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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme</title>
   <pubDate>Sun, 23 Apr 2023 07:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Vinda Miguna</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Lucia Bihler revient à Vienne avec une adaptation théâtrale du roman oublié de Maria Lazar, "Les indigènes de Maria Blut". La simplicité significative s'unit au jeu de masques pour montrer la transformation d'un petit village religieux qui mélange progressivement la foi et le nazisme. Les membres de la troupe du Burgtheater, Stefanie Dvorak, Lili Winderlich, Philipp Hauss, Jonas Hackmann et Ronert Reinagl incarnent tour à tour les indigènes et les différents personnages clés.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347510.jpg?v=1682187284" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      La jeune metteuse en scène munichoise Lucia Bihler retourne à Vienne avec &quot;Les indigènes de Maria-Blut&quot; (en allemand : Die Eingeborenen von Maria Blut), roman oublié de Maria Lazar, écrivain d'origine juive qui finissait sa vie en exil en raison de la persécution en Autriche. Sa propre adaptation théâtrale, en collaboration avec Alexander Kerlin, dramaturge du Burgtheater, dégage l'armature et les lignes directrices de l'œuvre afin de montrer le spectacle grotesque d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme &quot;made in Austria&quot;. Ce dernier est un terme employé par Lucile Dreidemy pour décrire la montée du national-socialisme en Autriche sous le chancelier Engelbert Dollfuss de 1932 à 1934, qui se présente comme un homme de foi pour influencer l'opinion du peuple.       <br />
              <br />
       Le récit a lieu dans le petit village idyllique et religieux Maria Blut (littéralement : sang de la Vierge Marie), lieu de pèlerinage appelé le &quot;Lourdes d'Autriche&quot;, pendant le régime de Dollfuss. Suite à la crise financière de 1933 qui a ruiné le village, la majorité des habitants, à l'exception de certains, sont très religieux et croient aux miracles, au point de refuser toutes formes de raisonnement logique. Schellbach, un certain homme d'affaires qui n'est mentionné que par le nom, prétend pouvoir sauver le village en y établissant une fabrique de &quot;la force spatiale&quot; (Raumkraft), terme consciemment vague pour des armes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347518.jpg?v=1682187317" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Le plan de Schellbach prend au fur et à mesure la place de la foi dans le village, et ceux qui le questionnent sont éliminés par les rumeurs. Dont le docteur Lohmann qui se précipite dans la mort, l'avocat juif Daniel Meyer-Löw, déporté, et sa femme de ménage Marischka, ostracisée en raison de son origine tchèque. À l'intérieur du système, le même désastre : Notburga, fille de l'aubergiste Heberger, devient progressivement folle dans sa croyance aux miracles et son frère Vinzenz adopte de plus en plus le nazisme, avant de se faire tuer par Mlle Reindl, son ancienne amante convertie en nazi, qui le croit &quot;bolchévique&quot; et &quot;traître&quot; à cause des rumeurs qui circulent dans le village.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Lucia Bihler jette la lumière sur le mariage toxique entre la religion et le national-socialisme ; et sur le paradoxe irrésolu entre la décadence morale et l'obsession délirante de la pureté divine. La scénographie de Jessica Rockstroh privilégie une simplicité efficace qui parvient, avec réussite, à communiquer l'essence du drame sur plusieurs niveaux. La scène en noir a pour point central une grande statue de la Vierge Marie selon l'iconographie classique : l'expression pieuse, une auréole derrière sa tête, les mains tendues, deux anges tiennent sa cape bleue étendue à deux côtés de la scène. Une seule particularité : Marie est habillée en rouge. Symbolique, sans doute, de la &quot;religion&quot; de Maria Blut qui demande à la fin un sacrifice de sang.       <br />
              <br />
       Les décors, évoquant le même microcosme clos que dans <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ingolstadt-d-apres-Marieluise-Fleisser-Une-chambre-d-experimentation-des-gens-infernaux_a3416.html" target="_blank">&quot;Ingolstadt&quot; signé Ivo van Hove au Burgtheater en novembre, l'année dernière</a>, évoluent avec la progression du spectacle. L'évolution s'achève sur le déménagement de la statue de la Vierge Marie et ses deux anges suite à l'éclat du nazisme dans le village. Les costumes de Victoria Behr évoquent la même simplicité efficace de la scénographie : ils consistent en un ensemble vestimentaire de base en orange qui sera élaboré à l'aide d'accessoires en plastique comme des pantalons du type Lederhose, des jupes courtes inspirées du style bavarois Dirndl, la robe de prêtre et une cape à la mode, entre autres.       <br />
