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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-17T00:19:30+01:00</updated>
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   <title>Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"</title>
   <updated>2024-01-30T18:13:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-lumineux-eclats-de-la-pensee-d-Hannah-Arendt-brillent-dans-ces-Fragments_a3804.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-01-30T17:12:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bérengère Warluzel nous invite à une traversée, une promenade, une escapade lumineuse à travers la pensée et la vie d'Hannah Arendt. Ni biographie, ni conférence philosophique, ni pièce de théâtre véritable, Fragment s'inscrit dans un autre registre, celui des spectacles sans étiquette. Et c'est une bonne chose pour donner voix à cette philosophe qui a toujours su exiger pour elle-même une totale liberté de penser.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78090659-56710523.jpg?v=1706634138" alt="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" title="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" />
     </div>
     <div>
      La pensée est effectivement le centre fluctuant des extraits de texte que la comédienne interprète sous la direction de Charles Berling. &quot;Comment faire naître le désir de penser ?&quot;, demande-t-elle dès les premières minutes alors qu'elle avance lentement, portant dans ses mains une pile de livres qui la cache, car elle monte jusqu'à son front. Posant les premières pierres du spectacle d'une voix claire et pensive, elle progresse vers un bureau en retenant l'équilibre instable de sa haute pile de livres. Symboliquement, le péril de la chute de la pensée est là, mis en image, en action.       <br />
              <br />
       L'action d'un côté, la pensée de l'autre, comme deux hémisphères sans partage. Hannah Arendt affirme ne pas faire partie de l'action, de n'être qu'un être qui a réservé toute son énergie pour la pensée. Rien pour l'action. Il y a des êtres faits pour l'action, d'autres pour la pensée. Elle en appelle à Aristote, édictant que, dans le stade, celui qui est dans les tribunes perçoit beaucoup plus de choses que celui qui fait l'exploit sur la piste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78090659-56710546.jpg?v=1706634175" alt="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" title="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, l'action rattrape la philosophe. La grande Histoire la force. Une première fois en 1933 quand le régime nazi l'oblige à fuir l'Allemagne après avoir été arrêtée à la suite de l'incendie du Reichstag, une autre fois lorsqu'elle décide de suivre le procès d'Eichman en Israël, lors duquel elle développe son concept de la banalité du mal. Mais ces parenthèses biographiques ne sont pas l'essentiel de ce recueil, de divers textes, écrits tout au long de sa vie.       <br />
              <br />
       Il y est beaucoup question de politique, de totalitarisme, de système. La sélection faite par la comédienne est ainsi faite qu'elle semble ne faire que parler de notre monde, de notre époque. Le discours éclaire beaucoup les faits qui troublent nos vies actuelles et, en particulier, l'étrange sensation que l'humanité cherche obstinément la destruction de notre terre.       <br />
              <br />
       L'analyse de l'idéologie, quel que soit le fond de cette idéologie, est à la fois brillante et glaçante. La simplicité avec laquelle s'exprime Bérengère Warluzel rend le spectateur intelligent. Il y a quelque chose d'un peu miraculeux dans ce phénomène. Il y a aussi tout l'esprit d'Hannah Arendt capable d'observer le monstrueux sans aucun pathétisme, mais au contraire, avec une calme et sereine conscience.       <br />
              <br />
       Contrat rempli en fin de compte pour ces fragments : le désir de penser a bien été donné.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fragments"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78090659-56710585.jpg?v=1706634282" alt="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" title="Les lumineux éclats de la pensée d'Hannah Arendt brillent dans ces "Fragments"" />
     </div>
     <div>
      Textes : Hannah Arendt.       <br />
       Adaptation : Bérengère Warluzel.       <br />
       Mise en scène : Charles Berling.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Faustine Guégan.       <br />
       Avec : Bérengère Warluzel.       <br />
       Collaboration artistique et dramaturgie : Christiane Cohendy.       <br />
       Scénographie : Christian Fenouillat.       <br />
       Lumières : Marco Giusti.       <br />
       Conception des marionnettes : Stéphanie Slimani.       <br />
       Production : Châteauvallon-Liberté - Scène nationale.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 19 h 30.       <br />
