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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité</title>
   <pubDate>Tue, 03 Mar 2026 08:34:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au-delà de l'espace-temps qui sépare ces deux héroïnes – l'une mythique issue d'une relecture avertie de la mythologie grecque, l'autre contemporaine issue de la sociologie de l'enfance en déshérence –, Tamara Al Saadi réunit le temps d'une re-présentation ces deux figures féminines… L'une, Antigone, se réfugiant dans un mutisme "parlant", sidérée par les turpitudes d'un Créon trumpiste négationniste auquel elle tiendra tête quand bien même devrait-elle en mourir. L'autre, Éden, née d'un père inconnu et d'une mère toxicomane placée en HP, enfant abandonnique ballotée par les services de "l'aide sociale à l'enfance", (re)mettant à l'épreuve de la réalité le lien affectif qui lui fait défaut… Une symbiose hors pair pour faire entendre l'indicible de celles qui, privées de paroles, ont beaucoup à dire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581127.jpg?v=1772523850" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau où, du haut d'un échafaudage mobile, la voix des dominants (et aussi celle de Tirésias, l'aveugle visionnaire) s'élèvera tour à tour, les tableaux se succèderont alternant les deux tragédies en miroirs. Ces plans-séquences seront ponctués par des intermèdes musicaux et chantés intervenant comme des respirations envoûtantes entre ces déchaînements de violences &quot;sourdes&quot;. De même des bruiteurs à vue accompagneront, tout en la distanciant ou en l'infirmant (cf. le doux chant d'un oiseau contrecarrant le discours véhément d'Etéocle venant d'haranguer le peuple de Thèbes), la gestuelle suggestive des actrices et acteurs de ces drames à portée autant atemporelle qu'apatride.       <br />
              <br />
       Mêlant les registres d'interprétations et d'émotions, le lever de rideau projette sur l'avant-scène le soldat bouffon à qui échoira plus tard la responsabilité d'avoir laissé Antigone donner une sépulture à Polynice, le frère banni. Interrompant sa chorégraphie déjantée (&quot;son dernier petit plaisir&quot;, tant il semble avoir la prescience du sort qui va lui être réservé par la fureur de Créon), il débite en accéléré un rappel – façon &quot;pour les nuls&quot; – de la saga familiale des deux frères Etéocle et Polynice, de leurs deux sœurs Ismène et Antigone, fruits tous les quatre des amours incestueuses de leur père Œdipe avec sa mère-épouse Jocaste, devenue veuve du roi de Thèbes, Laïos, par les œuvres de son propre fils Œdipe qui, en toute innocence, l'épousera… Une ténébreuse histoire de parricide et d'inceste (à faire pâlir de jalousie les très nombreux amis d'Epstein). Pour conclure son laïus, le soldat désarmé n'hésitera pas à le ponctuer d'un <span style="font-style:italic">&quot;ça fait beaucoup d'informations, moi-même, j'ai un peu de mal à m'y retrouver&quot;</span>, avant de conjurer les générations futures à bien vouloir pardonner les dérives mythiques…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581128.jpg?v=1772523906" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Le tableau qui lui succède est d'une tout autre facture… Point d'humour clownesque ici, place là à la tragédie contemporaine vécue par une famille d'accueil, ayant pris grand soin de la petite Éden, de son abandon à la naissance jusqu'à ses cinq ans. Pour des raisons incombant stricto sensu à la loi, l'agrément est retiré avec une impensable violence à cette famille sous un prétexte administratif des plus rigoristes faisant fi des liens humains tissés… Détresse vécue en direct de parents au-dessus de tous soupçons, dont la colère devient, par capillarité, nôtre… Comment est-il possible, qu'au nom même de la protection de l'Enfance, on puisse la massacrer ? Qu'en est-il de l'humanité de cette fonctionnaire appliquant la règle sans le moindre discernement ? Qu'en est-il de son pouvoir personnel de désobéissance, elle qui refuse de mettre entre la lettre du texte et son application la distance de sa propre réflexion ? Et – ce qui n'a rien d'un hasard, mais d'un fil subliminal – on remarquera que c'est la même actrice qui endossera ce rôle et celui du tyran Créon, rôles reliés l'un à l'autre par le même refus de l'humain.       <br />
              <br />
       Les présentations étant faites, l'intrigue des deux drames exposés, on entre dans le cœur du sujet… Et là, Créon, à l'image d'un Trump soumis à l'hybris, cette ivresse de la démesure telle que la dénommaient les Grecs de l'Antiquité, annoncera son négationnisme : il va réécrire l'Histoire de Thèbes à l'aune de ses intérêts. Ainsi, au nom de la sécurité des Thébains, il décrète qu'un seul chef sera possible. Dans un premier temps, ce sera Etéocle, sa marionnette, et lorsque celui-ci trouvera bien à propos la mort dans le combat fratricide l'opposant à Polynice, désigné comme traitre à la nation, ce sera lui, le seul recours face à la &quot;dégénérescence&quot; dénoncée. L'Histoire de Thèbes ne &quot;contera&quot; plus désormais qu'un fils, Etéocle célébré, l'autre sera envoyé illico dans les oubliettes de la mémoire collective. Quant aux mots &quot;parricide&quot; et &quot;inceste&quot; ils seront tout simplement &quot;caviardés&quot; (toute ressemblance avec l'actualité états-unienne, etc.).       <br />
              <br />
       Comment dès lors ne pas comprendre qu'Antigone, du haut de ses douze ans sidérés, &quot;ne comprenne pas&quot; la raison d'État invoquée par son oncle Créon, devenu tyran ? Comment ne pas comprendre qu'elle se réfugie dans le mutisme, tant les mots viennent à manquer, privés de leur sens par le dictateur en place ? À quoi bon parler si personne ne l'écoute ? Et Ismène, sa grande sœur, éplorée, mais docile, ne pourra la convaincre d'adhérer, serait-ce au nom de sa propre survie, au discours furieux de Créon (sosie hystérique de Charlot dans &quot;Le Dictateur&quot;) lui demandant de se renier en fuyant Thèbes… après lui avoir prêté allégeance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581166.jpg?v=1772523937" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Parallèlement, on assistera au cheminement erratique d'Éden qui, de famille en famille, de foyer en foyer, ne trouvera jamais sa place, moquée, maltraitée ou, à l'opposé, ne pouvant supporter, elle, l'enfant abandonnique en quête affective incessante, que l'on s'intéresse &quot;pour de vrai&quot; à elle. Alternant des attitudes de repli, d'agressivité, de fabulation (l'imaginaire, lieu de tous les possibles pour s'inventer une famille idéale), Éden semble une âme en peine condamnée à l'errance.        <br />
              <br />
