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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-10T03:29:53+02:00</dc:date>
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   <title>"Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !</title>
   <pubDate>Fri, 30 Jan 2026 12:44:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Emma Dante frappe un grand coup en proposant une mise en scène audacieuse dans laquelle l'humour et le déjanté tiennent la dragée haute à la langue de Molière. Björk et les Red Hot Chilli Peppers accompagnent Trissotin et Clitandre dans une interprétation où les manières tiennent lieu de boussole et où le classique tombe dans les bras du moderne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587513.jpg?v=1769773657" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Le plateau découvre, rideau ouvert dès le départ, un plateau noir et brillant dans lequel sont suspendues, pour l'éclairer, des tubes en LED. C'est moderne et il n'y a nulle trace de classicisme, Louis XIV est loin des lambris, surtout quand deux protagonistes à l'allure jeune et &quot;cool&quot; discutent entre eux, armés des moyens de communication du XXIe siècle, à savoir téléphones portables et ordinateurs. Ces éléments se retrouvent ailleurs et plus tard dans une scénographie en accord avec l'époque de Molière, la mise en scène bousculant le temps, comme la communication en mode interruptif enjambe les siècles.       <br />
              <br />
       Ces deux personnages, à l'entame de la représentation, donnent le &quot;La&quot; à une création scénique qui bouscule autant les repères temporels que sociaux, l'aristocratie étant déclinée par moments de façon caricaturale et comique. De cet instant frôlant un quotidien que tout le monde peut goûter, le théâtre dans le théâtre s'insinue avec un &quot;Silence !&quot; lancé fortement et de manière quasi grondeuse au public par un protagoniste venant subrepticement sur le plateau, pour marquer qu'une représentation va débuter alors qu'officiellement, elle a déjà débuté. Le regard porté vers nous, il se dirige côté cour pour disparaître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587526.jpg?v=1769773765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, la mise en scène d'Emma Dante s'inscrit dans une modernité audacieuse où le théâtre relie des rives autant classiques que contemporaines, avec des attitudes parfois en décalage avec la scénographie, tel un chassé-croisé, alternant entre deux époques.       <br />
              <br />
       Quatre siècles séparent, à proprement parler, la langue de Molière de cette première scène. Pour autant, ce laps de temps se contracte, voire s'efface selon les tableaux. Car le moderne, pour caractériser notre époque, cohabite avec délice, durant toute la pièce, au subjonctif de Molière. Dans cette césure, c'est aussi une distance sociale qui séparait l'homme de la femme que la metteure en scène sicilienne Emma Dante n'exploite pas. Elle aurait pu creuser ce filon pour l'actualiser à notre époque et en dénoncer les turpitudes qui résistent aux siècles, ce qui aurait été une approche des plus classiques. Nul clin d'œil dans ce sens, elle prend le très riche matériau théâtral à sa disposition pour le sculpter dans des formes caricaturales à souhait, pour les faire épouser une satire sociale où les attitudes des uns sont souvent sous le couvert du ridicule des autres.       <br />
              <br />
       Clitandre (Gaël Kamilindi) est dans un rapport au jeu qui ne laisse place, à dessein, à aucun naturel. Plus ses attitudes sont maniérées et poussées à l'extrême avec élégance, plus son propos prend du poids. Et plus ce qui l'écoute le font comme si la manière tenait lieu uniquement de boussole, parce que d'un certain statut social. <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous n'y sont que des acteurs…&quot;</span>, comme l'écrit Shakespeare (1564-1616) dans &quot;Comme il vous plaira&quot; (1599). La pièce se finit d'ailleurs dans une configuration de représentation avec un cadre de tableau qui descend pour regrouper tous les personnages de la fable. &quot;Les femmes savantes&quot; deviennent la comédie d'une société, et d'un monde qui joue à être ce qu'il n'est peut-être pas, statut social oblige, comme Trissotin qui joue le chantre de la culture quand il n'en maîtrise peut-être pas l'orthographe.       <br />
              <br />
       Durant deux heures, Emma Dante propose une audacieuse odyssée théâtrale dans laquelle la représentation épouse des contours autant comiques, déjantés, sérieux que dramatiques. C'est une comédie dans laquelle les rictus sont envoyés à la face d'un statut social où la culture, fausse de surcroît et savamment badigeonnée de mots pompeux par Trissotin (Stéphane Varupenne), tient lieu de rosette et de chapeau haut de forme. Bourdieu n'aurait rien eu à y redire.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587564.jpg?v=1769773927" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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     <div>