       La Scala, Paris 10e, 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.fr/programmation/fragments/" target="_blank">lascala-paris.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       9 février 2024 : Le Grrranit - Scène nationale, Belfort (90).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?</title>
   <updated>2022-10-23T18:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Huis-clos-Sommes-nous-acteurs-de-notre-destin-ou-de-simples-marionnettes_a3424.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68235606-48052245.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-10-24T07:08:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68235606-48052245.jpg?v=1666536176" alt=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" title=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" />
     </div>
     <div>
      Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de &quot;Huis clos&quot;, ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.       <br />
       Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.       <br />
              <br />
       Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.       <br />
              <br />
       La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68235606-48052258.jpg?v=1666536211" alt=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" title=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" />
     </div>
     <div>
      À la mise en scène, le choix d'une voix off pour interpréter le personnage du garçon d'étage, du coup absent, étaye encore davantage l'isolement, la torture morale, la peur des protagonistes, lesquels sont doublement morts parce qu'ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis individuels. On peut regretter tout de même le choix d'une voix féminine dans ce rôle, car il semblerait que, sous la plume de Sartre, ce garçon d'étage n'est autre que le diable… Puis une bande-son angoissante surgit de la porte d'entrée du théâtre, située dans le dos des spectateurs et renforçant encore plus l'atmosphère délétère de la situation.       <br />
              <br />
       Les canapés Second empire aux couleurs moches dont parle Jean-Paul Sartre dans sa pièce sont remplacés ici par des cubes fluorescents et le bronze de Barbevienne par une sculpture en métal torsadé dont on pourrait se demander si leur manque d'esthétique est volontairement choisi pour symboliser indirectement la laideur du monde bourgeois dont nous parle le dramaturge.       <br />
       Au sein de cette scénographie juste et bien huilée, les trois comédiennes et comédien évoluent de façon harmonieuse et leur complicité est palpable.       <br />
              <br />
       Sebastian Barrio arrive sur scène en premier, interprétant le rôle de Joseph Garcin, ancien journaliste et dirigeant d'un journal pacifiste à Rio qui a voulu déserter et a été fusillé au nom de ses principes. Il n'est pas simple de camper ce célèbre personnage né sous la plume acérée de Jean-Paul Sartre. Le comédien y parvient pourtant sans se ménager en portant haut la notion de lâcheté que son rôle lui suggère. On pourrait croire que la pratique de la scène lui est familière depuis de longues années tant son jeu est investi et taillé au cordeau. Mais il n'en est rien ! Durant de longues années, Sebastian a été acteur pornographique avant de donner la réplique à Philippe Harel et Marina Foïs dans la comédie intitulée &quot;Bienvenue au gîte&quot;.       <br />
              <br />
       De toute évidence, l'acteur du &quot;hot&quot; a été démasqué à l'occasion de ce film, mais bien lui en a pris, car depuis, de casting en casting, sa carrière d'acteur s'est envolée et sa prestation tumultueuse de Joseph Garcin n'a rien à envier à bien d'autres comédiens plus chevronnés. Félicitations !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les deux comédiennes, quant à elles, Karine Battaglia et Laurence Meini dans les rôles d'Inès et d'Estelle, gagneraient peut-être en sobriété vestimentaire tant l'ampleur de leurs propos et de leurs arguments face à Garcin se suffit à elle-même. Leurs jeux respectifs sont efficaces, notamment dans l'interprétation de leurs relations intimes et leur mise en valeur par un jeu juste de l'idée que, dans la vie, tout se passe dans le regard des autres.       <br />
              <br />
       Leurs fines interprétations, profondément ciblées et plutôt respectueuses des intentions originales de Sartre, ne chancellent fort heureusement pas autant que leurs démarches perchées sur leurs talons hauts. Une prouesse, à cet égard, pour qui peut connaître un tant soit peu la pratique des plateaux de théâtre…       <br />
              <br />
       Ce nouveau &quot;Huis clos&quot;, mis en scène par Karine Kadi au Laurette Théâtre, est une version sensible qui sait bien mettre en valeur, grâce à la complicité et à l'investissement de Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini, la question existentielle qui nous traverse toutes et tous : <span style="font-style:italic">&quot;sommes-nous acteurs et actrices de notre destin ou de simples marionnettes ?&quot;.</span>       <br />