       Ne pouvant, elle aussi, trouver les mots pour penser le monde, pour dire son tourment, &quot;Les mots pour le dire&quot; lui faisant défaut, son corps oscille de l'abattement à l'agitation, substituts de paroles inarticulées… là où Antigone trouvait refuge dans le mutisme. Ce faisant, Éden s'inscrit sans le savoir dans la descendance symbolique du père d'Antigone, Œdipe, enfant lui aussi abandonné avant de devenir, à son insu, parricide et incestueux. Troublants points communs à ces destins parallèles d'enfances non reconnues.       <br />
              <br />
       Comment briser le fatum latin et les destins implacables de répétitions contemporaines conduisant à la perte annoncée des deux héroïnes ? Comment les éructations forcenées d'un Créon se démultipliant jusqu'à ces avatars actuels régissant le Monde ou à ces simples officiants disciplinés assujettis à un ordre faisant désordre, peuvent-elles être mises en échec ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584340.jpg?v=1772540355" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      L'une des réponses nous est offerte ce soir, à nous spectateurs d'une représentation théâtrale montrant dans son ultime scène la rencontre d'Antigone et d'Éden. Réunies pour la première fois, elles offrent de concert – d'abord émotionnellement dans leurs chants de résistance s'entremêlant, ensuite dans le message délivré à l'unisson, &quot;la possibilité d'aimer indéfiniment&quot; – un contrepoison artistique à tous les renoncements. Antidote fabuleux incarné superbement par la figure d'Antigone, revisitée ici avec grande pertinence, dont la résistance exemplaire donne encore et toujours à méditer en ces temps sombres tentés par des résignations funestes.       <br />
              <br />
       Et, pour clore cette représentation théâtrale en tous points exceptionnelle, où l'émotion vive le dispute à la pertinence des partis pris créatifs, la troupe investie et soudée autour de Tamara Al Saadi, metteuse en scène humaniste s'il en est, délivrera dans le plus grand silence un message lu sur l'avant-scène… Un message pour porter en direct le génocide d'adultes et d'enfants pris dans l'étau mortifère de Gaza et de la Cisjordanie occupée. Une manière éclairée de rappeler que l'enfance massacrée n'est pas affaire que de fictions, si convaincantes soient-elles comme ce soir, mais aussi de réalités… Des réalités qui se jouent et se rejouent sur la scène de l'actualité terrifiante… La salve d'applaudissements redoublés venant de la salle, conquise, fait figure d'Écho.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 février 2026 dans la Grande salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Taire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584343.jpg?v=1772540402" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tamara Al Saadi (artiste associée au tnba).       <br />
       Mise en scène : Tamara Al Saadi.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Joséphine Levy.       <br />
       Avec : Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, Éléonore Mallo, Fabio Meschini, Chloé Monteiro, Yacir Rami, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Ismaël Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Musique et son : Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini.       <br />
       Création lumière : Jennifer Montesantos.       <br />
       Scénographie : Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Costumes : Pétronille Salomé.       <br />
       Régie générale : Nicolas Balladur.       <br />
       Assistante à la lumière et régie lumière : Elsa Sanchez.       <br />
       Assistante au son et à la régie son : Arousia Ducelier.       <br />
       Régie plateau : Sixtine Lebaindre.       <br />
       Assistante aux costumes : Irène Jolivard.       <br />
       Décor : Ateliers Contrevent.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
       Texte disponible aux &quot;Solitaires Intempestifs&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 27 février 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 12 mars 2026 :</span> Théâtre La Colonne - Scènes et Cinés, Miramas (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mercredi 18 mars 2026 :</span> La Passerelle, Gap (05).       <br />
       Mercredi 1ᵉʳ et Jeudi 2 avril 2026 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       Jeudi 9 avril 2026 : Théâtre L'Arc-en-Ciel, Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95055899-66581127.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Taire-Antigone-et-Eden-Deux-tres-jeunes-filles-entremelant-leurs-voix-pour-faire-entendre-le-dur-desir-de-verite_a4491.html</link>
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   <title>"Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote</title>
   <pubDate>Sat, 23 Aug 2025 10:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qu'Antigone et sa famille à problèmes (!) rencontrent sur un plateau la jeune Éden, jeune fille privée, elle aussi, de père, de mère et ballotée de famille en famille d'accueil, cela apparaît hautement improbable… Pourtant – et c'est là la magie du théâtre, lieu de tous les possibles – c'est le scénario qu'imagine Tamara Al Saadi pour donner à voir une rencontre du troisième type riche en résonances humaines, sociales et politiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90652240-63887645.jpg?v=1753383021" alt=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Convoquant plusieurs tonalités à première vue paroxystiques comme l'humour débridé et la gravité dramatique, plusieurs registres composites d'écritures comme le chant choral, les percussions musicales et le jeu théâtral, plusieurs approches scéniques comme le théâtre &quot;en train de se faire&quot; et les tableaux très construits, l'autrice et metteuse en scène réussit l'exploit d'en réaliser une synthèse fluide au service d'un projet subtilement politique…       <br />
              <br />
       Questionner, au travers d'une forme théâtrale surprenante, le poids de nos origines. Quel avenir pour celles et ceux qui se ressentent filles ou fils de personne, privés de leurs origines et de leurs terres ? Peuvent-ils encore se sentir aimés et aimer eux-mêmes ? Des questions récurrentes traversant les siècles et qui, au-delà de leurs dimensions individuelles, interrogent l'organisation socio-politique des sociétés, la nôtre notamment.       <br />
              <br />
       Le tableau d'ouverture s'apparente à une douce farce où un soldat, arrivé au pas de l'oie, dérive, casque aux oreilles et musique le faisant se déhancher, vers une interprétation loufoque de l'histoire d'Antigone. En un précipité savoureux de paroles débitées à allure de TGV, sorte d'&quot;Histoire d'Antigone pour les Nuls&quot;, on y apprend que Jocaste, la mère-femme d'Œdipe, sans complexe pour faire oublier l'histoire glauque de son alliance incestueuse, même si c'était là le fruit d'un malentendu (mâle attendu ?), avait demandé à Polynice (fils d'Œdipe et d'elle, Jocaste, et frère d'Etéocle, d'Ismène et d'Antigone !) de quitter au plus vite Thèbes…        <br />
