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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie</title>
   <pubDate>Thu, 03 Jul 2025 06:39:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deux hommes, fossoyeurs de leur état, sont dans un pays dévasté par la guerre et brûlent les morts, dans toute l'absurdité de leur quotidien. Parmi eux, une femme, laissée pour morte, se relève. Après s'être demandé que faire, les deux hommes la nourrissent et prennent finalement soin d'elle. Puis, elle se joint à eux pour entretenir le bûcher, mais ne leur adresse pas la parole. Elle ne parle qu'aux morts. La rescapée apportera à ces deux hommes blasés beaucoup de poésie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89693646-63379018.jpg?v=1689763508" alt="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Il en est souvent ainsi des choses envahissantes et dramatiques de la vie dont on se dit qu'il doit être impossible de parler, tant elles sont terrifiantes, dont on se dit qu'il est impossible de les représenter : la disparition, le deuil d'un enfant, la maladie, le suicide, la guerre et ses désastres.       <br />
       Surtout elle, LA GUERRE !       <br />
              <br />
       Pourtant, au théâtre tout semble possible et peut l'être de façon radicale, à compter du moment où une mise à plat d'un texte exceptionnel côtoie l'intelligence scénographique d'un metteur en scène de génie et le talent de comédiens expérimentés.       <br />
              <br />
       C'est le cas de cette pièce de la Compagnie Le Théâtre De Demain, créée à l'initiative d'Alexandre Tchobanoff en 2021, qui va se jouer au Théâtre du Girasole. Comment ne pas ressortir de cette pièce profondément transformée avec un nouveau regard sur l'absurdité de la guerre et l'inexorable incapacité des hommes à mêler leurs voix respectives dans ces moments-là.       <br />
              <br />
       Car de tout temps, l'incapacité de dialogue est de mise entre celles et ceux qui font la guerre et celles et ceux qui la subissent. L'Ukraine en est malheureusement un exemple terrifiant encore aujourd'hui…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89693646-63379019.jpg?v=1689763601" alt="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Comment s'approprier ces histoires où la voix du traumatisme domine et où la brutalité du réel vous submerge ? Il doit y avoir une voie d'écriture pour approcher cela. C'est une entreprise risquée, mais elle est importante. La scène doit avoir cette ambition-là : celle de s'ouvrir aux fureurs du monde. Comment prêter sa voix à ces hommes et femmes-là, avec un ton juste ? Comment dire cette horreur ?&quot;</span>, Laurent Gaudé.       <br />
              <br />
       Une de ses traversées humaines abominables dont parle l'auteur, c'est notamment celle d'une femme kosovare dont il lira l'histoire dans Libération, rescapée d'un massacre de son village, jetée dans un camion sur des cadavres et qui ne pouvait plus respirer. Ce fait inconcevable, mais pourtant bien réel, lui inspirera cette pièce bouleversante. Le fils de cette femme venait d'être abattu, son corps se trouvait sur le sien, tout comme celui de sa fille. Quant à elle, elle vivra !        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Mais à quoi ça sert de vivre à présent parce qu'ils les ont tous tués !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Face à de tels propos, ce sont en premier des images connues qui nous reviennent en mémoire, notamment celles du documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot;, film de 1956 dans lequel Alain Resnais documente l'abandon des camps nazis de Majdanek et Auschwitz. Ces images insoutenables ne nous ont jamais vraiment quittés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89693646-63379020.jpg?v=1689763626" alt="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Mais le théâtre n'a jamais été, n'est et ne sera jamais le cinéma ! Laurent Gaudé et Alexandre Tchobanoff le savent pertinemment et ce ne sont aucunement des charniers de corps entassés que cette pièce propose au public, mais une scénographie d'une intelligence fine et d'une sensibilité à couper le souffle dont on se dit que peut-être, l'appart de la vidéo n'apporte pas grand-chose tant le reste parle de lui-même.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai été très heureux de découvrir votre travail et de voir ainsi vivre mes mots&quot;, Laurent Gaudé à Alexandre Tchobanoff en 2022.       <br />
              <br />