       Courez au Laurette Théâtre afin d'essayer de comprendre enfin si l'Enfer, c'est les autres, ou tout autre chose…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Huis clos"</b></div>
     <div>
      Texte : Jean-Paul Sartre.       <br />
       Mise en scène : Karine Kadi       <br />
       Avec : Sebastian Barrio, Karine Battaglia, Laurence Meini.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 septembre au 18 décembre 2022.</span>       <br />
       Vendredi à 21 h et dimanche à 18 h.       <br />
       Laurette Théâtre, Paris 10e, 09 84 14 12 12 et 06 95 54 56 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.laurette-theatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; laurette-theatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient</title>
   <updated>2022-05-04T08:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Eldorado-un-festival-pour-et-par-les-adolescents-de-Lorient_a3237.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64239427-46116027.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-05-04T07:41:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est la sixième édition de ce festival organisé par le Centre Dramatique National de Lorient. Après deux années d'absence pour la raison que vous connaissez, le rendez-vous annuel a pu avoir lieu du 26 au 30 avril. Un rendez-vous entièrement tourné à ce vaste âge qu'est le passage de l'enfant à l'adulte qui propose une programmation dédiée, mais qui est aussi l'occasion de présenter la restitution de spectacles impliquant directement la jeunesse Lorientaise.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64239427-46116027.jpg?v=1651600985" alt="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" title="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" />
     </div>
     <div>
      Une participation artistique, encadrée par des professionnels et des associations donc, mais aussi une participation logistique, un engagement dans l'organisation même des événements où les jeunes prennent une part importante. L'occasion pour eux de s'immerger dans les rouages de la production d'événements, la gestion de spectacles et la mise en œuvre de différents forums qui forment le fond du festival Eldorado. Rencontres professionnelles, débats, mises à disposition de structures pour les associations de toutes sortes s'ajoutent à la programmation d'une dizaine d'événements théâtre, danse ou musique.       <br />
               <br />
       Le Théâtre de Lorient, dirigé par Rodolphe Dana, accueille ainsi tout au long de la journée des discussions, stages, rencontres autour des métiers du spectacle en plus d'une programmation artistique qui mêle spectacles professionnels invités et spectacles créés pour l'occasion par les jeunes comédiens amateurs Lorientais. Nous avons vu deux de ces créations. L'une sous l'égide du Stage Ado a été menée par Marie-Hélène Roig, artiste du Collectif Artistique : &quot;Errance&quot; en est la restitution. Le second, &quot;Et nos enfants seront des philosophes rois&quot;, mis en scène par Antoine Kahan, fait appel à neuf enfants et adolescents de 11 à 18 ans.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Errance&quot;</b> se déroule sur la vaste mezzanine qui entoure, comme une large coursive, le hall du Théâtre de Lorient. Dans un angle, un comptoir de buvette, des fauteuils clubs et des tables basses au premier plan et, au lointain, des fenêtres, donnant sur l'extérieur et aussi, invisible, un escalier descendant, un décor d'espace vide que les onze comédiennes et comédiens du Stage Ado vont transformer en coin de hall d'aéroport. C'est là que leur imagination nous transporte vite. Lieu de rencontres improbables, de transit, où la contemplation devient un sport de combat, lieu où se croisent indifféremment employées des compagnies, langages énigmatiques, rituels étranges, voire phantasmes égarés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64239427-46116037.jpg?v=1651601023" alt="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" title="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" />
     </div>
     <div>
      C'est à partir d'improvisations faites lors de quelques ateliers que ce spectacle a été conçu, inventé et écrit par ces jeunes comédiens en herbe sous la supervision de Marie-Hélène Roig, et le résultat est bluffant. Fait de courtes scénettes parlées, mais aussi de passages muets, voire chorégraphiés, théâtralement chorégraphiés, &quot;Errance&quot; développe une sorte d'impossibles échanges, d'impossibles dialogues, sur fond d'absurde, de dérision et d'humour profond. Une belle performance que de présenter une douzaine de personnages à la fois baroque, touchant, un peu fou, d'où émerge une solitude comique étonnante.       <br />
               <br />