              <br />
       … mais la Reine ne supportant plus l'ignominie s'est pendue, une façon de mettre fin à tout remords. Et là, le soldat conclut d'un cocasse : <span style="font-style:italic">&quot;ça fait beaucoup d'informations, je sais.&quot;</span>. Le même soldat – celui dont les jours sont comptés, voir la suite – se fendra avant de disparaître d'une adresse au public, mi-drôle, mi-tragique : <span style="font-style:italic">&quot;Polynice exige son retour, ça va créer problème, la guerre ça fait beaucoup de morts… Je souhaite m'adresser aux générations futures : je vous conjure de nous pardonner&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90652240-63887646.jpg?v=1753383051" alt=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Le rideau s'ouvre et on est précipité sans transition dans l'antichambre d'un bureau de l'Aide Sociale à l'Enfance. Là une dame explique doctement qu'au nom du principe supérieur de protection de l'enfant ne devant pas être éloigné de la zone géographique où réside sa mère biologique, serait-elle en HP et en incapacité notoire de s'occuper de sa fille née d'un viol, la très jeune Éden va être retirée au couple devant déménager dans une autre ville… Drame insoutenable d'une violence institutionnelle faite à cette famille d'accueil aimante – de plus accusée de par son investissement affectif de créer un conflit de loyauté chez la petite Eden – qui se voit annoncer brutalement qu'un référent viendra chercher à l'école la fillette, pour la conduire provisoirement dans un foyer… avant de trouver une autre famille d'accueil.       <br />
              <br />
       Antigone et Éden, deux destins féminins contrariés par la loi implacable des hommes, deux jeunes femmes malmenées réunies sur le même plateau où un chant choral en arabe s'élève mélodieusement accompagné de percussions légères, paysage sonore salutaire ouvrant potentiellement sur d'autres espaces de violences contemporaines, celles faites aux Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, territoires occupés. Sur une passerelle-échafaudage poussée à vue au centre de la scène, Créon va-t-en-guerre (interprété superbement par une actrice, les femmes aussi peuvent être des tyrans pour leur peuple) exhorte Etéocle à exterminer la menace que ferait peser sur la cité le retour annoncé de Polynice, devenu l'étranger, en raillant ouvertement les tendances pacifistes de son neveu Etéocle (toute ressemblance avec des situations actuelles, etc.).       <br />
              <br />
       Antigone et Éden réunies encore dans un fondu enchainé montrant d'une part l'une se contorsionnant en se prenant la tête sous l'effet du duel fratricide opposant Etéocle et Polynice &quot;le rebelle&quot;, et, d'autre, part faisant entendre en voix off une voix féminine traitant Éden de méchante petite fille alors qu'elle se tape la tête contre les murs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90652240-63887647.jpg?v=1753383088" alt=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Et l'action aux multiples péripéties se précipitant, on passera continûment du sort de l'une à l'autre, reflets en miroir d'une même problématique : trouver sa voix dans le concert des non-dits emmurant chacune dans un lieu où elle n'est pas, un lieu qui lui fait porter une responsabilité qui n'est pas la sienne.       <br />
              <br />
       Ainsi d'Etéocle et de Polynice, les frères rendus ennemis par des enjeux qui ne sont pas non plus les leurs, manipulés qu'ils sont par les discours guerriers d'un Créon Benyamin Netanyahu d'extrême droite déversant sa haine belliqueuse… sur fond du bruit d'un ballon de baudruche se dégonflant lentement, faisant entendre en contrepoint son gazouillement léger.       <br />
              <br />
       Ainsi d'Éden, fantasmant des parents universitaires restés à San Francisco pour s'inventer une famille idéale, elle, abandonnée par la société qui se dit vouloir son bien en la déplaçant de famille en famille. Tableau grotesque et dramatique, de l'alignement des enfants d'une famille d'accueil &quot;comme il faut&quot; se moquant à s'en étouffer d'Éden, &quot;singée&quot; littéralement pour la couleur de sa peau.       <br />
              <br />
       Le chant et la musique étant les seules choses qui survivent lorsque tout s'écroule autour de vous, des intermèdes interprétés en live permettent de reprendre notre respiration… Avant que, conséquence de la folie guerrière du Roi Créon avide de gloire, un déluge de feu et de sang ne tombe des cintres sous forme d'une pluie de paillettes rouges, ensevelissant Polynice et Etéocle réunis dans la mort. Et comme personne – même celles qui sont les &quot;filles de personne&quot; – n'est sensé pouvoir échapper au fatum des Anciens, on s'achemine vers l'accomplissement du destin implacable…       <br />
              <br />
       Mais ce serait sans compter sur la force de conviction de la metteuse en scène et de sa troupe faisant chorus autour d'elle… Suite à des scènes d'une beauté brillant comme un soleil noir accroché au pic des cruautés à l'œuvre, Antigone s'étant dévêtue de la dépouille de Polynice et Éden dépouillée d'enjeux qui ne sont plus les siens, la jeune fille accouchant d'elle-même dans un tableau d'une violence inouïe, les jeunes femmes vont trouver les mots l'une et l'autre… Des mots pour ne plus se &quot;Taire&quot;, pour dire, pour se dire.       <br />
              <br />
       Quant à l'ultime tableau les mettant en dialogue, il ouvre grand sur l'espace de l'amour, cet antidote à la folie guerrière exterminatrice des hommes… &quot;Spectacle&quot; beau et fort, à prendre de toute urgence comme contrepoison essentiel aux violences contemporaines.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 23 juillet 2025 à La Fabrica d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Taire"</b></div>
     <div>
      Texte : Tamara Al Saadi.       <br />
       Mise en scène : Tamara Al Saadi.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Joséphine Levy.       <br />
       Avec : Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini, Chloé Monteiro, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Ismaël Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Scénographie : Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos.       <br />
       Création sonore et musicale : Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini.       <br />
       Création lumière : Jennifer Montesantos.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Costumes : Pétronille Salomé.       <br />
       Régie générale : Jennifer Montesantos et Nicolas Balladur.       <br />
       Assistante création son et régie son : Arousia Ducelier.       <br />
       Assistante création lumière et régie lumière : Elsa Sanchez.       <br />
       Régie plateau : Sixtine Lebaindre.       <br />
       Assistante création costumes : Irène Jolivard.       <br />
