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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-15T18:01:23+01:00</updated>
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   <title>•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente</title>
   <updated>2025-06-13T17:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Plus-jamais-Mozart-Un-roman-intense-ou-se-mele-histoire-de-famille-et-grande-Histoire-sublime-par-une_a4255.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-06-13T17:44:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lesley McInley, jeune journaliste, est envoyée au pied levé à Venise pour interviewer le célèbre violoniste Paolo Levi, un violoniste virtuose qui y vit plus ou moins reclus. Ses supérieurs lui donnent une liste de sujets à éviter absolument pour ne pas froisser cet artiste sensible et modeste qui refuse aussi bien les journalistes que les applaudissements du public, notamment celui d'évoquer, même simplement, le nom du célèbre compositeur autrichien ! Conquis par le naturel et la fraîcheur de sa visiteuse, et en prélude du concert qu'il va pourtant donner pour ses cinquante ans, le musicien raconte les raisons profondes et poignantes de son boycott du divin Mozart.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89271213-63148410.jpg?v=1749829630" alt="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" title="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" />
     </div>
     <div>
      Sortir du silence ! Parce que le poids du passé est trop lourd à porter. Et puis, surtout, continuer à jouer, encore et encore, comme au début où, tout jeune garçon, il a découvert le violon dans les rues de Venise. C'est ce que va faire Paolo Levi, dans le roman initial de Michael Morpurgo, en présence de cette jeune journaliste. C'est ce qu'a fait aussi Jean-Louis Kamoun dans une adaptation théâtrale extrêmement bouleversante avec Martin Kamoun, son fils, dans le rôle du personnage principal.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai voulu mettre en scène cette histoire qui m'a profondément bouleversé&quot;,</span> précise le metteur en scène. Disons qu'il y est admirablement bien arrivé, Jean-Louis Kamoun, épaulé de façon très juste par l'interprétation éblouissante de Christian Fromentin au violon, grâce auquel chaque note irradie, mais aussi par les images vidéos d'Olivier Durand qui conquièrent définitivement le public.       <br />
              <br />
       Entre les évocations vidéos des camps de concentration d'Auschwitz, moment poignant qui touche au plus profond de l'âme, et l'immersion dans l'étonnante ville de Venise, c'est un bien joli moment de théâtre de la Compagnie des 3 Hangars qui nous est proposé et qui nous enveloppe avec grande douceur malgré les noirceurs évoquées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89271213-63148415.jpg?v=1749829668" alt="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" title="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Plus jamais Mozart&quot;, l'histoire familiale se confond avec la grande Histoire et le tout est bien joliment interprété par le comédien déjà cité, Martin Kamoun, convaincant et très investi, et les deux comédiennes, Caroline Ruiz et Christine Gaya, fort justes, elles aussi, dans leurs interprétations respectives. Trois comédiens auxquels l'adaptation confie, de façon alternée, tantôt le statut de narrateurs et narratrices, tantôt celui de personnages.       <br />
              <br />
       Un choix pertinent de la part du metteur en scène qui opte pour une forme de scénographie fragmentaire et subtile, et propose là, intelligemment, une bulle de la sombre Histoire que la nouvelle génération devrait voir coûte que coûte.       <br />
              <br />
       Surtout, encore et encore Mozart ! Encore et encore de la musique dont Aristote disait qu'<span style="font-style:italic">&quot;elle permet de purifier l'âme en libérant les émotions enfouies&quot;</span> (sic).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89271213-63148437.jpg?v=1749829695" alt="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" title="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" />
     </div>
     <div>
      Il y a des choses que les mots ne peuvent pas dire. Alors, il y a la littérature. Il y a le théâtre…       <br />
              <br />
       Avec &quot;Plus jamais Mozart&quot;, il y a une complicité créatrice remarquable entre la plume de Michael Morpurgo et le savoir-faire dramaturgique de Jean-Louis Kamoun, complicité qui élève et harmonise.       <br />
              <br />
       Gageons que, sous le soleil d'Avignon, les notes de musique de cette adaptation retentiront de façon bien sonore au sein de la ville close et s'en échapperont loin, vraiment très loin !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Plus jamais Mozart"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89271213-63148443.jpg?v=1749829729" alt="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" title="•Off 2025• "Plus jamais Mozart" Un roman intense où se mêle histoire de famille et grande Histoire sublimé par une adaptation fine et intelligente" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       D'après le livre de Sir Michael Morpurgo ("The Mozart Question" Éditions Walker Book).       <br />
