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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-15T06:16:44+02:00</updated>
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   <title>"Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité</title>
   <updated>2026-03-03T19:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Taire-Antigone-et-Eden-Deux-tres-jeunes-filles-entremelant-leurs-voix-pour-faire-entendre-le-dur-desir-de-verite_a4491.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-03T08:34:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au-delà de l'espace-temps qui sépare ces deux héroïnes – l'une mythique issue d'une relecture avertie de la mythologie grecque, l'autre contemporaine issue de la sociologie de l'enfance en déshérence –, Tamara Al Saadi réunit le temps d'une re-présentation ces deux figures féminines… L'une, Antigone, se réfugiant dans un mutisme "parlant", sidérée par les turpitudes d'un Créon trumpiste négationniste auquel elle tiendra tête quand bien même devrait-elle en mourir. L'autre, Éden, née d'un père inconnu et d'une mère toxicomane placée en HP, enfant abandonnique ballotée par les services de "l'aide sociale à l'enfance", (re)mettant à l'épreuve de la réalité le lien affectif qui lui fait défaut… Une symbiose hors pair pour faire entendre l'indicible de celles qui, privées de paroles, ont beaucoup à dire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581127.jpg?v=1772523850" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau où, du haut d'un échafaudage mobile, la voix des dominants (et aussi celle de Tirésias, l'aveugle visionnaire) s'élèvera tour à tour, les tableaux se succèderont alternant les deux tragédies en miroirs. Ces plans-séquences seront ponctués par des intermèdes musicaux et chantés intervenant comme des respirations envoûtantes entre ces déchaînements de violences &quot;sourdes&quot;. De même des bruiteurs à vue accompagneront, tout en la distanciant ou en l'infirmant (cf. le doux chant d'un oiseau contrecarrant le discours véhément d'Etéocle venant d'haranguer le peuple de Thèbes), la gestuelle suggestive des actrices et acteurs de ces drames à portée autant atemporelle qu'apatride.       <br />
              <br />
       Mêlant les registres d'interprétations et d'émotions, le lever de rideau projette sur l'avant-scène le soldat bouffon à qui échoira plus tard la responsabilité d'avoir laissé Antigone donner une sépulture à Polynice, le frère banni. Interrompant sa chorégraphie déjantée (&quot;son dernier petit plaisir&quot;, tant il semble avoir la prescience du sort qui va lui être réservé par la fureur de Créon), il débite en accéléré un rappel – façon &quot;pour les nuls&quot; – de la saga familiale des deux frères Etéocle et Polynice, de leurs deux sœurs Ismène et Antigone, fruits tous les quatre des amours incestueuses de leur père Œdipe avec sa mère-épouse Jocaste, devenue veuve du roi de Thèbes, Laïos, par les œuvres de son propre fils Œdipe qui, en toute innocence, l'épousera… Une ténébreuse histoire de parricide et d'inceste (à faire pâlir de jalousie les très nombreux amis d'Epstein). Pour conclure son laïus, le soldat désarmé n'hésitera pas à le ponctuer d'un <span style="font-style:italic">&quot;ça fait beaucoup d'informations, moi-même, j'ai un peu de mal à m'y retrouver&quot;</span>, avant de conjurer les générations futures à bien vouloir pardonner les dérives mythiques…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581128.jpg?v=1772523906" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Le tableau qui lui succède est d'une tout autre facture… Point d'humour clownesque ici, place là à la tragédie contemporaine vécue par une famille d'accueil, ayant pris grand soin de la petite Éden, de son abandon à la naissance jusqu'à ses cinq ans. Pour des raisons incombant stricto sensu à la loi, l'agrément est retiré avec une impensable violence à cette famille sous un prétexte administratif des plus rigoristes faisant fi des liens humains tissés… Détresse vécue en direct de parents au-dessus de tous soupçons, dont la colère devient, par capillarité, nôtre… Comment est-il possible, qu'au nom même de la protection de l'Enfance, on puisse la massacrer ? Qu'en est-il de l'humanité de cette fonctionnaire appliquant la règle sans le moindre discernement ? Qu'en est-il de son pouvoir personnel de désobéissance, elle qui refuse de mettre entre la lettre du texte et son application la distance de sa propre réflexion ? Et – ce qui n'a rien d'un hasard, mais d'un fil subliminal – on remarquera que c'est la même actrice qui endossera ce rôle et celui du tyran Créon, rôles reliés l'un à l'autre par le même refus de l'humain.       <br />
              <br />
       Les présentations étant faites, l'intrigue des deux drames exposés, on entre dans le cœur du sujet… Et là, Créon, à l'image d'un Trump soumis à l'hybris, cette ivresse de la démesure telle que la dénommaient les Grecs de l'Antiquité, annoncera son négationnisme : il va réécrire l'Histoire de Thèbes à l'aune de ses intérêts. Ainsi, au nom de la sécurité des Thébains, il décrète qu'un seul chef sera possible. Dans un premier temps, ce sera Etéocle, sa marionnette, et lorsque celui-ci trouvera bien à propos la mort dans le combat fratricide l'opposant à Polynice, désigné comme traitre à la nation, ce sera lui, le seul recours face à la &quot;dégénérescence&quot; dénoncée. L'Histoire de Thèbes ne &quot;contera&quot; plus désormais qu'un fils, Etéocle célébré, l'autre sera envoyé illico dans les oubliettes de la mémoire collective. Quant aux mots &quot;parricide&quot; et &quot;inceste&quot; ils seront tout simplement &quot;caviardés&quot; (toute ressemblance avec l'actualité états-unienne, etc.).       <br />