       Décor : Ateliers Contrevent.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 septembre au 4 octobre 2025</span>       <br />
       Mardi, jeudi et samedi à 20 h, mercredi à 19 h, vendredi à 14 h 30.       <br />
       Théâtre du Jeu de Paume, 21, rue de l'Opéra, Aix-en-Provence (13).       <br />
       Téléphone : 04 42 99 12 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lestheatres.net/fr/saison/?v=jeu-de-paume" target="_blank">>>> lestheatres.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7 et 8 octobre 2025 : Théâtre Joliette - scène conventionnée, Marseille (13).       <br />
       2 décembre 2025 : Théâtre du Fil de l'Eau, Pantin (93).       <br />
       25 au 27 février 2026 : Théâtre national Bordeaux-Aquitaine – CDN, Bordeaux (33).       <br />
       12 mars 2026 : Théâtre La Colonne - Scènes et Cinés, Miramas (13).       <br />
       18 mars 2026 : Théâtre La Passerelle - Scène nationale, Gap (05).       <br />
       1er et 2 avril 2026 : MC2 Maison de la Culture, Grenoble (38).       <br />
       9 avril 2026 : Théâtre de Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90652240-63887649.jpg?v=1753383137" alt=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title=""Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90652240-63887646.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Taire-Quand-la-tragedie-antique-s-invite-dans-un-drame-contemporain-Rencontre-du-troisieme-type-a-savourer-comme-un_a4345.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-90114523</guid>
   <title>•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote</title>
   <pubDate>Thu, 24 Jul 2025 20:38:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Qu'Antigone et sa famille à problèmes (!) rencontrent sur un plateau la jeune Éden, jeune fille privée, elle aussi, de père, de mère et ballotée de famille en famille d'accueil, cela apparaît hautement improbable… Pourtant – et c'est là la magie du théâtre, lieu de tous les possibles – c'est le scénario qu'imagine Tamara Al Saadi pour donner à voir une rencontre du troisième type riche en résonances humaines, sociales et politiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90114523-63608211.jpg?v=1753383021" alt="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Convoquant plusieurs tonalités à première vue paroxystiques comme l'humour débridé et la gravité dramatique, plusieurs registres composites d'écritures comme le chant choral, les percussions musicales et le jeu théâtral, plusieurs approches scéniques comme le théâtre &quot;en train de se faire&quot; et les tableaux très construits, l'autrice et metteuse en scène réussit l'exploit d'en réaliser une synthèse fluide au service d'un projet subtilement politique…       <br />
              <br />
       Questionner, au travers d'une forme théâtrale surprenante, le poids de nos origines. Quel avenir pour celles et ceux qui se ressentent filles ou fils de personne, privés de leurs origines et de leurs terres ? Peuvent-ils encore se sentir aimés et aimer eux-mêmes ? Des questions récurrentes traversant les siècles et qui, au-delà de leurs dimensions individuelles, interrogent l'organisation socio-politique des sociétés, la nôtre notamment.       <br />
              <br />
       Le tableau d'ouverture s'apparente à une douce farce où un soldat, arrivé au pas de l'oie, dérive, casque aux oreilles et musique le faisant se déhancher, vers une interprétation loufoque de l'histoire d'Antigone. En un précipité savoureux de paroles débitées à allure de TGV, sorte d'&quot;Histoire d'Antigone pour les Nuls&quot;, on y apprend que Jocaste, la mère-femme d'Œdipe, sans complexe pour faire oublier l'histoire glauque de son alliance incestueuse, même si c'était là le fruit d'un malentendu (mâle attendu ?), avait demandé à Polynice (fils d'Œdipe et d'elle, Jocaste, et frère d'Etéocle, d'Ismène et d'Antigone !) de quitter au plus vite Thèbes…        <br />
              <br />
       … mais la Reine ne supportant plus l'ignominie s'est pendue, une façon de mettre fin à tout remords. Et là, le soldat conclut d'un cocasse : <span style="font-style:italic">&quot;ça fait beaucoup d'informations, je sais.&quot;</span>. Le même soldat – celui dont les jours sont comptés, voir la suite – se fendra avant de disparaître d'une adresse au public, mi-drôle, mi-tragique : <span style="font-style:italic">&quot;Polynice exige son retour, ça va créer problème, la guerre ça fait beaucoup de morts… Je souhaite m'adresser aux générations futures : je vous conjure de nous pardonner&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90114523-63608212.jpg?v=1753383051" alt="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Le rideau s'ouvre et on est précipité sans transition dans l'antichambre d'un bureau de l'Aide Sociale à l'Enfance. Là une dame explique doctement qu'au nom du principe supérieur de protection de l'enfant ne devant pas être éloigné de la zone géographique où réside sa mère biologique, serait-elle en HP et en incapacité notoire de s'occuper de sa fille née d'un viol, la très jeune Éden va être retirée au couple devant déménager dans une autre ville… Drame insoutenable d'une violence institutionnelle faite à cette famille d'accueil aimante – de plus accusée de par son investissement affectif de créer un conflit de loyauté chez la petite Eden – qui se voit annoncer brutalement qu'un référent viendra chercher à l'école la fillette, pour la conduire provisoirement dans un foyer… avant de trouver une autre famille d'accueil.       <br />
              <br />
       Antigone et Éden, deux destins féminins contrariés par la loi implacable des hommes, deux jeunes femmes malmenées réunies sur le même plateau où un chant choral en arabe s'élève mélodieusement accompagné de percussions légères, paysage sonore salutaire ouvrant potentiellement sur d'autres espaces de violences contemporaines, celles faites aux Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, territoires occupés. Sur une passerelle-échafaudage poussée à vue au centre de la scène, Créon va-t-en-guerre (interprété superbement par une actrice, les femmes aussi peuvent être des tyrans pour leur peuple) exhorte Etéocle à exterminer la menace que ferait peser sur la cité le retour annoncé de Polynice, devenu l'étranger, en raillant ouvertement les tendances pacifistes de son neveu Etéocle (toute ressemblance avec des situations actuelles, etc.).       <br />
              <br />
       Antigone et Éden réunies encore dans un fondu enchainé montrant d'une part l'une se contorsionnant en se prenant la tête sous l'effet du duel fratricide opposant Etéocle et Polynice &quot;le rebelle&quot;, et, d'autre, part faisant entendre en voix off une voix féminine traitant Éden de méchante petite fille alors qu'elle se tape la tête contre les murs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90114523-63608241.jpg?v=1753383088" alt="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      Et l'action aux multiples péripéties se précipitant, on passera continûment du sort de l'une à l'autre, reflets en miroir d'une même problématique : trouver sa voix dans le concert des non-dits emmurant chacune dans un lieu où elle n'est pas, un lieu qui lui fait porter une responsabilité qui n'est pas la sienne.       <br />
