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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale</title>
   <pubDate>Mon, 23 Feb 2026 18:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Serge Noyelle et Marion Coutris reprennent "La Porte d'Ensor", leur création de 2024 qui baguenaude avec délectation sur les sentiers de l'art pictural et explore la théâtralité et la dramaturgie des œuvres du courant "expressionniste" belge, entre autres, de la fin du XIXᵉ au début XXᵉ, représentée par James Ensor (1) et Félicien Rops qui, tous deux, firent partie du Groupe des Vingt (2). Seront aussi convoqués, pour leurs spécificités imaginatives et leurs esthétiques expressionnistes et/ou surréalistes, Paul Delvaux, René Magritte, Munch…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94843324-66431977.jpg?v=1711826046" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      En fond de scène, au centre, comme peinte au milieu de nulle part, une porte à deux battants fermée. Que va-t-il en surgir ? Qu'y a-t-il derrière cette porte ? Qui va en franchir le seuil ? Très vite, un à un, parfois à deux, des hommes habillés en noir, empruntant chacun des attitudes différentes, vont passer ce gué, entrer puis sortir, discrètement ou pas, effarouché ou pas, parfois jouant d'une gestuelle burlesque, générant étrangeté, curiosité… Y a-t-il, dans cet acte, dans ce cortège insolite, un secret, un imaginaire à dévoiler ?       <br />
              <br />
       Sans aucun doute, celui-ci se construisant par la succession de simulacres visuels fantasmagoriques, cortège d'images fugaces, intemporelles, représentations oniriques ou insolites, parfois décalées, burlesques ou inscrites dans des réalités créatrices passées, toutes ces propositions, de manière compréhensible ou pas – selon la connaissance que chacun peut avoir des artistes susnommés –, faisant référence à des expressions picturales existantes, à des œuvres concrètes, dont le champ esthétique libre et singulier se définit comme un hommage avéré à James Ensor, l'homme et son histoire, l'œuvre bien sûr, mais aussi les influences initiées par ses admirations pour ses pairs et l'environnement artistique de son époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94843324-66431978.jpg?v=1711826072" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Ces tableaux vivants ainsi représentés sont entrecoupés parfois de monologues descriptifs, d'échanges de répliques entre différents personnages et James Ensor. Pour exemple, une jeune fille (surprenante et talentueuse Camille Noyelle), parée d'étoffes, de dentelles et de bottines blanches, surgit, repart, ressurgit, visage étonné, gestes mécaniques, se mouvant en pas glissants. S'ensuit, dans une manière de soliloque, un autoportrait d'Ensor qui passe de la description détaillée de son visage à celle, très imagée, de haut en bas, de l'ensemble de son corps. La jeune fille en blanc réapparaîtra régulièrement, dessinant un cercle de confettis blanc ou déambulant dans des attitudes somnambulesques, voire inquiétantes, ou encore donnant la réplique à Ensor et son parapluie.       <br />
              <br />
       Puis de nouvelles séquences se succèdent, sans cohérence apparente… mais toutes génèrent une forme de surprise ludique alimentant l'attention du spectateur… Arrivée d'une violoniste, puis d'un accordéoniste chanteur (Rémy Brès-Feuillet) à la voix magnifiquement maîtrisée de contre-ténor. Suivent quatre danseurs, tous en marcel… exécutant une chorégraphie élégamment désordonnée. Un autre, élancé, en robe noire, gracieux, exécutera de longs mouvements rapides et aériens. Les scènes sont nombreuses et inventives, toutes étudiées avec une précision plastique réussie. On va sans cesse de surprises en surprises, chacune jouant d'effets surprenants et imprévus. On n'est jamais dans l'attendu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94843324-66431979.jpg?v=1711826096" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Ce mode d'expression, très visuel, est, par excellence, la marque de fabrique de Serge Noyelle, étant par sa formation tout autant plasticien que metteur en scène. Celle-ci met ici en exergue la capacité des peintres à s'appuyer, à user – souvent de façon subtile et délicate – d'une dramaturgie, &quot;canevas&quot; guidant, de manière inconsciente ou pas, de nombreuses créations picturales. En retour, le théâtre et ses unités de temps, de lieu et d'action ont cette faculté à donner un supplément de vivacité à l'inerte… à leur donner de nouvelles tournures métaphoriques dans l'interprétation de ces sens ou non-sens. Cette approche singulière est particulièrement évidente dans la dernière partie du spectacle où s'effectue un changement d'ambiance avec une atmosphère plus rock – riffs de guitare en fond sonore – et plus lumineuse.       <br />
              <br />