       Version française : Diane Menars (aux Éditions Gallimard Jeunesse).       <br />
       Adaptation : Jean-Louis Kamoun.       <br />
       Mise en scène : Jean-Louis Kamoun, assisté de Bénédicte Debilly.       <br />
       Collaboration artistique: Jean-Marc Michelangeli.       <br />
       Avec : Christine Gaya, Martin Kamoun et Caroline Ruiz.       <br />
       Musicien et interprète : Christian Fromentin (violon, mandoline).       <br />
       Création vidéo : Olivier Durand.       <br />
       Création lumières: Éric Valentin.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Compagnie Les 3 Hangars.       <br />
       Boulègue Production.       <br />
       Durée 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Fabrik' Théâtre, 70, impasse Favot, route de Lyon, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 47 81.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@fabriktheatre.fr')" >contact@fabriktheatre.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.fabriktheatre.fr/" target="_blank">>> fabriktheatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait</title>
   <updated>2025-03-18T19:17:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Sept-secondes-d-eternite--Aurelie-Pitrat-incarne-Hedy-Lamarr-une-tete-bien-faite-dans-un-corps-trop-bien-fait_a4172.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87275843-61938622.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-18T19:04:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour un bon cocktail, il faut un shaker le plus souvent, il faut surtout de bons ingrédients, et il faut surtout le bon dosage, et un joli verre, et il faut également, et c'est parfois le plus important, la manière, l'art de mélanger les liquides pour qu'ils se combinent comme il faut, et que cet assemblage devienne comme par magie un breuvage qui n'est pas la somme des saveurs qui le composent, mais une nouvelle saveur, inventée, quelque chose de sublimé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87275843-61938622.jpg?v=1742321450" alt="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" title="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" />
     </div>
     <div>
      &quot;Sept secondes d'éternité&quot; fait partie de ces subtils mélanges. Ses ingrédients ? Un texte bien construit, une histoire réelle, une comédienne qui incarne le personnage principal avec une densité rare. Le tout dans un joli décor. Et dans une mise en scène d'une rigueur absolue, puisque après un préambule presque farce, ce personnage ira s'insérer au centre d'un immense panneau en bois bardé d'étagères où sont mis en vitrine une foison d'objets hétéroclites, d'apparence scientifique, microscopes, balances et autres électroaimants complexes. Assise comme une icône au milieu de ses objets symboliques, quasiment immobile durant toute la pièce, face au public, Hedy Lamarr va nous narrer l'histoire de sa vie.       <br />
              <br />
       Sur sa gauche, un écran de télévision diffuse en boucle un extrait de film en noir et blanc. On y devine une femme à la peau très blanche qui court au milieu d'une verte nature et se dissimule rapidement derrière un buisson. Elle est intégralement nue. On apprendra très vite que cet extrait provient d'un film autrichien tourné en 1933, &quot;Extasy&quot;, qui fit scandale parce qu'on y voyait pour la première fois au cinéma une femme nue, notamment durant un plan qui dure exactement &quot;Sept secondes&quot;. Sept secondes qui seront à la fois le passeport et la damnation de la comédienne qui joua dans ce film.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87275843-61938693.jpg?v=1742321588" alt="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" title="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" />
     </div>
     <div>
      C'est elle qui vient de s'asseoir au centre de ce grand présentoir. Elle s'appellera Hedy Lamarr lorsque, fuyant à la fois le nazisme et un mari marchand d'armes persécuteur, elle se réfugiera aux USA et deviendra, pour Hollywood et pour quelques années, la plus belle femme du monde. Icône glamour de l'Entertainment américain, portant partout, derrière elle, les effluves sulfureuses de ce premier film considéré par les ligues pudibondes d'atteinte à la pudeur.       <br />
              <br />
       Pourquoi ces instruments scientifiques dans ce grand présentoir en lieu et place de récompenses cinématographiques ? C'est que cette jeune femme d'à peine vingt-cinq ans s'amusa beaucoup à faire la potiche pour le cinéma tandis que le soir, revenant de ses tournages, elle lâchait la bride à son esprit et inventait des machines, des systèmes… et l'une de ses inventions, un cryptage particulier, a été la base de fonctionnement pour les réseaux sans fil, dont le réseau Wifi que nous utilisons quotidiennement.       <br />
              <br />
