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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-16T12:14:43+01:00</updated>
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   <title>"Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que</title>
   <updated>2026-01-05T15:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4442.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93541058-65355737.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-05T15:50:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Berthe a cent deux ans. Elle est là, sur le plateau, attendant que les dernières spectatrices et les derniers spectateurs s'installent, stoïque, et nous fixe d'un air pas commode, les mains posées sur son petit sac, béret vissé sur la tête. On la surnomme Mamie Lüger à cause d'une arme du même nom qu'elle a volée à un nazi. Un jour, à six heures du matin, elle canarde l'escouade de policiers qui a pris d'assaut sa chaumière auvergnate.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355737.jpg?v=1757417978" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À huit heures, le capitaine de police Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière au cours de laquelle la grand-mère au Lüger vide son sac… Et le récit de sa vie se transforme en un feu d'artifice dans lequel il est question de meurtriers en cavale, de Veuve Noire et de nazis enterrés dans sa cave. Mais à quel jeu de dupes, au juste, Ventura est-il exposé dans ce face-à-face avec Mamie Lüger ?       <br />
              <br />
       Bien souvent, lors d'une adaptation au théâtre d'un ouvrage – quel qu'en soit son genre –, il s'agit pour nous d'essayer de comprendre quelles ont bien pu être les raisons profondes et intrinsèques qui ont infléchi la compagnie, la comédienne ou le comédien à le choisir…       <br />
              <br />
       Tel est le cas, à nouveau, pour ce roman de Benoît Philippon adapté ici par Josiane Carle et Carole Chevrier et mis en scène par Antoine Herbez. À vrai dire, dans le cas présent, c'est la comédienne Josiane Carle, 85 ans, qui a contacté un jour Benoît Philippon, en lui confiant qu'elle avait lu son roman et qu'elle aimerait beaucoup interpréter le personnage de Berthes sur les planches. La réponse ne s'est pas faite attendre. Le projet a vu le jour rapidement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355738.jpg?v=1757418030" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;En tant que femme depuis plus de cent ans, j'ai bien vu qu'on me roulait dans la farine. J'ai pas gardé un Lüger dans ma commode par hasard !&quot;</span>       <br />
              <br />
       Et si tout était dit à travers cette réplique cinglante de Berthe, en réponse à notre interrogation ! Et si cette phrase résumait à elle seule le vrai désir d'adapter ce roman et pour Josiane Carle celui d'interpréter Mamie Lüger ? Il s'agirait donc d'un projet féministe aux allures de &quot;Me Too&quot; ?       <br />
              <br />
       Certes, à bien y regarder, cette direction particulière saute aux yeux tout au long de ce huis clos sobrement mis en scène, mais habilement pensé grâce aux effets de lumières de Fouad Souaker, symbolisant les différents moments évoqués du roman : tantôt le présent, tantôt le passé.       <br />
              <br />
       Très vite, le public va osciller dans les méandres rocambolesques de la vie de Berthe Gavignol, buvant ses paroles hautement divulguées et ayant parfois du mal à tout entendre… Mariée à plusieurs hommes &quot;foireux&quot;, Berthe n'y va pas par quatre chemins, et elle se fait justice elle-même, elle qui a reçu par sa grand-mère une éducation basée sur l'indépendance, la liberté, loin des conventions et des normes sexistes. Son esprit frondeur, sa gouaille, sa manière de jouer avec les autres et de le revendiquer, cachent aussi une véritable ode au temps qui passe et à la vieillesse.       <br />
              <br />
       À travers les mots de Berthe, bien sourde ou sourd, serait celle ou celui qui ne verrait pas à quel point cette dernière, loin d'être un naufrage, est un apogée de puissance et d'analyse sur soi et le monde.       <br />
              <br />
       &quot;Berthes-Mamie-Me Too-Lüger&quot; est une Antigone des temps modernes devenue vieille, une Médée rebelle ayant vécu qui s'insurge jusqu'à la fin contre les normes sociales et morales qu'on a cherchées à lui imposer.       <br />
              <br />
       Il y a de cela dans cette pièce, certes, mais le roman de Benoît Philippon invite à creuser davantage, au-delà de la seule ode émancipatrice de la femme. Dépasser le grotesque proposé par le biais d'un langage souvent cru et de l'humour noir, pour y percevoir un corps qui déconstruit les normes de la beauté, de la sexualité et du genre, en proposant une forme d'inversion des rôles, mais également une satire des institutions (police, justice, patriarcat).       <br />
              <br />