       Paraissent alors neuf personnages en robes de couleur, portant des masques <span style="font-style:italic">(3)</span>, tous différents, horrifiques ou grotesques ou burlesques… au-delà du fantastique ! Chacun, se voyant attribué une chaise, effectue un jeu burlesque autour de celle-ci. Puis Ensor nous rappelle son ancrage à Ostende, sa ville de naissance (&quot;J'aime revenir à Ostende, la nuit&quot;) avant que les masques tombent. Le final se met en place en une forme de déménagement, avec une mise en place sur le plateau plus ou moins désordonnée d'accessoires, d'objets variés : fauteuils, canapé, malle, valises, plantes vertes, petites volières, bassine, seau, skis, portant avec vêtements, etc., comme une composition picturale improvisée… ou pas ! Dans le cadre de la porte, en fond, projection de détails de tableaux de James Ensor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94843324-66431980.jpg?v=1712168236" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      L'art de la création hors cadre de Serge Noyelle et Marion Coutris est ici à son summum et la puissance de leur inspiration s'exprime pleinement dans leur hommage à James Ensor (&quot;Les masques scandalisés&quot;, &quot;L'intrigue&quot;, &quot;L'entrée du christ à Bruxelles&quot;, etc.), mais aussi dans les références à Félicien Rops (&quot;Pornokratès&quot;, 1878), aux femmes en robe blanche de Paul Delvaux et à l'univers de Magritte.        <br />
              <br />
       Et l'un des points forts de la mise en scène de Serge Noyelle et de l'apport dramaturgique de Marion Coutris réside dans la construction spectaculaire et maîtrisée des différentes séquences, dans leur enchaînement, dans la subtile mécanique qui associe, avec justesse, scènes purement visuelles et interventions textuelles. Un autre est sans conteste l'intelligence du choix des comédiennes, comédiens, musiciennes et musiciens qui sont ici tous à la bonne place pour exprimer totalement leurs talents.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) James Ensor est un peintre belge né à Ostende le 13 avril 1860 et mort dans cette même ville le 19 novembre 1949.       <br />
       (2) Cercle artistique belge d'avant-garde créé en 1883 à Bruxelles par Octave Maus. Après sa dissolution en 1894, celui-ci deviendra La Libre Esthétique.       <br />
       (3) Ces masques – ceux du carnaval d'Ostende – sont très présents dans les toiles d'Ensor, occupant une place de choix dans la thématique de l'artiste. On les trouve dans &quot;L'intrigue&quot;, &quot;The troubled masks (Les masques intrigués)&quot;, &quot;Les masques singuliers&quot;, &quot;Ensor aux masques&quot;, par exemple.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Porte d'Ensor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94843324-66431981.jpg?v=1712168279" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Création Théâtre des Calanques mars-avril 2024.       <br />
       Texte et dramaturgie : Marion Coutris.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Serge Noyelle.       <br />
       Avec : Rémy Brès-Feuillet, Marion Coutris, Pascal Delalée, Nino Djerbir, Andrés García Martínez, Camille Noyelle, Hugo Olagnon, Leonardo Santini, Geneviève Sorin, Bellkacem Tir.       <br />
       Bande sonore : Patrick Cascino (piano), Didier Lévêque (accordéon), Magali Rubio (clarinette), Marco Quesada (guitare), Charly Thomas (contrebasse).       <br />
       Adaptation lyrique et accordéon : Rémy Brès-Feuillet.       <br />
       Composition musicale : Marco Quesada, Patrick Cascino et Purcell, Monteverdi, Vivaldi, Haendel.       <br />
       Lumières : Serge Noyelle et Loane Mathey.       <br />
       Vidéo : Cédric Cartaut.       <br />
       Son : Alexandre Pierre.       <br />
       Régisseur général : Thibault Arragon de Combas.       <br />
       Co-production Théâtre des Calanques et Groupe 444, soutien à la production Fransbrood Production (Gent).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">12, 13 et 14 mars 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30.       <br />
       Théâtre des Calanques, 35, traverse de Carthage, Marseille 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 04 91 75 64 59.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('reservation@theatredescalanques.com')" >reservation@theatredescalanques.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescalanques.com/la-porte-densor" target="_blank">&gt;&gt; theatredescalanques.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94843324-66431978.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale</title>