              <br />
       Comment dès lors ne pas comprendre qu'Antigone, du haut de ses douze ans sidérés, &quot;ne comprenne pas&quot; la raison d'État invoquée par son oncle Créon, devenu tyran ? Comment ne pas comprendre qu'elle se réfugie dans le mutisme, tant les mots viennent à manquer, privés de leur sens par le dictateur en place ? À quoi bon parler si personne ne l'écoute ? Et Ismène, sa grande sœur, éplorée, mais docile, ne pourra la convaincre d'adhérer, serait-ce au nom de sa propre survie, au discours furieux de Créon (sosie hystérique de Charlot dans &quot;Le Dictateur&quot;) lui demandant de se renier en fuyant Thèbes… après lui avoir prêté allégeance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66581166.jpg?v=1772523937" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Parallèlement, on assistera au cheminement erratique d'Éden qui, de famille en famille, de foyer en foyer, ne trouvera jamais sa place, moquée, maltraitée ou, à l'opposé, ne pouvant supporter, elle, l'enfant abandonnique en quête affective incessante, que l'on s'intéresse &quot;pour de vrai&quot; à elle. Alternant des attitudes de repli, d'agressivité, de fabulation (l'imaginaire, lieu de tous les possibles pour s'inventer une famille idéale), Éden semble une âme en peine condamnée à l'errance.        <br />
              <br />
       Ne pouvant, elle aussi, trouver les mots pour penser le monde, pour dire son tourment, &quot;Les mots pour le dire&quot; lui faisant défaut, son corps oscille de l'abattement à l'agitation, substituts de paroles inarticulées… là où Antigone trouvait refuge dans le mutisme. Ce faisant, Éden s'inscrit sans le savoir dans la descendance symbolique du père d'Antigone, Œdipe, enfant lui aussi abandonné avant de devenir, à son insu, parricide et incestueux. Troublants points communs à ces destins parallèles d'enfances non reconnues.       <br />
              <br />
       Comment briser le fatum latin et les destins implacables de répétitions contemporaines conduisant à la perte annoncée des deux héroïnes ? Comment les éructations forcenées d'un Créon se démultipliant jusqu'à ces avatars actuels régissant le Monde ou à ces simples officiants disciplinés assujettis à un ordre faisant désordre, peuvent-elles être mises en échec ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584340.jpg?v=1772540355" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      L'une des réponses nous est offerte ce soir, à nous spectateurs d'une représentation théâtrale montrant dans son ultime scène la rencontre d'Antigone et d'Éden. Réunies pour la première fois, elles offrent de concert – d'abord émotionnellement dans leurs chants de résistance s'entremêlant, ensuite dans le message délivré à l'unisson, &quot;la possibilité d'aimer indéfiniment&quot; – un contrepoison artistique à tous les renoncements. Antidote fabuleux incarné superbement par la figure d'Antigone, revisitée ici avec grande pertinence, dont la résistance exemplaire donne encore et toujours à méditer en ces temps sombres tentés par des résignations funestes.       <br />
              <br />
       Et, pour clore cette représentation théâtrale en tous points exceptionnelle, où l'émotion vive le dispute à la pertinence des partis pris créatifs, la troupe investie et soudée autour de Tamara Al Saadi, metteuse en scène humaniste s'il en est, délivrera dans le plus grand silence un message lu sur l'avant-scène… Un message pour porter en direct le génocide d'adultes et d'enfants pris dans l'étau mortifère de Gaza et de la Cisjordanie occupée. Une manière éclairée de rappeler que l'enfance massacrée n'est pas affaire que de fictions, si convaincantes soient-elles comme ce soir, mais aussi de réalités… Des réalités qui se jouent et se rejouent sur la scène de l'actualité terrifiante… La salve d'applaudissements redoublés venant de la salle, conquise, fait figure d'Écho.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 février 2026 dans la Grande salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Taire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95055899-66584343.jpg?v=1772540402" alt=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" title=""Taire" Antigone et Éden… Deux très jeunes filles entremêlant leurs voix pour "faire entendre" le dur désir de vérité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tamara Al Saadi (artiste associée au tnba).       <br />
       Mise en scène : Tamara Al Saadi.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Joséphine Levy.       <br />
       Avec : Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, Éléonore Mallo, Fabio Meschini, Chloé Monteiro, Yacir Rami, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Ismaël Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Musique et son : Éléonore Mallo, Bachar Mar-Khalifé, Fabio Meschini.       <br />
       Création lumière : Jennifer Montesantos.       <br />
       Scénographie : Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Costumes : Pétronille Salomé.       <br />
       Régie générale : Nicolas Balladur.       <br />
       Assistante à la lumière et régie lumière : Elsa Sanchez.       <br />