       Brillamment interprétée par Josiane Carle, Mamie Lüger au corps vieillissant est un lieu de résistance, un territoire politique, loin des discours normatifs d'utilité et de productivité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355739.jpg?v=1757418749" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À ce titre, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander qui a véritablement influencé qui dans ce projet théâtral : la comédienne-autrice-metteuse en scène, être de chair et de sang, résistante à sa manière, à la longue carrière impressionnante, tant au théâtre qu'au cinéma, séduite par cette Mamie Lüger aux allures de Jeanne d'Arc des trottoirs ou encore d'une Cassandre des marges qui crache la vérité à la figure d'un monde hypocrite ?       <br />
              <br />
       Ou bien est-ce Mamie Lüger elle-même, être d'encre et de papier, que s'est appropriée Josiane Carle en faisant sienne le personnage et en lui donnant chair ? Et si Mamie Lüger et Josiane Carle n'étaient qu'une seule et même personne ? Gageons, malgré tout, que Josiane Carle ne possède pas d'arme dans sa maisonnée… Quoique ! Car le théâtre n'en est-il pas un, à bien y regarder ?       <br />
              <br />
       Peu importe, après tout, puisque le résultat est là. Berthe se sait condamnée par le temps qui a passé. Mais n'a-t-elle pas été condamnée aussi durant toute sa vie, pendant plus d'un siècle, ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas d'en sourire avec détachement ?       <br />
              <br />
       Il est fort probable que le public reconnaisse en Mamie Lüger certaines femmes proches de lui, mais qui, malheureusement, n'ont pas eu l'occasion ni la chance de détenir un Lüger dans leur commode et qui, toute leur vie, sont restées emprisonnées et muselées…       <br />
              <br />
       Dans le rôle du capitaine Ventura, surnommé &quot;Lino&quot; par Berthe, Antoine Herbez se met en scène. Dans cette garde à vue surréaliste, il interroge Mamie Lüger avec élégance, à bien y regarder, en axant finement son incrédulité vers le public et en mettant en avant la nécessité de toujours tendre vers l'humain lors d'un jugement, même le plus difficile ! Car Ventura parvient à sa manière à être le contrepoint de la flamboyante Mamie, et parvient à faire basculer la pièce vers un drame hautement humain dans lequel Antoine Herbez se montre très crédible, proche du public et de toutes ses interrogations.       <br />
              <br />
       Il parvient à incarner une forme de réconciliation avec le mâle, loin de tout masculinisme ambiant et réducteur, voire de certains poncifs et autres stigmatisations autour des relations &quot;homme-femme&quot;…       <br />
              <br />
       &quot;Mamie Lüger&quot;, c'est une ode à la femme, bien sûr, mais aussi à la vieillesse, dans laquelle l'humour apporte aussi la juste note satirique aux inégalités de genre ou aux hypocrisies morales, et où le théâtre de l'absurde, par moments, n'est pas loin. C'est un hommage à l'humain, avant tout.       <br />
              <br />
       Dépassons la légèreté de la forme et l'énormité de certaines situations à la Audiard pour découvrir davantage un texte à l'ironie mordante et aux thèmes qui résonneront longtemps en vous, et qui est adapté ici avec un mélange de sobriété et de talent indéniable. Alors, Mamie Lüger ira-t-elle en prison en risquant la perpétuité ? Ventura succombera-t-il à ses supplications lors de la dernière requête de Berthe ? Courez le découvrir sans plus tarder.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mamie Lüger"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355740.jpg?v=1757435694" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Centenaire, féministe et tueuse en série&quot;</b>       <br />
       D'après le roman de Benoît Philippon (Éditions Équinoxe).       <br />
       Adaptation : Josiane Carle et Carole Chevrier.       <br />
       Mise en scène et dispositif scénique : Antoine Herbez.       <br />
       Avec : Josiane Carle et Antoine Herbez.       <br />
       Lumières : Fouad Souaker.       <br />
       Par la Compagnie Ah.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 15       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 novembre 2025 au 7 mars 2026.</span>       <br />
       Samedi à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=379119&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4442.html" />
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   <title>"Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que</title>