   <pubDate>Thu, 14 Nov 2024 17:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sous l'influence des archets artistiques des musiciens du verbe et du mouvement que sont Serge Noyelle et Marion Coutris, le "Tartuffe" de Molière prend une nouvelle dimension, aux confins des fêlures familiales et des paradoxes existentiels des individus masculins et féminins qui composent une famille. Entrer avec vélocité et sans répit dans le labyrinthe de ces relations familiales, c'est ce que nous proposent les deux artistes créateurs du Théâtre des Calanques de Marseille. Une relecture décoiffante tant par le traitement du texte de Molière que par l'empreinte virtuose emplie de vivacité imprimée par une distribution homogène et talentueuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187485.jpg?v=1706713172" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Introduction tonitruante, festive, sur un rythme échevelé, avec une énergie juvénile envahissant le plateau, comédiennes et comédiens jouant de leurs répliques avec une diction irréprochable. Le ton est donné, le parti pris d'une fringante dynamique, insufflée par une troupe portée par sa jeunesse et son enthousiasme, est indéniablement le choix fait par Serge Noyelle et Marion Coutris pour donner à voir et à entendre leur version du &quot;Tartuffe&quot; de Molière, pièce oscillant – déjà à l'origine –, dans un équilibre précaire, entre malicieuse parodie, humour espiègle et cynique tragédie.       <br />
              <br />
       Et si certaines lectures du texte purent donner des approches plus jésuites et/ou congréganistes, ici, c'est le microcosme familial qui est au centre des impostures perpétrées par Tartuffe l'usurpateur. Ainsi, en amont des malfaisances et des tartufferies du pseudo-homme de bien, les composantes de la bourgeoise famille, aux faiblesses déjà sous-jacentes, se mettent tour à tour en place pour exprimer leur fragile conviction et/ou détermination.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187486.jpg?v=1706713199" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      En premier lieu, c'est Madame Pernelle qui, tel un chien dans un jeu de quilles, contrarie avec violence l'ambiance de fête initiée en préambule. Interprétée par une Marion Coutris magistrale, à l'envahissante mais efficace gestuelle de sémaphore, celle-ci nous offre une prestation énergique, remarquable dans sa défense du modèle préconisé par ce prétendu dévot personnage qu'est Tartuffe. Les tirades qui suivent sont aiguisées, vives, presque musicales, dans des tempos bouillonnants, allant de l'allegro au prestissimo… sans faillir !       <br />
              <br />
       S'ensuit, dans une logique implacable, injonction, confrontation, soutien et tentative de réconciliation. Pour la première, c'est Marianne (Louison Bergman, maîtrisant une intelligente retenue tout en usant de subtiles nuances lui permettant de se montrer un peu plus ardente lors de discussions avec son amant Valère) promise par son père Orgon (Nino Djerbir) à Tartuffe (Lucas Bonetti). Elle exprimera, dans un premier temps, un simple émoi scandalisé. Pour la deuxième, c'est notamment la passe d'armes exemplaire entre Orgon et Dorine (Jeanne Noyelle) sur cet arrangement marital. Tous deux, brillants, s'affrontent en faisant montre d'une réelle maestria dans la gestion colorée de leurs échanges, laissant presque paraître un combat à fleurets mouchetés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187487.jpg?v=1706713412" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Et que dire de Camille Noyelle, étonnante, interprétant avec talent – en utilisant une palette d'émotions variée – le rôle d'Elmire… particulièrement exceptionnelle dans les faux-semblants du discours amoureux reçu de Tartuffe ou faussement émis à son intention. C'est là l'une des forces du &quot;casting&quot; opéré par Serge Noyelle et Marion Coutris : une distribution parfaitement équilibrée, très généreuse, jeune, limite espiègle, voire enjouée et impertinente. Tous sont crédibles, autant dans leurs excès que dans leurs théâtrales réserves. La distribution des rôles est cohérente, chacun portant son texte avec densité, concentration, tout en proposant une expression de leur personnage énergique et d'une grande vivacité.       <br />
              <br />
       La mise en scène imprime parfois une partition plus chorégraphique avec une large utilisation du plateau et beaucoup de déplacements aux élans aériens, suggestion référencée de quelques pas de danse. De temps à autre, c'est le burlesque qui fait une furtive apparition, notamment dans l'un des derniers échanges entre Orgon et sa mère. La scénographie, quant à elle, est écrite dans une élégante sobriété avec une imposante table – sur laquelle aucun banquet n’aura lieu, symbole probable d’une réunification familiale à venir – au presque centre et, de part et d’autre, un canapé à jardin et un fauteuil à cour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187488.jpg?v=1706713447" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Tout concourt ici à nous révéler une version contemporaine du &quot;Tartuffe&quot; de Molière où une jeune troupe de comédiennes et comédiens nous transmet, avec générosité et fougue, toute la puissance et la vitalité de cette pièce qui reste en connexion avec nos dérives familiales actuelles et une actualité riche en drames. Bien sûr, face aux tartufferies et impostures exprimées, chacun définira celles qui le concernent ou qui le mettent en perspective au regard de nos tragédies présentes. C'est sans aucun doute là l'une des plus belles réussites de la proposition de Marion Coutris et Serge Noyelle.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Tartuffe"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187489.jpg?v=1731604766" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Serge Noyelle.       <br />