       Assistante au son et à la régie son : Arousia Ducelier.       <br />
       Régie plateau : Sixtine Lebaindre.       <br />
       Assistante aux costumes : Irène Jolivard.       <br />
       Décor : Ateliers Contrevent.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
       Texte disponible aux &quot;Solitaires Intempestifs&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 27 février 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 12 mars 2026 :</span> Théâtre La Colonne - Scènes et Cinés, Miramas (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mercredi 18 mars 2026 :</span> La Passerelle, Gap (05).       <br />
       Mercredi 1ᵉʳ et Jeudi 2 avril 2026 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       Jeudi 9 avril 2026 : Théâtre L'Arc-en-Ciel, Rungis (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"</title>
   <updated>2024-05-29T11:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2024-Jean-Zay-l-homme-complet_a3918.html</id>
   <category term="À l'affiche" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80595581-58151262.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-28T20:26:00+02:00</published>
   <author><name>Annonce Off 2024</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
1940. Après un simulacre de procès, Jean Zay, ministre de l'Éducation Nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, franc-maçon et cible des antisémites, est incarcéré à Riom. Il sera assassiné par la Milice en 1944. Le témoignage que Jean Zay écrit en prison, "Souvenirs et Solitude", nous offre un éclairage précieux sur son action visionnaire et son destin exceptionnel, celui d'un homme en lutte contre l'anéantissement moral. Une formidable leçon de présence au monde. Succès Avignon 2022 et 2023 !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80595581-58151262.jpg?v=1716922278" alt="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" title="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" />
     </div>
     <div>
      La voix qui se fait entendre dans &quot;Souvenirs et solitude&quot; est à ce point sensible et incarnée qu'elle nous permet un retour dans le temps d'une saisissante netteté. Jean Zay nous offre ses yeux, son cœur et son corps pour vivre les déchirures et les retournements de l'Histoire.       <br />
              <br />
       À la lecture de son ouvrage, on a le sentiment immédiat de rencontrer une conscience exemplaire, une conscience repère, une conscience amie permettant de prendre la mesure de toutes choses. Jean Zay fut l'un des bâtisseurs méconnus du Front Populaire, un fervent démocrate à qui l'on doit nombre d'institutions aujourd'hui piliers de la Vᵉ République, l'un des fondateurs aussi de l'éducation populaire. Il représente la figure-même du serviteur de l'État, portant haut les valeurs citoyennes, un humaniste doué de raison n'ayant d'autre horizon que l'intérêt public. La force de son témoignage est de nous révéler que la vertu de l'homme politique peut coïncider avec celle de l'homme tout court. Grâce à lui, nous pouvons croire en cette merveilleuse cohérence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80595581-58151269.jpg?v=1716922305" alt="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" title="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" />
     </div>
     <div>
      Son attention aux autres, au monde qui l'entoure, ne faiblit jamais, tournée vers la quête sans ego et sans peur de ce qui peut représenter en toute occasion l'expression d'une vérité. Élégance, courage, rigueur et esprit de compassion, tels sont les termes qui pour moi caractérisent son récit de captivité. Car, même quand Jean Zay parle de lui-même (comment faire autrement quand il s'agit de solitude), c'est avec le souci du partage, de la lisibilité d'une réflexion placée à un endroit d'intelligence commune, sans pathos, ni acrimonie. Son regard est en ce sens intimement politique. Au sens noble du terme.       <br />
              <br />
       Autant dire qu'une telle parole résonne aujourd'hui de manière salutaire, pour nous, citoyens d'une époque où le politique est en crise, dévoyé par tant de jeux de masques et de stratégies du mensonge. Simone Veil nous a offert l'exemple d'une femme politique intègre. Jean Zay pourrait être son frère. Leurs figures sont ô combien précieuses.       <br />
              <br />
       C'est cet endroit de conscience aigüe – de notre condition historique et de notre condition humaine – que nous avons tenté d'atteindre : une vraie dynamique de jeu, l'incarnation d'un homme tentant coûte que coûte de rester &quot;complet&quot;, ce qui n'exclut en rien – telles sont ses paroles mêmes – la joie, la colère et l'humour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80595581-58151273.jpg?v=1716922330" alt="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" title="Avignon Off 2024 >> "Jean Zay, l'homme complet"" />
     </div>
     <div>