   <updated>2025-09-09T18:41:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4353.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-09T13:13:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Berthe a cent deux ans. Elle est là, sur le plateau, attendant que les dernières spectatrices et les derniers spectateurs s'installent, stoïque, et nous fixe d'un air pas commode, les mains posées sur son petit sac, béret vissé sur la tête. On la surnomme Mamie Lüger à cause d'une arme du même nom qu'elle a volée à un nazi. Un jour, à six heures du matin, elle canarde l'escouade de policiers qui a pris d'assaut sa chaumière auvergnate.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059000.jpg?v=1757417978" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À huit heures, le capitaine de police Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière au cours de laquelle la grand-mère au Lüger vide son sac… Et le récit de sa vie se transforme en un feu d'artifice dans lequel il est question de meurtriers en cavale, de Veuve Noire et de nazis enterrés dans sa cave. Mais à quel jeu de dupes, au juste, Ventura est-il exposé dans ce face-à-face avec Mamie Lüger ?       <br />
              <br />
       Bien souvent, lors d'une adaptation au théâtre d'un ouvrage – quel qu'en soit son genre –, il s'agit pour nous d'essayer de comprendre quelles ont bien pu être les raisons profondes et intrinsèques qui ont infléchi la compagnie, la comédienne ou le comédien à le choisir…       <br />
              <br />
       Tel est le cas, à nouveau, pour ce roman de Benoît Philippon adapté ici par Josiane Carle et Carole Chevrier et mis en scène par Antoine Herbez. À vrai dire, dans le cas présent, c'est la comédienne Josiane Carle, 85 ans, qui a contacté un jour Benoît Philippon, en lui confiant qu'elle avait lu son roman et qu'elle aimerait beaucoup interpréter le personnage de Berthes sur les planches. La réponse ne s'est pas faite attendre. Le projet a vu le jour rapidement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059116.jpg?v=1757418030" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;En tant que femme depuis plus de cent ans, j'ai bien vu qu'on me roulait dans la farine. J'ai pas gardé un Lüger dans ma commode par hasard !&quot;</span>       <br />
              <br />
       Et si tout était dit à travers cette réplique cinglante de Berthe, en réponse à notre interrogation ! Et si cette phrase résumait à elle seule le vrai désir d'adapter ce roman et pour Josiane Carle celui d'interpréter Mamie Lüger ? Il s'agirait donc d'un projet féministe aux allures de &quot;Me Too&quot; ?       <br />
              <br />
       Certes, à bien y regarder, cette direction particulière saute aux yeux tout au long de ce huis clos sobrement mis en scène, mais habilement pensé grâce aux effets de lumières de Fouad Souaker, symbolisant les différents moments évoqués du roman : tantôt le présent, tantôt le passé.       <br />
              <br />
       Très vite, le public va osciller dans les méandres rocambolesques de la vie de Berthe Gavignol, buvant ses paroles hautement divulguées et ayant parfois du mal à tout entendre… Mariée à plusieurs hommes &quot;foireux&quot;, Berthe n'y va pas par quatre chemins, et elle se fait justice elle-même, elle qui a reçu par sa grand-mère une éducation basée sur l'indépendance, la liberté, loin des conventions et des normes sexistes. Son esprit frondeur, sa gouaille, sa manière de jouer avec les autres et de le revendiquer, cachent aussi une véritable ode au temps qui passe et à la vieillesse.       <br />
              <br />
       À travers les mots de Berthe, bien sourde ou sourd, serait celle ou celui qui ne verrait pas à quel point cette dernière, loin d'être un naufrage, est un apogée de puissance et d'analyse sur soi et le monde.       <br />
              <br />
       &quot;Berthes-Mamie-Me Too-Lüger&quot; est une Antigone des temps modernes devenue vieille, une Médée rebelle ayant vécu qui s'insurge jusqu'à la fin contre les normes sociales et morales qu'on a cherchées à lui imposer.       <br />
              <br />
       Il y a de cela dans cette pièce, certes, mais le roman de Benoît Philippon invite à creuser davantage, au-delà de la seule ode émancipatrice de la femme. Dépasser le grotesque proposé par le biais d'un langage souvent cru et de l'humour noir, pour y percevoir un corps qui déconstruit les normes de la beauté, de la sexualité et du genre, en proposant une forme d'inversion des rôles, mais également une satire des institutions (police, justice, patriarcat).       <br />
              <br />
       Brillamment interprétée par Josiane Carle, Mamie Lüger au corps vieillissant est un lieu de résistance, un territoire politique, loin des discours normatifs d'utilité et de productivité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059140.jpg?v=1757418749" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À ce titre, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander qui a véritablement influencé qui dans ce projet théâtral : la comédienne-autrice-metteuse en scène, être de chair et de sang, résistante à sa manière, à la longue carrière impressionnante, tant au théâtre qu'au cinéma, séduite par cette Mamie Lüger aux allures de Jeanne d'Arc des trottoirs ou encore d'une Cassandre des marges qui crache la vérité à la figure d'un monde hypocrite ?       <br />
