<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-09-05T16:04:56+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…</title>
   <updated>2026-03-30T20:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Biben-et-Stuck--deux-couleurs-de-choregraphies-animees-par-le-meme-elan-dire-ce-que-les-mots-ne-peuvent_a4518.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95726808-66865351.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-01T07:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec "Biben", tout en noir et blanc, Hamid Ben Mahi revisite la danse hip hop pour transmettre ce qui (de création en création) lui est "chevillé au cœur", sa passion indéfectible pour l'humain dans tous ses états. Avec "Stuck", chorégraphie explosive haute en couleur, Mounia Massangar (chorégraphe d'Aya Nakamura) projette sur le plateau des corps habités par une révolte incandescente. Deux chorégraphies, deux couleurs différentes, pour faire résonner jusqu'à nous ce que seuls des corps haut-parleurs peuvent transmettre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865351.jpg?v=1774893647" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Biben"</strong></span> introduit dans l'espace clos de ce qui pourrait être une chambre à soi, revisitée version couple fusionnel. Là, un homme et une femme se livrent aux ébats de jeux rituels consentis (peut-être…). Revêtus l'un et l'autre de tenues noires les confondant, ils se lancent dans un ballet, sorte de fuite éperdue, où les corps s'aimantent, se désaimantent au gré des sentiments qui les parcourent.       <br />
              <br />
       Sur une musique répétitive, Hamid Ben Mahi – en fin connaisseur du genre humain – va orchestrer le jeu de leurs rencontres dans des chorégraphies prenantes… "Il" va la manipuler en tous sens, "elle" va se laisser aller, résister, se hisser sur ses épaules, s'éloigner, avant de revenir vers lui et d'être enserrée entre ses bras. Ne faisant plus qu'un, ils esquisseront quelques pas, elle, juchée sur le dessus des pieds de son partenaire, captive de son parcours… Quelques pas (de danse) avant de se disjoindre à nouveau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865364.jpg?v=1774893773" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      Reliés par le filin qui les accouple, chacun tirant de son côté, elle va éprouver le lien qui les unit en le mettant à l'épreuve de son désir. Quand il voudra la ramener vers lui, elle résistera, chutera au sol. S'enclenchera alors le cycle de la violence, le lien devenant laisse… De haute lutte, elle réussira à s'en libérer décrochant le harnais qui la tenait à sa merci… le laissant lui, démuni, la laisse désormais sans objet pendant de sa main, encerclé dans un halo de lumière l'emprisonnant.       <br />
              <br />
       Quant au jeu des lumières, il éclaire en la redoublant l'Histoire de cette emprise amoureuse… Jeux d'ombres, la chambre à soi du couple fusionnel devenant en un éclair la caverne de Platon lorsque les ombres des protagonistes, éclairés pleine face, se profilent sur la paroi du fond de scène. Projection d'une scène archaïque, une scène de la vie conjugale surgissant de la nuit des temps pour venir s'inviter dans notre présent, comme si se rejouaient sur un plateau de danse contemporaine les sempiternelles dérives du sentiment amoureux et de son corollaire, l'emprise mortifère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865381.jpg?v=1774893922" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Stuck"</strong></span> est à prendre comme un électron libre sur la scène de danse contemporaine, un électron qui ne peut laisser indifférent tant ses vibrations sont irradiantes. Convoquant les ressources de la musique électronique, de la danse waacking plongeant ses racines dans l'impérieuse nécessité de lutter contre toutes oppressions (internes comme externes), mais aussi s'appuyant sur les apports colorés de costumes éclatants, de clins d'œil furtifs au cinéma et autres influences, cinq femmes d'horizons et de corpulences multiples vont se lancer dans des interprétations décoiffantes, démultipliées en tableaux vivants.       <br />
              <br />
       De quoi sont porteuses ces deux femmes que l'on découvre assises sur un banc, comme emmurées en elles-mêmes, le visage dissimulé par un dépliant où se détachent sur fond rouge les lettres STUCK ? Stuck, c'est-à-dire bloqué, coincé, en français… Ce qui reste coincé et les immobilise ces femmes danseuses à l'arrêt, sans pouvoir trouver une "voix" d'issue dans les mots restés bloqués quelque part en elles, surgira plus tard dans des danses furieuses où les corps se feront haut-parleurs. Là, on les surprend frappées de stupeur, la même que celle vécue naguère par Mounia Nassangar victime d'un burn-out aux effets dévastateurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865404.jpg?v=1774894234" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      Effondrement originel, mais aussi passage obligé pour pouvoir ensuite rebondir de plus belle, libérées des pressions imposées. Et ce passage à un autre état, comme la transition d'un corps solidifié vers un corps aérien libéré de ses amarres, sera développé dans le plan-séquence suivant… Le tableau vivant où une spectatrice complice montera sur le plateau pour se faire tondre avec application, la même affiche rouge et son inscription en mains. Une scène où la durée de la mutation est respectée en temps réel comme pour souligner le temps nécessaire à la métamorphose. Le crâne complètement rasé, sa chevelure gisant à ses pieds, elle aura devant nous, et en toute liberté, fait &quot;table rase&quot; du passé pour renaître symboliquement.       <br />