      Pour mettre cet homme en jeu, nous avons conçu le plateau comme un espace mental. Un espace de circulation entre présent et souvenirs, entre l'intimité du ici et maintenant et l'éparpillement de l'Histoire. Pas de représentation réaliste d'une cellule, pas de héros pleurant sur sa misère au fond d'un cachot, mais le voyage d'une conscience, incarnée, amie, présente.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'interprétation de Xavier Béja est bouleversante. Spectacle indispensable&quot;,</span> La Terrasse.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Xavier Béja est impressionnant de justesse&quot;,</span> Le Monde Libertaire.        <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'acteur figure avec brio cette élégante présence au monde&quot;,</span> Hotello.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La mise en scène est admirable. Une pièce incontournable&quot;,</span> Toute La Culture.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ne pas manquer ce spectacle poignant&quot;,</span> Blog Culture SNES-FSU.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Coup de cœur pour cette pièce historique bouleversante&quot;,</span> La Provence.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Jean Zay, l'homme complet&quot;</b>       <br />
       Mise en scène : Michel Cochet.       <br />
       Interprétation : Xavier Béja.       <br />
       Lumières : Charly Thicot.       <br />
       Vidéo : Dominique Aru.       <br />
       Musique : Alvaro Bello.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 30. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Épiscène, 5, rue Ninon Vallin, Avignon.        <br />
       Réservations : 04 90 01 90 54.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('reservation@episcene.fr')" >reservation@episcene.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.episcene.be/spectacle/jean-zay-lhomme-complet-2/" target="_blank">&gt;&gt; episcene.be</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreenfusion.com/jean-zay" target="_blank">&gt;&gt; theatreenfusion.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Jean-Zay-l-homme-complet-Le-destin-tragique-d-un-grand-homme-visionnaire-et-hors-du-commun_a3820.html" target="_blank">&gt;&gt; Lire aussi l'article de Brigitte Corrigou.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>"La douleur"… Poignant et bouleversant !</title>
   <updated>2022-10-03T20:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-douleur-Poignant-et-bouleversant-_a3401.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67767369-47839629.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-10-04T07:37:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un retour, ô combien qualitatif, de Dominique Blanc avec "La douleur", texte qu'elle avait déjà incarné en 2008 dans une mise en scène de Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang, et qu'elle avait joué ensuite de nombreuses fois. Ce compagnonnage théâtral de l'artiste avec ce texte est en résonance profonde avec les guerres oubliées qui accompagnent le monde et celle, connue de tous en Occident, entre l'Ukraine et la Russie. L'absence confine ici à l'affliction pour un époux mais qui peut être aussi pour un fils, un amour ou un père, parti en guerre, et dont on ne sait s'il reviendra.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839629.jpg?v=1664820381" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      &quot;La douleur&quot; (1985) est un recueil de six nouvelles de Marguerite Duras (1914-1996) dont la plus longue, éponyme, relate l'attente qu'elle a vécue alors que son mari, le poète, écrivain et résistant Robert Antelme (1917-1990), avait disparu. François Mitterrand (1916-1996), alors secrétaire général des Réfugiés, des Prisonniers et des Déportés, le localise à Dachau et le fait évader du camp avec l'aide de Dionys Mascolo (1916-1997). C'est autour de ces éléments historiques vécus qu'est construite &quot;La douleur&quot; basée autant sur des faits réels que sur l'imagination, détournant la réalité selon certains, de l'écrivaine.        <br />
              <br />
       À l'entame, c'est une voix claire et bien distincte, celle de Dominique Blanc, qui se détache d'une semi-obscurité où, côté cour, se situe une table habillée d'une assiette, d'un couteau et d'une pomme. La démarche du personnage est peu assurée, de celle qui appréhende un futur. La scénographie découvre un sol noir avec une arrière-scène de même couleur. Une table et ses deux chaises de bois donnent à la scène une matité aux couleurs accompagnée d'une lumière diffuse. Sur celle-là, trônent aussi un verre et une bouteille d'eau non utilisés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839630.jpg?v=1664820983" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      Au démarrage, la comédienne est assise de dos. Côté jardin, sept autres chaises, sauf une dont le dossier est à contresens de ses voisines, sont à l'opposé de cette table. Celles-ci posent une fixité comme si le temps s'était arrêté et dans un rare moment d'expression vive, le personnage en fait tomber violemment une.       <br />
              <br />
       Cette entame vocale en position assise et de dos symbolise un repli sur soi au travers d'un monologue qui interroge un monde, une situation et cette relation à l'autre, disparu hypothétiquement de façon temporaire ou définitivement. C'est sur cette appréhension aussi furtive qu'un trépas et éternel qu'un supplice que se noue le drame. Le silence corsète chaque groupe de mots et fait écho à la mort et au tragique. La vie et l'espoir sont, quant à eux, incarnés dans la voix. La parole devient le prolongement d'une attente qui se sait douleur. Elle devient ainsi le miroir d'un vide, d'un creux, mais aussi celui d'un absent devenant réel au travers du questionnement d'un passé et d'une existence, avérée ou non, présente.       <br />
              <br />