      Emma Dante a pour souci, remarquable, de faire advenir souvent, en même temps, le ridicule et le sérieux, le comique et le grave, le propos bien tamponné et son accoutrement édulcoré, le décalé avec sa dissonance. Ainsi, les courtisans passent l'aspirateur à main sur les habits portés par Clitandre. Cet empressement est comique, car ridicule et déphasé. Il peut être décliné toutefois à n'importe quelle époque. D'où cet écart temporel entre l'aspirateur et les courtisans. Savoir s'ils nettoient les habits de leur maître ou lui-même, ou les deux, est à la libre appréciation du public. Et peut-être des courtisans.       <br />
              <br />
       La musique est aussi un élément important. Elle pose une ambiance et des ruptures. Lully n'a qu'à bien se tenir. Les chansons, entre autres, de Red Hot Chili Peppers et Björk sont en effet présentes. Le classique a la chasse gardée des costumes, du verbe et de la scénographie, sauf pour le premier tableau, quand les outils numériques, l'électroménager avec l'aspirateur à main et la musique ont celui de notre siècle.       <br />
              <br />
       &quot;Les femmes savantes&quot; est l'avant-dernière comédie de Molière. La mise en scène d'Emma Dante déploie un jeu comique avant tout corporel. Dans le phrasé, le débit est presque, à dessein, caricatural, dessinant ainsi une diction qui se targue de châtier les mots avec emphase. Clitandre est très maniéré, attitude où sue, à dessein et de façon comique, un aristocratisme dans lequel ce qui fait fonction sont les manières. Excepté le port de tête de celui-ci qui est peu royal, car le jeu social peut aussi avoir ses limites.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587702.jpg?v=1769774736" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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     <div>
      Pour autant, le 4ᵉ mur de Diderot (1713-1784) est abattu avec, entre autres, un moment où Trissotin et Henriette (Édith Proust) vont dans le public en essayant de s'y immiscer tout en l'interpellant avec drôlerie. Nulle distance avec l'assistance, l'humour ne s'y retrouverait pas.       <br />
              <br />
       Bref, une grande pièce d'un grand homme montée par une grande dame. Un véritable délice !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587703.jpg?v=1769774765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 07:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Artiste phare de la scène contemporaine européenne, Emma Dante s'attaque, pour la première fois, à un texte théâtral, qui plus est, une pièce de Molière. L'univers grotesque et excessif de l'artiste palermitaine s'approprie avec fracas l'histoire de cette famille dysfonctionnelle où les femmes tentent d'ébranler l'ordre patriarcal. Musique pop, costumes aux couleurs acidulées, perruques extravagantes, anachronismes de toutes sortes et mise en scène virevoltante composent une œuvre folle et hautement visuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518804.jpg?v=1769121337" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Qui n'a jamais vu un spectacle d'Emma Dante se doit de tenter l'expérience. Comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d'opéra, autrice et réalisatrice, Emma Dante, née le 6 avril 1967 à Palerme, est une artiste majeure de la scène contemporaine internationale. Formée au sein du Gruppo 63 néo-avant-gardiste de Palerme et à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome, Emma Dante fonde en 1999 sa compagnie, Sud Costa Occidentale, au sein de laquelle elle élabore ses spectacles. Son théâtre, éminemment corporel, puise dans les fables une poésie empreinte de dérision, de sublime et d'outrance burlesque.        <br />
              <br />
       En France, ses spectacles ont été joués au Théâtre du Rond-Point (&quot;La Trilogie des lunettes&quot;, &quot;Les Sœurs Macaluso&quot;, &quot;Bêtes de scène&quot;…), au Festival d'Avignon (&quot;Misericordia&quot;, &quot;La statuette de sucre&quot;, &quot;La Fête des morts&quot;…) ou encore à La Colline (&quot;Fable pour un adieu&quot;…). Aujourd'hui, répondant à une commande, elle fait son entrée à la Comédie-Française et s'attaque pour la première fois, avec &quot;Les Femmes savantes&quot; (1672), à une œuvre du répertoire classique français.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518808.jpg?v=1769121374" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Mais de quoi parle exactement cette avant-dernière comédie de Molière, à laquelle on trouve parfois des similitudes avec deux œuvres antérieures, &quot;Les Précieuses ridicules&quot; (1659) et &quot;Le Tartuffe ou l'Imposteur&quot; (1669) ? En voici le résumé en quelques mots : Philaminte, sa belle-sœur Bélise et sa fille aînée Armande, toutes trois férues de poésie, se trouvent sous l'emprise de Trissotin, un &quot;bel esprit&quot; qui les subjugue par ses poèmes et sa pompeuse éloquence. Henriette, la cadette, indifférente à tout cela, songe, elle, à se marier. Alors que son choix s'est porté sur Clitandre qui, après avoir été rejeté par Armande, lui fait une cour assidue, sa mère décide de lui faire épouser Trissotin.       <br />
              <br />