              <br />
       Dès lors, accompagnées de grondements et de lumières flamboyantes, les interprètes – une à une ou en chœur, mais toujours impeccables – vont déborder d'une formidable énergie se répandant jusque dans la salle… Corps en tension, corps électrisé par la musique qui le traverse, corps secoué de soubresauts rageurs, corps martelant des pieds le plancher de danse, corps en pause… corps toujours charismatique porteur d'une authenticité palpable.        <br />
              <br />
       Danser est un sport de combat… Mounia Nassangar et ses cinq fabuleuses danseuses nous le rappellent ce soir avec une force communicative si intense que l'on ressort sonné de ces rounds magistralement chorégraphiés.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 18 mars 2026, à la Scène nationale du Carré-Colonnes à Saint-Médard (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865406.jpg?v=1774894735" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Biben"</strong></span>       <br />
       Création 2026.       <br />
       Chorégraphie : Hamid Ben Mahi.       <br />
       Avec : Elsa Morineaux et Frédéric Faula.       <br />
       Musique : Manuel Wandji.       <br />
       Lumière : Antoine Auger.       <br />
       Durée : 25 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Stuck"</strong></span>       <br />
       Création 2024, dans le cadre de (UNDER)GROUND à Rennes.       <br />
       Chorégraphie : Mounia Nassangar.       <br />
       Avec : Suzanne Degennaro, Serena Freira, Oumrata Konan, Nicole Kufeld, Carla Parcianello       <br />
       Assistante chorégraphique et reprise de rôle : Sofia Staníc.       <br />
       Beatmakeuse : Mac L'Arnaque.       <br />
       Scénographie, lumières : Xavier Lescat.       <br />
       Costume et stylisme : Lydie Tarragon, Mounia Nassangar.       <br />
       Sound designer : Lucie Béguin.       <br />
       Durée : 45 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95726808-66865595.jpg?v=1774894783" alt=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" title=""Biben" et "Stuck", deux "couleurs" de chorégraphies animées par le même élan, dire ce que les mots ne peuvent…" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Biben&quot; et &quot;Stuck&quot; ont été représentés les 17 et 18 mars 2026 à la Scène nationale du Carré-Colonnes, Saint-Médard (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée &quot;Stuck&quot;</b>       <br />
       26 mars 2026 : Auditorium, Seynod (74).       <br />
       27 et 28 mars 2026 : SNA MC2, Grenoble (38).       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 avril 2026 :</span> Théâtre au Fil de l'eau, Pantin (93).       <br />
       <span class="fluo_jaune">3 avril 2026 :</span> L'orange Bleue, Eaubonne (95).       <br />
       <span class="fluo_jaune">9 et 10 avril 2026 :</span> SNA Points Communs, Cergy (95).       <br />
       21 et 22 avril 2026 : SNA L'Archipel, Perpignan (66).       <br />
       30 avril 2026 : Le Pin Galant, Mérignac (33).       <br />
       26 mai 2026 : L'Avant Seine, Colombes (92).       <br />
       11 et 12 juin 2026 : SNA Espace des Arts, Chalon-sur-Saône (71).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Biben-et-Stuck--deux-couleurs-de-choregraphies-animees-par-le-meme-elan-dire-ce-que-les-mots-ne-peuvent_a4518.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir</title>
   <updated>2026-03-16T19:24:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Vents-Contraires--un-vent-de-revolte-souffle-sur-une-bibliotheque-assaillie-par-la-censure-politique-l-imagination_a4503.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95388925-66721156.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-16T17:58:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une petite bibliothèque municipale comme il en existe dans toutes les villes. Un havre de paix, de silence, de rêve et de réflexion contre les murs duquel se brise la fureur des conflits, du bruit et des angoisses du réel et de l'actualité. Un sanctuaire où la culture prend ses aises, où l'imaginaire déploie ses ailes, où chacun est le bienvenu pour une petite escale au milieu de la frénésie quotidienne. Bref silence, liberté et mondes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95388925-66721154.jpg?v=1773682417" alt="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" title="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Ils seront cinq personnages à vivre cette aventure de pages et de mots. Trois bibliothécaires de chair et d'os et trois marionnettes, Oscar, au collège, Mona, en âge d'être à l'école primaire, et Aleks, fantôme des rayonnages, qui se rencontrent dans ce lieu. Un lieu qui va leur tenir lieu de refuge pour différentes raisons : la petite Mona y vient tous les jours, elle se plonge dans des romans, comme celui inspiré de la vie de Mary Read, l'une des plus pirates les plus connues du XVIIIᵉ siècle. Oscar y déboule comme malgré lui, sans savoir trop comment il arrive dans cette bibliothèque, puisque dyslexique, il ne lit pas, à peine s'il sait lire. Quant à Aleks…       <br />