       À notre humble avis, l'auteur peut l'être, heureux, d'avoir découvert l'an dernier le travail de ce metteur en scène, car il s'agit là d'un moment de théâtre foudroyant, grossi sans doute à son extrême par les échos qu'il nous en fait, dû aux circonstances mondiales que l'on connaît toutes et tous.       <br />
              <br />
       Cette rescapée, intemporelle par sa présence face aux circonstances, interprète de façon bouleversante un chant aux accents inconnus et enterre les morts, inlassablement, avec des gestes doux, certes comme nos deux fossoyeurs, mais à bien y regarder, leurs univers réciproques ne se rejoindront jamais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89693646-63379021.jpg?v=1689774518" alt="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      L'interprétation, toute en forte sobriété de Prica Lona, est paradoxalement fluide face aux terribles circonstances, mais aussi face aux attitudes parfois clownesques de nos deux fossoyeurs. Immanquablement, elle transmet l'idée que décidément la guerre, ça ne devrait pas exister !       <br />
              <br />
       Coincés par leurs préoccupations réciproques, répétitives et harassantes, les deux hommes, interprétés avec grande justesse par Arnaud Charbonnier et Olivier Hamel, oscillent entre désespoir risible et absurde. Ces deux comédiens transmettent une grande complicité dès les premiers instants de leur présence sur scène et séduisent le spectateur qui se promet, une fois prochaine, de leur apporter du savon pour qu'ils puissent se débarrasser de l'odeur pestilentielle qui ne disparaît pas.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça gratte sur les mains, ça démange !&quot;</span> Il n'y a pas de guérison possible pour eux. Pour la femme rescapée, tout semble néanmoins possible. Enterrer les morts pour finalement continuer à vivre.       <br />
       Le Théâtre du Girasole porte, en ce nouveau festival 2024, une pièce très riche et engagée qu'il ne fait absolument pas rater.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cendres sur les mains"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89693646-63379022.jpg?v=1689774551" alt="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2025• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Laurent Gaudé.       <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Prisca Lona.       <br />
       Avec : Arnaud Carbonnier, Olivier Hamel, Prisca Lona.       <br />
       Lumières : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Costumes : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona.       <br />
       Scénographie : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona.       <br />
       Par la Cie "Le Théâtre de demain".       <br />
       Tout public dès 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les lundis, jeudis et samedis à 14 h 05.       <br />
       Théâtre du Girasole, 24 bis, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 74 42.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/2025-3-a/" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/" target="_blank">>> theatredugirasole.fr</a>       <br />
              <br />
       Cette pièce se joue en alternance avec la pièce "Dans la solitude des champs de coton" de Bernard-Marie Koltès qui est donc représentée les mercredis, vendredis et dimanches à 14 h 05.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Cendres-sur-les-mains-La-fureur-du-monde-revisitee-par-l-absurde-et-grande-poesie_a4283.html</link>
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   <title>•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès</title>
   <pubDate>Tue, 01 Jul 2025 13:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une heure tardive de la nuit, le "Client" s'aventure dans l'obscurité d'un entrepôt désaffecté situé à la lisière de la ville, territoire du "Dealer" qu'il croise sur son chemin. Entre eux deux va s'instaurer un deal entre vendre et acheter… Mais quel est au juste l'objet de cet échange ? Ce face-à-face sous tension va, inéluctablement, lier le destin des deux protagonistes "dans l'infinie solitude de cette heure et de ce lieu".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89664413-63361449.jpg?v=1751371006" alt="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" title="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" />
     </div>
     <div>