       <b>&quot;Et nos enfants seront des philosophes rois&quot;</b> est d'une tout autre facture. Présentée sur la grande scène du CDN de Lorient, avec toute la technique possible de décors, de mise en lumière, de son, de vidéo, cette pièce a l'allure des grandes productions théâtrales. Douze interprètes au plateau pour cette pièce librement inspirée du film &quot;Captain Fantastic&quot; de Matt Ross dont neuf jeunes dont l'âge va de 11 à 22 ans pour incarner les enfants présents dans cette histoire de retour à la nature.       <br />
              <br />
       C'est le récit d'un couple qui décide d'élever leurs six enfants dans la forêt, totalement éloigné de toute vie sociale mais enrichie de la proximité avec la nature et de l'étude des grands philosophes, des grands textes, des grandes sciences. La pièce commence juste après le décès de la mère, lorsque la famille de celle-ci cherche à faire réintégrer ces enfants dans la société. Elle raconte la lutte entre ces deux choix, ces deux univers.       <br />
               <br />
       Dirigé par Antoine Kahan, ce spectacle très ambitieux nous fait découvrir les belles énergies et la belle rigueur de tous ces enfants comédiens. Mais le rythme pâtit souvent de longueurs un peu inutiles et de répétitions qui auraient pu être coupées à l'adaptation.       <br />
              <br />
       Dans les autres spectacles programmés lors de cette édition, à noter &quot;Robins - Expérience Sherwood&quot; par Le Grand Cerf Bleu, vu au théâtre 13 Bibliothèque, &quot;Ne pas finir comme Roméo et Juliette&quot; de Métilde Weyergans et Samuel Hercule, et &quot;La chanson [reboot]&quot;, mise en scène de Tiphaine Raffier.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Robins-Experience-Sherwood-Une-lecture-ecologiste-de-la-figure-de-Robin-des-Bois_a3072.html" target="_blank">&gt;&gt; Lire aussi &quot;Robins - Expérience Sherwood&quot; Une lecture écologiste de la figure de Robin des Bois</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64239427-46116040.jpg?v=1651601061" alt="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" title="Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Eldorado 6e édition       <br />
       Un festival par et pour la jeunesse. Temps fort du Théâtre de Lorient.       <br />
       Il s'est déroulé du 26 au 30 avril 2022.</b>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Errance"</strong></span>       <br />
       Mise en scène Marie-Hélène Roig.       <br />
       Écriture collective et jeu : Marie Le Guellec, Bertille du Boucher, Lucie Lebas, Lola Goapper, Cyann Volson, Eduart Doda, Ivan Duval, Ewen Averty Le Bloa, Romane Togni, Anaëlle Brossard, Valentin Jezequel, Léah Menard.       <br />
       Chorégraphie : Fabrice Dasse.       <br />
       Scénographie : 404 - Collectif d'artistes plasticiennes lorientaises (Léa Vitally, Aurore Le Saux, Maïwenn Bouffos, Lorène Rouleau).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Et nos enfants seront des philosophes rois"</strong></span>       <br />
       Mise en scène : Antoine Kahan.       <br />
       Adaptation : Antoine Kahan et Valérie Sigward.       <br />
       Collaboration artistique : Valérie Sigward.       <br />
       Avec : Mélan Auffret, Cécile Bikoï, Léonard Blais, Charlotte Bonnaffons, Jeanne Chavrial, Julien Chavrial, Camille Coatrieux, Rodolphe Dana, Elio Kerijaouen, Axel Lemaire, Yann Pompidou, Gustave Rivoallon Rose.       <br />
       Composition et accompagnement musical : Yann Pompidou.       <br />
       Scénographie : Karine Litchman.       <br />
       Lumières : Jérôme Le Dimet.       <br />
       Son : Yannick Auffret.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Eldorado-un-festival-pour-et-par-les-adolescents-de-Lorient_a3237.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !</title>
   <updated>2022-05-03T08:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-lune-si-possible-Quand-la-fiction-fait-effraction-dans-le-reel-Collision-gagnante-_a3236.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64203944-46099595.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-05-03T07:20:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est fou ce que le théâtre peut réserver de (très bonnes) surprises… Une forme des plus modestes, un tableau conférence (où rien ne sera écrit), un acteur lunaire irradiant sa fantaisie ludique de manière imparable (Jérôme Thibault), une autrice rayonnante détournant poétiquement le réel pour mieux le donner à voir (Myriam Boudenia), de simples chaises pliantes disposées en U (celles de la Salle des Fêtes du Grand Parc de Bordeaux)… et le "miracle" se révèle sous nos yeux éblouis… Grandeur et richesse du "théâtre pauvre".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099595.jpg?v=1651502596" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Le metteur en scène polonais Grotowski définissait ainsi sa théorie d'un théâtre pauvre : <span style="font-style:italic">&quot;Un théâtre qui valorise le corps de l'acteur et sa relation avec le spectateur ; un théâtre qui délaisse les costumes, les décors et la musique&quot;</span>. On ne pourrait mieux dire ici tant l'incarnation de Jérôme Thibault, lumineuse de simplicité et troublante d'efficacité dans le rôle d'un agent gouvernemental recruté et préformé à la hâte - vu l'urgence climatique - constitue le noyau, le &quot;corps du ré-acteur&quot; nucléaire de la performance théâtrale. Quant à son combustible, le &quot;carburant enrichi&quot; de Myriam Boudenia, il se savoure comme le Mistral gagnant de notre enfance.       <br />