              <br />
       Ainsi d'Etéocle et de Polynice, les frères rendus ennemis par des enjeux qui ne sont pas non plus les leurs, manipulés qu'ils sont par les discours guerriers d'un Créon Benyamin Netanyahu d'extrême droite déversant sa haine belliqueuse… sur fond du bruit d'un ballon de baudruche se dégonflant lentement, faisant entendre en contrepoint son gazouillement léger.       <br />
              <br />
       Ainsi d'Éden, fantasmant des parents universitaires restés à San Francisco pour s'inventer une famille idéale, elle, abandonnée par la société qui se dit vouloir son bien en la déplaçant de famille en famille. Tableau grotesque et dramatique, de l'alignement des enfants d'une famille d'accueil &quot;comme il faut&quot; se moquant à s'en étouffer d'Éden, &quot;singée&quot; littéralement pour la couleur de sa peau.       <br />
              <br />
       Le chant et la musique étant les seules choses qui survivent lorsque tout s'écroule autour de vous, des intermèdes interprétés en live permettent de reprendre notre respiration… Avant que, conséquence de la folie guerrière du Roi Créon avide de gloire, un déluge de feu et de sang ne tombe des cintres sous forme d'une pluie de paillettes rouges, ensevelissant Polynice et Etéocle réunis dans la mort. Et comme personne – même celles qui sont les &quot;filles de personne&quot; – n'est sensé pouvoir échapper au fatum des Anciens, on s'achemine vers l'accomplissement du destin implacable…       <br />
              <br />
       Mais ce serait sans compter sur la force de conviction de la metteuse en scène et de sa troupe faisant chorus autour d'elle… Suite à des scènes d'une beauté brillant comme un soleil noir accroché au pic des cruautés à l'œuvre, Antigone s'étant dévêtue de la dépouille de Polynice et Éden dépouillée d'enjeux qui ne sont plus les siens, la jeune fille accouchant d'elle-même dans un tableau d'une violence inouïe, les jeunes femmes vont trouver les mots l'une et l'autre… Des mots pour ne plus se &quot;Taire&quot;, pour dire, pour se dire.       <br />
              <br />
       Quant à l'ultime tableau les mettant en dialogue, il ouvre grand sur l'espace de l'amour, cet antidote à la folie guerrière exterminatrice des hommes… &quot;Spectacle&quot; beau et fort, à prendre de toute urgence comme contrepoison essentiel aux violences contemporaines.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 23 juillet 2025 à La Fabrica d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Taire"</b></div>
     <div>
      Texte : Tamara Al Saadi.       <br />
       Mise en scène : Tamara Al Saadi.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Joséphine Levy.       <br />
       Avec : Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini, Chloé Monteiro, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Ismaël Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Scénographie : Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos.       <br />
       Création sonore et musicale : Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini.       <br />
       Création lumière : Jennifer Montesantos.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Costumes : Pétronille Salomé.       <br />
       Régie générale : Jennifer Montesantos et Nicolas Balladur.       <br />
       Assistante création son et régie son : Arousia Ducelier.       <br />
       Assistante création lumière et régie lumière : Elsa Sanchez.       <br />
       Régie plateau : Sixtine Lebaindre.       <br />
       Assistante création costumes : Irène Jolivard.       <br />
       Décor : Ateliers Contrevent.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       Spectacle créé en janvier 2025 au Théâtre Dijon Bourgogne – CDN.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 au 23 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 13 h.       <br />
       La Fabrica, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       30 septembre au 4 octobre 2025 : Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence (13).       <br />
       7 et 8 octobre 2025 : Théâtre Joliette - scène conventionnée, Marseille (13).       <br />
       2 décembre 2025 : Théâtre du Fil de l'Eau, Pantin (93).       <br />
       25 au 27 février 2026 : Théâtre national Bordeaux-Aquitaine – CDN, Bordeaux (33).       <br />
       12 mars 2026 : Théâtre La Colonne - Scènes et Cinés, Miramas (13).       <br />
       18 mars 2026 : Théâtre La Passerelle - Scène nationale, Gap (05).       <br />
       1er et 2 avril 2026 : MC2 Maison de la Culture, Grenoble (38).       <br />
       9 avril 2026 : Théâtre de Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90114523-63608247.jpg?v=1753383137" alt="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" title="•In 2025• "Taire" Quand la tragédie antique s'invite dans un drame contemporain… Rencontre du troisième type à savourer comme un antidote" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90114523-63608211.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Taire-Quand-la-tragedie-antique-s-invite-dans-un-drame-contemporain-Rencontre-du-troisieme-type-a-savourer_a4331.html</link>
  </item>

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   <title>"Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?</title>
   <pubDate>Thu, 26 Dec 2024 07:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'Histoire en boucle… Non pour assister à la répétition névrotique du même, mais pour s'en saisir à bras-le-corps afin d'en proposer une version très actuelle… En effet, quand le metteur en scène suisse Milo Rau, connu pour pratiquer un théâtre enraciné dans les réalités sociétales et sans concession pour le politiquement correct (cf. "La reprise - Histoire(s) du théâtre (I)") élit le sort de l'Amazonie et de ses populations autochtones comme sujet de sa nouvelle création, l'expression "arts vivants" reprend diablement de la couleur… en résonnant avec l'histoire mythique contée par Sophocle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739541.jpg?v=1735137100" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Homme de terrain – élève du sociologue Bourdieu dont il a retenu le mantra : <span style="font-style:italic">&quot;si tu veux parler de la boxe, il faut devenir boxeur&quot;</span> – il a pris le temps de rencontrer longuement la population autochtone de la Province de Para au Brésil, celle d'Eldorado do Carajas précisément, là où le 17 avril 1996, dix-neuf paysans ont été tués par la police militaire. Leur crime ? Militants du MST (Mouvement des sans-terre), ils marchaient pacifiquement sur la route 155, virage S, pour obtenir les papiers officiels leur permettant d'occuper légalement une immense ferme regroupant plus de trois mille familles.       <br />