              <br />
       Ou bien est-ce Mamie Lüger elle-même, être d'encre et de papier, que s'est appropriée Josiane Carle en faisant sienne le personnage et en lui donnant chair ? Et si Mamie Lüger et Josiane Carle n'étaient qu'une seule et même personne ? Gageons, malgré tout, que Josiane Carle ne possède pas d'arme dans sa maisonnée… Quoique ! Car le théâtre n'en est-il pas un, à bien y regarder ?       <br />
              <br />
       Peu importe, après tout, puisque le résultat est là. Berthe se sait condamnée par le temps qui a passé. Mais n'a-t-elle pas été condamnée aussi durant toute sa vie, pendant plus d'un siècle, ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas d'en sourire avec détachement ?       <br />
              <br />
       Il est fort probable que le public reconnaisse en Mamie Lüger certaines femmes proches de lui, mais qui, malheureusement, n'ont pas eu l'occasion ni la chance de détenir un Lüger dans leur commode et qui, toute leur vie, sont restées emprisonnées et muselées…       <br />
              <br />
       Dans le rôle du capitaine Ventura, surnommé &quot;Lino&quot; par Berthe, Antoine Herbez se met en scène. Dans cette garde à vue surréaliste, il interroge Mamie Lüger avec élégance, à bien y regarder, en axant finement son incrédulité vers le public et en mettant en avant la nécessité de toujours tendre vers l'humain lors d'un jugement, même le plus difficile ! Car Ventura parvient à sa manière à être le contrepoint de la flamboyante Mamie, et parvient à faire basculer la pièce vers un drame hautement humain dans lequel Antoine Herbez se montre très crédible, proche du public et de toutes ses interrogations.       <br />
              <br />
       Il parvient à incarner une forme de réconciliation avec le mâle, loin de tout masculinisme ambiant et réducteur, voire de certains poncifs et autres stigmatisations autour des relations &quot;homme-femme&quot;…       <br />
              <br />
       &quot;Mamie Lüger&quot;, c'est une ode à la femme, bien sûr, mais aussi à la vieillesse, dans laquelle l'humour apporte aussi la juste note satirique aux inégalités de genre ou aux hypocrisies morales, et où le théâtre de l'absurde, par moments, n'est pas loin. C'est un hommage à l'humain, avant tout.       <br />
              <br />
       Dépassons la légèreté de la forme et l'énormité de certaines situations à la Audiard pour découvrir davantage un texte à l'ironie mordante et aux thèmes qui résonneront longtemps en vous, et qui est adapté ici avec un mélange de sobriété et de talent indéniable. Alors, Mamie Lüger ira-t-elle en prison en risquant la perpétuité ? Ventura succombera-t-il à ses supplications lors de la dernière requête de Berthe ? Courez le découvrir sans plus tarder.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mamie Lüger"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64063036.jpg?v=1757435694" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
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     <div>
      <b>&quot;Centenaire, féministe et tueuse en série&quot;</b>       <br />
       D'après le roman de Benoît Philippon (Éditions Équinoxe).       <br />
       Adaptation : Josiane Carle et Carole Chevrier.       <br />
       Mise en scène et dispositif scénique : Antoine Herbez.       <br />
       Avec : Josiane Carle et Antoine Herbez.       <br />
       Lumières : Fouad Souaker.       <br />
       Par la Compagnie Ah.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 15       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 août au 1er novembre 2025.</span>       <br />
       Vendredis et samedis à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=379119&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4353.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes</title>
   <updated>2025-03-10T12:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Petits-Chevaux-L-incroyable-et-terrifiante-histoire-des-enfants-des-Lebensborn-ces-pouponnieres-nazies-tenues_a4166.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87075803-61831090.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-10T10:43:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intelligemment construite, cette pièce révèle un pan largement méconnu de la politique eugéniste du Troisième Reich : les Lebensborn, ces maternités destinées à développer une race aryenne parfaitement "pure" et dominante. Un plongeon dans l'Histoire glaçant et édifiant !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831090.jpg?v=1741599949" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      De grands cartons jonchent la scène. Une vieille dame est décédée. Violette, sa petite-fille, très attachée à son aïeule, a fait le choix de reprendre l'appartement et de s'y installer. Au cours de son rangement, elle découvre une carte postale de Tchécoslovaquie qui l'amène à penser que sa mère aurait pu être adoptée et que la disparue ne serait pas sa &quot;vraie&quot; grand-mère. Elle est sous le choc. Sa mère, elle, semble n'y avoir jamais accordé grande importance. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai qu'une maman, celle qui m'a élevée&quot;</span>, clame Hortense. Car Hortense, née en 1944, a toujours su qu'elle avait été adoptée à l'âge de trois ans par Paul et Eugénie Dubois. Très heureuse de sa vie avec ses parents adoptifs, dans son petit village de la Meuse, elle n'a jamais cherché à en savoir davantage, et se souvient seulement de s'être cachée, enfant, lorsqu'une dame était venue à l'école à la recherche d'une petite fille de son âge.       <br />