              <br />
       Chargé de convaincre des assemblées de citoyens sur la nécessité de décrocher (sic) la lune pour contrecarrer les effets délétères des relations complexes entre le  satellite naturel  de la terre et sa maison mère, il va s'y essayer avec une bonne foi de premier… &quot;communiquant&quot;. C'est qu'on lui donnerait d'emblée le bon dieu sans confession à ce jeune homme décidé, arborant un sourire débonnaire mettant en valeur des rangées de dents impeccablement blanches, bien habillé dans son costume cravate (attention cependant aux baskets aux pieds… même si, il est vrai, elles sont la tenue prisée des cadres dynamiques du &quot;casual Friday&quot;, jour où l'entreprise permet dans sa grande libéralité quelques fantaisies).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099596.jpg?v=1651502633" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Entrée en matière des plus éloquentes, on ne peut plus &quot;naturelle&quot; si l'on considère la sincérité époustouflante dont fait preuve ce chargé de mission, frais émoulu, rendant compte à son public des arcanes de sa formation… Avec une naïveté jouissive, nous prenant comme confidents, il déroule un sourire béat accroché aux lèvres les ressorts du stage de formation l'ayant amené ici, devant nous… Avoir d'abord ressenti l'insigne honneur de représenter la voix du gouvernement… Avoir eu ensuite la faveur d'enregistrer un discours perfusé sous contrôle de superviseurs parfaitement dévoués… Avoir enfin éprouvé qu'on lui avait &quot;lâché la main&quot; lorsque l'on était assuré que la leçon avait bien été apprise… &quot;Génial, non ?&quot;, jubile-t-il, lui qui jusque-là nourrissait quelques doutes sur son estime de soi.       <br />
              <br />
       Précisant le contrat de complicité passé avec le public - choisi avec soin, une inscription préalable ouverte à tous (!) était requise - il confie, ému : <span style="font-style:italic">&quot;Vous êtes mon dernier groupe. Plus besoin de vous faire signer un accord strict de confidentialité. Demain tout va changer. Demain vous serez aux premières loges du grand changement. Ils ont tenu à ce que ce soit moi la bonne personne pour vous annoncer ce rendez-vous avec l'Histoire&quot;</span>. Et, après avoir récapitulé à haute voix les consignes formatives - <span style="font-style:italic">&quot;Ne jamais oublier que l'on est des êtres humains. Parler d'être humain à être humain, c'est quelque chose !&quot;</span>, autant de paroles soulignant en creux le vide abyssal à venir - il se lance…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099599.jpg?v=1651502662" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      &quot;Bonjour !&quot;… suivi de quelques indications à usage pratique (les issues de la salle sont contrôlées par des sentinelles n'ayant pas consigne de… mais…) et d'une information choc… Les chiffres sont irréfutables. Les incitations à réduire drastiquement l'empreinte carbone, l'encouragement volontaire au développement des énergies renouvelables, le véganisme généralisé et autre recyclage systématique des déchets, n'ont abouti sinon à rien, du moins à presque rien. Le logos c'est fini. Il y a urgence à agir. D'où l'accréditation qu'il porte fièrement accrochée à son cou : &quot;Monsieur H. Agent de l'ACI, Agence de Concrétisation de l'Impossible&quot;, autrement dit missionné pour aider à penser l'impensable, pour diffuser &quot;la&quot; solution radicale et durable (on est écolo ou on ne l'est pas) seule susceptible de sauver notre planète…       <br />
              <br />
       Et qu'elle est-elle, saperlipopette, cette solution miraculeuse pouvant redonner à la vie sur la Planète bleue quelque espoir de se survivre ? Là, l'agent s'enflamme comme une allumette craquée… Après un exposé puisant dans la loi de la relativité générale (à ce point du discours savant, une partie importante du public se prend à tirer la langue…), la thèse relativiste de la gravitation, exposée cependant sans gravité aucune, les conclusions s'imposent : pour contrôler l'insolation de la terre, cette nuit, à minuit, on… non ? Si ! Pour de vrai ! Ainsi, elle implosera et ses déchets seront répartis équitablement dans tous les pays. Ainsi le cycle de la Terre sur elle-même sera réduit de plusieurs heures, et nous serons sauvés !!!