       Désespoir total de l'intéressée. Si Henriette est soutenue dans ses desseins matrimoniaux par son père, Chrysale, celui-ci n'a pas le courage de s'opposer à sa femme qu'il laisse diriger la maisonnée comme bon lui semble. De son côté, Armande, quelque peu jalouse à l'idée de voir sa sœur convoler avec son ancien soupirant, tente de reconquérir Clitandre. Une ruse d'Ariste, l'oncle d'Henriette, permettra de démasquer Trissotin et de sauver la situation in extremis.       <br />
              <br />
       Sur le grand plateau de la Salle Renaud-Barrault – la Salle Richelieu étant fermée pour travaux, la Troupe du Français joue hors les murs au Théâtre du Rond-Point –, les comédiens se déplacent comme si la représentation n'avait pas commencé. Sur le plateau quasi-nu, la salle toujours allumée, des serviteurs déplacent de grandes malles, installent des néons…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518809.jpg?v=1769121395" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Arrivent ensuite des comédiennes en tenues de ville, ou plutôt vêtues d'affreux joggings. Elles échangent quelques mots, pianotent sur leurs téléphones portables... Tout ce petit monde va et vient, indifférent, dirait-on, à la présence du public. À quoi assistons-nous exactement ? À la mise en place d'une répétition ? Puis soudain trois énormes sacs tombent des cintres, emplis de costumes, d'accessoires, le texte de la pièce y compris. La comédienne Jennifer Decker s'en empare, en lit un passage, puis le jette et s'éclipse.       <br />
              <br />
       C'est presque étonnés que nous l'entendons, de retour sur scène, proférer à l'attention de sa camarade Édith Proust : <span style="font-style:italic">&quot;Quoi ! le beau nom de fille est un titre ma sœur,/Dont vous voulez quitter la charmante douceur,/Et de vous marier, vous osez faire fête ?/Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête ?&quot;</span> On pense alors au film de Louis Malle &quot;Vanya, 42ᵉ rue&quot; (1994) dans lequel, sans que nous nous en rendions réellement compte, les acteurs entraient progressivement dans le texte et l'univers de Tchekhov… Et c'est presque malgré elles, semble-t-il, que les comédiennes vont ici se glisser dans celui de Molière.       <br />
              <br />
       Alors que de ces malles d'un temps ancien s'extirpent des personnages masculins poussiéreux, en habits plus ou moins d'époque, les femmes, elles, restent ancrées dans le XXIᵉ siècle et ne revêtent leurs costumes que progressivement, par strates, comme &quot;happées&quot; par le monde de Molière. Emma Dante explique avoir ainsi voulu représenter les femmes à distance du monde des hommes, jugeant la gent féminine plus avancée dans ses réflexions que la gent masculine. Un décalage temporel qui en dit long sur la condition des femmes. Par ce glissement progressif, la metteuse en scène a également souhaité rendre hommage à la langue de Molière et montrer la &quot;contamination&quot; des comédiennes par le texte.       <br />
              <br />
       Dans cette esthétique qui n'est pas sans rappeler celle du &quot;Marie-Antoinette&quot; de Sofia Coppola (2006), avec paire de Converse et tube des années quatre-vingt du groupe de rock indé Siouxsie and the Banshees, les époques se côtoient jusque dans le magnifique décor de la demeure : tapisseries défraîchies, sol à damier élimé, mais aussi rampes à LED, néons ultra-contemporains, fauteuils d'époque sur roulettes, ordinateurs portables… Costumes tout aussi fous que splendides dans leurs formes et leurs couleurs acidulées, perruques extravagantes contribuent pleinement à cette beauté visuelle et à cette atmosphère pop. La plasticienne Vanessa Sannino a ici effectué un travail remarquable tant sur les costumes que sur la scénographie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518810.jpg?v=1769121415" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène, virevoltante, avec un décor que nous découvrons mobile, accumule les effets visuels. Ainsi, en réponse à Chrysale, son mari, qui vient de lui dénigrer la littérature, Philaminte fait-elle apporter sur scène des piles de livres démesurées dont elle emplit la maison. Alors que la littérature éclot physiquement avec des livres pop-up, des fleurs aux couleurs vives surgissent simultanément de la tapisserie. Cet univers pop-rock déjanté se poursuit jusque dans la musique, de Billie Eillish à The Clash, en passant par Björk, nous offrant de grands frissons artistiques.       <br />
              <br />
       Le jeu exacerbé des comédiens, excessif, dans une corporalité drôle et grotesque digne de la commedia dell'arte, est du plus haut comique. Tous sont excellents et s'amusent, dans un enthousiasme communicatif. Mention spéciale à Laurent Stocker, dans le rôle de Chrysale, décidément en très grande forme ! Soulignons également le parti-pris fort intéressant d'un Trissotin séduisant et non pas repoussant comme il est souvent représenté. Magistralement interprété par Stéphane Varupenne, l'imposteur est d'autant plus difficile à démasquer.       <br />
              <br />