      Certes, le théâtre, ce sont des mots, mais à bien y regarder, des corps aussi. Bien davantage. Des corps en rapport direct avec la sphère du monde et de ses choses qui nous guident pour être vivants ou en disparaître !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le corps est un signe vivant, un texte incarné dont chaque geste participe à l'élaboration du sens scénique&quot; (sic).</span> C'est, de toute évidence, ce biais particulier que le metteur en scène, Alexandre Tchobanoff, a choisi pour adapter cette pièce contemporaine incontournable de Bernard-Marie Koltès, approche tendue entre présence et effacement, force de &quot;la&quot; geste ou dimension plus feutrée et cotonneuse de celle-ci. Et il y est admirablement parvenu, en écho à ce que l'auteur lui-même en disait : <span style="font-style:italic">&quot;Il faut que le corps soit un lieu de tension extrême, un champ de bataille de la parole&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Avec du recul, nous avions déjà pu constater ce point particulier dans son adaptation des &quot;Cendres sur les mains&quot; de Laurent Gaudé, pièce dans laquelle Prisca Lona parvient aussi à porter le verbe d'un texte majeur tout en corps vocal. Elle y incarne, dans un mélange de force et de sobriété, une rescapée d'un champ de guerre, et son interprétation nous avait déjà profondément bouleversée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89664413-63361452.jpg?v=1751371102" alt="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" title="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" />
     </div>
     <div>
      Ici, aux côtés de sa partenaire, Justine Morel, son interprétation du Dealer n'en est pas moins fulgurante et férocement crue, toute habitée de tension lyrique et brute qui sublime la complexité du texte de Koltès.       <br />
              <br />
       Le parcours tourbillonnant d'Alexandre Tchobanoff, originaire de Bulgarie, artiste multiculturel et disciplinaire, directeur artistique du Théâtre de Sofia durant trois ans, appelé par la France en 1989 pour une mise en scène chorégraphiée à l'Opéra Garnier et formé dès l'enfance à la danse et à la musique, explique inévitablement cette dimension chorégraphique qu'il a su insuffler à ses deux comédiennes dont le jeu respectif, tout au long de la pièce, n'est pas sans rappeler le combat de deux félins prêts à en découdre.       <br />
              <br />
       C'est sensoriel, tendu, organique et remarquablement chorégraphié, en permanence &quot;sur le fil du rasoir&quot;, comme peuvent l'être les corps des danseurs chez qui l'intellect et l'émotion ne doivent pas s'opposer, mais bien plus être tissés par les corps. Uniquement par eux.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Tchobanoff, à laquelle la comédienne Prisca Lona est aussi partie prenante, se condense, à bien y regarder, comme un huis clos, et raconte de façon ingénieusement créative l'histoire des deux protagonistes avec, en toile de fond, la fureur de la ville qui jouxte le mystère d'un entrepôt abandonné, via une scénographie taillée au cordeau. C'est beau, à plusieurs niveaux, tant dans la forme et dans le fond.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89664413-63361631.jpg?v=1751372050" alt="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" title="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que nous assistons à une adaptation de cette pièce, mais nous pouvons affirmer haut et fort que c'est bien la première fois que sa substantifique moelle nous est apparue de manière clairvoyante et limpide en ayant su nous capturer en plein cœur.       <br />
              <br />
       Dans cette resplendissante joute oratoire aux allures de poème dramatico-philosophique, interprétée de mains de maître par les deux comédiennes, le thème du désir a réellement surgi sans avoir jamais bondi auparavant, désir dont, bien souvent, on ignore vraiment l'objet. &quot;Cet obscur objet du désir&quot;, flou et indicible, dont Lacan disait qu'il est le désir de l'autre avant tout.       <br />
              <br />
       Le Client, figure allégorique de cet échange commercial au cœur de la pièce et interprété très justement par Justine Morel, désire avant tout… désirer, mais passe son temps à nier ce même désir… Son jeu est porté par la voix haute et assurée de la comédienne, ainsi que par une grande intelligence expressive.       <br />
              <br />
       L'objet du désir n'est pas essentiel en lui-même, a dit Lacan. C'est avant tout un mouvement, une énergie et, en ce sens, Alexandre Tchobanoff l'a parfaitement saisi dans son parti pris &quot;chorégraphié&quot; et, encore une fois, puissamment organique. Les planches du théâtre servent aussi à cela : transcender la parole du dramaturge pour la porter au firmament d'un état qui peut aller jusqu'à le dépasser lui-même.       <br />