       Tout se déroule dans un espace visuellement large pour des déplacements, mais suffisamment petit pour y être seul. Dans cette intimité se déploie un univers où se mêle aussi l'extime du personnage qui questionne un retour peut-être improbable d'un amour parti en guerre, dans une expectative qui met en balance une souffrance, avec ses doutes et ses incertitudes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839831.jpg?v=1664821106" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      L'incarnation du texte par Dominique Blanc est de très grande qualité avec une montée en puissance tout au long de la représentation. Des grappes de phrases se détachent des silences avec un récit qui démarre et est ponctué par des dialogues racontés. La comédienne incarne autant les mots que les personnages, sans qu'il y ait toutefois pour ceux-ci une volonté d'imitation. Ils sont symbolisés par une attitude, une pose parfois, accompagnée d'un changement de timbre vocal sans que celui-ci soit caricatural. Le récit est toujours habillé d'une sobriété émotionnelle avec, de temps en temps, un lâcher prise dans la voix.       <br />
              <br />
       Durant la représentation, le propos devient plus dense, car l'absence plus insoutenable. Le corps s'articule au travers d'une gestuelle plus soutenue. Celui-ci est utilisé comme contrepoint du monologue ou comme un écho de lui-même avec, dans les moments forts, des mouvements de mains et de bras ouverts à l'extérieur et, à d'autres, un corps plus rêche et figé.       <br />
              <br />
       Tout est nuancé et équilibré. La souffrance est profonde et raisonnée. Au travers de celle-ci, c'est toute une réflexion qui se noue entre tragique, espoir et lucidité. Quelques confidences politiques se glissent aussi au travers de ce journal, alimentant en partie cette nouvelle, que Marguerite Duras avait tenu en 1944 lors de l'attente de son époux, Robert Antelme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839835.jpg?v=1664821151" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, le personnage principal reproche, entre autres, à de Gaulle (1890-1970) d'avoir rendu un hommage national à la mort de Roosevelt (1882-1945) sans en faire autant pour les millions de Juifs assassinés. Ou quand elle estime que notre grand homme a tourné la page de la collaboration à la fin de la guerre un peu trop rapidement, comme si elle n'avait pas existé.       <br />
              <br />
       Dominique Blanc est remarquable de bout en bout. Elle incarne plus que le texte, mais aussi son souffle et son esprit. Les mots de Duras allient poésie et concision dans un tranchant stylistique toujours en équilibre entre sentiments, émotions et clairvoyances. Décrire le jeu de Dominique Blanc, ce serait utiliser moult superlatifs tant celui-ci incarne avec brio le spectre large des différents états d'une expectative bercée de douleur.       <br />
              <br />
       Au travers de lucidité, d'espoir et de tragique, la mise en scène de Patrice Chéreau (1944-2013), reprise par Thierry Thieû Niang, décline avec subtilité l'interrogation d'une âme en proie à un présent qui ne peut se projeter, sans certitude, dans un futur. C'est dans ce va-et-vient existentiel que la qualité de jeu a été mise en exergue dans une mise en scène où le corps se dispute au langage, dans une scénographie où les chaises semblent être un lointain clin d'œil à la pièce d'Eugène Ionesco (1909-1994).       <br />
              <br />
       C'est tout simplement superbe !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La douleur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839840.jpg?v=1664821184" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marguerite Duras.       <br />
       D'après la mise en scène de Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang.       <br />
       Avec : Dominique Blanc, sociétaire de la Comédie-Française.       <br />
       Création et régie lumière : Gilles Bottachi.       <br />
       Régie générale : Paul Besnard.       <br />
       Le texte de Marguerite Duras &quot;La Douleur&quot; est publié chez P.O.L.       <br />
       Production : Les Visiteurs du Soir, Paris.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 septembre au 9 octobre 2022.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, sauf jeudi à 20 h et dimanche à 16 h.       <br />
       TNP Théâtre National Populaire, Petit théâtre - salle Jean-Bouise, Villeurbanne, 04 78 03 30 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnp-villeurbanne.com/manifestation/la-douleur/" target="_blank">&gt;&gt; tnp-villeurbanne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67767369-47839841.jpg?v=1664821502" alt=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" title=""La douleur"… Poignant et bouleversant !" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 au 21 octobre 2022 :</span> Comédie de Clermont-Ferrand -Scène nationale,  Clermont-Ferrand (63).       <br />
       25 octobre 2022 : Théâtre de l'Archipel – Scène nationale, Perpignan (66).       <br />
       8 et 9 novembre 2022 : Théatre, Avranches (50).       <br />
       10 novembre 2022 : Théâtre Jean Vilar, Suresnes (92).       <br />
       16 novembre 2022 : Théâtre Princesse Grâce, Monaco.       <br />
       20 novembre 2022 : Scènes du Golfe, Théâtre Anne de Bretagne, Vannes (56).       <br />
       23 novembre 2022 au 11 décembre 2022 – PARIS – L'Athénée Théâtre Louis Jouvet, Paris 9e.       <br />