       Si le spectacle est artistiquement une réussite, avec des moments de pure poésie tels que la danse aux néons ou le tableau final, il est à regretter que le propos de la pièce soit quelque peu noyé sous l'esthétique. Même si le texte passe parfaitement la rampe – excellence des Comédiens-Français oblige ! –, Quid réellement de la condition des femmes ? Ces femmes savantes sont-elles des précieuses ridicules ou des femmes en juste rébellion contre l'ordre patriarcal ? La profusion d'images et de situations comiques ne nous permettent pas réellement de nous faire une opinion. N'empêche, ce spectacle possède une poésie baroque au charme incontestable.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65520776.jpg?v=1769158757" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93841969-65518804.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Femmes-savantes-Un-Moliere-baroque-et-burlesque-sous-la-houlette-dejantee-de-la-metteuse-en-scene-sicilienne-Emma_a4458.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer</title>
   <pubDate>Tue, 11 Nov 2025 07:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker n'a jamais dissimulé l'attraction quasi pulsionnelle qui la lie à Rainer Maria Rilke, dont le célèbre poème en prose est au cœur de ses créations… "Chevaucher, chevaucher, chevaucher, le jour, la nuit, le jour. Chevaucher, chevaucher, chevaucher…"… Sa quête multisensorielle, réglée au sol par des déplacements géométriques millimétrés, prend ici comme terre d'élection les "Quatre Saisons" de Vivaldi, revisitées et hybridées au travers du regard de son ancien élève devenu complice, Radouan Mriziga, dont la porte d'entrée du monde est à rechercher du côté du prisme de l'architecture.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92421435-64811343.jpg?v=1762682766" alt=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" title=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" />
     </div>
     <div>
      Prolongeant le plateau nu où des néons clignotant semblent hésiter à annoncer les saisons à venir tant leur succession apparaît désormais improbable, un silence abyssal plonge la salle dans une attente chorale. Et lorsque le premier danseur, bras tendu en prolongement de son visage, apparaitra, arpentant en tous sens le plateau, reniflant et soufflant comme le ferait un animal cheval, on reconnaît d'emblée les fondamentaux du langage dansé d'ATDK… où comment la danse naît &quot;naturellement&quot; pour elle de la marche et du souffle qui la porte. Mouvement endogène amplifié par le secours d'un poème que l'on se dit à soi, &quot;Mon poème est ma danse&quot; (titre de l'une de ses créations).       <br />
              <br />
       S'inscrivant discrètement en fond de scène, le nom des quatre saisons – Autunno, Inverno, Primavera, Estate – défilera successivement comme un repère pour tenter de se retrouver dans un cycle de la nature amplement perturbé par les changements climatiques dus aux désordres des hommes. Les lumières – blanches pour l'hiver, bistres pour l'automne, rouges pour l'été – composeront à leur tour des paysages, comme autant de visages des aléas saisonniers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92421435-64811345.jpg?v=1762682807" alt=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" title=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" />
     </div>
     <div>
      Les danseurs, aux torses nus mis en valeur par de suggestives tuniques transparentes laissant &quot;respirer&quot; les émotions à fleur de peau, en solo ou en harmonie parfaite, se livrent à des performances endiablées d'où ressort un esprit de liberté chevillé au corps. Ainsi, entre des figures fluides incarnées à l'unisson, se glissent des moments de délire champêtre où les danseurs semblent se laisser aller à la fantaisie qui les caractérise. Une légèreté contrastant avec la pureté chorégraphiée des mouvements d'ensemble intégrant les influences assumées du contemporain. Ainsi des figures de breakdance s'invitant entre les mouvements gracieux des cercles et des ellipses, tels les glissements rapides des pieds au sol, les équilibres hasardeux tenus tête renversée et autres écritures acrobatiques du hip-hop.       <br />
              <br />
       De cet ensemble riche en sensations, on mettra en exergue le point d'orgue représenté par les &quot;percussions corporelles&quot; effectuées par les quatre danseurs qui, dans un ensemble parfait résonnant longtemps à nos oreilles, frappent ardemment de leurs pieds le plancher en scandant la partition du &quot;Printemps&quot;. Quant au poème d'Asmaa Jama – &quot;We, the salvage&quot; – clôturant l'opus, il s'inscrit en droite ligne de l'ADN de la chorégraphe… et du spectacle faisant écho à l'état présent et futur de notre planète abimée. Enfin, comment lors du salut final, ne pas remarquer le keffieh palestinien dont se drapent les épaules d'un danseur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92421435-64811366.jpg?v=1762682840" alt=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" title=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" />
     </div>
     <div>
      Simple pièce de tissu à carreaux noir et blanc rappelant, s'il en était besoin, que l'art de la danse sans ancrage social ne serait que vain divertissement à l'usage de celles et ceux qui auraient pour parti de contrôler les consciences sous couvert d'un alibi culturel de bon ton.       <br />