       Scénographie Serge Noyelle et Marion Coutris.       <br />
       Dramaturgie : Marion Coutris.       <br />
       Avec : Louison Bergman, Lucas Bonetti, Marion Coutris, Nino Djerbir, Thibaut Kuttler, Robin Mannella, Jeanne Noyelle, Camille Noyelle, Romain Noury, Guilhem Saly.       <br />
       Directeur technique : Bernard Faradji.       <br />
       Régisseur lumière : Richard Psourtseff.       <br />
       Régisseuse générale : Louna Boissaye.       <br />
       Direction de production Benoit Kasolter.       <br />
       Production : Théâtre des Calanques.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 21, 22 et 23 novembre 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30.       <br />
       Théâtre des Calanques, Marseille 8e, 04 91 75 64 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescalanques.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredescalanques.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84246117-60187490.jpg?v=1706713514" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Les soirs de représentations, une navette gratuite part de Castellane à 19 h 15, sur réservation.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84246117-60187489.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Tartuffe-Instrument-analytique-pour-l-etude-de-la-composition-et-d-une-decomposition-de-la-cellule-familiale_a4082.html</link>
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   <title>"La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale</title>
   <pubDate>Thu, 04 Apr 2024 08:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Après un "Tartuffe" magnifiquement réussi en janvier dernier et apprécié jusqu'à Pékin (dans le cadre d'une tournée en Chine), Serge Noyelle et Marion Coutris récidivent avec une nouvelle création, La Porte d'Ensor", qui baguenaude avec délectation sur les sentiers de l'art pictural et explore la théâtralité et la dramaturgie des œuvres du courant "expressionniste" belge, entre autres, de la fin du XIXe, début XXe, représentée par James Ensor(1) et Félicien Rops – tous deux firent partie du Groupe des Vingt(2). Seront aussi convoqués, pour leurs spécificités imaginatives et leurs esthétiques expressionnistes et/ou surréalistes, Paul Delvaux, René Magritte, Munch…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79228898-57406797.jpg?v=1711826046" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      En fond de scène, au centre, comme peinte au milieu de nulle part, une porte à deux battants fermée. Que va-t-il en surgir ? Qu'y a-t-il derrière cette porte ? Qui va en franchir le seuil ? Très vite, un à un, parfois à deux, des hommes habillés en noir, empruntant chacun des attitudes différentes, vont passer ce gué, entrer puis sortir, discrètement ou pas, effarouché ou pas, parfois jouant d'une gestuelle burlesque, générant étrangeté, curiosité… Y a-t-il, dans cet acte, dans ce cortège insolite, un secret, un imaginaire à dévoiler ?       <br />
              <br />
       Sans aucun doute, celui-ci se construisant par la succession de simulacres visuels fantasmagoriques, cortège d'images fugaces, intemporelles, représentations oniriques ou insolites, parfois décalées, burlesques ou inscrites dans des réalités créatrices passées, toutes ces propositions, de manière compréhensible ou pas – selon la connaissance que chacun peut avoir des artistes susnommés –, faisant référence à des expressions picturales existantes, à des œuvres concrètes, dont le champ esthétique libre et singulier se définit comme un hommage avéré à James Ensor, l'homme et son histoire, l'œuvre bien sûr, mais aussi les influences initiées par ses admirations pour ses pairs et l'environnement artistique de son époque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79228898-57406799.jpg?v=1711826072" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Ces tableaux vivants ainsi représentés sont entrecoupés parfois de monologues descriptifs, d'échanges de répliques entre différents personnages et James Ensor. Pour exemple, une jeune fille (surprenante et talentueuse Camille Noyelle), parée d'étoffes, de dentelles et de bottines blanches, surgit, repart, ressurgit, visage étonné, gestes mécaniques, se mouvant en pas glissants. S'ensuit, dans une manière de soliloque, un autoportrait d'Ensor qui passe de la description détaillée de son visage à celle, très imagée, de haut en bas, de l'ensemble de son corps. La jeune fille en blanc réapparaîtra régulièrement, dessinant un cercle de confettis blanc ou déambulant dans des attitudes somnambulesques, voire inquiétantes, ou encore donnant la réplique à Ensor et son parapluie.       <br />