              <br />
       Dans ce très beau nouvel opus de &quot;La Solitude des champs de coton&quot; par Alexandre Tchobanoff et Prisca Lona, le texte de Koltès est sublimé, porté par des lumières et éclairages soignés et très expressifs, comme un troisième personnage. Par ailleurs, chacun des deux personnages est associé, à certains moments clés de la pièce, à un univers musical distinct, le Dealer par Mahler et le Client par Albert Ayler, figure centrale du free jazz au style incantatoire.       <br />
              <br />
       Soulignons enfin l'audace du metteur en scène dans le fait d'avoir choisi deux comédiennes aux allures plutôt androgynes, parti pris qui enveloppe le texte de Koltès d'une dimension politique pour le moins fine, dépourvue de clichés virils et convoquant ainsi ce qu'il y avait en effet à convoquer subtilement : l'être humain, l'homme ou la femme, dans leur ambiguïté intrinsèque face au désir.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la Solitude des champs de coton"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89664413-63361687.jpg?v=1751372547" alt="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" title="•Off 2025• "Dans la Solitude des champs de coton" Une adaptation organique en symbiose extra-lucide avec le texte de Koltès" />
     </div>
     <div>
      Texte : Bernard-Marie Koltès       <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Avec : Prisca Lona et Justine Morel.       <br />
       Lumières : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Scénographie et costumes : Alexandre Tchobanoff et Prisca Lona.       <br />
       Musiques : Gustave Mahler et Albert Ayler.       <br />
       Par la Cie Le Théâtre de Demain.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les mercredis, vendredis et dimanches à 14 h 05.       <br />
       Théâtre du Girasole, 24 bis, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 74 42.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/2025-3-b/" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/" target="_blank">>> theatredugirasole.fr</a>       <br />
              <br />
       Cette pièce se joue en alternance avec la pièce "Cendres sur les mains" de Laurent Gaudé qui est donc représentée les lundis, jeudis et samedis à 14 h 05.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Dans-la-Solitude-des-champs-de-coton-Une-adaptation-organique-en-symbiose-extra-lucide-avec-le-texte-de-Koltes_a4279.html</link>
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   <title>•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie</title>
   <pubDate>Sun, 09 Jun 2024 17:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deux hommes, fossoyeurs de leur état, sont dans un pays dévasté par la guerre et brûlent les morts, dans toute l'absurdité de leur quotidien. Parmi eux, une femme, laissée pour morte, se relève. Après s'être demandé que faire, les deux hommes la nourrissent et prennent finalement soin d'elle. Puis, elle se joint à eux pour entretenir le bûcher, mais ne leur adresse pas la parole. Elle ne parle qu'aux morts. La rescapée apportera à ces deux hommes blasés beaucoup de poésie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80855850-58294485.jpg?v=1689763508" alt="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Il en est souvent ainsi des choses envahissantes et dramatiques de la vie dont on se dit qu'il doit être impossible de parler, tant elles sont terrifiantes, dont on se dit qu'il est impossible de les représenter : la disparition, le deuil d'un enfant, la maladie, le suicide, la guerre et ses désastres.       <br />
       Surtout elle, LA GUERRE !       <br />
              <br />
       Pourtant, au théâtre tout semble possible et peut l'être de façon radicale, à compter du moment où une mise à plat d'un texte exceptionnel côtoie l'intelligence scénographique d'un metteur en scène de génie et le talent de comédiens expérimentés.       <br />
              <br />
       C'est le cas de cette pièce de la Compagnie Le Théâtre De Demain, créée à l'initiative d'Alexandre Tchobanoff en 2021, qui va se jouer au Théâtre du Girasole. Comment ne pas ressortir de cette pièce profondément transformée avec un nouveau regard sur l'absurdité de la guerre et l'inexorable incapacité des hommes à mêler leurs voix respectives dans ces moments-là.       <br />
              <br />