               <br />
       Des courtes séquences rythment les jours tranquilles du lieu. La construction du texte de Mike Kenny s'appuie sur cette vie quotidienne, d'ouverture et de fermeture des portes. Séquences de jour où les liens se nouent entre Mona et Oscar, séquences de nuit où Aleks apparaît comme une présence énigmatique et inattendue dans cet univers calme et serein. Et puis cette vie commence à grincer lorsque les lettres de l'administration demandent de retirer certains livres des stocks. C'est le début d'une résistance des trois bibliothécaires, d'une sorte de mise en clandestinité des ouvrages que l'autorité demande de retirer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95388925-66721155.jpg?v=1773682459" alt="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" title="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Mais &quot;Vents contraires&quot; tente essentiellement de se mettre à hauteur d'enfant pour laisser les liens entre les personnages marionnettiques se nouer d'abord entre cette petite fille Mona, qui préfère s'immerger dans la fiction et qui évite soigneusement de révéler sa vie réelle, sa mère, son domicile et Oscar adolescent qui l'on sent poussé par les autres vers ce lieu refuge, sans qu'il sache ce qu'il vient y chercher, sinon peut-être un peu de paix. Une amitié qui s'appuie sur les livres et plus généralement les fictions comme ressource vitale. Soudain, ces livres, qui sont la charpente de leurs moments d'évasion, sont mis en péril par cette autorité sans visage qui décide de les interdire. Alors les enfants aussi entrent, à leur manière, en résistance.       <br />
              <br />
       Le troisième personnage marionnette de cette histoire, Aleks, se dévoile comme l'incursion d'une réalité actuelle. Elle est une réfugiée qui a trouvé refuge dans cette bibliothèque, un peu elle-même était une histoire, un livre, que le lieu devait protéger de la disparition, de l'oubli. Tous les trois, chacun suivant leurs raisons personnelles, vont partir en lutte contre cette censure qui grignote, à chaque nouveau courrier, l'espace de liberté qui les a faits se connaître.       <br />
               <br />
       Les très belles marionnettes, à la fois réalistes et stylisées, créées par Marion Belot assistée de Leslie Bertho, de taille humaine, prennent vie entre les mains des trois interprètes humains comédiennes, comédien et marionnettistes, Maloue Fourdrinier, Sarah Vermande et Simon Moers. Des manipulations qui se font à vue, mais qui sont réalisées de manière si précise que le regard occulte totalement les marionnettistes tant la vie est insufflée aux marionnettes. Fermant les yeux après le spectacle, leurs images semblent des êtres vivants.       <br />
               <br />
       Un travail que Simon Delattre, à la mise en scène, a dirigé avec une précision extrême et qui parvient ainsi à générer une empathie totale avec ces trois enfants. Trois enfants dont on devine une existence difficile et qui, grâce au refuge qu'ils trouvent dans le partage de l'imaginaire puisé dans les livres, peuvent, espérons, changer le monde. Touchant, porteur de sens et inventif, Vents Contraires enjambe le gouffre entre rêve et réalité et crée un vase communicant entre ces deux univers : la puissance de l'un capable de résister à la brutalité de l'autre.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre Massalia, La Friche Belle de Mai, Marseille, le 12 mars 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Vents Contraires"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95388925-66721156.jpg?v=1773682581" alt="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" title="Dans "Vents Contraires", un vent de révolte souffle sur une bibliothèque assaillie par la censure politique : l'imagination de l'enfance au pouvoir" />
     </div>
     <div>
      D'après un texte de Mike Kenny traduit par Séverine Magois.       <br />
       Mise en scène : Simon Delattre.       <br />
       Dramaturgie, assistant à la mise en scène : Yann Richard.       <br />
       Avec : Maloue Fourdrinier, Sarah Vermande et Simon Moers en alternance avec Guillaume Fafiotte.       <br />
       Scénographie : Tiphaine Monroty.       <br />
       Construction du décor : Marc Vavasseur.       <br />
       Création marionnettes : Marion Belot, assistée de Leslie Bertho (stagiaire aux propositions plastiques).       <br />
       Création lumières : Jean-Christophe Planchenault.       <br />
       Composition musicale : Léopoldine HH.       <br />
       Création son : Julien Lafosse.       <br />
       Création costumes : Elena Bruckert.       <br />
       Régie générale : Jean-Christophe Planchenault.       <br />
       Construction du décor : Marc vavasseur.       <br />
       Régie et accessoires : Morgane Bullet, assistée de Zoé Broneer.       <br />
       Production Rodéo Théâtre.       <br />
       À partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 21 mars 2026.</span>       <br />
       Mardi et mercredi à 10 h, jeudi à 10 h et 14 h 30, vendredi à 10 h et 19 h, samedi à 17 h.       <br />