       13 au 18 décembre 2022 : Théâtre des Bernardines, Marseille (13).       <br />
       23 mai 2023 : Maison des Arts du Léman, Thonon-les-Bains (74).       <br />
       25 mai 2023 : Le Mail - Scène culturelle, Soissons (02).        <br />
       26 mai 2023 : Théâtre, Chartres (28).       <br />
       30 et 31 mai 2023 : La Coursive - Scène nationale, La Rochelle (17).       <br />
       2 et 3 juin 2023 : Théâtre National de Nice, Nice (06).       <br />
       6 au 8 juin 2023 : MC2 - Maison de la culture, Grenoble (38).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-douleur-Poignant-et-bouleversant-_a3401.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté</title>
   <updated>2022-05-27T15:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Pourquoi-Jessica-a-t-elle-quitte-Brandon-Enquete-l-air-de-rien-sur-notre-monde-hyperconnecte_a3259.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64935985-46446360.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-05-27T15:48:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On le sait, c'est irrémédiable, autant le dire tout de suite, Jessica va quitter Brandon. Mais au-delà de ce constat, les vraies questions ne sont-elles pas : qui est Brandon ? ; qui est Jessica ? ; quelle est la réelle raison de cette rupture ? Est-elle liée à l'univers particulier de Brandon, ancien pilote de drone devenu lanceur d'alerte. C'est, au travers d'une enquête théâtrale décalée, non dénuée d'humour et de dérision, que Pierre Solot et Emmanuel et Candido échafaudent quelques réponses en usant d'outils numériques variés et ludiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64935985-46446360.jpg?v=1614164242" alt="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" title="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" />
     </div>
     <div>
      Et l'air de rien, voilà un bon prétexte pour interroger nos pratiques digitales quotidiennes, actuelles ou originelles (prenant naissance dès l'apparition des premiers jeux vidéo et des PC balbutiants). Dans notre société hyperconnectée, imprégnées d'interfaces informatiques, de réseaux sociaux, d'usages numériques commerciaux, de digitalisation d'actes qui furent intimes, ou encore de visioconférences dédiées à la communication, aux relations familiales ou amoureuses, à la confrontation physique, tout semble à la fois possible et terriblement virtuel, éphémère, d'une durée qui, de plus en plus, confine à l'insignifiant.       <br />
              <br />
       User ainsi d'une multitude de technologies actuelles, de modes virtuelles de communication, comme pour mieux en démontrer l'excès… Et mettre en avant l'aberration des pseudos relations se concluant en profils de solitaires définitifs, l'annihilation de toutes alertes, qu'elles qu'en soit la nature, se transformant en fugaces anecdotes… Démonstration qui, finalement, conduit le spectateur, via ces chemins de traverse, sur les traces bien réelles d'un ancien pilote de drone &quot;tueur&quot; de l'US Air Force… devenu &quot;lanceur d'alerte&quot;.       <br />
              <br />
       Sur ce canevas vont se succéder de fil en aiguille un exposé pédagogique, une démo de jeu vidéo (sur une console de bar telle qu'on en trouvait dans les années quatre-vingt), une conférence gesticulée, une captation en direct d'un micro-récit se déroulant sur un plateau wargame avec figurines, des projections vidéo, quelques débats et causeries, etc. Sur celui-ci, nos deux créateurs belges, Pierre Solot et Emmanuel De Candido, jouant d'humour et de tragique burlesque, rassemblent les pièces d'un puzzle - réalité, virtualité, guerre propre, emprise fascinante des médias… - qui composent aujourd'hui notre civilisation binaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64935985-46446361.jpg?v=1614164282" alt="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" title="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" />
     </div>
     <div>
      Pour dérouler cette aventure spectaculaire et surprenante aux multiples genres – narration classique, exposé gestuel, musique, multimédia, théâtre documentaire, etc. -, dévoiler les différentes facettes du monde de Brandon, les auteurs comédiens découpent en quatre chapitres leur exploration, leur enquête théâtrale.       <br />
              <br />
       Le chapitre historique des jeux vidéo avec rappel du premier qui devint populaire, &quot;Pong&quot;, lancé en 1972. Quatre ans après, naît &quot;Breakout&quot;, jeu d'arcade dérivé de &quot;Pong&quot;. Il s'agit du tout premier jeu de casse-briques. Puis suivra &quot;Tetris&quot;, puzzle conçu par Alekseï Pajitnov en juin 1984 à partir d'un code simple (doté d'une musique entêtante). Faisant référence à l'univers guerrier de Brandon, est évoqué &quot;Death Race&quot;, sorti en 1976, qui sera le premier jeu vidéo controversé pour sa violence gratuite. Bien d'autres, plus cruels, comme &quot;Les Sims&quot; où celle-ci est générée par le joueur (qui a le droit de vie et de mort sur ses &quot;Sims&quot; comme s'il était Dieu) et non le jeu. Idem pour &quot;World of Warcraft&quot;, jeu vidéo du type MMORPG, massivement multijoueur en ligne.       <br />
              <br />