       Car de tout temps, l'incapacité de dialogue est de mise entre celles et ceux qui font la guerre et celles et ceux qui la subissent. L'Ukraine en est malheureusement un exemple terrifiant encore aujourd'hui…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80855850-58294486.jpg?v=1689763601" alt="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Comment s'approprier ces histoires où la voix du traumatisme domine et où la brutalité du réel vous submerge ? Il doit y avoir une voie d'écriture pour approcher cela. C'est une entreprise risquée, mais elle est importante. La scène doit avoir cette ambition-là : celle de s'ouvrir aux fureurs du monde. Comment prêter sa voix à ces hommes et femmes-là, avec un ton juste ? Comment dire cette horreur ?&quot;</span>, Laurent Gaudé.       <br />
              <br />
       Une de ses traversées humaines abominables dont parle l'auteur, c'est notamment celle d'une femme kosovare dont il lira l'histoire dans Libération, rescapée d'un massacre de son village, jetée dans un camion sur des cadavres et qui ne pouvait plus respirer. Ce fait inconcevable, mais pourtant bien réel, lui inspirera cette pièce bouleversante. Le fils de cette femme venait d'être abattu, son corps se trouvait sur le sien, tout comme celui de sa fille. Quant à elle, elle vivra !        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Mais à quoi ça sert de vivre à présent parce qu'ils les ont tous tués !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Face à de tels propos, ce sont en premier des images connues qui nous reviennent en mémoire, notamment celles du documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot;, film de 1956 dans lequel Alain Resnais documente l'abandon des camps nazis de Majdanek et Auschwitz. Ces images insoutenables ne nous ont jamais vraiment quittés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80855850-58294487.jpg?v=1689763626" alt="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Mais le théâtre n'a jamais été, n'est et ne sera jamais le cinéma ! Laurent Gaudé et Alexandre Tchobanoff le savent pertinemment et ce ne sont aucunement des charniers de corps entassés que cette pièce propose au public, mais une scénographie d'une intelligence fine et d'une sensibilité à couper le souffle dont on se dit que peut-être, l'appart de la vidéo n'apporte pas grand-chose tant le reste parle de lui-même.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai été très heureux de découvrir votre travail et de voir ainsi vivre mes mots&quot;, Laurent Gaudé à Alexandre Tchobanoff en 2022.       <br />
              <br />
       À notre humble avis, l'auteur peut l'être, heureux, d'avoir découvert l'an dernier le travail de ce metteur en scène, car il s'agit là d'un moment de théâtre foudroyant, grossi sans doute à son extrême par les échos qu'il nous en fait, dû aux circonstances mondiales que l'on connaît toutes et tous.       <br />
              <br />
       Cette rescapée, intemporelle par sa présence face aux circonstances, interprète de façon bouleversante un chant aux accents inconnus et enterre les morts, inlassablement, avec des gestes doux, certes comme nos deux fossoyeurs, mais à bien y regarder, leurs univers réciproques ne se rejoindront jamais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80855850-58294488.jpg?v=1689774518" alt="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      L'interprétation, toute en forte sobriété de Prica Lona, est paradoxalement fluide face aux terribles circonstances, mais aussi face aux attitudes parfois clownesques de nos deux fossoyeurs. Immanquablement, elle transmet l'idée que décidément la guerre, ça ne devrait pas exister !       <br />
              <br />
       Coincés par leurs préoccupations réciproques, répétitives et harassantes, les deux hommes, interprétés avec grande justesse par Arnaud Charbonnier et Olivier Hamel, oscillent entre désespoir risible et absurde. Ces deux comédiens transmettent une grande complicité dès les premiers instants de leur présence sur scène et séduisent le spectateur qui se promet, une fois prochaine, de leur apporter du savon pour qu'ils puissent se débarrasser de l'odeur pestilentielle qui ne disparaît pas.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça gratte sur les mains, ça démange !&quot;</span> Il n'y a pas de guérison possible pour eux. Pour la femme rescapée, tout semble néanmoins possible. Enterrer les morts pour finalement continuer à vivre.       <br />