       Théâtre Dunois, 7, rue Louise Weiss, Paris 13ᵉ.       <br />
       Tél. : 01 45 84 72 00.       <br />
       <a class="link" href="https://hub-dun.shop.secutix.com/selection/event/date?productId=10229381842661" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredunois.org/" target="_blank">&gt;&gt; theatredunois.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       10 et 11 avril 2026 : Les Bords de Scène - Espace Jean Lurçat, Juvisy-sur-Orge (91).       <br />
       13 et 14 octobre 2026 : Maison de la culture - Scène Nationale, Bourges (18).       <br />
       13 et 14 novembre 2026 : Points communs - Nouvelle scène nationale de Cergy Pontoise et du Val-d'Oise, Cergy (95).       <br />
       26 et 27 novembre 2026 : Théâtre des Salins - Scène nationale, Martigues (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Vents-Contraires--un-vent-de-revolte-souffle-sur-une-bibliotheque-assaillie-par-la-censure-politique-l-imagination_a4503.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes</title>
   <updated>2026-03-05T11:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Rien-n-a-jamais-empeche-l-histoire-de-bifurquer-Appel-revolutionnaire-poetique-et-acere-pour-la-douceur-du-monde-et_a4492.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95066656-66588789.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-04T18:46:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De cet inédit de Virginie Despentes, la mise en scène d'Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard, en fait une superbe seule-en-scène qu'elle incarne, à la croisée de la musique et de la poésie qui appelle au réveil contre tout extrémisme afin d'opérer une révolution avec douceur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588789.jpg?v=1772560097" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Des projecteurs sur le public cachent la scène avant le démarrage de la représentation. À son entame, les lumières éclairent le plateau où apparaissent, côté jardin, deux musiciens que sont le percussionniste Vincent Le Noan et le violoncelliste et guitariste Rémy Chatton.        <br />
              <br />
       Au centre de la scène, dos au public, est assise derrière un mur blanc détruit, la protagoniste (Anne Conti). Sauf les musiciens, c'est une seule-en-scène. Durant tout le spectacle, le jeu d'Anne Conti est à la fois très physique et très vocal. Elle chante d'une belle voix à trois reprises, accompagnée par le guitariste Rémy Chatton pour l'une d'entre elles.       <br />
              <br />
       Qui est ce personnage ? L'auteure ? La metteure en scène et comédienne ? Nous ? Vous ? Moi ? Toi ? Tout ensemble à la fois, car n'importe qui, du moins hors ceux épousant des idées racistes et extrémistes, peut se reconnaître dans les propos de Virginie Despentes qui se prête volontiers à ce type de spectacle en solo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588796.jpg?v=1772560148" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      La musique propose différents rythmes. Elle apporte une couleur et un accent particuliers en créant plusieurs ambiances qui sont rythmées par les percussions, accompagnées par la guitare qui est souvent mélodique. Elle est une dynamique composée de temps forts et de silences, en décentrant le texte de Virginie Despentes dans une atmosphère et un contexte qui oscillent entre gravité, réflexions et pointes acérées. Ce décentrement le met en exergue aussi bien au travers du chant que d'une oralité à la fois incarnée et sobre. Le large timbre vocal d'Anne Conti crée des inflexions autant déclaratives que confidentielles, autant graves que solennelles. Sa tessiture est comme un baromètre qui aurait prise sur le ciel en le faisant osciller entre pluie et soleil, tonnerre et brise, orage et éclaircie.       <br />
              <br />
       Le buste droit, le corps quelques fois de biais, souvent debout, parfois allongé, la protagoniste est principalement face au public en ayant des moments de réflexion où elle se remémore sa jeunesse, avec ses espoirs et ses envies révolutionnaires. Ciselé dans un verbe fort et rugueux aux envolées lyriques, &quot;Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer&quot; est comme une plage de sable chaud avec ses rochers dans laquelle les tourments politiques viennent briser leurs courants en déposant leurs écumes. De ceux-ci, l'autrice en fait un matériau où elle délivre ses réflexions et un cri d'alerte.       <br />
              <br />
       La symbolique du mur détruit représente un monde dévasté, dont le constat d'échec des politiques amène à devoir le reconstruire. Ce champ de ruines représente avant tout celui du résultat d'idées mortifères du rejet et de la peur de l'autre, du sexisme et du masculinisme, du monde avec sa furie xénophobe et raciste qui sème ses mauvaises graines dans trop de discours et de postures politiques actuels. Bref, l'extrémisme s'habille de ses habits mortuaires, flanqué de ses mocassins, de son col blanc ou de son tailleur, pour donner un semblant urbain et policé à des idées courtes, rances… et marchant à cloche-pied vers une crevasse.       <br />
              <br />
