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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>"Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone</title>
   <pubDate>Fri, 14 Apr 2023 18:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Vinda Miguna</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le duo Dead Centre revient avec leur troisième mise en scène à Vienne, cette fois-ci d'après un fragment du recueil "Les pérégrins" d'Olga Tokarczuk sur Joséphine Soliman (Safira Robens) qui se bat pour enterrer son père Angelo Soliman. L'enquête sur le cadavre du premier homme noir devenu un réputé dans la cour des Liechtenstein et de la franc-maçonnerie à Vienne s'ouvre à de nouvelles interrogations sur le racisme et la discrimination dans le temps de Mozart et ses empreintes à l'heure actuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221410.jpg?v=1681492374" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Le duo Dead Centre (Ben Kidd et Bush Moukarzel) présente cette nouvelle mise en scène à l'Akademietheater à Vienne après &quot;L'interprétation de rêve de Sigmund Freud” et &quot;Alles, was der Fall ist” d'après la philosophie de Ludwig Wittgenstein. Cette fois-ci, la matière est tirée d'un des récits du recueil &quot;Les pérégrins&quot; (en polonais : Bieguni, en allemand : Unrast) d'Olga Tokarczuk, publié en 2007 et traduit en français en 2010. Il s'agit de l'histoire de Joséphine Soliman se battant pour enterrer son père Angelo Soliman, ancien esclave né au Nigeria devenu un réputé dans la cour des Liechtenstein et dans la franc-maçonnerie à Vienne.       <br />
              <br />
       Joséphine lance une enquête, qu'elle poursuit avec la ténacité d'une Antigone, afin de découvrir le véritable état du cadavre de son père et arrive à la conclusion amère que le corps de celui-ci a été vidé de tous ses organes afin d'être conservé en tant qu'objet d'exhibition de la &quot;Chambre des merveilles” (Wunderkammer) du Kaiser Franz Joseph II. Le message est clair : pour la société viennoise du XVIIIe siècle, l'idée d'offrir le cadavre d'un noir en tant qu'objet de &quot;merveille&quot; était acceptable. La vidéo de Sophie Lux, intégrant de nombreux gros plans pris par les caméras live (en collaboration avec Julia Janina Várkonyi et Andrea Gabriel), saisit l'essence même de la mise en scène en soulignant tour à tour l'ironie et l'égalité humaine fondée sur celle anatomique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221412.jpg?v=1681492766" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      L'interrogation sur la question lourde du racisme commence ainsi par l'interrogation du corps et sur le corps dans un &quot;théâtre anatomique&quot;. Ce dernier est ancré dans le temps de Mozart (oui, le grand virtuose est bel et bien présent de manière caricaturale, nonchalamment incarné par le magnifique Philipp Hauß), qui se dissout au fur et à mesure en intemporalité. Les décors de Jeremy Herbert, ayant comme centre une table d'opération sur laquelle repose un cadavre, et les costumes de Mirjam Pleines facilitent ce voyage dans les temps et les dimensions, permettant les actrices et acteurs d'incarner les anatomistes et les personnages du temps de Joséphine.        <br />
              <br />
       Les transitions des costumes, faites sur scène, font organiquement partie du déroulé scénique : les personnages fouillent et retirent des accessoires vestimentaires et scéniques du cadavre au centre de la scène, et transforme les personnages et les circonstances en fonction du temps et de la dimension représentés. L'éclairage de Marcus Loran, puisant dans l'esthétique du clair-obscur, achève l'essentiel par un minimalisme d'une grande élégance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221574.jpg?v=1681492794" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Safira Robens (Joséphine) se donne à fond pour incarner son personnage et n'hésite aucunement avec ses piqures de sarcasme et d'ironie, et la modernité de son incarnation s'ancre bien dans l'humanité du personnage. On ne peut qu'espérer qu'il existait une figure si forte dans le temps où l'éducation des femmes était un luxe. Ernst Allan Hausmann (chef anatomiste et Kaiser Franz Josef II), brisant habilement de temps en temps le quatrième mur selon les conventions du chœur de la tragédie antique, assure sa place centrale (ironiquement attribuée au rôle du chœur observateur) avec un attrait détendu et modéré.       <br />
              <br />
       Katrin Grumeth (Ismène et Magdalena, mère de Joséphine) fournit un contrepoids à Joséphine par l'expression des passions étouffées par la tradition et la tragédie. Johannes Zirner (l'Abbé Simon Eberle) se contente de rester dans la caricature, mais on n'en a rien à lui reprocher, étant donné la nature extrêmement restreinte de sa figure qui ne lui permet que cela.       <br />
              <br />