              <br />
       Puis de nouvelles séquences se succèdent, sans cohérence apparente… mais toutes génèrent une forme de surprise ludique alimentant l'attention du spectateur… Arrivée d'une violoniste, puis d'un accordéoniste chanteur (Rémy Brès-Feuillet) à la voix magnifiquement maîtrisée de contre-ténor. Suivent quatre danseurs, tous en marcel… exécutant une chorégraphie élégamment désordonnée. Un autre, élancé, en robe noire, gracieux, exécutera de longs mouvements rapides et aériens. Les scènes sont nombreuses et inventives, toutes étudiées avec une précision plastique réussie. On va sans cesse de surprises en surprises, chacune jouant d'effets surprenants et imprévus. On n'est jamais dans l'attendu.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79228898-57406803.jpg?v=1711826096" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Ce mode d'expression, très visuel, est, par excellence, la marque de fabrique de Serge Noyelle, étant par sa formation tout autant plasticien que metteur en scène. Celle-ci met ici en exergue la capacité des peintres à s'appuyer, à user – souvent de façon subtile et délicate – d'une dramaturgie, &quot;canevas&quot; guidant, de manière inconsciente ou pas, de nombreuses créations picturales. En retour, le théâtre et ses unités de temps, de lieu et d'action ont cette faculté à donner un supplément de vivacité à l'inerte… à leur donner de nouvelles tournures métaphoriques dans l'interprétation de ces sens ou non-sens. Cette approche singulière est particulièrement évidente dans la dernière partie du spectacle où s'effectue un changement d'ambiance avec une atmosphère plus rock – riffs de guitare en fond sonore – et plus lumineuse.       <br />
              <br />
       Paraissent alors neuf personnages en robes de couleur, portant des masques(3), tous différents, horrifiques ou grotesques ou burlesques… au-delà du fantastique ! Chacun, se voyant attribué une chaise, effectue un jeu burlesque autour de celle-ci. Puis Ensor nous rappelle son ancrage à Ostende, sa ville de naissance (&quot;J'aime revenir à Ostende, la nuit&quot;) avant que les masques tombent. Le final se met en place en une forme de déménagement, avec une mise en place sur le plateau plus ou moins désordonnée d'accessoires, d'objets variés : fauteuils, canapé, malle, valises, plantes vertes, petites volières, bassine, seau, skis, portant avec vêtements, etc., comme une composition picturale improvisée… ou pas ! Dans le cadre de la porte, en fond, projection de détails de tableaux de James Ensor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79228898-57453716.jpg?v=1712168236" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      L'art de la création hors cadre de Serge Noyelle et Marion Coutris est ici à son summum et la puissance de leur inspiration s'exprime pleinement dans leur hommage à James Ensor (&quot;Les masques scandalisés&quot;, &quot;L'intrigue&quot;, &quot;L'entrée du christ à Bruxelles&quot;, etc.), mais aussi dans les références à Félicien Rops (&quot;Pornokratès&quot;, 1878), aux femmes en robe blanche de Paul Delvaux et à l'univers de Magritte.        <br />
              <br />
       Et l'un des points forts de la mise en scène de Serge Noyelle et de l'apport dramaturgique de Marion Coutris réside dans la construction spectaculaire et maîtrisée des différentes séquences, dans leur enchaînement, dans la subtile mécanique qui associe, avec justesse, scènes purement visuelles et interventions textuelles. Un autre est sans conteste l'intelligence du choix des comédiennes, comédiens, musiciennes et musiciens qui sont ici tous à la bonne place pour exprimer totalement leurs talents.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) James Ensor est un peintre belge né à Ostende le 13 avril 1860 et mort dans cette même ville le 19 novembre 1949.       <br />
       (2) Cercle artistique belge d'avant-garde créé en 1883 à Bruxelles par Octave Maus. Après sa dissolution en 1894, celui-ci deviendra La Libre Esthétique.       <br />
       (3) Ces masques – ceux du carnaval d'Ostende – sont très présents dans les toiles d'Ensor, occupant une place de choix dans la thématique de l'artiste. On les trouve dans &quot;L'intrigue&quot;, &quot;The troubled masks (Les masques intrigués)&quot;, &quot;Les masques singuliers&quot;, &quot;Ensor aux masques&quot;, par exemple.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Porte d'Ensor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79228898-57453717.jpg?v=1712168279" alt=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" title=""La Porte d'Ensor" Dans une forme d'imaginaire plastique et théâtral, dévoiler la dramaturgie inhérente à toute œuvre picturale" />