       La protagoniste s'emploie à commencer à reconstruire ce mur en y déposant des bancs de pierre en avant-scène et en y vissant quelques panneaux blancs déchiquetés, étalés au sol, faisant écho au texte salvateur de Virginie Despentes. Anne Conti l'incarne autant vocalement que corporellement. Elle en fait vivre les phrases, les mots, la ponctuation et les silences. Il vit, parle, hurle, sue, respire, tousse, éternue et gronde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588806.jpg?v=1772560343" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      L'inédit de l'écrivaine est puissant dans son propos, dans ses interpellations et dans ses questionnements. Elle l'a écrit et lu lors d'un séminaire le 16 octobre 2020 organisé par le philosophe Paul B. Preciado et intitulé &quot;Corps révolutionnaire&quot;. Cet écrit est une caisse de résonance de ce que nous vivons aujourd'hui. Il combat les violences du capitalisme, du colonialisme, du patriarcat, du racisme et de l'homophobie. L'auteure appelle à une révolution qu'elle souhaiterait douce, douceur qui manque dans l'espace public, et qui n'existe, de ce qu'elle dit, que dans un cadre privé.       <br />
              <br />
       C'est un appel au réveil, à la révolte dans une société dont les repères deviennent de plus en plus extrémistes, c'est-à-dire racistes, où l'étranger, celui qui ne ressemble pas au modèle fantasmé d'être un mâle blanc et &quot;pur&quot; de toute hybridation, est exclu, car, avec une énumération sans priorité, une femme, un homosexuel, une lesbienne, un noir, un arabe, un jaune, un gris, un rouge, un roux, un chauve ou un blanc un peu trop halé ne peuvent exister pour ce qu'ils sont. Bref, un combat long et sans pause à mener sans ambiguïté.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle où la poésie, la musique et le chant se rejoignent pour porter un message de révolte bienvenu et bienheureux contre tout extrémisme. Responsabilité de chacun, que cela advienne au plus vite.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588822.jpg?v=1772560380" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Virginie Despentes       <br />
       Mise en scène et scénographie : Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard.       <br />
       Assistante mise en scène : Isabelle Richard.       <br />
       Avec : Anne Conti, Rémy Chatton (violoncelle, guitare) et Vincent Le Noan (percussions).       <br />
       Conseillère dramaturgique : Géraldine Serbourdin.       <br />
       Création musicale et sonore : Rémy Chatton et Vincent Le Noan.       <br />
       Création peinture et vidéo : Cléo Sarrazin.       <br />
       Création et régie son : Phédric Potier.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Création costumes : Léa Drouault.       <br />
       Constructions : Paul Étienne Voreux.       <br />
       Patines décor : Frédérique Bertrand.       <br />
       Régie Lumière-vidéo : Caroline Carliez.       <br />
       Production : In Extremis.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 10 au 21 février 2026 au Théâtre 14, Paris 14ᵉ .</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 au 19 mars 2026 :</span> Théâtre Garonne, Toulouse (31).       <br />
       26 au 26 mars 2026 : Le Théâtre - Scène nationale, Mâcon (71).       <br />
       5 au 6 mai 2026 : La Passerelle, Saint-Brieuc (22). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588846.jpg?v=1772560601" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Rien-n-a-jamais-empeche-l-histoire-de-bifurquer-Appel-revolutionnaire-poetique-et-acere-pour-la-douceur-du-monde-et_a4492.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…</title>
   <updated>2024-04-10T18:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Maldonne-Une-histoire-du-feminin-Le-jeu-des-cartes-a-redistribuer_a3875.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79434482-57532069.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-10T17:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si l'on interroge le dictionnaire ("maldonne : erreur dans la distribution des cartes - à jouer"), le titre choisi par Leïla Ka pour sa nouvelle chorégraphie délivre l'essence même du projet inscrit dans les plis de son identité féminine… En effet, dès son triptyque qui l'a projetée tout de suite au rang des chorégraphes danseuses émergentes – "Pode Ser" (2019), "C'est toi qu'on adore" (2021) et "Se faire la belle" (2022) –, elle n'a de cesse de creuser le même sillon. Celui du combat à mener sans faillir par les femmes, fragiles et fortes, pour rebattre les cartes de la domination masculine les assignant à des places ancestrales.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532069.jpg?v=1712764647" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
     </div>
     <div>
      À ce titre, le tableau initial a valeur de peinture expressive, projetant en pleine face les positions canoniques imposées par la loi des hommes… Cinq femmes alignées, impeccablement immobiles face à nous dans leurs longues robes colorées, panel des diversités confondues, émergent de la nuit du plateau. Sur leur visage, dans un silence abyssal, se lit sinon l'effroi l'expression de celles qui se doivent de se tenir en retrait. Lorsque leurs mains se portent lentement à leur visage, c'est pour en effleurer le front… Elles qui, toutes sur le même front, vont peu à peu se mettre en mouvement entre souffrance, révolte et extase.       <br />