              <br />
       Violette, elle, veut savoir et pousse sa mère à rechercher ses origines. Ensemble, elles vont se lancer dans une enquête aussi captivante que terrifiante, qui les mènera en Allemagne et fera resurgir du passé les fantômes d'Angélique et de Klaus. De la rencontre de Violette et d'Hortense avec Fernand, lui-même issu d'un Lebensborn en Belgique, à celle de Lily, une demi-sœur allemande d'Hortense née du même père, les deux femmes apprendront la vérité sur la naissance de la petite Hortensia Schaeffer avant qu'elle ne devienne Hortense Dubois. Horrifiées, elles découvriront l'existence des Lebensborn, ces fabriques à bébés implantées en Europe pour peupler le Reich d'enfants &quot;racialement parfaits&quot; : des aryens, grands, blonds, aux yeux bleus.       <br />
              <br />
       Écrite à huit mains (Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé), &quot;Les Petits Chevaux&quot; est la première pièce à évoquer ce chapitre peu connu de l'Histoire, et forcément méconnu puisqu'il s'agissait d'un projet tenu secret par le régime nazi. Initié par Himmler, chef de la SS, en 1935, le programme du Lebensborn (&quot;Fontaine de vie&quot; en vieil allemand) consistait en un réseau de pouponnières implantées en Allemagne, puis dans les pays occupés par les Allemands : dix en Allemagne, une dizaine également en Norvège, trois en Autriche, trois en Pologne, deux au Danemark, une aux Pays-Bas, une en Belgique, une au Luxembourg, ainsi qu'une en France, à Lamorlaye, dans l'Oise, où naquirent une vingtaine d'enfants entre février et août 1944.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831093.jpg?v=1741599975" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      Des femmes, fécondées par des SS, ou des filles mères correspondant aux critères raciaux des nazis, y passaient les derniers mois de leur grossesse et accouchaient dans l'anonymat. Himmler, très investi, se proposait même d'être le parrain des enfants nés, comme lui, un 7 octobre. Le Lebensborn se chargeait ensuite de la &quot;germanisation&quot; des petits orphelins. Ainsi, entre 1935 et 1944, plus de 20 000 bébés virent le jour dans ces maternités. La plupart d'entre eux, telle Hortense dans la pièce, n'ont découvert leur véritable origine que sur le tard. À ce jour, seule la Norvège leur a reconnu le statut de victimes du nazisme. À l'époque, des enfants en provenance de Norvège, de Pologne et de Tchécoslovaquie étaient même arrachés à leurs parents pour être confiés à des Lebensborn.       <br />
              <br />
       Pour écrire &quot;Les Petits Chevaux&quot;, les auteurs se sont appuyés sur divers témoignages et notamment celui de la mère de l'un d'entre eux, Gisèle Niango. L'histoire d'Hortense est un peu la sienne. Née le 11 octobre 1943, l'octogénaire a grandi dans un petit village de la Meuse et appris, vers dix ans, qu'elle avait été adoptée. Occultant volontairement cette histoire d'adoption, elle ne s'y intéresse réellement qu'à la mort de sa mère adoptive. Par une cousine, elle apprend alors que ses parents étaient allés la chercher à Commercy où, en 1946, un train en provenance d'Allemagne s'était arrêté avec des enfants convoyés dans le but d'être adoptés.       <br />
              <br />
       Par la suite, elle a la confirmation que le nom de la petite Gisela (ainsi s'appelait-elle avant que son prénom soit francisé) figurait bien sur la liste des dix-sept enfants expédiés (dont sept ne survécurent pas au voyage). C'est en 2005 seulement, après avoir fait la demande de son acte de naissance auprès des archives de la Croix-Rouge, que Gisèle apprend être née à Wégimont, en Belgique, dans un Lebensborn.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61831105.jpg?v=1741600000" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, trois comédiennes et un comédien (Séverine Cojannot, Nadine Darmon, Florence Cabaret, Samuel Debure) interprètent une dizaine de personnages, français et allemands, d'hier et d'aujourd'hui : Violette, Angélique, Hortense, Lily, la cousine Jacqueline, une employée, une guide, Fernand, Klaus, le Docteur Ebner… Tous sont très justes, et incarnent avec conviction les protagonistes de cette histoire cauchemardesque. La pièce, intelligemment construite, et la mise en scène, fluide, rendent cette quête aussi haletante qu'angoissante.        <br />