     </div>
     <div>
      Création 2024.       <br />
       Texte et dramaturgie : Marion Coutris.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Serge Noyelle.       <br />
       Avec : Rémy Brès-Feuillet, Marion Coutris, Pascal Delalée, Nino Djerbir, Andrés García Martínez, Camille Noyelle, Hugo Olagnon, Leonardo Santini, Geneviève Sorin, Bellkacem Tir.       <br />
       Bande sonore : Patrick Cascino (piano), Didier Lévêque (accordéon), Magali Rubio (clarinette), Marco Quesada (guitare), Charly Thomas (contrebasse).       <br />
       Adaptation lyrique et accordéon : Rémy Brès-Feuillet.       <br />
       Composition musicale : Marco Quesada, Patrick Cascino et Purcell, Monteverdi, Haendel.       <br />
       Lumières : Serge Noyelle et Cédric Cartaut.       <br />
       Vidéo : Cédric Cartaut.       <br />
       Son : Bastien Boni.       <br />
       Régisseur général : Thibault Arragon de Combas.       <br />
              <br />
       Coproduction Théâtre des Calanques et Groupe 444, soutien à la production Fransbrood Production (Gent).       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 22, 23, 26, 28, 29 et 30 mars 2024.</b>       <br />
       À 20 h 30.       <br />
       Théâtre des Calanques - Pôle Européen des Suds, Marseille 8e, 04 91 75 64 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescalanques.com/la-porte-densor" target="_blank">&gt;&gt; theatredescalanques.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79228898-57406797.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Porte-d-Ensor-Dans-une-forme-d-imaginaire-plastique-et-theatral-devoiler-la-dramaturgie-inherente-a-toute-oeuvre_a3860.html</link>
  </item>

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   <title>"Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale</title>
   <pubDate>Wed, 31 Jan 2024 15:35:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sous l'influence des archets artistiques des musiciens du verbe et du mouvement que sont Serge Noyelle et Marion Coutris, le "Tartuffe" de Molière prend une nouvelle dimension, aux confins des fêlures familiales et des paradoxes existentiels des individus masculins et féminins qui composent une famille. Entrer avec vélocité et sans répit dans le labyrinthe de ces relations familiales, c'est ce que nous proposent les deux artistes créateurs du Théâtre des Calanques de Marseille. Une relecture décoiffante tant par le traitement du texte de Molière que par l'empreinte virtuose emplie de vivacité imprimée par une distribution homogène et talentueuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721857.jpg?v=1706713172" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Introduction tonitruante, festive, sur un rythme échevelé, avec une énergie juvénile envahissant le plateau, comédiennes et comédiens jouant de leurs répliques avec une diction irréprochable. Le ton est donné, le parti pris d'une fringante dynamique, insufflée par une troupe portée par sa jeunesse et son enthousiasme, est indéniablement le choix fait par Serge Noyelle et Marion Coutris pour donner à voir et à entendre leur version du &quot;Tartuffe&quot; de Molière, pièce oscillant – déjà à l'origine –, dans un équilibre précaire, entre malicieuse parodie, humour espiègle et cynique tragédie.       <br />
              <br />
       Et si certaines lectures du texte purent donner des approches plus jésuites et/ou congréganistes, ici, c'est le microcosme familial qui est au centre des impostures perpétrées par Tartuffe l'usurpateur. Ainsi, en amont des malfaisances et des tartufferies du pseudo-homme de bien, les composantes de la bourgeoise famille, aux faiblesses déjà sous-jacentes, se mettent tour à tour en place pour exprimer leur fragile conviction et/ou détermination.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721873.jpg?v=1706713199" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      En premier lieu, c'est Madame Pernelle qui, tel un chien dans un jeu de quilles, contrarie avec violence l'ambiance de fête initiée en préambule. Interprétée par une Marion Coutris magistrale, à l'envahissante mais efficace gestuelle de sémaphore, celle-ci nous offre une prestation énergique, remarquable dans sa défense du modèle préconisé par ce prétendu dévot personnage qu'est Tartuffe. Les tirades qui suivent sont aiguisées, vives, presque musicales, dans des tempos bouillonnants, allant de l'allegro au prestissimo… sans faillir !       <br />
              <br />