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099657.jpg?v=1651502749" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Mais l'enthousiasme quasi orgasmique ressenti à cette annonce, laisse insidieusement place à des doutes venant s'insérer dans le discours sans failles digne de ce communicant formé en express par un cabinet du type McKinsey &amp; Company. L'assurance benoîte de l'Agent H se fissure pour laisser voir… un homme desserrant sa cravate, se débarrassant de ses vêtements ajustés et, au bord de l'apoplexie, en T-shirt déchiré, se remémorer ses rendez-vous avec la lune… et ses rêves d'enfance bercés par l'astre éclairant ses nuits.       <br />
              <br />
       &quot;Le Soleil a rendez-vous avec la Lune&quot; chantait naguère Charles Trenet, un chanteur populaire qui nous parlait d'un temps que les moins de vingt ans (et plus âgés encore) n'ont sans nul doute jamais entendu parler… Peut-être que les enfants qui naîtront demain (ou après-demain, restons résolument optimistes…) n'entendront, eux, plus parler de… la Lune ? À moins que des formes puissamment artistiques et tout autant modestes que &quot;La lune, si possible…&quot; viennent faire effraction dans le réel afin, qu'ensemble, nous puissions encore longtemps et poétiquement  &quot;décrocher la lune&quot; en ayant la tête dans les étoiles…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099658.jpg?v=1651503573" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Et pour prolonger les spirales de la &quot;voix lactée&quot;, pour continuer à questionner ludiquement le monde comme il dérive, &quot;Les Araignées philosophes&quot; proposent des bandelettes de papier où se découvrent des expressions jouant à l'envi avec le mot lune… Tour à tour, nous, témoins lunaires, nous emparons de leurs sens aussi mobiles que les quartiers de l'astre de la nuit, laissant libre cours à nos imaginaires débridés afin d'inventer - en toute liberté - les contours terriens d'un monde aimable.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 20 avril 2022 dans la Salle des fêtes du Grand Parc de Bordeaux, dans le cadre du Festival Têtes d'Orange du Glob Théâtre, Scène conventionnée d'intérêt national (a été également joué le samedi 16 avril).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La lune, si possible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64203944-46099659.jpg?v=1651502828" alt=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" title=""La lune, si possible" Quand la fiction fait effraction dans le réel… Collision gagnante !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Myriam Boudenia.       <br />
       Mise en scène : Myriam Boudenia.       <br />
       Avec : Jérôme Thibault.       <br />
       Médiation : Les araignées philosophes, Aurélie Armellini, Miren Lassus Olasagasti.       <br />
       Par la Compagnie La Volière.       <br />
       Durée : 1 h + 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Autres dates</b>       <br />
       Le spectacle se jouera en juillet - août 2022, lors de l'Été Métropolitain de Bordeaux Métropole.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-lune-si-possible-Quand-la-fiction-fait-effraction-dans-le-reel-Collision-gagnante-_a3236.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé</title>
   <updated>2021-11-19T07:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Candide-ou-l-Optimisme-Le-fantastique-voyage-au-bout-de-la-nuit-d-un-batard-eclaire_a3103.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60371335-44195592.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-11-18T20:27:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Adapter un conte initiatique, écrit au mitan du XVIIIe siècle par un illustre philosophe des Lumières avide d'en découdre avec les obscurantismes de son époque, relève du pur défi. En effet, si la réflexion voltairienne sur le monde tel qu'il va (ou ne va pas), sous-tendant les aventures picaresques du héros dont le patronyme est devenu depuis nom commun, est toujours d'actualité, les personnages et leurs péripéties, eux, sont datés. Julien Duval (dé)joue cette difficulté en proposant une mise en jeu tonique et décalée, espiègle et déroutante, propre à rendre l'essence de l'œuvre en la projetant jusqu'à nous de manière décomplexée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195592.jpg?v=1637265551" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Ah qu'ils étaient beaux ces moments exquis passés en compagnie de sa belle Cunégonde, fille de M. et Mme La Baronne de Thunder-ten-tronckH, dans leur château de Westphalie à l'abri des bruits du monde. Le jeune homme, niais comme pas un, rougissait de plaisir à la vue de sa cousine qui l'entraînait dans une partie de frétillement de langues, de mouvements cadencés de hanches et dans un corps-à-corps prometteur d'extase… Sauf que, leurs ébats surpris par le papa, détenteur d'un nombre impressionnant de quartiers de noblesse, il ne pouvait être question que sa chère fille déchoie de son rang en s'acoquinant avec un bâtard né des amours de la sœur de M. Le Baron et d'un gentilhomme moins capé en parts de noblesse…       <br />