       La pièce, écrite par l'auteur allemand Peter Turrini, ne cherche pas à faire biopic. Son récit ne suit pas une ligne chronologique, mais plutôt le fil des idées du personnage qui nous raconte, qui se raconte. C'est une femme avant tout, libre. Aussi bien intellectuellement que sentimentalement, sexuellement. Libre avant l'heure. La vie lui a donné un destin étrange et difficile, star glamour ou épouse potiche alors que sa nature était brillante et affranchie, un destin que la société de l'époque lui a pourri. Les mots que Peter Turrini glissent dans sa bouche ne sont pas ceux sucrés qu'on demande à une star de cinéma, ils sont âpres et visent sans détours l'antisémitisme rampant dans et hors du milieu artistique et la misogynie flagrante du monde scientifique en particulier. Une tête bien faite dans un corps trop bien fait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87275843-61938694.jpg?v=1742321613" alt="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" title="Dans "Sept secondes d'éternité", Aurélie Pitrat incarne Hedy Lamarr : une tête bien faite dans un corps trop bien fait" />
     </div>
     <div>
      Aurélie Pitrat incarne avec une maîtrise magnifique Hedy Lamarr. Femme sans âge, figée dans ses souvenirs et sa colère juste, nostalgique de sa beauté et de sa clairvoyance, elle évite, grâce à une diction, un rythme très précis, de sombrer à aucun moment dans le pathétique. Elle distille d'une voix grave, soutenue, toutes les nuances du texte et parvient à nous transmettre la gamme entière des sentiments de la femme qui traverse en mots l'intégralité de sa vie, comme un long voyage de l'Europe en guerre, vers l'illusion cinématographique et une déchéance vainement refusée.       <br />
              <br />
       Rires, amours, ironies, luttes et quelques souvenirs terrifiants font partie de ce voyage à travers l'Histoire dont il reste une invention universelle, des films glamours et l'image immortelle d'une jeune beauté courant librement dans la nature viennoise.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu en février 2025 au Théâtre de l'Élysée, Lyon 7e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sept secondes d'éternité"</b></div>
     <div>
      Texte : Peter Turrini.       <br />
       Traduction : Silvia et Jean-Claude Berutti-Ronelt.       <br />
       Conception : Aurélie Pitrat.       <br />
       Avec : Aurélie Pitrat.       <br />
       Collaboration artistique et direction d'actrice : Olivier Barrère, Nathanaël Maïni, Virginie Schell.       <br />
       Costumes, scénographie : Thomas Marini.       <br />
       Construction : Raphaël Soleilhavoup.       <br />
       Peinture : Delphine Chmielarski.       <br />
       Régie : Lionel Petit.       <br />
       Réalisation teaser et Photos : Joran Juvin.       <br />
       Production Animal 2nd.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 6 avril 2025.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 19 h, samedi à 18 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de La Reine Blanche, Grande Salle, Paris 18e, 01 42 05 47 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme</title>
   <updated>2023-04-23T10:41:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-indigenes-de-Maria-Blut-a-Vienne-un-spectacle-grotesque-d-un-village-religieux-devenu-terrain-propice-du-nazisme_a3574.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72340960-50347510.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-23T07:52:00+02:00</published>
   <author><name>Vinda Miguna</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lucia Bihler revient à Vienne avec une adaptation théâtrale du roman oublié de Maria Lazar, "Les indigènes de Maria Blut". La simplicité significative s'unit au jeu de masques pour montrer la transformation d'un petit village religieux qui mélange progressivement la foi et le nazisme. Les membres de la troupe du Burgtheater, Stefanie Dvorak, Lili Winderlich, Philipp Hauss, Jonas Hackmann et Ronert Reinagl incarnent tour à tour les indigènes et les différents personnages clés.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347510.jpg?v=1682187284" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      La jeune metteuse en scène munichoise Lucia Bihler retourne à Vienne avec &quot;Les indigènes de Maria-Blut&quot; (en allemand : Die Eingeborenen von Maria Blut), roman oublié de Maria Lazar, écrivain d'origine juive qui finissait sa vie en exil en raison de la persécution en Autriche. Sa propre adaptation théâtrale, en collaboration avec Alexander Kerlin, dramaturge du Burgtheater, dégage l'armature et les lignes directrices de l'œuvre afin de montrer le spectacle grotesque d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme &quot;made in Austria&quot;. Ce dernier est un terme employé par Lucile Dreidemy pour décrire la montée du national-socialisme en Autriche sous le chancelier Engelbert Dollfuss de 1932 à 1934, qui se présente comme un homme de foi pour influencer l'opinion du peuple.       <br />
              <br />