       Le second, &quot;Mythologie et rumeurs du monde&quot; nous dit que <span style="font-style:italic">&quot;Naître au monde aujourd'hui, c'est techno naître&quot;</span> et détaille quelques aspects de la vie de notre héros futur soldat. S'ensuit le chapitre sur la guerre propre, devenu réalisable, opérable, grâce aux drones tueurs, aux programmes militaires meurtriers aux milliers de morts. Puis le dernier nous emmène vers la vraie intimité du &quot;vrai&quot; Brandon et la découverte de Jessica, sa psychologie. Pour tenter de comprendre pourquoi Brandon agissait ainsi, pourquoi il décide de témoigner, il devient un lanceur d'alerte.       <br />
              <br />
       Cette proposition singulière de Pierre Solot et Emmanuel De Candido, utilisant avec dérision des outils numériques variés et de multiples expressions artistiques, interpelle cette société numérisée où Twitter efface les puissants, où Facebook gère notre virtuelle notoriété, et où les pétitions en ligne ont plus d'influence que les manifestations physiques. Ici sont alors questionnées nos capacités à la prise de conscience individuelle et à la résistance collective. Quant à la réponse au titre ? Cela reste un mystère… À chacun de la trouver !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64935985-46446362.jpg?v=1614164324" alt="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" title="•Off 2022• "Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ?" Enquête "l'air de rien" sur notre monde hyperconnecté" />
     </div>
     <div>
      Concepteurs : Pierre Solot et Emmanuel De Candido.       <br />
       Co-mise en scène : Olivier Lenel.       <br />
       Avec : Pierre Solot, en alternance avec Benjamin Laurent, et Emmanuel De Candido.       <br />
       Créateur lumières et directeur technique : Clément Papin.       <br />
       Scénographe et assistante plateau : Marie-Christine Meunier.       <br />
       Conseiller artistique : Zoumana Meïté.       <br />
       Création et dramaturgie sonore : Milena Kipfmüller.       <br />
       Création vidéo : Emmanuel De Candido et Antoine Lanckmans.       <br />
       Conseils vidéo : Lou Galopa.       <br />
       Costumes : Perrine Langlais.       <br />
       Par la compagnie MAPS.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 27.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">7 au 26 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 35 (relâche les 13 et 20 juillet).       <br />
       La Manufacture, 2, rue des Écoles, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="https://lamanufacture.org/programmation/" target="_blank">&gt;&gt; lamanufacture.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 et 15 septembre 2022 : Festival Bruxellons, Château du Karreveld, Bruxelles (Belgique).       <br />
       20 septembre 2022 : Théâtre de la Tête Noire, Orléans (45).       <br />
       11 octobre 2022 : Centre Culturel, Ottignies (Belgique).       <br />
       13 et 14 octobre 2022 : Théâtre Marni, en collaboration avec la Ligue des Droits Humains et le Label IMPACT.       <br />
       19, 20 et 21 octobre 2022 : Théâtre d’Angoulême, scène nationale       <br />
       Du 27 mars au 2 avril 2023 : Théâtre des Martyrs, Bruxelles (Belgique).       <br />
       6 avril 2023 : Théâtre de Jean Vilar, Suresnes (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Pourquoi-Jessica-a-t-elle-quitte-Brandon-Enquete-l-air-de-rien-sur-notre-monde-hyperconnecte_a3259.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique</title>
   <updated>2021-12-07T10:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Grand-ReporTERRE-4-Alternatives-et-resistances-pour-relever-le-defi-climatique_a3122.html</id>
   <category term="Coulisses &amp; Cie" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60824028-44464117.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-12-07T10:54:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Le but de nos actions, de nos interventions, est de contribuer à l'émergence d'un mouvement populaire radical non-violent, un mouvement de masse." À la suite du spectacle "Grand ReporTERRE #4", une initiation à l'action non-violente était proposée aux spectateurs qui le souhaitaient par l'association Alternatiba ANV Lyon en partenariat avec le Théâtre Point du Jour.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60824028-44464117.jpg?v=1638871088" alt=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" title=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" />
     </div>
     <div>
      Alternatiba ANV Rhône organise régulièrement des formations pour faire de l'action non-violente et de la désobéissance civile un moyen d'action légitime et efficace, accessible au plus grand nombre, et ainsi contribuer à l'émergence d'un large mouvement citoyen populaire, radical et non-violent pour relever le défi climatique !       <br />
              <br />
       Pendant deux heures, le public est invité à passer du statut de témoin à celui d'acteur, en enclenchant une réflexion sur la non-violence puis en s'appropriant des postures pour désamorcer des tensions au cours de mises en situation.       <br />
              <br />
       Un mouvement radical de masse pour changer le système, mouvement avant tout démocratique en lutte contre le dérèglement climatique. Mais action non-violente ne veut pas dire passivité. <span style="font-style:italic">&quot;Contrairement aux mouvements pacifistes, la recherche du conflit fait partie des moyens d'action mis en place&quot;,</span> annonce Anne-Sophie, l'une des intervenantes de la formation.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans le hall du théâtre, une heure avant la représentation. Anne-Sophie et Xavier préparent les derniers détails de la formation qu'ils donneront ensuite. <span style="font-style:italic">&quot;Nous pratiquons la parité, cela fait partie de la philosophie du mouvement. Lors de nos formations, il y a systématiquement une femme et un homme. D'autre part, nous avons en permanence un cercle de veille féministe.&quot;</span>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60824028-44464211.jpg?v=1638871333" alt=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" title=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" />