              <br />
       L'éclairage de Norbert Piller ironise sur la piété de manière poétique par un jeu d'angles centré sur la statue de la Vierge Marie et capte l'intérêt des spectateurs par des chocs lumineux produits par le cadre de scène à chaque point charnière du drame. La scénographie, les costumes et l'éclairage facilitent une fluidité symbolique et dramaturgique de l'ensemble, couronné par la musique et le dessin sonore de Jacob Suske qui transforment la salle en chambre d'échos, saisissant la ligne directrice du drame : <span style="font-style:italic">&quot;Ils murmurent sans cesse, maintenant, et l'air est plein des rumeurs&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347651.jpg?v=1682189068" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Les membres de la troupe du Burgtheater incarnent les différents personnages clés et les indigènes de Maria Blut. En indigènes, ils sont cachés sous les masques comiques de Mats Süthoff qui frôlent les frontières du grotesque, sans nom et sans visage, dont le comportement et les radotages ne reflètent nullement les valeurs de leur religion. Pour souligner ce décalage, la voix des indigènes est adoubée par des collègues des deux coins de la scène qui imitent plusieurs types de voix, de manière de parler et de dynamique sonore.       <br />
              <br />
       Stefanie Dvorak (narratrice, Anselm, Mlle Reindl) enchante la salle par la lecture en voix off de sa narration, comique dans le rôle &quot;pantalon&quot; d'Anselm, petit-fils de l'avocat Meyer-Löw, et réunit le grinçant, le comique et la cruauté dans la figure antipathique de Mlle Reindl, une &quot;femme moderne&quot; aux yeux des habitants devenue adoratrice du nazisme. Philipp Hauss (le docteur Lohmann) réunit l'humanité et la confusion croissante de la figure dans l'enveloppe de l'ironie mêlée de la frustration. Lili Winderlich, incarnant trois femmes très différentes (Marischka, Notburga, Alice, amante viennoise de Lohmann), est tranchante et imposante, et, de plus, dotée d'un charme naturel qui ne confirme que son habileté dramatique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50347652.jpg?v=1682189115" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Jonas Hackmann (Adalbert, fils de Lohmann, et Vinzenz) est à la fois arrachant et angoissant dans la naïveté ardente de Vinzenz qui reflète la confusion morale et psychologique collective. Dorothee Hartinger dans le rôle &quot;pantalon&quot; de l'avocat Meyer-Löw incarne la figure juive, sans tomber dans la caricature, de même que Robert Reinagl (l'aubergiste Heberger et le père Lambert) qui, malgré la disposition de ses figures pour le ridicule, parvient à souligner leur nature comme produit de l'écosystème inquiétant dans lequel ils sont grandis, s'affirment.       <br />
              <br />
       La fin, qui montre les habitants remplaçant la statue de la Vierge Marie par Notburga, dès lors soudainement baptisée la nouvelle sainte du village, est un coup symbolique puissant. Les indigènes de Maria Blut veulent garder leur foi à tout prix… même sous la hantise des meurtres et du nazisme. Sous les pieds de la nouvelle Marie, ils regagnent leur posture pieuse, comme si le monde était de nouveau en ordre. Pour ce magnifique travail, Lucia Bihler, son équipe et la troupe ne méritent que des éloges.       <br />
              <br />
       <b>Vue le 18 avril 2023 à l'Akademietheater à Vienne, Autriche. </b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Die Eingeborenen von Maria Blut (Les indigènes de Maria Blut)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72340960-50351121.jpg?v=1682239844" alt=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" title=""Les indigènes de Maria Blut" à Vienne : un spectacle "grotesque" d'un village religieux devenu terrain propice du nazisme" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en allemand.       <br />
       Texte : Maria Lazar.       <br />
       Adaptation théâtrale : Lucia Bihler et Alexander Kerlin.       <br />
       Mise en scène : Lucia Bihler.       <br />
       Dramaturgie : Alexander Kerlin.       <br />
       Avec : Stefanie Dvorak, Philipp Hauss, Jonas Hackmann, Robert Reinagl, Dorothee Hartinger, Lili Winderlich.       <br />
       Décors : Jessica Rockstroh.       <br />
       Costumes : Victoria Behr.       <br />
       Musique et dessin sonore : Jacob Suske.       <br />
       Chorégraphie et masques : Mats Süthoff.       <br />