              <br />
       Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga imposent là, avec un naturel confondant, leur attelage de chorégraphes à haute valeur ajoutée, faisant de la matière dansée un laboratoire de recherches en perpétuelle ébullition… Exit toute tentation interprétative des différents tableaux, reliés entre eux par une urgence sensorielle faisant fi de toutes tentatives de narrations à ras le plancher (de danse)…        <br />
              <br />
       Se laisser transporter par les vibrations des corps liés dans le même trip, se laisser gagner par la virtuosité d'Amandine Beyer réinterprétant à sa mesure les partitions de Vivaldi, se laisser émouvoir par les longues nappes de silence dans lesquelles se recompose le monde à découvrir. Et au bout de cette traversée à la fois baroque et contemporaine (oxymore vivifiant), la sensation d'avoir vécu une expérience synesthésique propre à ravir nos sens.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mardi 4 novembre 2025, Grande salle Vitez du tnba à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92421435-64811370.jpg?v=1762682881" alt=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" title=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" />
     </div>
     <div>
      Rosas/A7LA5.       <br />
       Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker, Radouan Mriziga.       <br />
       Créé avec et dansé par : Boštjan Antončič, Nassim Baddag, Lav Crnčević, José Paulo dos Santos.       <br />
       Musique : Antonio Vivaldi, Le quattro stagioni.       <br />
       Scénographie et lumière : Anne Teresa De Keersmaeker, Radouan Mriziga.       <br />
       Direction des répétitions : Eleni Ellada Damianou.       <br />
       Enregistrement : Amandine Beyer, Gli Incogniti Alpha Classics/Outhere Music 2015.       <br />
       Analyse musicale : Amandine Beyer.       <br />
       Poèmes : Asmaa Jama, &quot;We, the salvage&quot;, Antonio Vivaldi, &quot;Le quattro stagioni&quot;.       <br />
       Costumes : Aouatif Boulaich.       <br />
       Chef costumière : Alexandra Verschueren, assistée par Chiara Mazzarolo et Els Van Buggenhout.       <br />
       Habillage : Els Van Buggenhout.       <br />
       Assistante à la direction artistique : Martine Lange.       <br />
       Coordination artistique et planning : Anne Van Aerschot.       <br />
       Production : Rosas.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Première : 11 mai 2024, Rosas Performance Space, présenté par La Monnaie, Kaaitheater et Kunstenfestivaldesarts.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92421435-64811371.jpg?v=1762682917" alt=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" title=""Il Cimento dell'Armonia e dell'Inventione", Quatuor de corps en quête de nature à réinventer" />
     </div>
     <div>
      Représenté du mardi 4 au jeudi 6 novembre 2025 au tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine) avec La Manufacture CDCN, dans le cadre de sa saison hors les murs, et l'Opéra National de Bordeaux.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 et 15 novembre 2025 : Tanzhaus nrw, Düsseldorf (Allemagne).       <br />
       13, 14 et 15 janvier 2026 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       31 janvier 2026 : Le Delta, Namur (Belgique).       <br />
       11 mars 2026 : Teatro Municipale Valli, Iteatri, Reggio Emilia (Italie).       <br />
       24 et 25 mars 2026 : Dansens Hus, Stockholm (Suède).       <br />
       Du 3 au 9 avril 2026 : Live De Munt/La Monnaie, Bruxelles (Belgique).       <br />
       31 mai et 1er juin 2026 : Live Bergen International Festival, Bergen (Norvège).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92421435-64811343.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Il-Cimento-dell-Armonia-e-dell-Inventione--Quatuor-de-corps-en-quete-de-nature-a-reinventer_a4401.html</link>
  </item>

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   <title>Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée</title>
   <pubDate>Wed, 25 Sep 2024 17:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pourtant, rien n'était acquis. Marina Otero, chorégraphe et danseuse argentine, n'a pas l'habitude de lisser les images qu'elle jette sur le plateau pour faire du joli. Il y en a que cela dérange peut-être, et c'est tant mieux. Mais la chorégraphe n'a pour principe et seul guide que sa volonté de dire et de montrer ses émotions, ses sentiments et ses pensées dans toutes leurs intensités, leurs violences.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505710.jpg?v=1727279799" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Depuis qu'elle a commencé sa série de créations intitulée &quot;Recordar para vivi (Se rappeler pour vivre)&quot;, elle s'est choisie elle-même comme sujet de ses spectacles. Sa vie, ses bouleversements, ses créations, ses émotions, ses pensées forment le vivier dans lequel elle puise son inspiration, comme tout créateur, mais ils sont également le fil narratif de ses spectacles.       <br />