              <br />
       Quant au dispositif scénique, il rend compte à lui seul du désir de faire &quot;dialoguer&quot; les personnages de la tragédie de Sophocle et les acteurs locaux du Mouvement des sans-terre. Ainsi, sur le plateau, en tenue de tous les jours, quatre acteurs interprèteront en les commentant (le paratexte prend toute sa part) les personnages d'&quot;Antigone&quot;, tandis que sur un immense écran, les vidéos enregistrées au Brésil montreront les &quot;acteurs&quot; du Mouvement des sans-terre vivre leurs revendications. Et, par un effet de synchronisation bluffant, les uns et les autres dialogueront, créant les conditions de l'effraction du réel dans la tragédie antique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739543.jpg?v=1735137203" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Fidèle à la tradition, le chœur introduit avec poésie le drame contemporain qui va se jouer devant nous… <span style="font-style:italic">&quot;Il est bien des monstres, mais aucun ne l'est plus que l'homme… Aucun plus étrange, magnifique et épouvantable… Il abuse de la déesse suprême Terre, il creuse ses profondeurs, cherchant avidement l'or. Il capture l'énergie de l'eau, du vent… Il rompt le lien entre les êtres… Il domestique le faucon qui volait librement… Il force les fils de la forêt à oublier leur terre natale et s'approprie les lieux où vivaient leurs ancêtres…&quot;</span>. Et de conclure : <span style="font-style:italic">&quot;Il est des choses monstrueuses, mais rien n'est plus monstrueux que l'humain&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Après un rappel du contexte géopolitique de la création du spectacle et du parti-pris artistique résolument assumé de s'en faire le porte-parole (écho du Théâtre de l'Opprimé d'Augusto Boal dont Milo Rau est l'un des héritiers), le lieu de la représentation s'enrichit des vidéos projetant sur fond d'écran géant les manifestants du Mouvement des Sans-Terre. Dans une déclaration liminaire, un acteur du plateau prend soin de préciser que les images ont été tournées sur la route même où a eu lieu le massacre de 1996. Ainsi, au prologue antique, remettant en jeu l'origine du drame grec, répond un autre. Celui de l'assassinat, ici et maintenant, par la police militaire brésilienne de la voix emblématique du peuple autochtone.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739586.jpg?v=1735137244" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Sur l'écran apparaît alors, en une succession de plans d'ensemble et de gros plans sur les visages déterminés par la colère, la reconstitution de la manifestation réprimée dans le sang. Lors du tournage, s'étant mêlés aux membres du MST dans un effet bluffant de vérité reliant les deux lieux de la représentation, les acteurs du plateau défilent aux deux endroits au cri de : <span style="font-style:italic">&quot;Invasion ! Colonisation ! Pour la réforme agraire ! La lutte jusqu'au bout ! La liberté ou la mort ! Ne marchez pas sur la fourmilière !&quot;</span>. Et lorsque, à l'écran, les soldats les visent et tirent à bout portant sur la foule, sur le plateau, la même scène de violence policière se joue. Trainé par les cheveux, criant <span style="font-style:italic">&quot;Vive le MST !&quot;</span> alors qu'il est frappé à mort, l'acteur de la cause s'effondre. On a beau savoir qu'il s'agit là de &quot;cinéma&quot; et de &quot;théâtre&quot;, le réalisme de la violence mise en jeu est – effet recherché et assumé – difficilement supportable.       <br />
              <br />
       Comme l'Antigone brésilienne, au premier rang de la lutte contre la destruction de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, n'a pu se déplacer en France, c'est un acteur du plateau (le même qui jouera Polynice mort, un garde… et Antigone de Sophocle) qui donne vie à Kay Sara, symbole vivant du non radical à opposer à tous les dirigeants répressifs, que ce soit Créon, naguère en Grèce, ou Bolsonaro, aujourd'hui au Brésil.       <br />
              <br />
       Quant au musicien du plateau, c'est à lui que revient la direction du chœur des MST apparaissant sur l'écran. Rassemblés sur la place du village face au Centre social (choix symbolique qui résonne de manière décalée avec le Palais de Créon, lieu de l'action antique), les militants du MST auxquels se sont mêlés des survivants de 1996, entonnent un chant révolutionnaire repris sur scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739588.jpg?v=1735137299" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Suivent les actes connus de la tragédie mettant en abyme les protagonistes (Créon le roi, Antigone l'irréductible, Hémon son amoureux et fils du roi, Ismène sa sœur) et leurs doubles brésiliens, tous appartenant à une cosmologie dépassant leur existence terrestre. Cependant Milo Rau qui, pour reprendre le titre du discours prononcé par Kay Sara l'Antigone brésilienne, pense que <span style="font-style:italic">&quot;Cette folie doit cesser&quot;</span>, tord la tragédie antique pour, dans sa dernière partie, en proposer une lecture ouvrant sur d'autres horizons d'attente…       <br />
              <br />
       Soudain, le jeu s'arrête net, comme un arrêt sur image, pour ajouter un dénouement différent. Quand le jeu reprend, Hémon est en effet le premier des morts à se relever, les autres le suivent… <span style="font-style:italic">&quot;Ceci n'est pas la fin&quot;</span>, mais seulement le début d'une âpre lutte qui se poursuit, encore et toujours, jusqu'à ce que les exclus puissent trouver réparation et recouvrer les terres dont ils ont été spoliés. Car l'histoire du Brésil, de la dictature des années 1964-1985 à la démocratie fragile qui lui a succédé avec le retour du fascisme dans les urnes en 2018 – <span style="font-style:italic">&quot;L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer&quot;</span>, dixit Bolsonaro, le même qui a qualifié le mouvement des sans-terre de &quot;terroristes&quot; –, ne pouvait en toute équité s'arrêter là.       <br />
              <br />
       Ainsi rompant avec &quot;la poésie de la mort&quot; de Sophocle <span style="font-style:italic">(&quot;Si vous ouvrez la bouche, des coups sanglants la fermeront&quot;)</span>, si fascinante puisse-t-elle apparaître, Milo Rau, percutant metteur en jeu des réalités présentes, propose en manière d'apothéose un final de nature à enchanter les luttes… et les spectateurs gagnés à son manifeste artistique. En (re)jouant la tragédie, il déjoue son impact funeste… et l'espoir de pouvoir changer le monde reprend sens.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 12 décembre 2024 dans la Grande salle Vitez du tnba à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antigone in the Amazon"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739699.jpg?v=1735138069" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en anglais, portugais, tucano, flamand et français.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Conception et mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Katelijne Laevens, assistée de Carolina Bufolin, Zacharoula Kasaraki, Lotte Mellaerts.       <br />