       Le récit a lieu dans le petit village idyllique et religieux Maria Blut (littéralement : sang de la Vierge Marie), lieu de pèlerinage appelé le &quot;Lourdes d'Autriche&quot;, pendant le régime de Dollfuss. Suite à la crise financière de 1933 qui a ruiné le village, la majorité des habitants, à l'exception de certains, sont très religieux et croient aux miracles, au point de refuser toutes formes de raisonnement logique. Schellbach, un certain homme d'affaires qui n'est mentionné que par le nom, prétend pouvoir sauver le village en y établissant une fabrique de &quot;la force spatiale&quot; (Raumkraft), terme consciemment vague pour des armes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347518.jpg?v=1682187317" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Le plan de Schellbach prend au fur et à mesure la place de la foi dans le village, et ceux qui le questionnent sont éliminés par les rumeurs. Dont le docteur Lohmann qui se précipite dans la mort, l'avocat juif Daniel Meyer-Löw, déporté, et sa femme de ménage Marischka, ostracisée en raison de son origine tchèque. À l'intérieur du système, le même désastre : Notburga, fille de l'aubergiste Heberger, devient progressivement folle dans sa croyance aux miracles et son frère Vinzenz adopte de plus en plus le nazisme, avant de se faire tuer par Mlle Reindl, son ancienne amante convertie en nazi, qui le croit &quot;bolchévique&quot; et &quot;traître&quot; à cause des rumeurs qui circulent dans le village.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Lucia Bihler jette la lumière sur le mariage toxique entre la religion et le national-socialisme ; et sur le paradoxe irrésolu entre la décadence morale et l'obsession délirante de la pureté divine. La scénographie de Jessica Rockstroh privilégie une simplicité efficace qui parvient, avec réussite, à communiquer l'essence du drame sur plusieurs niveaux. La scène en noir a pour point central une grande statue de la Vierge Marie selon l'iconographie classique : l'expression pieuse, une auréole derrière sa tête, les mains tendues, deux anges tiennent sa cape bleue étendue à deux côtés de la scène. Une seule particularité : Marie est habillée en rouge. Symbolique, sans doute, de la &quot;religion&quot; de Maria Blut qui demande à la fin un sacrifice de sang.       <br />
              <br />
       Les décors, évoquant le même microcosme clos que dans <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ingolstadt-d-apres-Marieluise-Fleisser-Une-chambre-d-experimentation-des-gens-infernaux_a3416.html" target="_blank">&quot;Ingolstadt&quot; signé Ivo van Hove au Burgtheater en novembre, l'année dernière</a>, évoluent avec la progression du spectacle. L'évolution s'achève sur le déménagement de la statue de la Vierge Marie et ses deux anges suite à l'éclat du nazisme dans le village. Les costumes de Victoria Behr évoquent la même simplicité efficace de la scénographie : ils consistent en un ensemble vestimentaire de base en orange qui sera élaboré à l'aide d'accessoires en plastique comme des pantalons du type Lederhose, des jupes courtes inspirées du style bavarois Dirndl, la robe de prêtre et une cape à la mode, entre autres.       <br />
              <br />
       L'éclairage de Norbert Piller ironise sur la piété de manière poétique par un jeu d'angles centré sur la statue de la Vierge Marie et capte l'intérêt des spectateurs par des chocs lumineux produits par le cadre de scène à chaque point charnière du drame. La scénographie, les costumes et l'éclairage facilitent une fluidité symbolique et dramaturgique de l'ensemble, couronné par la musique et le dessin sonore de Jacob Suske qui transforment la salle en chambre d'échos, saisissant la ligne directrice du drame : <span style="font-style:italic">&quot;Ils murmurent sans cesse, maintenant, et l'air est plein des rumeurs&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347651.jpg?v=1682189068" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Les membres de la troupe du Burgtheater incarnent les différents personnages clés et les indigènes de Maria Blut. En indigènes, ils sont cachés sous les masques comiques de Mats Süthoff qui frôlent les frontières du grotesque, sans nom et sans visage, dont le comportement et les radotages ne reflètent nullement les valeurs de leur religion. Pour souligner ce décalage, la voix des indigènes est adoubée par des collègues des deux coins de la scène qui imitent plusieurs types de voix, de manière de parler et de dynamique sonore.       <br />
              <br />