       Éclairage : Norbert Piller.       <br />
       Outside Eye : Bardo Böhlefeld.       <br />
              <br />
       <b>Prochaines représentations</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">24 avril, le 10 et le 30 mai 2023.</span>       <br />
       Éventuellement lors de la nouvelle saison à partir de septembre 2023.       <br />
       Réservations sur le site du Burgtheater        <br />
       <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/en" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>       <br />
       Tél. : +43 (0)151 444 4545.        <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('info@burgtheater.at')" >info@burgtheater.at</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72340960-50347510.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-indigenes-de-Maria-Blut-a-Vienne-un-spectacle-grotesque-d-un-village-religieux-devenu-terrain-propice-du-nazisme_a3574.html</link>
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   <title>"Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…</title>
   <pubDate>Wed, 09 Feb 2022 07:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Après les corps déchaînés de "Fúria" (sa création 2018) qu'aucune dictature, fût-elle celle de Jair Bolsonaro, ne pourrait jamais soumettre, Lia Rodrigues, soutenue ardemment par neuf scènes de la Région Nouvelle Aquitaine, nous revient… Tout autant déterminée à résister par le truchement de l'art de la fête à un monde ployant sous les menaces des prédateurs aux commandes, elle inonde le plateau de couvertures colorées mues par onze danseurs et danseuses, eux-mêmes habités par les "encantados", ces esprits hérités de la culture afro-indigène brésilienne. Dans une effervescence de couleurs rythmées par des musiques trépidantes, la fête en battant son plein consacre la nécessité des luttes vitales.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155116.jpg?v=1644346979" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      En symbiose avec les habitants de la favela de Maré où elle a installé son école de danse, Lia Rodrigues, blanche de peau née elle-même au Brésil, héritière de la colonisation portugaise, engage sa force créative aux côtés de celles et ceux qui, victimes aujourd'hui encore de la colonisation, voient leurs souffrances démultipliées par l'arrivée au pouvoir d'un président d'extrême-droite les considérant comme des citoyens de seconde zone. Si l'intérêt esthétique de la performance dansée d'&quot;Encantado&quot; dépasse le contexte qui l'engendre, il n'en reste pas moins qu'il lui est consubstantiel et que vouloir pudiquement le minorer serait crime contre l'humanité… de sa démarche artistique.       <br />
              <br />
       Sur la surface de l'immense plateau du Carré de Saint-Médard près de Bordeaux, la troupe brésilienne, invitée en décembre dernier au Festival d'Automne à Paris, déploie dans un silence recueilli le tout aussi immense tapis composé de centaines de couvertures bigarrées aux couleurs éclatantes. Tissus symbolisant les couleurs de la diversité, et qui deviendront autant de matériaux vivants, prolongeant les corps des danseurs qui s'en feront à leur tour les fiers porte-étendards.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155138.jpg?v=1644347012" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      Stimulées par les mélopées des chants indigènes entendus lors des manifestations d'août 2021 organisées contre la politique de déforestation de l'Amazonie, les chorégraphies jouent et rejouent les étapes du chemin à parcourir pour faire voler en éclats le joug de l'asservissement. Chorégraphies apparemment improvisées tant leur flux répond à une énergie organique irrépressible, alors qu'il n'en est rien, chaque mouvement - après improvisation au plateau - ayant été minutieusement &quot;écrit&quot;.       <br />
              <br />
       Après un premier temps silencieux où chacun(e) individuellement, nu comme un ver, va revêtir le &quot;costume&quot; qui lui sied en se fondant dans la masse de tissus exposés au sol, pour devenir animal ou autre force vitale délivrée des assignations, les deux autres étapes verront les relations se nouer pour exploser dans un concert de tableaux vivants dignes des grands rassemblements psychédéliques d'après 68. Fête libératrice faisant la nique aux conservatismes de tous poils et célébrant joyeusement la liberté des corps, prémices d'une autre révolution (cf. &quot;La révolution sexuelle&quot; de Wilhelm Reich ou &quot;L'homme unidimensionnel&quot; d'Herbert Marcuse reliant rébellion instinctuelle et révolte politique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155154.jpg?v=1644347038" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      Grimaces dantesques, sourires simiesques jusqu'aux oreilles, gesticulations effrénées, tout témoigne d'une vitalité incoercible faisant fi des comportements normés. Accélérant ou ralentissant leurs mouvements calqués sur une musique répétitive, se hissant les uns sur les autres pour devenir impressionnants de grandeur ou rampant au sol, revendiquant fièrement une nudité naturelle non corsetée dans les tabous des dominants, chaque danseur et danseuse est invité à naître à lui-même sans se soucier d'autres préceptes que ceux de réenchanter le monde vu à leur échelle.       <br />