              <br />
       Des spectacles qui ne sont pas seulement des chorégraphies, mais un mélange beaucoup plus complexe et élaboré. En mêlant projections vidéos (de la vie réelle de Marina Otero), textes (sous forme de longs monologues), musiques et, bien sûr, chorégraphies, elle parvient à créer une sorte d'élongation temporelle. Le passé et le présent parviennent à se combiner, se répondre, se mêler, et c'est là l'intention profonde et centrale du projet &quot;Recordar para vivir&quot; qu'elle compte poursuivre jusqu'à sa mort : tordre le temps, lui tordre le cou peut-être.       <br />
              <br />
       &quot;Fuck Me&quot;, c'est un titre qui provoque. C'est aussi le cri profond d'un corps blessé, en convalescence douloureuse dans un hôpital madrilène, le corps de Marina elle-même opérée de la colonne vertébrale, il y a quelques années. Une immobilisation qui déclenche un besoin d'amour, besoin d'être désirée, besoin de faire vivre ce corps, de lui faire ressentir à nouveau les pulsions fortes et pleines. <span style="font-style:italic">&quot;Le corps est la seule chose évidente&quot;</span> dit-elle en s'asseyant difficilement sur une chaise au bord de la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505716.jpg?v=1727279836" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Elle est bien là sur scène avec ses danseurs, Marina Otero, mais elle ne danse pas. Elle s'est instituée narratrice du spectacle, un spectacle dont elle raconte la longue gestation. Remontant à sa propre enfance en Argentine, ses souvenirs de son grand-père de la marine militaire pendant la junte criminelle des années soixante-dix (d'où le prénom Marina qu'elle reçut à sa naissance), puis, plus près de nous, les réminiscences d'un spectacle où elle était interprète d'une Andréa, prostituée, retrouvée assassinée, et plus près encore, cette opération de la colonne durant laquelle elle conçoit ce spectacle né de l'angoisse, de la douleur, de la soif de désir.       <br />
              <br />
       Ses cinq danseurs sont nus dès les premières minutes du spectacle. Cinq hommes, dont un se travestit en Marina Otero. C'est autant corrosif, violent, exacerbé que drôle et magnifiquement dérisoire par instant. Les cinq danseurs, figures masculines fièrement exhibées, sont autant sujets de désirs et de violence que marionnettes gentiment ridicules. Le propos de Marina Otero n'est jamais d'un bloc. La réalité se métamorphose régulièrement en fiction, invention, fantaisie.       <br />
              <br />
       Cinq danseurs dont il faut saluer le talent et l'esprit. Car ils se prêtent au jeu de la dérision quasi-fataliste de leur chorégraphe, ainsi tous s'appellent Pablo comme les trois dernières rencontres amoureuses de celle-ci… Pablo n°1, Pablo n°3, Pablo n°4, etc. Mais ils ajoutent à leurs arts de danseurs (danseurs un peu déjantés par moments) énormément de jeu. Ils interprètent finalement chacun, sous la fausse étiquette de leurs prénoms semblables, des personnages qui s'expriment non seulement par le corps, mais par le texte, par le chant. Augusto Chiappe, Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco López Bubica, Matías Rebossio ou Miguel Valdivieso sont la chair ironique ou investie de cette performance, de cette histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505717.jpg?v=1727279884" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Et même si la douleur, avec toute la violence qu'elle provoque, reste le centre du propos de &quot;Fuck Me&quot;, le corps, ses désirs, ses manques et son poids sont les véritables enjeux en question, magnifiquement exposés par des chorégraphies baroques où la liberté est brandie, clamée, revendiquée jusqu'à en perdre le souffle. Les images fortes, faites de mots, de musiques et de corps, restent longtemps dans les esprits après avoir vu ce spectacle qui agit comme une sorte d'exutoire aux souffrances infligées par les autres, par le temps (&quot;La mort de la jeunesse est irréversible&quot; dit-elle) ou par son propre mal-être.       <br />
              <br />
       La  suite des représentations au Théâtre du Rond-Point, ce sera : &quot;Love Me&quot; le mardi 24 septembre 2024 à 19 h 30 pour lequel Marina Otero sera seule sur scène. Puis &quot;Kill Me&quot; du 25 au 29 septembre, un magnifique opus que nous avions chroniqué en juin pour le Printemps des Comédiens.       <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Apres-Fuck-me-et-Love-me--Kill-me-poursuit-spectaculairement-la-creation-infinie-de-Marina-Otero_a3942.html" target="_blank">&gt;&gt; Après &quot;Fuck me&quot; et &quot;Love me&quot;, &quot;Kill me&quot; poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero</a>       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fuck Me"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505718.jpg?v=1727279917" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Écriture : Marina Otero.       <br />
       Dramaturgie et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Assistante chorégraphique : Lucía Giannoni.       <br />
       Avec : Augusto Chiappe, Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco, López Bubica, Matías Rebossio, Miguel Valdivieso, Marina Otero.       <br />