       Le Théâtre du Girasole porte, en ce nouveau festival 2024, une pièce très riche et engagée qu'il ne fait absolument pas rater.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cendres sur les mains"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80855850-58294489.jpg?v=1689774551" alt="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2024• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Laurent Gaudé.       <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Prisca Lona.       <br />
       Avec : Arnaud Carbonnier, Olivier Hamel, Prisca Lona.       <br />
       Lumières : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Costumes : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona.       <br />
       Scénographie : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona.       <br />
       Par la Cie &quot;Le Théâtre de demain&quot;.       <br />
       Tout public dès 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h 10. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Girasole,  24 bis, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 74 42.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredugirasole.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80855850-58294485.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Cendres-sur-les-mains-La-fureur-du-monde-revisitee-par-l-absurde-et-grande-poesie_a3934.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie</title>
   <pubDate>Wed, 19 Jul 2023 12:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Deux hommes, fossoyeurs de leur état, sont dans un pays dévasté par la guerre et brûlent les morts, dans toute l'absurdité de leur quotidien. Parmi eux, une femme, laissée pour morte, se relève. Après s'être demandé que faire, les deux hommes la nourrissent et prennent finalement soin d'elle. Puis, elle se joint à eux pour entretenir le bûcher, mais ne leur adresse pas la parole. Elle ne parle qu'aux morts. La rescapée apportera à ces deux hommes blasés beaucoup de poésie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74133865-51562695.jpg?v=1689763508" alt="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Il en est souvent ainsi des choses envahissantes et dramatiques de la vie dont on se dit qu'il doit être impossible de parler, tant elles sont terrifiantes, dont on se dit qu'il est impossible de les représenter : la disparition, le deuil d'un enfant, la maladie, le suicide, la guerre et ses désastres.       <br />
       Surtout elle, LA GUERRE !       <br />
              <br />
       Pourtant, au théâtre tout semble possible et peut l'être de façon radicale, à compter du moment où une mise à plat d'un texte exceptionnel côtoie l'intelligence scénographique d'un metteur en scène de génie et le talent de comédiens expérimentés.       <br />
              <br />
       C'est le cas de cette pièce de la Compagnie Le Théâtre De Demain, créée à l'initiative d'Alexandre Tchobanoff en 2021, qui se joue actuellement au Théâtre des Carmes André Benedetto. Comment ne pas ressortir de cette pièce profondément transformée avec un nouveau regard sur l'absurdité de la guerre et l'inexorable incapacité des hommes à mêler leurs voix respectives dans ces moments-là.       <br />
              <br />
       Car de tout temps, l'incapacité de dialogue est de mise entre celles et ceux qui font la guerre et celles et ceux qui la subissent. L'Ukraine en est malheureusement un exemple terrifiant encore aujourd'hui…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74133865-51562698.jpg?v=1689763601" alt="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Comment s'approprier ces histoires où la voix du traumatisme domine et où la brutalité du réel vous submerge ? Il doit y avoir une voie d'écriture pour approcher cela. C'est une entreprise risquée, mais elle est importante. La scène doit avoir cette ambition-là : celle de s'ouvrir aux fureurs du monde. Comment prêter sa voix à ces hommes et femmes-là, avec un ton juste ? Comment dire cette horreur ?&quot;</span>, Laurent Gaudé.       <br />
              <br />