       Or, malgré le format prometteur et la réussite de l'aspect visuel, l'impact du spectacle n'est pas aussi puissant qu'il pourrait être. En raison de l'unidimensionnalité des personnages, tout d'abord, sans doute issue de l'accentuation excessive du côté ironique et parfois prédéterminé, qui estompe progressivement toutes les possibilités d'étendre la complexité. C'est bien drôle de représenter un Mozart qui tente de justifier sa représentation de Monostatos comme une &quot;figure allégorique&quot; et relativise par cela sa peur et son préjugé (raciste) qu'il projette sur son collègue noir, Angelo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221575.jpg?v=1681492818" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      C'est aussi justifié de représenter un abbé tellement tranché de la réalité qui regarde la colonisation comme un fait &quot;en soi&quot;. L'ardeur de Joséphine qui se heurte contre sa propre mère, étouffée par &quot;les règles&quot;, est bien touchante. Cependant, ces éclats ne sont pas poussés jusqu'au bout et par conséquent restent… des éclats momentanés, dont l'impact est aussitôt oublié dès qu'un nouvel éclat surgit. Ce cadre problématique empêche les actrices et acteurs de dévoiler leur véritable potentiel.       <br />
              <br />
       La progression du spectacle qui commence la dissection du cœur et s'achève sur la peau promet également un grand potentiel. C'est tout à fait juste de se moquer et de condamner la discrimination fondée sur une distinction si superficielle. La mise en place de l'orientation et de l'intention du message, en ce qui concerne notre actualité, n'est pas bien dessinée, ce que fait que celui-ci se perd dans une accumulation de manque de nuances qui l'affaiblit. Ce message, alors que des informations et des réflexions critiques bien plus puissantes pourraient nous être livrées, nous laisse à la place une question : où se trouve la chaîne brisée qui empêche que la force du message ne nous frappe pas aussi fort qu'elle est censée le faire ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221725.jpg?v=1681494180" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Après, si l'on adapte une perspective plus optimiste, on pourrait se dire que la puissance du message n'est peut-être pas l'intention du spectacle. Et si c'était bien le cas, la conclusion microcosmique, qui rend l'identité du corps au milieu de la scène, est bien réussie. &quot;Mmadi Make&quot;, nom de naissance d'Angelo Soliman, conclut le spectacle dans un rituel collectif qui recouvre la scène et la salle des spectateurs.        <br />
              <br />
       <b>Vu le 6 avril 2023 à l'Akademietheater à Vienne, Autriche.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Katharsis"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72149714-50221726.jpg?v=1681494206" alt=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" title=""Katharsis” de Dead Centre à Vienne dissèque le racisme en passant par l'anatomie et Antigone" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en allemand.       <br />
       Texte : d'après Bieguni d'Olga Tokarczuk.       <br />
       Traduction allemande de Victor Schlothauer (Unrast).        <br />
       Mise en scène : Dead Centre (Ben Kidd et Bush Moukarzel).       <br />
       Avec : Ernest Allan Hausmann, Safira Robens, Katrin Grumeth, Philipp Hauss, Johannes Zirner, Julia Janina Varkonyi, Andrea Gabriel.       <br />
       Dramaturgie : Alexander Kerlin.       <br />
       Décors : Jeremy Herbert.        <br />
       Costumes : Mirjam Pleines.        <br />
       Musique : Kevin Gleeson.       <br />
       Vidéo : Sophie Lux.       <br />
       Éclairage : Marcus Loran.       <br />
       Conseil de &quot;Sensitivity Reading&quot; : Daniel Romuald Bitouh.        <br />
       Durée : 1 h 30.        <br />
              <br />
       <b>Prochaines représentations :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 avril, 30 avril, 11 mai et 29 mai 2023.</span>       <br />
       Éventuellement dans la prochaine saison à partir de septembre 2023.       <br />
       Réservations sur le site du Burgtheater.       <br />
       <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/en/production/katharsis" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Alles-was-der-Fall-ist-Dead-Centre-demontre-la-creation-d-un-meurtrier-et-la-nature-du-theatre-avec-Wittgenstein-en_a3270.html" target="_blank">Lire aussi sur le précédent spectacle du Dead Centre &gt;&gt; &quot;Alles, was der Fall ist&quot;</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Katharsis-de-Dead-Centre-a-Vienne-disseque-le-racisme-en-passant-par-l-anatomie-et-Antigone_a3562.html</link>
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   <title>"Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane</title>