              <br />
       Au rythme de leur respiration ahanée, elles vont progressivement s'animer. Leurs gestes s'accélérant dévoilent, entre les soupirs qui en fixent le tempo, les efforts surhumains qu'elles déploient pour &quot;faire face&quot;. Tantôt épuisées, mises à bas par l'intensité des luttes secouant de part en part leur corps mis à mal, elles chutent une à une… pour aussitôt, sous l'effet du souffle du collectif qui leur insuffle leur énergie, se relever telles des phénix renaissant de leurs cendres. Les chorégraphies de l'effondrement, du roulé-boulé, du jaillissement, recomposent la répétition des figures au travail en elles. Figures introjectées, imposées, auxquelles elles ont affaire… et dont elles aspirent à se séparer dans des mouvements dupliqués à l'envi, marquant autant la répétition du même que ses écarts.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532116.jpg?v=1712764678" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
     </div>
     <div>
      Le deuxième tableau les découvrira en robes léopard sous les lumières du plateau. Agenouillées, à quatre pattes, elles briquent de manière forcenée le sol, s'échinant à grands renforts de gestes à reproduire en chœur ce que, au travers de la répartition des tâches, la domination masculine attend d'elles. Mais dans leur regard luit la flamme de la révolte prête à mordre… Quand elles se relèvent, leur robe entre les dents, on sent que l'heure de la révolte est arrivée… C'est le sol, vers lequel on veut les faire plier, qui, dorénavant, reçoit les coups rageurs de leur robe devenue arme. Ces robes dont elles tenteront de se défaire une à une, comme on se dépiaute de &quot;moi-peaux&quot; accumulés en couches successives par les années d'asservissement. Des &quot;moi-peaux&quot; introjectés faisant barrage à leur nature de femme libre.       <br />
              <br />
       Retrouvant un instant leur voix, les danseuses en donnent à tue-tête, entonnant la chanson de Lara Fabian &quot;Je suis malade, complètement malade&quot;… Les affres de la douleur à vif et de la révolte à fleur de peau déforment les visages tordus par les grimaces (cf. &quot;La Méduse&quot; du Caravage) et les corps disloqués, figés dans un tableau vivant, bouches ouvertes renvoyant à une &quot;nature morte&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532119.jpg?v=1712764708" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
     </div>
     <div>
      Et comme si l'aventure – selon les desiderata d'un ordre patriarcal veillant au grain – devrait légitimement s'arrêter là, avec, après la crise, le retour à la raison commune d'une soumission acceptée, les artistes tout sourire se paient le luxe d'une (fausse) sortie avec saluts d'usage… Comme si seule la résignation pouvait être de mise pour constituer une chute (socialement) acceptable… serait-ce au prix d'un renoncement de plus.       <br />
              <br />
       Mais le monde selon Leïla Ka ne peut se &quot;décliner&quot; ainsi… Dans une seconde partie, la révolte avortée se transfigurera en rébellion généralisée. Des cintres tomberont des crochets où les robes seront, une à une, accrochées, comme des reliques surannées dont ces femmes ne veulent plus. Les mouvements se feront souples, amples, la musique allègre. En plein accord avec la liberté recouvrée, leurs relations seront traversées par des querelles &quot;entre filles&quot; prenant la forme des pantomimes endiablées prisées par le cinéma muet. Débarbouillées, débarrassées de leur ancienne peau, elles apparaîtront en nuisettes, jouant avec leurs pelures anciennes réduites à l'état d'oripeaux désactivés de leur charge toxique.       <br />
              <br />
       Soutenus par des musiques (basses électro répétitives, valses de Chostakovitch, musique pop de Lara Fabian) épousant les différentes étapes de cette traversée en milieu hostile, une heure durant sans faiblir un seul instant, les corps se sont faits les haut-parleurs de combats démesurés échappant aux mots pour les dire. Refusant le statut de victimes les figeant dans des postures qu'elles réprouvent, ces danseuses sont devenues à leur tour de splendides &quot;guerillères&quot; retournant leurs robes en armes.       <br />
              <br />
       Ce qui ressort de cette chorégraphie chorale orchestrée par la sincérité, la générosité et l'énergie rayonnante inscrites dans l'ADN de Leïla Ka, c'est le sentiment d'avoir été irrésistiblement aspiré dans l'œil du cyclone… Un œil du cyclone qui, en la circonstance, a pris le visage de femmes &quot;hors père&quot;… Envoûtant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 5 avril à La Manufacture - CDCN de Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Maldonne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532243.jpg?v=1712765491" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Leïla Ka.       <br />
       Avec : Jennifer Dubreuil Houthemann, Jane Fournier Dumet, Leïla Ka, Zoé Lakhnati, Jade Logmo.       <br />
       Assistante chorégraphique : Jane Fournier Dumet.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Régie lumière : Laurent Fallot ou Clara Coll Bigot.       <br />
       Régie son : Rodrig De Sa ou Manon Garnier.       <br />