       Une de ses traversées humaines abominables dont parle l'auteur, c'est notamment celle d'une femme kosovare dont il lira l'histoire dans Libération, rescapée d'un massacre de son village, jetée dans un camion sur des cadavres et qui ne pouvait plus respirer. Ce fait inconcevable, mais pourtant bien réel, lui inspirera cette pièce bouleversante. Le fils de cette femme venait d'être abattu, son corps se trouvait sur le sien, tout comme celui de sa fille. Quant à elle, elle vivra !        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Mais à quoi ça sert de vivre à présent parce qu'ils les ont tous tués !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Face à de tels propos, ce sont en premier des images connues qui nous reviennent en mémoire, notamment celles du documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot;, film de 1956 dans lequel Alain Resnais documente l'abandon des camps nazis de Majdanek et Auschwitz. Ces images insoutenables ne nous ont jamais vraiment quittés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74133865-51562941.jpg?v=1689763626" alt="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Mais le théâtre n'a jamais été, n'est et ne sera jamais le cinéma ! Laurent Gaudé et Alexandre Tchobanoff le savent pertinemment et ce ne sont aucunement des charniers de corps entassés que cette pièce propose au public, mais une scénographie d'une intelligence fine et d'une sensibilité à couper le souffle dont on se dit que peut-être, l'appart de la vidéo n'apporte pas grand-chose tant le reste parle de lui-même.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai été très heureux de découvrir votre travail et de voir ainsi vivre mes mots&quot;, Laurent Gaudé à Alexandre Tchobanoff en 2022.       <br />
              <br />
       À notre humble avis, l'auteur peut l'être, heureux, d'avoir découvert l'an dernier le travail de ce metteur en scène, car il s'agit là d'un moment de théâtre foudroyant, grossi sans doute à son extrême par les échos qu'il nous en fait, dû aux circonstances mondiales que l'on connaît toutes et tous.       <br />
              <br />
       Cette rescapée, intemporelle par sa présence face aux circonstances, interprète de façon bouleversante un chant aux accents inconnus et enterre les morts, inlassablement, avec des gestes doux, certes comme nos deux fossoyeurs, mais à bien y regarder, leurs univers réciproques ne se rejoindront jamais.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74133865-51563066.jpg?v=1689774518" alt="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      L'interprétation, toute en forte sobriété de Prica Lona, est paradoxalement fluide face aux terribles circonstances, mais aussi face aux attitudes parfois clownesques de nos deux fossoyeurs. Immanquablement, elle transmet l'idée que décidément la guerre, ça ne devrait pas exister !       <br />
              <br />
       Coincés par leurs préoccupations réciproques, répétitives et harassantes, les deux hommes, interprétés avec grande justesse par Arnaud Charbonnier et Olivier Hamel, oscillent entre désespoir risible et absurde. Ces deux comédiens transmettent une grande complicité dès les premiers instants de leur présence sur scène et séduisent le spectateur qui se promet, une fois prochaine, de leur apporter du savon pour qu'ils puissent se débarrasser de l'odeur pestilentielle qui ne disparaît pas.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça gratte sur les mains, ça démange !&quot;</span> Il n'y a pas de guérison possible pour eux. Pour la femme rescapée, tout semble néanmoins possible. Enterrer les morts pour finalement continuer à vivre.       <br />
       Le Théâtre des Carmes André Benedetto, fondateur du Festival Off en 1963, fête cette année ses soixante ans et porte, en ce nouveau festival 2023, une pièce très riche et engagée qu'il ne fait absolument pas rater.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cendres sur les mains"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74133865-51566179.jpg?v=1689774551" alt="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" title="•Off 2023• "Cendres sur les mains" La fureur du monde revisitée par l'absurde et grande poésie" />
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      Texte : Laurent Gaudé.       <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Prisca Lona.       <br />
       Avec : Arnaud Carbonnier, Olivier Hamel, Prisca Lona.       <br />
       Par la Cie &quot;Le Théâtre de demain&quot;.       <br />
       Tout public dès 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 45. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre des Carmes André Benedetto, 6, place des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 20 47.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredescarmes.com/" target="_blank">&gt;&gt; http://www.theatredescarmes.com/</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74133865-51562695.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Cendres-sur-les-mains-La-fureur-du-monde-revisitee-par-l-absurde-et-grande-poesie_a3686.html</link>
  </item>

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   <title>"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts</title>