   <pubDate>Mon, 06 Jun 2022 07:16:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Vinda Miguna</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le duo irlandais Dead Centre utilise une phrase de Ludwig Wittgenstein, "Alles, was der Fall ist" (Tout ce qui est le cas), comme point de départ de la réflexion sur le mystère de la nature humaine, avec comme modèle le chauffeur fou qui a tué trois personnes dans le centre-ville de Graz en 2015 et la création du théâtre. Philipp Hauss mène le spectacle, incarnant tantôt Wittgenstein, tantôt Macbeth, tantôt le chauffeur fou, cela auprès de ses collègues de l'Ensemble du Burgtheater de Vienne : Alexandra Henkel, Andrea Wenzl, Tim Werths et Johannes Zirner.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46550641.jpg?v=1654440317" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Avec le &quot;Tractatus logico-philosophicus&quot;, Wittgenstein crut avoir résolu tous les problèmes de la philosophie du monde. Dead Centre, Ben Kidd et Bush Moukarzel, a étudié l'œuvre intensivement pendant un an afin de la comprendre et la mettre en scène. La phrase centrale de l'ouvrage, &quot;Die Welt ist alles, was der Fall ist&quot; (le monde est tout, ce qui est le cas), implique, en effet, une restriction totale de la pensée dans la réalité exprimable : &quot;ce dont on ne peut parler, on doit le taire&quot;. Tenant compte du paradoxe interne de la philosophie, la mise en scène tente d'établir un monde dans lequel tout ne se forme que par des mots.       <br />
              <br />
       Telle une création qui commence par le néant, le spectacle débute avec une scène vide. Nous sommes confrontés aux murs exposés, aux tuyaux de plomberie, aux escaliers étroits et sinueux qui sont d'habitude cachés à nos yeux. Dans cette crudité industrielle, Philipp Hauss s'introduit tout d'abord comme penseur de Wittgenstein et s'intègre progressivement au philosophe lui-même, annonçant la délimitation du monde par des mots. Un appareil côté cour est directement connecté aux projections vidéo sur un petit écran suspendu à proximité et sur l'écran principal en premier plan de la scène. Sur ce dernier, on observe de nombreuses &quot;mises en scène&quot; de la réalité et de la quête du possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46550649.jpg?v=1654440362" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Les décors signés Nina Wetzel profitent de l'usage de l'écran vert qui permet au monde projeté sur l'écran principal d'incarner de nombreux montages et scènes dans les différents décors grâce à la vidéographie de Sophie Lux et aux caméras en direct opérées par Mariano Margarit et Andrea Gabriel. Dans la séquence de l'excursion en voiture en sept images sous le signe de &quot;Die Welt ist alles, was der Fall ist&quot;, Hauss retrace la (possible) trajectoire d'une journée du chauffeur fou qui a tué trois personnes dans le centre-ville de Graz en 2015, réfléchit sur la nature et la signification de la création théâtrale ; et retrace les chemins intérieurs de Macbeth.       <br />
              <br />
       Le premier groupe d'images aborde l'accident de Graz. Nous sommes devant le café au centre-ville. Tables et chaises sont retournées et les corps à terre sont joués par Alexandra Henkel, Andrea Wenzl, Tim Werths et Johannes Zirner qui, comme Hauss, incarnent des différents personnages avec la progression du spectacle. La figure de hantise est une SUV verte avec un chauffeur inconnu. Il n'y a pas assez de temps pour saisir cette tragédie, mais aussi le but de la retracer dans sa nature et son agencement inconnus, non pas de la comprendre. Les victimes se lèvent et se trouvent devant un écran vert en train de reconstruire la tragédie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46550656.jpg?v=1654440405" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Qu'a fait l'homme qui a été tué ? Et la femme ? Et la serveuse ? Celle-ci devait-elle remplacer quelqu'un aujourd'hui et n'aurait pas dû être tuée ? Quelles sont les histoires de ces victimes ? Ensuite, la même scène se répète, mais cette fois-ci dans un cadre absurde : au lieu de tables et de chaises retournées, il y a une bouteille de bonbons à la menthe, un paquet de cigarettes, une briquette et un paquet de Red Bull. Étonnant : l'intensité émotionnelle de la tragédie reste malgré tout cela. Les acteurs impliqués, à l'entre-deux entre la plaisanterie et l'absurdité, captent la banalité des liens entre des gens qui ne se connaissent pas, tout en nous rappelant l'humanité des personnages.       <br />
              <br />
       Le deuxième groupe d'images aborde l'histoire possible de l'auteur du crime qui, de temps à autre, est intégré à la figure de Macbeth, prenant vie dans certaines parties du dialogue. La création du faux double a pour but de montrer que l'on ne sait pas pourquoi Macbeth est comme il est, comme on ne sait pas pourquoi le chauffeur fou a fait ce qu'il a fait. Hauss est, cette fois-ci, plus impliqué dans le monde qu'il étudie et qu'il crée par les mots (et il le sera de plus en plus dans les scènes à venir). Il tente de reconstruire ce qui aurait pu se passer avant que l'accident se produise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46550661.jpg?v=1654440442" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes à une station-service. Le chauffeur invisible du SUV vert souffre d'une paranoïa qui lui fait croire que l'ouvrier de la station-service le juge puisqu'il n'achète que pour dix euros d'essence et pense qu'il est un pauvre petit qui joue à être un grand garçon avec &quot;l'auto de papa&quot;. L'éclairage froid de Marcus Loran montre bien le changement abrupt de l'état mental du futur criminel face à la moquerie imaginée de l'ouvrier. Le retour à l'éclairage naturel montre le décalage entre le réel et l'illusion.       <br />