       Avec : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie       <br />
       Et, en vidéo, Gracinha Donato, Ailton Krenak, Célia Maracajá, Kay Sara, le chœur des militantes et militants du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST).       <br />
       Dramaturgie : Giacomo Bisordi et Martha Kiss Perrone.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Kaatje De Geest, Douglas Estevam, Carmen Hornbostel.       <br />
       Scénographie : Anton Lukas.       <br />
       Costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas.       <br />
       Lumière : Dennis Diels.       <br />
       Musique : Pablo Casella, Elia Rediger.       <br />
       Vidéo : Moritz von Dungern, Fernando Nogari, Joris Vertenten.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea (français), Carolina Bufolin (anglais).       <br />
       Dispositif d'accessibilité : Panthea.       <br />
       Direction technique : Oliver Houttekiet.       <br />
       Régie plateau : Marijn Vlaeminck.       <br />
       Technique : Brecht Beuselinck, Dimitri Devos, Stavros Otis Tarlizos.       <br />
       Production : NTGent, Klaas Lievens, Gabi Conçalves (Brésil).       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 10 au vendredi 13 décembre 2024 au tnba à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 janvier 2025 :</span> Théâtre Roslyn Packer, Festival de Sydney, Sydney (Australie).       <br />
       11 et 12 avril 2025 : Théâtre de Naples, Naples (Italie).       <br />
       8 Mai 2025 : Théâtre Metastasio, Prato (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85147710-60739541.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Antigone-in-the-Amazon-Et-si-l-Histoire-recommencait_a4111.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-74213909</guid>
   <title>•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…</title>
   <pubDate>Mon, 24 Jul 2023 08:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les expressions, à force d'être employées, s'usent comme des prêts-à-porter élimés devenant, le temps passant, des coques vides. La formule "les arts vivants" n'échappe pas à cette règle. Mais quand le metteur en scène suisse Milo Rau, connu pour pratiquer un théâtre enraciné dans les réalités sociétales du monde d'ici et d'ailleurs, un théâtre sans concession pour le politiquement correct (cf. "La reprise - Histoire(s) du théâtre (I)", Avignon 2018), élit comme sujet de création le sort de l'Amazonie et des populations autochtones qui la peuplent, l'expression "arts vivants" reprend alors diablement de la couleur…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626698.jpg?v=1690137658" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      Homme de terrain – élève du sociologue Bourdieu dont il a retenu le mantra : <span style="font-style:italic">&quot;si tu veux parler de la boxe, il faut devenir boxeur&quot;</span> –, il a pris le temps de rencontrer longuement la population autochtone de la Province de Para au Brésil, celle d'Eldorado do Carajas précisément, là où le 17 avril 1996, 19 paysans ont été tués par la police militaire. Leur crime ? Militants du MST (Mouvement des sans-terre), ils marchaient pacifiquement sur la route 155, virage S, pour obtenir les papiers officiels leur permettant d'occuper légalement une immense ferme regroupant plus de trois mille familles.       <br />
              <br />
       Quant au dispositif scénique, il rend compte à lui seul du désir de faire &quot;dialoguer&quot; les personnages de la tragédie de Sophocle et les acteurs locaux du Mouvement des sans-terre. Ainsi, sur le plateau, en tenue de tous les jours, quatre acteurs interpréteront en les commentant (le paratexte prend toute sa part) les personnages d'&quot;Antigone&quot;, tandis que sur un immense écran, les vidéos enregistrées au Brésil montreront les &quot;acteurs&quot; du Mouvement des sans-terre vivre leurs revendications. Et, par un effet de synchronisation bluffant, les uns et les autres dialogueront, créant les conditions de l'effraction du réel dans la tragédie antique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626700.jpg?v=1690137707" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      Comme la tradition le veut, le chœur antique introduit avec grande poésie le drame grec qui va se (re)jouer devant nous… Il est bien des monstres, mais aucun ne l'est plus que l'homme… Aucun plus étrange, magnifique et épouvantable… Il abuse la déesse Terre, creuse ses profondeurs pour y chercher l'or et le fer… Il capture l'énergie de l'eau, du vent… Il domestique le faucon ailé… Il persécute les dieux et s'approprie les lieux des ancêtres… Il vit dans le présent, se souvient du passé, prédit l'avenir… Mais point de réponse pour la mort. Et de conclure : <span style="font-style:italic">&quot;Il est des choses monstrueuses, mais rien n'est plus monstrueux que l'humain&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Après un rappel du contexte géopolitique de la création du spectacle et du parti-pris artistique résolument assumé de s'en faire le porte-paroles (écho du Théâtre de l'Opprimé d'Augusto Boal), le lieu de la représentation s'enrichit des vidéos projetant sur fond d'écran géant les manifestants du Mouvement des Sans-Terre. Mais avant, un acteur du plateau aura pris soin de préciser que les images ont été tournées sur la route même où a eu lieu le massacre de 1996. Au prologue antique en répondra un autre, contemporain, remettant en jeu l'origine du drame moderne, l'assassinat par la police militaire brésilienne de la voix du peuple autochtone.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626752.jpg?v=1690137772" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      Sur l'écran apparaît alors, en une succession de plans d'ensemble et de gros plans sur les visages déterminés par la colère, la reconstitution de la manifestation réprimée dans le sang. Lors du tournage, s'étant mêlés aux membres du MST dans un effet bluffant de vérité reliant les deux lieux de la représentation, les acteurs du plateau défilent aux deux endroits au cri de : <span style="font-style:italic">&quot;Invasion ! Colonisation ! Pour la réforme agraire ! La lutte jusqu'au bout ! La liberté ou la mort ! Ne marchez pas sur la fourmilière !&quot;.</span> Et lorsqu'à l'écran les soldats les visent et tirent à bout portant sur la foule, sur le plateau la même scène de violence policière se joue. Trainé par les cheveux, criant &quot;Vive le MST !&quot; alors qu'il est frappé à mort, l'acteur de la cause s'effondre. On a beau savoir qu'il s'agit là de &quot;cinéma&quot; et de &quot;théâtre&quot;, le réalisme de la violence mise en jeu est – effet recherché et assumé – difficilement supportable.       <br />