       Conception de l'espace et de l'éclairage : Adrián Grimozzi.       <br />
       Direction technique : David Seldes et Facundo David.       <br />
       Conception des costumes : Uriel Cistaro.       <br />
       Conception sonore et musique originale : Julián Rodríguez Rona.       <br />
       Conseil dramaturgie : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Assistante en design d'espaces et éclairage : Carolina Garcia Ugrin       <br />
       Artiste visuel : Lucio Bazzalo       <br />
       Montage technique audiovisuel : Florencia Labat.       <br />
       Stylisme des costumes : Chu Riperto.       <br />
       Photographie : Matías Kedak.       <br />
       Costumes : Adriana Baldani.       <br />
       Opération des surtitres : Myriam Henne-Adda.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
       À partir de 16 ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59508707.jpg?v=1727290396" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      A été joué du 18 au 22 septembre 2024.       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 21 h, samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
              <br />
       <b>"Love Me"</b>       <br />
       A été joué le 24 septembre à 19 h 30.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Kill Me"</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 21 h, samedi à 20 h, diamnche à 17 h.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">>> theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée de "Kill Me"</b>       <br />
       3 et 4 octobre 2024 : HAU - Hebbel am Ufer, Berlin (Allemagne).       <br />
       19 et 20 octobre 2024 : Staatstheater Mainz, Mayence (Allemagne).       <br />
       31 octobre au 2 novembre 2024 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       5 novembre 2024 : L'Onde, Vélizy-Villacoublay (78).       <br />
       12 novembre 2024 : Teatr Polski, Bydgoszcz (Pologne).       <br />
       21 novembre 2024 : Temporada Alta, Girona (Espagne).       <br />
       19 au 23 mars 2025 : Teatro Lliure, Barcelona (Espagne).       <br />
       26 au 29 mars 2025 : Les Célestins, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83037168-59505710.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Gloria"… Cocktail artistique explosif !</title>
   <pubDate>Wed, 26 Oct 2022 07:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Danse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le chorégraphe José Montalvo nous emmène, avec une musique allant du baroque au moderne en passant par le jazz manouche, dans un voyage intime où, au travers du flamenco, des danses classique, contemporaine, urbaine et africaine, se mêlent des récits personnels qui alimentent chaque tableau scénique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077621.jpg?v=1666718610" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
     </div>
     <div>
      C'est un spectacle qui s'alimente autant d'art que de confidences, de mots dits que de propos déclaratifs, de tranches de vie montrées que d'intimité dévoilée. Les chorégraphies restent centrales autour d'un cocktail où se mêlent flamenco, hip-hop, danses africaine et classique avec, entre autres, pour celle-ci, une danseuse qui fait des levées de jambes et des demi-tours sur elle-même en tournant autour de la scène quand pour celle-là, le rythme très physique et très vif est donné par les membres inférieurs et le bassin.       <br />
              <br />
       Le spectacle est riche aussi musicalement avec, entre autres, Vivaldi (1678-1741) et le jazz manouche. Ces différents tempos donnent une trame artistique très variée à la représentation, la déclinant dans différentes configurations spatiales et chorégraphiques. En solo, en duo, en trio ou en groupe, chaque tableau devient une entité à part entière qui se relie aux autres au travers d'une entrée en matière toujours identique, celle d'un interprète, en avant-scène debout côté cour, micro à la bouche qui raconte un moment important ou déclencheur de sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077622.jpg?v=1666718698" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
     </div>
     <div>
      Ces liens verbaux entre chaque artiste et le public donnent lieu à une excursion intime dans l'existence de ceux-ci. Des moments de vie s'entrelacent, au travers de parcours différents, qui ont un point commun, celui d'avoir été marqué au préalable par un rejet, une exclusion qui sont devenus une force pour chacun d'eux. Déclarations presque politiques car elles dénoncent une exclusion soit de la famille, soit de la société, soit d'un corps artistique, à cause d'un handicap avéré ou non, ou d'une différence physique.       <br />
              <br />
       José Montalvo utilise aussi la vidéo pour donner au public un double rapport à la représentation afin de le situer autant comme acteur que comme spectateur. Voir les artistes en vidéo permet de donner à la scène un rapport beaucoup plus direct à ce qu'ils disent en s'en sentant plus concerné. Cette mise en situation peut rendre le public spect-acteur. Même si tout n'est pas vidéo et image, celles-ci permettent de donner aussi un recul à ce qui se passe. Projetées, elles donnent une profondeur scénique avec un certain décalage visuel et, par ricochet, temporel.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077623.jpg?v=1666718730" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