       S'ensuit, dans une logique implacable, injonction, confrontation, soutien et tentative de réconciliation. Pour la première, c'est Marianne (Louison Bergman, maîtrisant une intelligente retenue tout en usant de subtiles nuances lui permettant de se montrer un peu plus ardente lors de discussions avec son amant Valère) promise par son père Orgon (Nino Djerbir) à Tartuffe (Lucas Bonetti). Elle exprimera, dans un premier temps, un simple émoi scandalisé. Pour la deuxième, c'est notamment la passe d'armes exemplaire entre Orgon et Dorine (Jeanne Noyelle) sur cet arrangement marital. Tous deux, brillants, s'affrontent en faisant montre d'une réelle maestria dans la gestion colorée de leurs échanges, laissant presque paraître un combat à fleurets mouchetés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721921.jpg?v=1706713412" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Et que dire de Camille Noyelle, étonnante, interprétant avec talent – en utilisant une palette d'émotions variée – le rôle d'Elmire… particulièrement exceptionnelle dans les faux-semblants du discours amoureux reçu de Tartuffe ou faussement émis à son intention. C'est là l'une des forces du &quot;casting&quot; opéré par Serge Noyelle et Marion Coutris : une distribution parfaitement équilibrée, très généreuse, jeune, limite espiègle, voire enjouée et impertinente. Tous sont crédibles, autant dans leurs excès que dans leurs théâtrales réserves. La distribution des rôles est cohérente, chacun portant son texte avec densité, concentration, tout en proposant une expression de leur personnage énergique et d'une grande vivacité.       <br />
              <br />
       La mise en scène imprime parfois une partition plus chorégraphique avec une large utilisation du plateau et beaucoup de déplacements aux élans aériens, suggestion référencée de quelques pas de danse. De temps à autre, c'est le burlesque qui fait une furtive apparition, notamment dans l'un des derniers échanges entre Orgon et sa mère. La scénographie, quant à elle, est écrite dans une élégante sobriété avec une imposante table – sur laquelle aucun banquet n’aura lieu, symbole probable d’une réunification familiale à venir – au presque centre et, de part et d’autre, un canapé à jardin et un fauteuil à cour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721923.jpg?v=1706713447" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Tout concourt ici à nous révéler une version contemporaine du &quot;Tartuffe&quot; de Molière où une jeune troupe de comédiennes et comédiens nous transmet, avec générosité et fougue, toute la puissance et la vitalité de cette pièce qui reste en connexion avec nos dérives familiales actuelles et une actualité riche en drames. Bien sûr, face aux tartufferies et impostures exprimées, chacun définira celles qui le concernent ou qui le mettent en perspective au regard de nos tragédies présentes. C'est sans aucun doute là l'une des plus belles réussites de la proposition de Marion Coutris et Serge Noyelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Tartuffe"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721943.jpg?v=1706713477" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Serge Noyelle.       <br />
       Scénographie Serge Noyelle et Marion Coutris.       <br />
       Dramaturgie : Marion Coutris.       <br />
       Avec : Louison Bergman, Lucas Bonetti, Marion Coutris, Nino Djerbir, Julien Florès, Robin Mannella, Romain Noury, Camille Noyelle, Jeanne Noyelle, Guilhem Saly.       <br />
       Régisseur général : Bernard Faradji.       <br />
       Régisseur lumière : Richard Psourtseff.       <br />
       Régisseuse plateau : Louna Boissaye.       <br />
       Direction de production Benoit Kasolter.       <br />
       Production : Théâtre des Calanques.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 26 et 27 janvier, du 1er au 3 février 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30.       <br />
       Théâtre des Calanques, Marseille 8e, 04 91 75 64 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescalanques.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredescalanques.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78107560-56721944.jpg?v=1706713514" alt=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" title=""Le Tartuffe" Instrument analytique pour l'étude de la composition et d'une décomposition de la cellule familiale" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Les soirs de représentations, une navette gratuite part de Castellane à 19 h 15, sur réservation.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78107560-56721857.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Tartuffe-Instrument-analytique-pour-l-etude-de-la-composition-et-d-une-decomposition-de-la-cellule-familiale_a3805.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-44404945</guid>
   <title>"Barokko" Un opéra dans votre salon !</title>