              <br />
       Saluons également la simplicité et l'ingéniosité du décor, composé de boîtes en carton, évoquant tantôt des cartons de déménagement, tantôt des meubles d'archivage, ou encore les totems d'une exposition dédiée aux enfants déplacés pendant la guerre. Nichées dans le creux des cartons éclairés de l'intérieur, les photographies de ces visages innocents nous bouleversent.       <br />
              <br />
       La pièce, en sortant le projet Lebensborn de l'oubli, soulève aussi des questions sur la maternité, l'identité, la filiation, la transmission, et double le propos historique d'une dimension universelle. En faisant acte de mémoire, elle montre ce que les théories eugénistes ont engendré, et engendrent encore aujourd'hui, de haine et de folie. Depuis le début de l'invasion ukrainienne, rappelons-le, 20 000 petits Ukrainiens ont été déportés en Russie pour être &quot;russifiés&quot;. L'histoire se répète de manière délirante dans toute son horreur. Ce spectacle n'en est que plus indispensable !       <br />
              <br />
       À noter que la représentation du mardi 18 mars sera suivie d'une rencontre animée par le journaliste Boris Thiolay, auteur de &quot;Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits&quot;, avec Dirk Kaesler (né dans un Lebensborn allemand), Valérie Beausert-Leick (présidente de l'association Pour la Mémoire des Enfants des Lebensborn) et Matthieu Niango (co-auteur de la pièce).       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Petits Chevaux" </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87075803-61832086.jpg?v=1741604351" alt=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" title=""Les Petits Chevaux" L'incroyable et terrifiante histoire des enfants des Lebensborn, ces pouponnières nazies tenues secrètes" />
     </div>
     <div>
      De Séverine Cojannot, Camille Laplanche, Matthieu Niango et Jeanne Signé.       <br />
       Mise en scène : Jeanne Signé.       <br />
       Collaboration artistique : Pauline Devinat.        <br />
       Avec : Florence Cabaret, Séverine Cojannot, Nadine Darmon, Samuel Debure.       <br />
       Conception décors : Marguerite Danguy des Déserts.        <br />
       Costumes : Sabine Schlemmer, Julia Brochier.        <br />
       Lumières : Jean-Luc Chanonat.        <br />
       Vidéo et son : Jeanne Signé.       <br />
       Durée : 1 h 20.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 mars au 22 avril 2025.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 19 h.        <br />
       Théâtre des Gémeaux Parisiens, Paris 20ᵉ, 01 87 44 61 11.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeauxparisiens.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredesgemeauxparisiens.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Petits-Chevaux-L-incroyable-et-terrifiante-histoire-des-enfants-des-Lebensborn-ces-pouponnieres-nazies-tenues_a4166.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp</title>
   <updated>2024-09-18T17:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dieu-ne-fait-rien-pour-les-faibles-Il-faut-bombarder-Auschwitz-phrase-choc-de-deux-evadees-du-camp_a4044.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82884358-59400047.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-09-18T16:48:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La scène se déroule en avril 1944, dans une petite ville de Slovaquie, Zilina. Deux jeunes femmes, Marthe et Elsa, s'adressent au conseil juif de la ville pour demander de l'aide, mais surtout demander à être entendues. Elles semblent fatiguées, sont vêtues de hardes et n'ont aucun bagage. Elles disent s'être évadées d'un camp de prisonniers. Un camp en Pologne, dont la frontière n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres. Un camp dont aucun des membres du conseil n'a entendu parler à cette époque : le camp d'Auschwitz.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400047.jpg?v=1726672840" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      En cette interminable période de guerre, la méfiance règne dans la communauté juive. Les plus folles rumeurs circulent un peu partout sur les exactions nazies. On se méfie des espionnages, toujours possibles. Le conseil décide alors de désigner deux personnages pour interroger les deux fugitives : un notable de la ville chez qui vont loger les deux jeunes femmes et un rabbin de Bratislava expressément appelé pour s'occuper de cette affaire.       <br />
              <br />
       Tout le fil dramatique de la pièce sera tendu dans une suite d'entretiens, d'interrogatoires aux allures bienveillantes, de révélations dont l'horreur aura toutes les peines du monde à être prise pour vérité tant elle semble inimaginable pour ceux dont la solution finale n'était pas encore connue. Par petites touches, par aveux successifs, par heurts plus ou moins violents, l'histoire se dévoile et les mises en doutes des deux enquêteurs, au début agressives, s'atténuent.       <br />