       Stefanie Dvorak (narratrice, Anselm, Mlle Reindl) enchante la salle par la lecture en voix off de sa narration, comique dans le rôle &quot;pantalon&quot; d'Anselm, petit-fils de l'avocat Meyer-Löw, et réunit le grinçant, le comique et la cruauté dans la figure antipathique de Mlle Reindl, une &quot;femme moderne&quot; aux yeux des habitants devenue adoratrice du nazisme. Philipp Hauss (le docteur Lohmann) réunit l'humanité et la confusion croissante de la figure dans l'enveloppe de l'ironie mêlée de la frustration. Lili Winderlich, incarnant trois femmes très différentes (Marischka, Notburga, Alice, amante viennoise de Lohmann), est tranchante et imposante, et, de plus, dotée d'un charme naturel qui ne confirme que son habileté dramatique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347652.jpg?v=1682189115" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Jonas Hackmann (Adalbert, fils de Lohmann, et Vinzenz) est à la fois arrachant et angoissant dans la naïveté ardente de Vinzenz qui reflète la confusion morale et psychologique collective. Dorothee Hartinger dans le rôle &quot;pantalon&quot; de l'avocat Meyer-Löw incarne la figure juive, sans tomber dans la caricature, de même que Robert Reinagl (l'aubergiste Heberger et le père Lambert) qui, malgré la disposition de ses figures pour le ridicule, parvient à souligner leur nature comme produit de l'écosystème inquiétant dans lequel ils sont grandis, s'affirment.       <br />
              <br />
       La fin, qui montre les habitants remplaçant la statue de la Vierge Marie par Notburga, dès lors soudainement baptisée la nouvelle sainte du village, est un coup symbolique puissant. Les indigènes de Maria Blut veulent garder leur foi à tout prix… même sous la hantise des meurtres et du nazisme. Sous les pieds de la nouvelle Marie, ils regagnent leur posture pieuse, comme si le monde était de nouveau en ordre. Pour ce magnifique travail, Lucia Bihler, son équipe et la troupe ne méritent que des éloges.       <br />
              <br />
       <b>Vue le 18 avril 2023 à l'Akademietheater à Vienne, Autriche. </b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Die Eingeborenen von Maria Blut (Les indigènes de Maria Blut)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50351121.jpg?v=1682239844" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en allemand.       <br />
       Texte : Maria Lazar.       <br />
       Adaptation théâtrale : Lucia Bihler et Alexander Kerlin.       <br />
       Mise en scène : Lucia Bihler.       <br />
       Dramaturgie : Alexander Kerlin.       <br />
       Avec : Stefanie Dvorak, Philipp Hauss, Jonas Hackmann, Robert Reinagl, Dorothee Hartinger, Lili Winderlich.       <br />
       Décors : Jessica Rockstroh.       <br />
       Costumes : Victoria Behr.       <br />
       Musique et dessin sonore : Jacob Suske.       <br />
       Chorégraphie et masques : Mats Süthoff.       <br />
       Éclairage : Norbert Piller.       <br />
       Outside Eye : Bardo Böhlefeld.       <br />
              <br />
       <b>Prochaines représentations</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">24 avril, le 10 et le 30 mai 2023.</span>       <br />
       Éventuellement lors de la nouvelle saison à partir de septembre 2023.       <br />
       Réservations sur le site du Burgtheater        <br />
       <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/en" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>       <br />
       Tél. : +43 (0)151 444 4545.        <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('info@burgtheater.at')" >info@burgtheater.at</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-indigenes-de-Maria-Blut-a-Vienne-un-spectacle-grotesque-d-un-village-religieux-devenu-terrain-propice-du-nazisme_a3574.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone</title>
   <updated>2023-04-14T19:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Katharsis-de-Dead-Centre-a-Vienne-disseque-le-racisme-en-passant-par-l-anatomie-et-Antigone_a3562.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72149714-50221410.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-14T18:48:00+02:00</published>
   <author><name>Vinda Miguna</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le duo Dead Centre revient avec leur troisième mise en scène à Vienne, cette fois-ci d'après un fragment du recueil "Les pérégrins" d'Olga Tokarczuk sur Joséphine Soliman (Safira Robens) qui se bat pour enterrer son père Angelo Soliman. L'enquête sur le cadavre du premier homme noir devenu un réputé dans la cour des Liechtenstein et de la franc-maçonnerie à Vienne s'ouvre à de nouvelles interrogations sur le racisme et la discrimination dans le temps de Mozart et ses empreintes à l'heure actuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221410.jpg?v=1681492374" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Le duo Dead Centre (Ben Kidd et Bush Moukarzel) présente cette nouvelle mise en scène à l'Akademietheater à Vienne après &quot;L'interprétation de rêve de Sigmund Freud” et &quot;Alles, was der Fall ist” d'après la philosophie de Ludwig Wittgenstein. Cette fois-ci, la matière est tirée d'un des récits du recueil &quot;Les pérégrins&quot; (en polonais : Bieguni, en allemand : Unrast) d'Olga Tokarczuk, publié en 2007 et traduit en français en 2010. Il s'agit de l'histoire de Joséphine Soliman se battant pour enterrer son père Angelo Soliman, ancien esclave né au Nigeria devenu un réputé dans la cour des Liechtenstein et dans la franc-maçonnerie à Vienne.       <br />
              <br />