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      Le réseau ANV-COP21, autre bannière dont la signification est Action Non Violente (qui rassemble plus de 60 groupes d’action), exprime le sens de l'action de ces associations citoyennes : agir pour que mobiliser toujours plus de personnes à l'urgence climatique et créer des alternatives économiques.       <br />
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       Des actions qui peuvent prendre toutes les formes possibles, massives ou isolées. Des exemples : le vol des chaises dans les agences bancaires principalement la BNP pour dénoncer les fraudes financières de cette banque via les îles Caïmans (les bien nommés : &quot;Faucheurs de chaises&quot;), le blocage de quatre tours à la Défense en 2019 (2 000 personnes et des alliances avec Greenpeace, Attack, etc.), l'occupation du tarmac de Roissy et… le décrochage des portraits de Macron dans les mairies sur tout le territoire.       <br />
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       &quot;Nos actions sont non-violentes, mais déterminées. Le but n'est pas d'effrayer, mais si jamais les employés stressent, les anges gardiens interviennent pour faire baisser la tension et leur expliquer nos buts&quot;, explique Xavier.       <br />
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       Actions non-violentes, maîtrisées, responsables, et à visages découverts du côté des ANV. La réponse gouvernementale est plutôt violente puisqu'elle est judiciaire. Pour les décrochages de portraits de Macron dans les mairies, 83 procès ont été déclenchés.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60824028-44464232.jpg?v=1638810419" alt=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" title=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" />
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      <span style="font-style:italic">&quot;Souvent les maires ne portent pas plainte, c'est alors le procureur général qui déclenche la procédure&quot;,</span> explique Anne-Sophie qui a dû subir elle-même un procès pour décrochage. On les accuse de vol en réunion. Avec pour butin le portrait officiel de Macron. La justice se ridiculise toute seule. Malgré cela, il a fallu faire appel puis poursuivre en cassation pour que tous soient relaxés. Ces procès sont des actions violentes contre des individus, et contre un mouvement qui se veut grandissant et de plus en plus exigeant vis-à-vis des décisions gouvernementales (voir le procès du siècle).       <br />
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       Voilà pour le chapitre &quot;désobéissance civile&quot;. Mais les associations citoyennes qui font partie d'Alternatiba ne se contentent pas d'agir pour éveiller les consciences et mobiliser les volontés, elles organisent comme c'était le cas au théâtre Point du Jour ce dimanche 21 novembre, des formations…       <br />
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       <span style="font-style:italic">&quot;Et aussi des camps climats par exemple. L'été dernier, ces camps ont réuni plus de 4 000 personnes. C'est l'occasion de se former à une économie responsable, à viser la sobriété et à développer des idées pour lutter contre les dérèglements climatiques. Et nous avons aussi créé sur Lyon un lieu, l'Alternatibar, lieu d'échanges, de rencontre et de convivialité&quot;,</span> raconte Xavier.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60824028-44464254.jpg?v=1638871480" alt=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" title=""Grand ReporTERRE #4" Alternatives et résistances pour relever le défi climatique" />
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      Soutien aux monnaies locales comme l'Eusko au pays Basque, la plus grande monnaie locale d'Europe, ou à la Gonette pour Lyon, organisation d'un festival sur la région lyonnaise en juillet prochain, actions chocs encore en préparation.       <br />
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       <span style="font-style:italic">&quot;En 2016, des militantes des faucheurs de chaise ont transformé une agence BNP en crèche, dans le XIXe arrondissement pour dénoncer l'évasion fiscale. Dans ce cas-là, c'est la directrice d'agence qui a négocié avec la police pour que l'action se termine dans le calme&quot;,</span> ajoute encore Anne-Sophie.       <br />
              <br />
       Le mouvement se refuse pourtant à devenir véritablement politique. Mouvement de masse oui, mais il n'est pas ici question de centralisation des pouvoirs. Simplement une galaxie de petites associations qui s'accordent sur des idées, une urgence, un respect de chacun.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://alternatiba.eu/rhone/" target="_blank">&gt;&gt; alternatiba.eu/rhone</a>       <br />
       <a class="link" href="https://alternatiba.eu/" target="_blank">&gt;&gt; alternatiba.eu</a>
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