              <br />
       C'est passionnant de voir peu à peu, au fil des entretiens et des différentes révélations faites par les deux femmes, l'incrédulité des deux représentants de la communauté juive se fissurer, se fragiliser pour, à la toute fin, laisser place à l'effarement le plus total. Passionnant également de pouvoir assister alternativement aux deux points de vue : celui des deux hommes, leur méfiance vis-à-vis des deux jeunes femmes et de leur histoire, et celui des deux femmes, blessées par cette défiance, elles qui portent déjà blessures et honte des humiliations du camp.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400066.jpg?v=1726672900" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Comment témoigner d'une chose affreuse que l'on a subie ? Voici une des questions sous-jacentes qui viennent à l'esprit en assistant à cette pièce. On assiste ainsi au dépouillement pudique de deux jeunes femmes devant deux vieux hommes méfiants ; et c'est à la fois beau et terrible. Car outre la question centrale de la révélation de la Shoah qui est le centre de toute la pièce, la question de la liberté féminine dans un monde régi par les hommes ne cesse de surgir.       <br />
              <br />
       Loin de ne jamais tomber dans le pathos, la mise en scène d'Olivier Hamel et sa direction d'acteur donnent la distance nécessaire pour être touché sans être meurtri. La présence d'un guitariste (Thomas Griffaut, tout en délicatesse), qui ponctue la totalité du spectacle, apporte de belles respirations qui permettent au spectacle de rejoindre parfois l'esprit du conte. Une lumière chaude apporte de l'humanité à la dureté de certains échanges et des passages de la vie courante, joués avec légèreté, contrebalancent également le côté glacial de l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400093.jpg?v=1726673019" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Le jeu des comédiens et surtout celui des deux comédiennes qui interprètent les deux rescapées, Chloé Gigandon et Léonie Perriard, est suffisamment bien distancié pour faire sonner le ténébreux sans y sombrer, principalement lors de monologues aux descriptions terribles. Les cinq personnages aux caractères bien définis donnent une belle vie à cette pièce tirée d'une histoire vraie, dont s'est inspiré l'auteur, Alain Girodet, également interprète du rabbin. Un rabbin plutôt sévère face à un notable doux, mais faible (une très convaincante création de personnage d'Erik Chantry) dont la femme (d'une fausse légèreté d'apparence donnée par Ava Cohen) finit par s'émanciper.       <br />
              <br />
       Une histoire vraie dont le récit finit par parvenir aux alliés, avec une terrible question posée sur la table : faut-il bombarder Auschwitz ? Et tuer des dizaines de milliers de prisonniers pour peut-être sauver des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'autres ?       <br />
              <br />
       L'histoire est belle, le traitement intelligent, les scènes jouées avec sincérité et implication, voilà une pièce que l'on reçoit avec douceur et d'où l'on ressort avec une bribe de notre histoire en plus ; un peu plus riche, en quelque sorte.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dieu ne fait rien pour les faibles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400094.jpg?v=1726673048" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alain Girodet.       <br />
       Mise en scène, scénographie, lumière et régie : Olivier Hamel.       <br />
       Avec : Erik Chantry, Ava Cohen, Chloé Gigandon, Alain Girodet, Léonie Perriard et Thomas Griffaut (guitare).       <br />
       Musique : Thomas Griffaut.       <br />
       Costumes et accessoires : Marie Javelaud.       <br />
       Production : Compagnie Être Ange et Art.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle Studio, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dieu-ne-fait-rien-pour-les-faibles-Il-faut-bombarder-Auschwitz-phrase-choc-de-deux-evadees-du-camp_a4044.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…</title>
   <updated>2024-07-03T21:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ita-L-nee-Goldfeld-Une-interpretation-magistrale-au-service-d-un-texte-sans-faille-qui-resonne-sourdement_a3986.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81341158-58608097.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-04T07:52:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Paris, décembre 1942. La police française quitte à l'instant l'appartement d'Ita Laster. Les policiers viennent de lui laisser une heure pour se préparer avant de les suivre. Une heure entre la vie et la mort. Mais cela, Ita ne le sait pas… Tout ce qu'elle sait, c'est que l'un d'entre eux lui a conseillé "d'en profiter", bien qu’elle soit seule depuis longtemps… Quel choix lui reste-t-il alors que son propre fils a été amené à Drancy il y a quelques jours ? Que son mari est mort ! Fuir ou, peut-être, espérer aller le retrouver ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608097.jpg?v=1720034149" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Ita L. née Goldfeld&quot; d'Éric Zanettacci, spectacle basé sur la véritable histoire de sa grand-mère, est-il &quot;Le&quot; spectacle qu'il faut aller voir coûte que coûte cette année au Festival d'Avignon 2024, alors que notre pays vacille pour les raisons que l'on sait ?       <br />