       Joséphine lance une enquête, qu'elle poursuit avec la ténacité d'une Antigone, afin de découvrir le véritable état du cadavre de son père et arrive à la conclusion amère que le corps de celui-ci a été vidé de tous ses organes afin d'être conservé en tant qu'objet d'exhibition de la &quot;Chambre des merveilles” (Wunderkammer) du Kaiser Franz Joseph II. Le message est clair : pour la société viennoise du XVIIIe siècle, l'idée d'offrir le cadavre d'un noir en tant qu'objet de &quot;merveille&quot; était acceptable. La vidéo de Sophie Lux, intégrant de nombreux gros plans pris par les caméras live (en collaboration avec Julia Janina Várkonyi et Andrea Gabriel), saisit l'essence même de la mise en scène en soulignant tour à tour l'ironie et l'égalité humaine fondée sur celle anatomique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221412.jpg?v=1681492766" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      L'interrogation sur la question lourde du racisme commence ainsi par l'interrogation du corps et sur le corps dans un &quot;théâtre anatomique&quot;. Ce dernier est ancré dans le temps de Mozart (oui, le grand virtuose est bel et bien présent de manière caricaturale, nonchalamment incarné par le magnifique Philipp Hauß), qui se dissout au fur et à mesure en intemporalité. Les décors de Jeremy Herbert, ayant comme centre une table d'opération sur laquelle repose un cadavre, et les costumes de Mirjam Pleines facilitent ce voyage dans les temps et les dimensions, permettant les actrices et acteurs d'incarner les anatomistes et les personnages du temps de Joséphine.        <br />
              <br />
       Les transitions des costumes, faites sur scène, font organiquement partie du déroulé scénique : les personnages fouillent et retirent des accessoires vestimentaires et scéniques du cadavre au centre de la scène, et transforme les personnages et les circonstances en fonction du temps et de la dimension représentés. L'éclairage de Marcus Loran, puisant dans l'esthétique du clair-obscur, achève l'essentiel par un minimalisme d'une grande élégance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221574.jpg?v=1681492794" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Safira Robens (Joséphine) se donne à fond pour incarner son personnage et n'hésite aucunement avec ses piqures de sarcasme et d'ironie, et la modernité de son incarnation s'ancre bien dans l'humanité du personnage. On ne peut qu'espérer qu'il existait une figure si forte dans le temps où l'éducation des femmes était un luxe. Ernst Allan Hausmann (chef anatomiste et Kaiser Franz Josef II), brisant habilement de temps en temps le quatrième mur selon les conventions du chœur de la tragédie antique, assure sa place centrale (ironiquement attribuée au rôle du chœur observateur) avec un attrait détendu et modéré.       <br />
              <br />
       Katrin Grumeth (Ismène et Magdalena, mère de Joséphine) fournit un contrepoids à Joséphine par l'expression des passions étouffées par la tradition et la tragédie. Johannes Zirner (l'Abbé Simon Eberle) se contente de rester dans la caricature, mais on n'en a rien à lui reprocher, étant donné la nature extrêmement restreinte de sa figure qui ne lui permet que cela.       <br />
              <br />
       Or, malgré le format prometteur et la réussite de l'aspect visuel, l'impact du spectacle n'est pas aussi puissant qu'il pourrait être. En raison de l'unidimensionnalité des personnages, tout d'abord, sans doute issue de l'accentuation excessive du côté ironique et parfois prédéterminé, qui estompe progressivement toutes les possibilités d'étendre la complexité. C'est bien drôle de représenter un Mozart qui tente de justifier sa représentation de Monostatos comme une &quot;figure allégorique&quot; et relativise par cela sa peur et son préjugé (raciste) qu'il projette sur son collègue noir, Angelo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221575.jpg?v=1681492818" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      C'est aussi justifié de représenter un abbé tellement tranché de la réalité qui regarde la colonisation comme un fait &quot;en soi&quot;. L'ardeur de Joséphine qui se heurte contre sa propre mère, étouffée par &quot;les règles&quot;, est bien touchante. Cependant, ces éclats ne sont pas poussés jusqu'au bout et par conséquent restent… des éclats momentanés, dont l'impact est aussitôt oublié dès qu'un nouvel éclat surgit. Ce cadre problématique empêche les actrices et acteurs de dévoiler leur véritable potentiel.       <br />
              <br />
       La progression du spectacle qui commence la dissection du cœur et s'achève sur la peau promet également un grand potentiel. C'est tout à fait juste de se moquer et de condamner la discrimination fondée sur une distinction si superficielle. La mise en place de l'orientation et de l'intention du message, en ce qui concerne notre actualité, n'est pas bien dessinée, ce que fait que celui-ci se perd dans une accumulation de manque de nuances qui l'affaiblit. Ce message, alors que des informations et des réflexions critiques bien plus puissantes pourraient nous être livrées, nous laisse à la place une question : où se trouve la chaîne brisée qui empêche que la force du message ne nous frappe pas aussi fort qu'elle est censée le faire ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221725.jpg?v=1681494180" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Après, si l'on adapte une perspective plus optimiste, on pourrait se dire que la puissance du message n'est peut-être pas l'intention du spectacle. Et si c'était bien le cas, la conclusion microcosmique, qui rend l'identité du corps au milieu de la scène, est bien réussie. &quot;Mmadi Make&quot;, nom de naissance d'Angelo Soliman, conclut le spectacle dans un rituel collectif qui recouvre la scène et la salle des spectateurs.        <br />