              <br />
       Ainsi le jeune Candide sera-t-il chassé d'emblée du minuscule paradis terrestre, disgrâce augurant du long périple émaillé des heurs et malheurs, petits bonheurs et grands désastres qui l'attendront dans l'immense monde… Cette entrée en matière, menée tambour battant en convoquant les codes de la farce mâtinée d'une musique rythmée à tout crin, donne le ton. On aurait même pu craindre un instant, au vu de cette amorce, à une forme de facilité propre à séduire à bon compte un public moins averti… Il n'en sera rien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195593.jpg?v=1637265588" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Maîtrisant le foisonnement des aventures et mésaventures de son antihéros magnifiquement naïf, le metteur en scène prend plaisir, au travers de ses truculentes péripéties, à ne jamais trahir le cheminement de ses pensées, l'amenant à reconsidérer l'enseignement du philosophe Pangloss, à l'aune des atrocités vues et vécues. Ainsi le précepte cardinal, <span style="font-style:italic">&quot;Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles&quot;</span>, va-t-il souffrir du contact avec une réalité beaucoup moins amène conduisant l'ingénu à contredire son maître es-pensée : <span style="font-style:italic">&quot;Eh bien mon cher Pangloss, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Les personnages hauts en couleurs - à l'exemple du baronnet en slip vert, mini-cape et bonnet verts - campés par une troupe de sept comédiens délurés, arpentant &quot;en tous sens&quot; le plateau, endossant avec envie une multitude de rôles, ont soif de nous extirper de notre zone de confort en démultipliant les horreurs narrées avec une bonhomie contagieuse. La leçon liminaire du très suffisant philosophe Pangloss (avatar de Leibnitz, ennemi juré de Voltaire), professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie vêtu d'un trois-pièces et chaussé de lunettes fines permettant de lui &quot;tailler un costume&quot; à sa mesure tant son discours sur &quot;la raison suffisante&quot;, s'avère… insuffisante et porte dans ses plis son démenti formel : non, tout dans ce bas-monde n'est pas <span style="font-style:italic">&quot;nécessairement pour la meilleure fin&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195632.jpg?v=1637265628" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Défileront sur fond du même décor minimaliste de dunes éclairées différemment au fur et à mesure que les paysages se succèdent - Westphalie, Hollande, Lisbonne, Amérique du Sud, Venise, etc. - une foultitude d'horreurs en tous genres… Ainsi de l'enrôlement de force dans l'armée bulgare où notre héros, après avoir été soulé et roué de coups, découvre le carnage des champs de bataille. Ainsi de la Hollande où il apprend que Cunégonde est morte après avoir été violée par les Bulgares, idem du sort de La Baronne coupée en morceaux, et où il rencontre Pangloss, vérolé et vomissant. Ainsi de Lisbonne, au lendemain du funeste tremblement de terre, où les prêtres décident d'un autodafé pour que s'abstienne la terre de trembler : ils en seront les victimes expiatoires, Pangloss pendu et Candide - cela devient une habitude - sauvagement fouetté… Et ceci n'est encore qu'un début, continuons…       <br />
              <br />