       Par la Cie Leïla Ka.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
       Création le 16 novembre 2023 à La Garance - Scène nationale, Cavaillon (84).       <br />
              <br />
       <b>A été représenté le jeudi 4 et le vendredi 5 avril 2024 à La Manufacture - CDCN à Bordeaux (33), en partenariat avec le TnBA - Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 avril 2024 :</span> Centre culturel Jacques Duhamel, Vitré (35).       <br />
       Octobre 2024 : Festival Roma Europa, Rome (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532255.jpg?v=1712765552" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Maldonne-Une-histoire-du-feminin-Le-jeu-des-cartes-a-redistribuer_a3875.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>LWA… Théâtral et politique !</title>
   <updated>2022-11-28T08:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/LWA-Theatral-et-politique-_a3455.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69164062-48446559.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-11-28T07:18:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une prise de position d'un théâtre qui remonte jusqu'au XVIIIe siècle à la source d'écrits, de harangues et de propos tenus par des révolutionnaires ou des figures artistiques célèbres pour comprendre ce qui a fait la trame d'idées coloniales dévastatrices du genre humain. On y rencontre aussi, dans un aspect plus lumineux et digne, la figure d'hommes courageux qui se sont révoltés avec le fusil ou l'écrit dans un même combat de liberté et d'égalité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69164062-48446559.jpg?v=1669578551" alt="LWA… Théâtral et politique !" title="LWA… Théâtral et politique !" />
     </div>
     <div>
      LWA, 3 lettres qui désignent un esprit de la religion vaudou, appelé aussi &quot;Les Mystères&quot; ou &quot;Les Invisibles&quot;. Ils servent d'intermédiaires entre le créateur lointain et les êtres humains. Dans ce spectacle, Camille Bernon et Simon Bourgade nous convient à remonter le cours des idées et de l'Histoire pour comprendre le cheminement de pensées coloniales qui ressurgissent parfois pour alimenter encore aujourd'hui des discours de haine et de mépris.       <br />
              <br />
       La pièce débute avec les artistes sur scène déambulant et parlant avec, derrière eux, une vidéo de la révolte des banlieues (2005) après la mort par électrocution de Zyed (Benna) et Bouna (Traoré) suite à une course-poursuite par la police. On voit les manifestations, les heurts, la violence qui en a découlé. C'est un amoncellement de propos par les comédiens dont un, à tour de rôle, devient plus audible que les autres, car porté par un micro. Chacun incarne un personnage.       <br />
              <br />
       Ce sont les individus et le groupe qui se font entendre par roulement. Les premiers se détachant du second pour faire corps ensuite avec lui. Puissants ou victimes, gouvernants ou opprimés, les figures, dont certaines célèbres ou anonymes, mais qui ont marqué l'Histoire, défilent durant le spectacle. Nous nous retrouvons comme sur un échiquier social où, à l'opposé des uns et des autres, des personnages se retrouvent au travers d'une identité sociale, artistique, historique, associative ou institutionnelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69164062-48446563.jpg?v=1669578585" alt="LWA… Théâtral et politique !" title="LWA… Théâtral et politique !" />
     </div>
     <div>
      Puis c'est le discours du président Chirac (1932-2019), incarné par Jackee Toto, suite à ces émeutes, revisité avec humour par un staff composé de deux conseillers (Naïs El Fassi, Souleymane Sylla) qui font attention à taire ce qu'il pourrait dire et penser. Avec humour, composé de &quot;jingles&quot; de la Marseillaise, il se lâche ensuite avec des propositions dites de façon décalée de chèques-vacances et de concerts pour pallier un vide et le manque, social et de considération, subi par les jeunes dans les banlieues. Nous sommes dans une farce politique qui en devient tragique. Amuser le peuple pour qu'il oublie sa colère au sens propre comme figuré.       <br />
              <br />
       On y entend aussi, extrait de &quot;Delta Charlie Delta&quot; de Michel Simonot, chaque propos, raciste et plein de préjugés, tenu par les policiers lors de la poursuite des jeunes qui ont donné lieu à la mort de deux d'entre eux. Malgré le refus des médecins, il y a, à l'hôpital, les interrogatoires de la police de Muhittin Altun - alors qu'il est aux urgences -, lui aussi électrocuté, mais ayant eu, par chance, la vie sauve. Puis les propos dignes d'une racaille du ministre de l'Intérieur Sarkozy avec son Kärcher. Ou, au travers de déclarations beaucoup plus louables, l'association ACLEFEU, créée au lendemain de la révolte des banlieues. Dans ce spectacle, c'est la voix des oubliés, des bafoués, de ceux que l'on oppresse - qui contrebalancent celles de puissants et de politiques - qui se fait aussi entendre.       <br />
              <br />