              <br />
       Comme l'Antigone brésilienne, au premier rang de la lutte contre la destruction de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, n'a pu se déplacer en France, c'est un acteur du plateau (le même qui jouera Polynice mort, un garde… et Antigone de Sophocle) qui donnera vie à Kay Sara, symbole vivant du non radical à opposer à tous les dirigeants répressifs, que ce soit Créon, naguère en Grèce, ou Bolsonaro, aujourd'hui au Brésil.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626804.jpg?v=1690188305" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      C'est au musicien du plateau qu'est revenue la direction du chœur des MST apparaissant sur l'écran. Rassemblés sur la place du village face au Centre social (choix symbolique qui contraste avec le Palais de Créon, lieu de l'action antique), les militants du MST auxquels se sont mêlés des survivants de 1996, entonnent un chant révolutionnaire repris sur scène.       <br />
              <br />
       Suivront les actes connus de la tragédie mettant en abyme les protagonistes antiques (Créon le roi, Antigone l'irréductible, Hémon son amoureux et fils du roi, Ismène sa sœur) et leurs doubles brésiliens, tous appartenant à une cosmologie dépassant leur existence terrestre. Cependant, Milo Rau qui, pour reprendre le titre du discours prononcé par Kay Sara, l'Antigone brésilienne, pense que <span style="font-style:italic">&quot;Cette folie doit cesser&quot;</span>, tord la tragédie antique pour, dans sa dernière partie, en proposer une lecture combative.       <br />
              <br />
       En effet, après avoir fait dire à Créon, venant d'apprendre le suicide de son fils Hémon ne pouvant survivre à la mort programmée d'Antigone : <span style="font-style:italic">&quot;Voilà ce que j'ai fait…&quot;</span> et, en écho, le chœur (écran et plateau) de renchérir : <span style="font-style:italic">&quot; ô guerre civile, la plus triste des guerres&quot;</span>, le jeu s'arrête net, comme un arrêt sur image…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626806.jpg?v=1690138286" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      Quand il reprend, Hémon est le premier des morts à se relever, les autres le suivront. En effet, <span style="font-style:italic">&quot;ceci n'est pas la fin&quot;</span>, mais seulement le début d'une âpre lutte qui se poursuit, encore et toujours, jusqu'à ce que les exclus trouvent réparation. L'histoire du Brésil, de la dictature des années 1964-1985 à la démocratie fragile qui lui a succédé, avec le retour du fascisme dans les urnes en 2018 – <span style="font-style:italic">&quot;L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer&quot;</span>, dixit Bolsonaro, le même qui a qualifié le mouvement des sans-terre de &quot;terroristes&quot; –, ne peut s'arrêter là.        <br />
              <br />
       Rompant avec &quot;la poésie de la mort&quot; de Sophocle (<span style="font-style:italic">&quot;Si vous ouvrez la bouche, des coups sanglants la fermeront&quot;</span>), si séduisante puisse-t-elle apparaître, le percutant metteur en jeu des réalités présentes, Milo Rau, propose en manière d'apothéose un final propre à enchanter les luttes… et les spectateurs gagnés à son manifeste artistique de haute facture.        <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 22 juillet 2023 à L'Autre Scène du Grand Avignon, à Vedène.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antigone in the Amazon"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626826.jpg?v=1690138349" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 13 mai 2023 au NTGent (Belgique).       <br />
       Spectacle en anglais, portugais, tucano, flamand et français.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea (français), Carolina Bufolin (anglais).       <br />
       Conception et mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Katelijne Laevens, assistée de Carolina Bufolin, Zacharoula Kasaraki, Lotte Mellaerts.       <br />
       Avec : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie.       <br />
       Apparaissent en vidéo : Gracinha Donato, Ailton Krenak, Célia Maracajá, Kay Sara, le chœur des militantes et militants du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST).       <br />
       Dramaturgie : Giacomo Bisordi.       <br />
       Co-dramaturgie : Martha Kiss Perrone.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Kaatje De Geest, Douglas Estevam, Carmen Hornbostel.       <br />
       Scénographie, Anton Lukas.       <br />
       Costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas.       <br />
       Lumière : Dennis Diels.       <br />
       Musique : Pablo Casella, Elia Rediger.       <br />
       Vidéo : Moritz von Dungern, Fernando Nogari, Joris Vertenten.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 19 et du 21 au 24 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 21 h 30.       <br />
       À L'Autre Scène du Grand Avignon, à Vedène (84).       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       22 et 23 septembre 2023 : Kaserne Basel, Bâle (Suisse).       <br />
       3 et 4 octobre 2023 : Teatro Argentina di Roma, Rome (Italie).       <br />
       13 et 14 octobre 2023 : NTGent, Gand (Belgique).       <br />
       20 octobre 2023 : Teatr Polski, Bydgoszcz (Pologne).       <br />
       Du 25 au 28 octobre 2023 : Célestins, Théâtre de Lyon, Lyon (69).       <br />
       11 et 12 novembre 2023 : Teatro Culturgest, Lisbonne (Portugal).       <br />
       16 et 17 novembre 2023 : Rivoli - Teatro Municipal, Porto (Portugal).       <br />
       18 novembre 2023 : L'Équinoxe, Châteauroux (36).       <br />
       22 et 23 novembre 2023 : Centro de Cultura Contemporánea Condeduque, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 6 au 9 décembre 2023 : Grande Halle de La Villette, Paris.       <br />
       23 et 24 janvier 2024 : Thalia Theater, Hamburg (Allemagne).       <br />
       30 janvier 2024 : Centre Culturel de Bruges, Bruges (Belgique).       <br />
       7 février 2024 : Cultuurhuis De Warande, Turnhout (Belgique).       <br />
       Du 22 au 25 février 2024 : Schauspielhaus, Zürich (Suisse).       <br />
       1er et 2 mars 2024 : deSingel, Anvers (Belgique).       <br />
       Du 7 au 9 mars 2024 : Espoo City Theatre, Espoo (Finlande).       <br />
       Du 19 au 22 juin 2024 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74213909-51626698.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Antigone-in-the-Amazon-Les-arts-vivants-grandeur-nature_a3698.html</link>
  </item>

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