   <pubDate>Fri, 06 May 2022 07:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64294831-46140502.jpg?v=1640108486" alt=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" title=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" />
     </div>
     <div>
      Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une &quot;survivante&quot; revenue des morts… de la mort.       <br />
              <br />
       Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce &quot;travail&quot; insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64294831-46140503.jpg?v=1640108526" alt=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" title=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" />
     </div>
     <div>
      Et qui est cette femme ? Là ? Qu'ils croyaient morte et qui nous parle. Cette femme perdue au milieu des cendres. Cette femme, seule, qui a laissé derrière toute une vie. Une vie qu'elle ne retrouvera pas. Peut-être se console-t-elle en murmurant à l'oreille des morts. D'ailleurs, d'où viennent ces corps ? Qui sont ces &quot;morts&quot; ? Ils ont fui, quitté un pays ? Les conflits. Une guerre… Quelle guerre ? On ne sait pas et là n'est pas le propos. La mort en a attrapé plus d'un et, dans cette marée de corps, cette femme dont on ne sait rien, les protège encore.       <br />
              <br />
       Se rend-elle encore compte que son cœur bat ?       <br />
               <br />
       Les deux fossoyeurs, habilement interprétés par Olivier Hamel et Arnaud Carbonnier, parfois drôles, parfois dépassés, complètement impliqués, permettent à ce spectacle quelques respirations agréables tant leurs voix et leur présence sont remarquables.  Leurs personnages vont tenter de lutter, de demander un peu de gratitude… En vain ! Mourir d'avoir enterré les morts… Quel comble !
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64294831-46140504.jpg?v=1640108637" alt=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" title=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" />
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      J'ai assisté à la représentation de &quot;Cendres sur les mains&quot; sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris. Bien que le thème abordé ne soit pas super &quot;funky&quot;, c'est un moment bouleversant et perturbant pour le spectateur. J'ai pu échanger à la fin du spectacle avec certains d'entre eux. Perturbant parce que ces guerres n'en finissent pas… Parce que des êtres humains voient toute une vie basculer sans rien n'avoir demandé. Bouleversant parce que le trio de comédiens s'en donne à cœur joie malgré la mort et l'obscurité qui rythment chacun de leurs mots, chacun de leurs pas…       <br />
              <br />
       La pièce est prolongée, je ne saurai que trop vous la conseiller. Oui, il y a la Covid, il y a la déprime, il y a toujours des prétextes à ne pas entrer dans une salle quand on n'est pas certain de s'y amuser… mais je vous garantis que le chemin parcouru jusqu'au Studio Hébertot ne vous fera pas regretter d'avoir au moins ce bonheur d'être en vie !       <br />
              <br />
       <b>Vu fin décembre 2021 au Studio Hébertot, Paris 17e.</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Cendres-sur-les-mains-Dommages-de-guerre-entre-parabole-et-realite_a3047.html" target="_blank">&gt;&gt; Lire aussi &quot;Cendres sur les mains&quot; Dommages de guerre, entre parabole et réalité</a>
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     <div><b>"Cendres sur les mains"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64294831-46140505.jpg?v=1640108699" alt=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" title=""Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts" />
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      Texte : Laurent Gaudé        <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff.        <br />
       Assistante mise en scène : Prisca Lona.        <br />
       Avec : Arnaud Carbonnier, Prisca Lona, Olivier Hamel.        <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
       Par Le Théâtre De Demain.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 25 mai 2022.</span>       <br />
       Reprise pour 8 représentations exceptionnelles.       <br />
       Lundi, mardi et mercredi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : du 15 au 18 mai.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64294831-46140502.jpg</photo:imgsrc>
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