              <br />
       Quant aux tissus, ils deviennent leur prolongement pour danser avec eux, leur servir d'instruments, non seulement les complétant mais les projetant dans une autre dimension, celle de leurs désirs à assouvir. Ainsi des hommes barbus à souhait portent-ils tendrement dans leurs bras des bébés de chiffons, un autre (le maître blanc à &quot;désarçonner&quot;) chevauche-t-il deux esclaves à quatre pattes, nus et reliés à lui par deux tresses de tissus. Une femme exhibe fièrement sa poitrine opulente avec laquelle elle joue frénétiquement, pendant qu'un homme, sexe à l'air sous sa tunique, se plaît aux allées et venues d'un mannequin défilant avec effets de hanches à l'appui. Transes furieuses qui aboutissent à des danses déliées dans un chaos de tissus colorés exaltant la frénésie du plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155158.jpg?v=1644347091" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      Explosion de couleurs et de musiques propres à réenchanter le monde, cette chorégraphie construite collectivement avec ses danseurs et danseuses issus pour beaucoup de la favela, &quot;Encantado&quot; résonne en nous comme un somptueux hymne à la vie. Une existence qui, si elle n'est jamais donnée, et encore moins lorsque l'on vit dans un pays comme le Brésil, se conquiert en opposant aux forces de mort, les forces vives des peuples &quot;en mouvement&quot;.       <br />
              <br />
       La fête serait-elle le maillon incontournable d'une résistance à opposer aux tenants d'un pouvoir coercitif déniant à l'humain son droit de cité ? Si l'on en croit la fabuleuse énergie dégagée ce soir-là par &quot;Encantado&quot;, énergie ressentie à l'unisson de la salle comble &quot;survoltée&quot;, l'on pourrait avancer que Lia Rodrigues et sa troupe posent méthodiquement, de performance en performance, les pierres précieuses d'une théologie laïque de la libération.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 2 février 2022 à la Scène Nationale Carré-Colonnes à Saint-Médard (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Encantado"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155169.jpg?v=1644347133" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Lia Rodrigues.       <br />
       Dansé et créé en étroite collaboration avec : Leonardo Nunes, Carolina Repetto, Valentina Fittipaldi, Andrey Da Silva, Larissa Lima, Ricardo Xavier, Joana Lima, David Abreu, Matheus Macena, Tiago Oliveira, Raquel Alexandre.       <br />
       Assistante à la création : Amalia Lima.       <br />
       Dramaturgie : Silvia Soter.       <br />
       Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.       <br />
       Lumières : Nicolas Boudier.       <br />
       Régie générale et lumière : Baptiste Méral et Magali Foubert.       <br />
       Bande sonore, mixage : Alexandre Seabra (à partir d’extraits de chansons de scène du Peuple Guarani Mbya/Village de Kalipety do T.I. territoire indigène/Tenondé Porã, chanté et joué pendant la manifestation des indigènes à Brasilia en août 2021 pour la reconnaissance de leurs terres ancestrales en péril).       <br />
       Durée : 1 heure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62203063-45155170.jpg?v=1644347162" alt=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" title=""Encantado" Résister et réenchanter sont des mots qui vont très bien ensemble…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Jeudi 10 février 2022 à 20 h 30.</span>       <br />
       TAP - Théâtre Auditorium Poitiers - Scène nationale, Poitiers (86).       <br />
       Réservation : 05 49 39 29 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tap-poitiers.com/" target="_blank">&gt;&gt; tap-poitiers.com</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62203063-45155116.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Encantado-Resister-et-reenchanter-sont-des-mots-qui-vont-tres-bien-ensemble_a3171.html</link>
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