              <br />
       <b>Vu le 6 avril 2023 à l'Akademietheater à Vienne, Autriche.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Katharsis"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221726.jpg?v=1681494206" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en allemand.       <br />
       Texte : d'après Bieguni d'Olga Tokarczuk.       <br />
       Traduction allemande de Victor Schlothauer (Unrast).        <br />
       Mise en scène : Dead Centre (Ben Kidd et Bush Moukarzel).       <br />
       Avec : Ernest Allan Hausmann, Safira Robens, Katrin Grumeth, Philipp Hauss, Johannes Zirner, Julia Janina Varkonyi, Andrea Gabriel.       <br />
       Dramaturgie : Alexander Kerlin.       <br />
       Décors : Jeremy Herbert.        <br />
       Costumes : Mirjam Pleines.        <br />
       Musique : Kevin Gleeson.       <br />
       Vidéo : Sophie Lux.       <br />
       Éclairage : Marcus Loran.       <br />
       Conseil de &quot;Sensitivity Reading&quot; : Daniel Romuald Bitouh.        <br />
       Durée : 1 h 30.        <br />
              <br />
       <b>Prochaines représentations :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 avril, 30 avril, 11 mai et 29 mai 2023.</span>       <br />
       Éventuellement dans la prochaine saison à partir de septembre 2023.       <br />
       Réservations sur le site du Burgtheater.       <br />
       <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/en/production/katharsis" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Alles-was-der-Fall-ist-Dead-Centre-demontre-la-creation-d-un-meurtrier-et-la-nature-du-theatre-avec-Wittgenstein-en_a3270.html" target="_blank">Lire aussi sur le précédent spectacle du Dead Centre &gt;&gt; &quot;Alles, was der Fall ist&quot;</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Katharsis-de-Dead-Centre-a-Vienne-disseque-le-racisme-en-passant-par-l-anatomie-et-Antigone_a3562.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude</title>
   <updated>2023-02-13T18:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Flames-to-dust-du-collectif-berlinois-Henrike-Iglesias-a-Vienne-utilise-le-smartphone-pour-reflechir-sur-la-finitude_a3515.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70745652-49305383.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-02-14T07:29:00+01:00</published>
   <author><name>Vinda Miguna</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quel meilleur moyen permet de sonder l'intimité mieux que le smartphone qui nous est constamment proche ? Le spectacle interactif du collectif queer féministe berlinois Henrike Iglesias invite les spectatrices et spectateurs à se confronter à leur mortalité… en regardant les écrans de leurs smartphones. Une soirée originale et intimiste, d'un format captivant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70745652-49305383.jpg?v=1676309036" alt=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" title=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Why do all good things come to an end ? (Pourquoi les bonnes choses ont-elles une fin ?)&quot;</span>, tel est le slogan de la performance &quot;Flames to dust&quot; du collectif queer féministe berlinois Henrike Iglesias (Anna Fries, Laura Naumann, Marielle Schavan, Sophia Schroth, Eva G. Alonso et Malu Peeters). Le titre et le slogan sont tirés de la célèbre chanson de Nelly Furtado, &quot;All Good Things&quot;, jouée pour marquer le changement des phases de la performance interactive. Les spectatrices et spectateurs, dont le nombre est très limité, sont invités à participer avec leurs smartphones qui occuperont la place centrale dans le spectacle.       <br />
              <br />
       En entrant dans la petite salle du brut nordwest dans le 20e district de Vienne, on est accueilli par les membres de l'ensemble qui leur donnent les instructions sur le smartphone : le son et la luminosité de l'écran au maximum, le mode &quot;ne pas déranger&quot; activé. Le public s'installe ensuite sur les bancs encadrant la scène puis chacun et chacune doivent scanner le code QR à leurs pieds qui leur permettra d'accéder à la plateforme collective de la performance. Les smartphones forment dès lors une grande constellation et peuvent recevoir le son et les instructions du centre de régie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70745652-49305388.jpg?v=1676309066" alt=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" title=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" />
     </div>
     <div>