       Puis c'est une voix profonde, superbe, celle de Jackee Toto, comme sortie des ténèbres, qui se détache dans l'obscurité et raconte une révolte des noirs contre les envahisseurs blancs, celle de François Mackandal (mort en 1758), meneur de plusieurs rébellions dans le nord-ouest de l'île de Saint Domingue. Il est considéré comme le symbole de la lutte noire anti-esclavagiste, le précurseur de Toussaint Louverture (1743-1803). Une légende entoure le personnage et ce qui est rendu sur scène est cette profondeur venue d'ailleurs, d'un passé qui ressurgit et qui rappelle la lutte, le combat d'hommes dignes et courageux pour leur liberté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69164062-48446567.jpg?v=1669578612" alt="LWA… Théâtral et politique !" title="LWA… Théâtral et politique !" />
     </div>
     <div>
      Cette création donne la parole à ceux qui ne se sont pas tus et qu'on tue, assassine, moleste ou bafoue. À ceux qui ont lutté, brisé le carcan colonial de la violence et du rejet. À ces oubliés, parfois de l'Histoire, qui rappellent la grandeur de l'esprit humain et du courage tel que Mackandal. À ceux qui, en plus de leur courage, tel Frantz Fanon (1925-1961), manie leur intelligence à décrypter le colonialisme, au travers, entre autres, de la psychologie, pour comprendre cette haine et cette violence et qui savent manier poésie, philosophie et combat.       <br />
              <br />
       Avec Fanon, c'est l'esprit qui finit par prendre le fusil. On le retrouve à son bureau, incarné par Salomé Ayache, superbe dans ses combats anticoloniaux lors de la guerre d'Algérie au travers de ses écrits. On y redécouvre, oralement, la lettre qu'il a envoyée au ministre résident de l'Algérie, Robert Lacoste (1898-1989), pour donner sa démission, le 26 novembre 1956, de son poste de l'hôpital de Blida-Joinville.       <br />
              <br />
       On y entend aussi des révolutionnaires de 1789 tel l'abbé Grégoire (1750-1831), des colons de tout poil tenir des propos d'une violence et d'un mépris d'un autre âge, celui d'un temps où le noir et le bronzé étaient des couleurs où l'asservissement n'en était que le reflet. On entend aussi quelques figures étonnantes comme celle de Victor Hugo (1802-1885) - interprété par Ahmed Hammadi Chassin -, dans son &quot;Discours sur l'Afrique&quot; (1879), tenir des propos de colonisateur, décrivant l'Afrique comme une seule et même terre avec sa sauvagerie de peuple d'un autre âge à prendre et à amadouer pour faire que le progrès ne soit plus freiné par des peuples sans histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69164062-48446572.jpg?v=1669578678" alt="LWA… Théâtral et politique !" title="LWA… Théâtral et politique !" />
     </div>
     <div>
      Une véritable ode aux massacres. Cruelle et bête ignorance d'un homme aux qualités d'esprit pourtant multiples, reflet d'une époque où l'ouverture d'esprit vers un ailleurs ne se prêtait pas à la tolérance. Sarkozy, dans son discours de Dakar (26 juillet 2007), semble s'être inspiré en partie, sous la plume d'Henri Guaino, de quelques phrases de l'écrivain. Propos d'une autre époque qui charriait un mépris sans nom pour ceux qui n'étaient ni blancs ni européens. Triste spectacle d'une bêtise revendiquant des vues coloniales passéistes alimentant son cortège de racisme.       <br />
              <br />
       La représentation est dans une dynamique très vive. Cela court aussi en cercle avec les artistes qui jettent, de façon synchronisée, leurs deux mains vers le sol pour être ensuite remontés vers les troncs. C'est beau et rythmé. C'est un théâtre qui dénonce et qui revendique. Le corps et la voix, l'esprit et la lettre, le mépris et la lutte, tout est lié comme le miroir inversé de l'un à l'autre. C'est dans cette construction autant historique que littéraire et théâtrale que la danse fait quelques jolis tours sur scène. Un très beau spectacle, instructif et jouisseur de revendications !       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"LWA"</b></div>
     <div>
      D'après des récits d'esclaves, les écrits de Frantz Fanon, &quot;Delta Charlie Delta&quot; de Michel Simonot et les Cahiers de doléances recueillis par le Collectif ACLEFEU.       <br />
       Conception et mise en scène : Camille Bernon et Simon Bourgade.       <br />
       Stagiaire mise en scène : Héloïse Janjaud.       <br />
       Collaboration artistique et jeu : Salomé Ayache, Naïs El Fassi, Ahmed Hammadi Chassin, Benedicte Mbemba, Souleymane Sylla, Jackee Toto.       <br />
       Scénographie : Benjamin Gabrié.       <br />
       Son : Vassili Bertrand en alternance avec Quentin Hilaire.       <br />
       Lumière : Coralie Pacreau.       <br />
       Vidéo : José Gherrak.       <br />
       Costumes : Gwladys Duthil.       <br />
       Par la Cie Mauvais Sang.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 novembre au 3 décembre 2022.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, jeudi et samedi à 20 h, vendredi à 19 h et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Paris-Villette, Grande Salle, Pais 19e, 01 40 03 74 20.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-paris-villette.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-paris-villette.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       13 et 14 décembre 2022 : Espace des arts - Scène nationale, Chalon sur Saône (71).       <br />
       28 janvier 2023 Le Théâtre de Rungis, Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/LWA-Theatral-et-politique-_a3455.html" />
  </entry>
</feed>