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     <div>
      Le cocktail artistique présenté est superbe, car il relie différentes chorégraphies dont la gestuelle et le tempo peuvent être antinomiques. Et pourtant ! José Montalvo considère le geste comme un élément esthétique pouvant se suffire à lui-même par ses courbes et ses trajectoires, sans que le rythme doive en donner forcément une allure absolue. C'est pourquoi, les musiques baroque et manouche, avec d'autres modernes, se prêtent avec délice et harmonie aux danses autant traditionnelles que contemporaines sous des tropiques aussi variés qu'africains et européens.       <br />
              <br />
       C'est gai, joyeux, vif et rapide, avec de superbes solos de flamenco accompagnés de palmas, de floreos et de taconéos, souvent extrêmement rapides. Plus loin, c'est un solo de hip-hop accompagnés de palmas pour un mariage audacieux. Encore plus loin, c'est un duo d'hommes habillés en robe qui font un mélange de contemporain et de hip-hop. Plus en avant, c'est un solo de danse africaine accompagné ensuite par un chant, le tout repris par le groupe. Ces différents moments scéniques, et ils ne sont pas les seuls, forment un kaléidoscope aux couleurs variées, vives, chaudes et rythmées. À l'inverse du verbe qui est, souvent, combatif et revendicateur, le corps devient libératoire et joyeux.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077630.jpg?v=1666718761" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, cette Hispanique, dévoilant ses seins accompagnés d'autres acolytes faisant de même, exprime via le flamenco son identité corporelle, avec ses rondeurs, et au préalable une entrée en matière orale animée d'une certaine révolte. Ailleurs, le verbe peut se faire plus court et raisonné, les gestuelles restent toutefois toujours multiples, variées, très expressives et selon les séquences, courbes, anguleuses ou larges.       <br />
              <br />
       C'est un spectacle aux mille couleurs avec de jolis tableaux dont les éléments scénographiques restent principalement la disposition des interprètes sur scène. Tout tourne autour d'eux, autant par leur verbe que par leur disposition spatiale. La joyeuseté de ceux-ci fait oublier les revendications comme si, pour, à l'inverse, paraphraser Napoléon (1769-1821), le corps gagnait au final face à l'esprit.
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     <div><b>"Gloria" </b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077639.jpg?v=1666718791" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie, scénographie, conception vidéo : José Montalvo.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Joëlle Iffrig.       <br />
       Avec : Karim Ahansal dit Pépito, Michael Arnaud, Rachid Aziki dit ZK Flash, Sellou Nadège Blagone, Élénore Dugué, Serge Dupont Tsakap, Fran Espinosa, Samuel Florimond dit Magnum, Elizabeth Gahl Lenotre, Rocío Garcia, Florent Gosserez dit Acrow, Rosa Herrador, Dafra Keita, Chika Nakayama, Beatriz Santiago, Denis Sithadé Ros dit Sitha.       <br />
       Musiques : &quot;Moldavian Sheperds' Dance&quot; interprétée par Taraf De Haïdouks ; &quot;Pasona Kolo Pasona Kolo&quot; interprétée par Nemanja Radulovic, Double Sens, Laure Favre-Khan, Nicolas Montazaud ; &quot;Knowing The Ropes&quot; composée par Michael Nyman et interprétée par Nigel Barr, Motion Trio ; &quot;Griselda : Agitata Da Due Venti&quot; d'Antonio Vivaldi interprétée par Cecilia Bartoli ; &quot;Say&quot; composée et interprétée par Nils Frahm ; &quot;Nisi Dominus, Rv 608 : Cum Dederit&quot; d'Antonio Vivaldi interprétée par Philippe Jaroussky ; &quot;Le Nombril&quot; composée par Philippe Gérard et interprétée par Jeanne Moreau.       <br />
       Costumes : Agnès D'At, Anne Lorenzo.       <br />
       Scénographie, lumières : Didier Brun.       <br />
       Son : Pipo Gomes, Clément Vallon.       <br />
       Régisseur vidéo et collaboration artistique : Franck Lacourt       <br />
       Collaborateurs artistiques : Sylvain Decay, Clio Gavagni, Michel Jaen Montalvo.       <br />
       Chef opérateur : Daniel Crétois.       <br />
       Cadreuse : Prune Brenguier.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle ayant eu lieu du 18 au 22 octobre 2022.</b>       <br />
       La Villette, Espace Chapiteaux, Paris 19e.       <br />
       Dans le cadre de la programmation hors les murs du théâtre de la Ville        <br />
       <a class="link" href="https://lavillette.com/tag/espace-chapiteaux_t106/1" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68291181-48077697.jpg?v=1666719008" alt=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" title=""Gloria"… Cocktail artistique explosif !" />
     </div>
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     </div>
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