      La performance est construite comme une boucle. Les performeuses Marielle Schavan et Sophia Schroth, habillées en costumes futuristes, introduisent le contexte d'une phrase, moment pendant lequel les tuyaux par terre émettent un brouillard de glace sèche simultanément avec le refrain d'&quot;All Good Things&quot; ; les smartphones des spectatrices et spectateurs reçoivent promptement des questionnaires autour des thèmes de la vie et la mortalité, pour lesquels certains sont invités à donner des réactions spécifiques (par exemple, <span style="font-style:italic">&quot;le numéro 20 doit maintenant choisir le bruit de fond&quot;</span> et certains numéros reçoivent des artistes des parties du décor qu'ils doivent mettre au milieu de la scène).       <br />
              <br />
       Les performeuses reçoivent un &quot;appel&quot; et discutent sur des sujets prétendument personnels (ou sont-ils vraiment personnels ?) et, ensuite, elles jouent l'une pour l'autre la mort qui vient soudainement en disant &quot;il est temps&quot; qui suscite la réaction de l'autre ; celles-ci reviennent à leurs places parmi les spectateurs et se préparent pour la nouvelle phase de la performance.       <br />
              <br />
       Avec chaque nouvelle phase, la performance plonge de plus en plus dans l'intimité : les artistes discutent des choses de plus en plus privées sur les souvenirs et la mort. Dans les phases plus intimes, on observe sur l'écran une conversation WhatsApp entre &quot;tu&quot; et &quot;les amis&quot; qui se remémorent, à la manière d'une boucle temporelle, sur l'arrivée à Berlin et l'inscription, la mémorisation qui s'ensuit, l'annonce d'une maladie grave, et ensuite une fausse couche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70745652-49305391.jpg?v=1676309100" alt=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" title=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" />
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      Le questionnaire augmente en intensité : on commence par des questions détendues du type <span style="font-style:italic">&quot;de 1 à 10, à quel point es-tu heureux(euse) aujourd'hui ?&quot;, &quot;es-tu fatigué(e) aujourd'hui ?&quot;</span> pour arriver, dans l'avant-dernière phase, aux questions très personnelles, voire intrusives - comme <span style="font-style:italic">&quot;es-tu d'accord avec la légalisation de l'euthanasie ?&quot;, &quot;crois-tu que toi aussi, tu seras fini(e) un jour ?&quot;, &quot;quand tu seras mort(e), seras-tu d'accord de faire don de certaines parties de ton corps ?&quot; -</span> qui pourraient sans doute mettre certaines personnes mal à l'aise (l'équipe est d'ailleurs bien consciente de ce risque et a annoncé dès le début qu'il était possible de partir quand on voulait).       <br />
              <br />
       Enfin, dans la dernière phase du spectacle, les réflexions sur la mortalité et la mort sont neutralisées par un retour à l'espoir : <span style="font-style:italic">&quot;qu'est-ce qui te soulage ?&quot;, &quot;as-tu un message de départ qu'on puisse partager avec les autres ?&quot;</span>. Quelques réponses sont bien drôles (quelqu'un aimerait bien se transformer en chat) et l'intégralité montre un grand désir de profiter de la vie. Cela est-il un effet de contrepoint après avoir réfléchi, pendant une heure et demie, sur la mortalité ? On ne saura jamais, mais le spectacle mérite certainement son accueil enthousiaste. En conclusion, tout le monde est invité à mettre leurs smartphones au milieu de la scène. Les écrans commencent tout de suite à clignoter en successions colorées : un rappel du lien temporaire qui s'est formé pendant le spectacle, une sorte de destin partagé.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Flames to dust"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70745652-49305392.jpg?v=1676309131" alt=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" title=""Flames to dust" du collectif berlinois Henrike Iglesias à Vienne utilise le smartphone pour réfléchir sur la finitude" />
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      Performance interactive en anglais et allemand.       <br />
       Concept, texte, performance : collectif Henrike Iglesias (Anna Fries, Laura Naumann, Marielle Schavan, Sophia Schroth, Eva G. Alonso et Malu Peeters).       <br />
       Traduction anglais/allemand et sous-titrage : Naomi Boyce.       <br />
       Coding et technologie créative : bleeptrack.       <br />
       Costumes : Mascha Mihoa Bischoff.       <br />
       Assistante de mise en scène et performance vocale : María Giacaman.       <br />
       Support sonore : Lisa Eßwein.       <br />
       Regard extérieur : Olivia Hyunsin Kim.       <br />
       Création de céramiques : Lauriane Daphne Carl.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 9 au 11 février 2023 à brut nordwest, Vienne, Autriche.</b>       <br />
       <a class="link" href="https://brut-wien.at/en" target="_blank">&gt;&gt; brut-wien.at</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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