       De rebondissements en rebondissements (Cunégonde n'était finalement pas morte…), d'horreurs en horreurs, la réflexion de Candide progresse : <span style="font-style:italic">&quot;Dommage que Pangloss n'ait été pendu. je lui ferais quelques objections…&quot;</span>. Et quand Pangloss réapparaîtra (lui aussi…) pour se réjouir du sort du &quot;nègre&quot; de la sucrerie de Surinam - amputé certes de la main droite et de la jambe gauche, mais ayant l'insigne honneur d'être l'esclave d'un blanc, de faire la fortune de ses parents qui l'ont vendu… et de nous offrir accessoirement le sucre que nous mangeons en Europe - en clamant que les petits malheurs de tous font le bien commun -, Candide se mettra à douter plus encore de sa philosophie : <span style="font-style:italic">&quot;Pangloss il faudra que je renonce à ton optimisme…&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195654.jpg?v=1637265730" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Mais alors le monde entier ne serait-il que malheur ? Certes Candide découvrira qu'au nom de la religion, les hérétiques sont pendus ou jetés au feu, certes il sera amené, lui l'innocent pacifiste, à occire deux hommes de religion et un autre sans religion aucune, certes il constatera que c'est ainsi que les hommes vivent en portant la mort aux autres, que les guerres sont des boucheries infâmes où l'on dépèce à qui rigole… mais il fera aussi de belles rencontres, ouvroir de promesses potentielles.       <br />
              <br />
       Outre le séjour mirifique en Eldorado - pays où, puisqu'il n'y a pas de religion, tous sont frères et aucun ne risque d'être brûlé vif pour des croyances qu'il n'a pas - les rencontres avec l'aimable Jacques l'anabaptiste, avec Martin, philosophe lucidement &quot;pessimiste&quot;, conscient des atrocités sans pour autant en être aigri, et enfin avec le jardinier ravi du lopin de terre où poussent ses cédrats, tous vont contribuer à la conclusion heureuse. Au terme de ce voyage au bout de la nuit, devenu philosophe éclairé, faisant front au public, regard extatique et sourire en banane, Candide clamera en même temps que sa vérité découverte - <span style="font-style:italic">&quot;Il faut cultiver notre jardin !&quot;</span> - sa confiance en l'homme capable d'œuvrer pour son bonheur terrestre.       <br />
              <br />
       Menée au rythme soutenu d'une campagne homérique où les (anti)héros (Candide et Cunégonde, devenue vieille et laide mais toujours sensuelle) triomphent in fine des turpitudes des institutions guerrières et religieuses porteuses d'un obscurantisme mortel, cette mise en jeu ludique et lumineuse des attendus du conte réalise une aporie : nous &quot;divertir&quot; (sourires et rires) sans nous &quot;divertir&quot; de l'essentiel, tant les correspondances entre le siècle de Voltaire et le nôtre sont - hélas, trois fois hélas - criantes de vérité terrienne… à ne pas taire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jour de la première, mardi 9 novembre à 20 h 30 au TnBA Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Candide ou l'Optimisme"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195664.jpg?v=1637268208" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Création production 2021 TnBA.       <br />
       D'après le conte de Voltaire.       <br />
       Adaptation théâtrale, Julien Duval et Carlos Martins.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval, artiste compagnon.       <br />
       Assistanat à la mise en scène: Julia Roger (stagiaire).       <br />
       Avec : Zoé Gauchet, Vanessa Koutseff, Félix Lefebvre, Odille Lauria, Franck Manzoni, Carlos Martins et Thierry Otin.       <br />
       Composition musicale : Kat May.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumière : Anna Tubiana.       <br />
       Costumes : Aude Désigaux, assistée de Laëtitia Bidault, Kam Derbali et Céleste Fournier.       <br />
       Son : Madame Miniature.       <br />
       Régie générale : Denis Vernet.       <br />
       Travail corporel : Elsa Moulineau.       <br />
       Régie son : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Régie plateau : Margot Vincent.       <br />
       Régie lumière : François Lamoliatte.       <br />
       Construction décors : Marc Valladon et Raphaël Quillart.       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Durée 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 11 au 12 janvier 2022 : L'Odyssée - Scène conventionnée, Périgueux (24).       <br />
       Du 26 au 27 janvier 2022 : Théâtre Ducourneau - Scène conventionnée, Agen (47).       <br />
       Du 2 au 4 février 2022 : Le Bateau Feu - Scène nationale, Dunkerque (59).       <br />
       Du 8 au 9 février 2022 : L'Empreinte - Scène nationale de Brive-Tulle, Brive-la-Gaillarde (19).       <br />
       Du 12 au 14 avril 2022 : La Coupe d'Or - Scène conventionnée, Rochefort (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44196028.jpg?v=1637268183" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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