sol et un rapport à l'autre appuyés. Par leur beauté musculaire, chacun a sa propre identité corporelle désignée toutefois par un seul et même prénom. Artistiquement, ils existent donc. Socialement, ils ne sont qu'un numéro. La synchronisation des mouvements est aussi de mise, les danses étant toutes de groupe même si, pour certaines, la gestique diffère selon les interprètes.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658060.jpg?v=1690308684" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      Dire son propos en considérant les hommes comme un fantasme, c'est inversé la focale de notre société qui fait souvent des femmes un objet de désir. Ainsi, le rapport de Marina Otero avec ses danseurs est certes artistique, mais de soumission. Elle dit, décide et ils font. Rien de très normal pour une créatrice. Ça l'est un peu moins quand cela est aussi montré explicitement sur les planches. Elle parle, ils ne disent mot. La sacro-sainte formule <span style="font-style:italic">&quot;Sois belle et tais-toi&quot;</span> est cette fois-ci déclinée au masculin. Sauf une fois, lorsque le Pablo préféré de Martina Otero considéré comme tel d'un point de vue esthétique, prend la parole pour expliquer sa beauté et son rapport à la société à travers celle-là, le désignant de ce fait comme objet de désir.       <br />
              <br />
       Ça bouscule toutes les évidences sociales. La représentation masculine est calquée sur celle féminine. Les hommes deviennent objets de libido assumés et revendiqués par une femme. Souvent au bord des planches, Martina Otero en est toujours le centre et autour d'elle, ceux-là gravitent. L'idée qu'elle serait une nymphomane n'effleure même pas l'esprit. Elle réussit ainsi le tour de force d'abolir toute vue patriarcale, faisant de sa libido une évidence même, éteignant ainsi tout préjugé. Créé en janvier 2020 au festival international de Buenos Aires, son propos artistique, le dernier d'une trilogie autofictionnelle, est à la fois abouti et politique.        <br />
              <br />
       À la fin de la représentation, et tout du long sur une musique de plus en plus rythmée de Julián Rodríguez Rona, elle court seule autour de la scène et convie les spectateurs à partir quand ils le souhaitent. Celle-ci court jusqu'à ce que tout le monde disparaisse, jusqu'à la fin de la nuit, de son souffle, du monde, de sa libido, de sa vie. Ou autour de tout ça à la fois. Libre à chacun de donner sa propre interprétation.
     </div>
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     <div><b>"Fuck me"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658061.jpg?v=1690308714" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      Dramaturgie et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Avec : Augusto Chiappe, Juan Francisco Lopez Bubica, Marina Otero, Fred Raposo, Matías Rebossio, Miguel Valdivieso et Cristian Vega.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Lucía Giannoni.       <br />
       Conseil dramaturgique : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Régie générale en tournée : David Seldes, Facundo David.       <br />
       Création lumière et scénographie : Adrián Grimozzi.       <br />
       Costumes : Uriel Cistaro.       <br />
       Montage numérique et musique originale : Julián Rodríguez Rona.       <br />
       Stylisme de costumes : Chu Riperto.       <br />
       Confection de costumes : Adriana Baldani.       <br />
       Artiste visuel : Lucio Bazzalo.       <br />
       Photographie : Matías Kedak.       <br />
       Assistant en art visuel : Javier González Tuñón.       <br />
       Durée : 1 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658062.jpg?v=1690308755" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Paris l'été</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 30 juillet 2023.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.parislete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; parislete.fr</a>       <br />
       <b>Le spectacle s'est joué du 19 au 22 juillet 2023 au Lycée Jacques-Decour, Paris 9e.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 au 27 juillet 2023</span> : Vienne (Autriche).       <br />
       14 septembre 2023 : Varsovie (Pologne).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74255220-51657991.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Fuck-me-Art-desir-et-volupte-_a3702.html</link>
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