              <br />
       Cette grande messe incontournable dédiée au Théâtre, et au spectacle vivant, ne doit-il pas plutôt se révéler le ferment d'une actualité nouvelle, ouverte sur le monde &quot; comme il va&quot;, et non pas comme il a été ? C'est une question qui nous taraude, mais nous détenons la réponse.       <br />
              <br />
       Il y a 24 ans, Elie Wiesel, dans un entretien au Yédioth A'haronoth, disait : <span style="font-style:italic">&quot;nous avons échoué dans la transmission du thème de la Shoah&quot;</span> ; et il poursuivait en disant qu'il craignait qu'un jour la Shoah puisse tomber dans l'oubli. Pire ! Que ce sujet soit banalisé ou qu'il soit rapproché d'autres événements, aussi tragiques et dramatiques soient-ils.       <br />
              <br />
       Cette pensée résonne particulièrement à nos oreilles quand on sait que cet homme a consacré la plus grande partie de sa vie à cette question et que, de nos jours, une très grande majorité de notre jeunesse ignore ce pan de l'Histoire ? L'Éducation Nationale n'a-t-elle plus au programme le célèbre documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot; ?       <br />
              <br />
       Au Théâtre de l'Oriflamme, ce sont les souvenirs de cette sombre période de l'Histoire européenne qui sont exposés à la lumière de sa flamme. Rien d'olympique, malheureusement, mais, comme elle, elle ne doit pas s'éteindre. Surtout pas. Jamais !
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608102.jpg?v=1720034182" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
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      Françoise Nahon mérite très largement le prix d'interprétation de Femmes en Scènes qu'elle a reçu pour cette pièce. Elle est bouleversante, au-delà des émotions tangibles qui peuvent être celles que l'on ressent en règle générale lorsqu'un spectacle nous emporte. Difficile de parler à la sortie. Difficile de retrouver la réalité, de tout effacer, de gommer, de continuer <span style="font-style:italic">&quot;comme si de rien n'avait jamais été&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout, dans ce spectacle, sonne tellement juste. Le spectateur est littéralement projeté en 1942 dans cet appartement chaleureux imaginé à la mise en scène par Patrick Zeff-Samet. Directeur de la compagnie &quot;La Comédie Nomade&quot; basée dans les Alpes-Maritimes, sa mise en scène n'a rien de nomade. Elle ancre au contraire chaque mot du texte d'Éric Zanettacci dans un écrin d'images à de nombreux moments, pourtant, difficilement soutenables.       <br />
              <br />
       Quid de cette mise en scène ? Ou du texte ? Ou de l'interprétation remarquable d'Ita par Françoise Nahon, pour que cette pièce nous laisse à croire que cette femme ordinaire aurait pu être aussi notre grand-mère ou, encore, qu'elle est la grand-mère de chacun et chacune d'entre nous ? Juive ou pas !       <br />
              <br />
       La comédienne, à travers son témoignage poignant, nous emporte dans l'histoire de sa vie, via chaque fait et geste, derrière le clignement attendrissant de ses paupières semblables à des papillons virevoltants, et nous retrace une vie d'amour entièrement dévouée à son mari et à ses deux fils.       <br />
              <br />
       Quand on écrit une tragédie, les silences, d'ordinaire, sont importants. Cependant, il y en a peu dans le texte de l'auteur, car c'est davantage une logorrhée lourde et pesante que la comédienne déverse entre les quatre murs de son appartement. Parce qu'on y est dans cet appartement, comme si le quatrième mur n'existait plus. L'humilité et la naïveté que Françoise Nahon parvient à interpréter ici, dans son jeu, est rare au théâtre.
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     <div><b>"Ita L. née Goldfeld"</b></div>
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      Seule en scène.       <br />
       Texte : Éric Zanettacci.       <br />
       Mise en scène : Patrick Zeff-Samet.       <br />
       Avec : Françoise Nahon.       <br />
       Musique originale : Élisa Munoz.       <br />
       Scénographie et décors : Tony Munoz.       <br />
       Lumières : Thibault Caligaris.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3-5, rue du Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">&gt;&gt; loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
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