   <pubDate>Fri, 03 Apr 2020 17:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[RV du Jour]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Captation intégrale Assister à un spectacle exceptionnel, opéra-théâtre unique, sous la plume virtuose de Marion Coutris et mis en scène par l'inventif, créatif Serge Noyelle, concepteur visuel et chef d'orchestre baroque à l'imagination chamarrée, voilà ce que vous offre le Théâtre Nono avec vous donnant à voir en intégralité "Barokko".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44404945-36308714.jpg?v=1585930304" alt=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" title=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" />
     </div>
     <div>
      Chaque spectacle du Théâtre Nono est une expérience rare. Successions de tableaux vivants très graphiques, séquencés par de surprenantes chorégraphies pleines de fougue, basculant parfois en langoureuses gestiques. Appuyée, guidée, emmenée par une trame narrative aux accents shakespeariens, la musique, les chœurs - celui des jeunes filles aux couronnes d'épines, des trois barbus chauves travelo, etc. - créent leurs propres chemins lyriques et processionnaires, fantasques, burlesques, captivant tous nos sens.       <br />
              <br />
       Serge Noyelle est ici l'architecte d'un vaisseau imaginaire surfant sur les représentations extravagantes, à la fois rebelle et iconoclaste, des figures rhétoriques du théâtre, des mythes et des récits en y adjoignant sa propre lecture d'un carnaval des rois fous tout autant rêvé que redouté.       <br />
              <br />
       Voici une belle occasion, d'en prendre plein les yeux et les oreilles, bref de s'évader pendant 1 h 30 de la planète &quot;Confinement&quot; pour se balader dans l'univers spectaculaire, singulier et décalé de &quot;Barokko&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44404945-36308751.jpg?v=1585930341" alt=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" title=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" />
     </div>
     <div>
      &quot;Barokko&quot;, opéra-théâtre, a obtenu en septembre 2019 le Grand Prix de la Critique du Festival international Baltiskyi Dom.       <br />
              <br />
       Nous vous souhaitons un beau voyage !       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Oh-les-beaux-jours--une-version-NoNo-dans-une-insolente-liberte-et-une-picturale-epure_a916.html" target="_blank">Lire aussi &gt;&gt; &quot;Oh les beaux jours&quot;, une version NoNo... dans une insolente liberté et une picturale épure</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/En-attendant-Godot-Fusion-burlesque-de-l-elegance-du-desespoir-et-de-la-poetique-de-la-cruaute_a2642.html" target="_blank">Lire aussi &gt;&gt; &quot;En attendant Godot&quot; Fusion burlesque de l'élégance du désespoir et de la poétique de la cruauté</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe src="https://player.vimeo.com/video/358813947" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen></iframe>
<p><a href="https://vimeo.com/358813947">Barokko</a> from <a href="https://vimeo.com/user93630139">Th&eacute;&acirc;tre des Calanques</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44404945-36308765.jpg?v=1585930420" alt=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" title=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" />
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      <b>&quot;Barokko&quot;</b>       <br />
       Mise en scène : Serge Noyelle.       <br />
       Texte et livret : Marion Coutris.       <br />
       Musique : Marco Quesada.       <br />
       Scénographie : Marie-Claude Garcia, Bertyl Rance.       <br />
       Avec : Alain Aubin, Lisa Barthélémy, Kristina Bazhenova, Lucas Bonetti, Rémy Brès, patrick Cascino, Estelle Chabretou, Aurélien Charrier, Idir Chatar, Marion Coutris, Ulyana Danilova, Flavio Franciulli, Camille Hamel, Caspar Hummel, Oleg Ivanov, Alexei Karakulov, Gérard Martin, Baptiste Martinez, Grégori Miège, Jeanne Noyelle, Anna Ogereltseva, Hwa Park-Dupré, Kristina Perina, William Petit, Marco Quesada, Simonne Rizzo, Magali Rubio, Guilhem Saly, Lucas Scalambrino, Noël Vergès.       <br />
       Costumes : Catherine Oliveira.       <br />
              <br />
       Théâtre des Calanques, 35, traverse de Carthage, Marseille 8e.       <br />
       reservation@theatredescalanques.com       <br />
       Tél. : 04 91 75 64 59       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescalanques.com/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre des Calanques anciennement Théâtre Nono.</a>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44404945-36308766.jpg?v=1585930441" alt=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" title=""Barokko" Un opéra dans votre salon !" />
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   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Barokko-Un-opera-dans-votre-salon-_a2704.html</link>
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