              <br />
       Le troisième groupe d'images retrace le contexte familial du criminel. Enfant, il a quitté la Bosnie avec ses parents à cause de la guerre. En Autriche, il s'était marié à une femme qui, plus tard, l'a quitté à cause de la violence conjugale. Une projection vidéo montre une simple maison à Graz et, à travers des fenêtres, nous observons une famille émigrée en train de disputer leur fils. Le père s'interroge sur le fait qu'il soit &quot;malade&quot;. La mère se demande si ce n'est pas à cause d'Élena qui l'a quitté pour s'installer dans un foyer de femmes. La perspective change : quelle violence a subie Élena et pourquoi ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46551371.jpg?v=1654447273" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Sur l'écran, Andrea Wenzl incarnant Élena raconte à une psychiatre (Alexandra Henkel) que son mari l'a frappée, car elle ne veut pas porter le voile. Tremblante, au bord de l'effondrement moral, elle revit la violence (le mari, une figure-fantôme, est intégralement habillé d'un costume élastique moulant de la même couleur que l'écran vert). Nous voyons la souffrance, même en gros plan, jusqu'aux lèvres tremblant de peur. Elle raconte que son ex-mari passait des heures et des jours devant l'écran de l'ordinateur pour jouer à un jeu vidéo. Les meurtres libres dans le jeu vidéo ont-ils déclenché en lui le goût de la violence ?       <br />
              <br />
       La dernière partie nous renvoie à l'enfance du chauffeur fou. Les décors sur la scène dénudée évoquent une forêt aux frontières de la Bosnie. Le père (Zirner) doit tuer le chien avant de passer les frontières. Une décision difficile. Dans l'effervescence des événements, les temps se mêlent, les acteurs incarnent tour à tour la famille, les victimes à Graz, et les personnages de Macbeth pendant le banquet. Hauss est maintenant le personnage central.        <br />
              <br />
       Passant habilement de l'attrait digne et sombre de Macbeth à l'ironie du criminel en cours de fabrication, la progression dramatique nous laisse suivre le maître de la représentation devenant victime de son propre monde. Son espace (table) de montage vidéo côté cour, longtemps abandonné, trouve un duplicata sur scène contrôlé par d'autres comédiens habillés en figures fantômes de couleur verte. Ils font tomber la neige sur scène et conduisent le personnage central vers le SUV vert. De l'observateur - Ludwig Wittgenstein -, le chauffeur fou trouve enfin son visage, celui de l'observateur lui-même. Cette dernière étape de l'incarnation boucle les nuances expressives de l'acteur principal de la soirée qui se transforme en un intellectuel nonchalant jusqu'à devenir une figure tragique, victime de son propre destin.       <br />
              <br />
       Le spectacle, un entrelacement d'une esthétique visuelle incroyable et de réflexions philosophiques dotés d'une note d'ironie, tient sa finalité jusqu'au bout : non pas d'expliquer, encore moins de juger, seulement montrer. En cas de confrontation avec l'ineffable de l'homme, il faut se contenter de ne pas savoir.       <br />
              <br />
       <b>Vu le 20 mai 2022 à l'Akademietheater à Vienne (Autriche).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Alles, was der Fall ist"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65151129-46551373.jpg?v=1654447311" alt=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" title=""Alles, was der Fall ist" Dead Centre démontre la création d'un meurtrier et la nature du théâtre avec Wittgenstein en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Texte : Dead Centre et Burgtheater.        <br />
       Traduction allemande de Macbeth : Jürgen Gösch et Angela Schanelec.        <br />
       Mise en scène : Ben Kidd, Bush Moukarzel.       <br />
       Dramaturgie : Andreas Karlaganis.       <br />
       Décors et costumes : Nina Wetzel.       <br />
       Musique : Kevin Gleeson.       <br />
       Vidéo : Sophie Lux.        <br />
       Éclairage : Marcus Loran.        <br />
              <br />
       <b>Spectacle en allemand.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Prochaine représentation le 20 juin 2022.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/" target="_blank">&gt;&gt; Réservations sur le site du Burgtheater.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Alles-was-der-Fall-ist-Dead-Centre-demontre-la-creation-d-un-meurtrier-et-la-nature-du-theatre-avec-Wittgenstein-en_a3270.html</link>
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