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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T03:26:29+02:00</updated>
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   <title>Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée</title>
   <updated>2024-09-25T22:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Premier-des-trois-spectacles-presentes-au-Rond-Point-Fuck-Me-de-Marina-Otero-fait-se-lever-un-public-chancelant-pour_a4050.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83037168-59505710.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-09-25T17:33:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pourtant, rien n'était acquis. Marina Otero, chorégraphe et danseuse argentine, n'a pas l'habitude de lisser les images qu'elle jette sur le plateau pour faire du joli. Il y en a que cela dérange peut-être, et c'est tant mieux. Mais la chorégraphe n'a pour principe et seul guide que sa volonté de dire et de montrer ses émotions, ses sentiments et ses pensées dans toutes leurs intensités, leurs violences.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505710.jpg?v=1727279799" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Depuis qu'elle a commencé sa série de créations intitulée &quot;Recordar para vivi (Se rappeler pour vivre)&quot;, elle s'est choisie elle-même comme sujet de ses spectacles. Sa vie, ses bouleversements, ses créations, ses émotions, ses pensées forment le vivier dans lequel elle puise son inspiration, comme tout créateur, mais ils sont également le fil narratif de ses spectacles.       <br />
              <br />
       Des spectacles qui ne sont pas seulement des chorégraphies, mais un mélange beaucoup plus complexe et élaboré. En mêlant projections vidéos (de la vie réelle de Marina Otero), textes (sous forme de longs monologues), musiques et, bien sûr, chorégraphies, elle parvient à créer une sorte d'élongation temporelle. Le passé et le présent parviennent à se combiner, se répondre, se mêler, et c'est là l'intention profonde et centrale du projet &quot;Recordar para vivir&quot; qu'elle compte poursuivre jusqu'à sa mort : tordre le temps, lui tordre le cou peut-être.       <br />
              <br />
       &quot;Fuck Me&quot;, c'est un titre qui provoque. C'est aussi le cri profond d'un corps blessé, en convalescence douloureuse dans un hôpital madrilène, le corps de Marina elle-même opérée de la colonne vertébrale, il y a quelques années. Une immobilisation qui déclenche un besoin d'amour, besoin d'être désirée, besoin de faire vivre ce corps, de lui faire ressentir à nouveau les pulsions fortes et pleines. <span style="font-style:italic">&quot;Le corps est la seule chose évidente&quot;</span> dit-elle en s'asseyant difficilement sur une chaise au bord de la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505716.jpg?v=1727279836" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Elle est bien là sur scène avec ses danseurs, Marina Otero, mais elle ne danse pas. Elle s'est instituée narratrice du spectacle, un spectacle dont elle raconte la longue gestation. Remontant à sa propre enfance en Argentine, ses souvenirs de son grand-père de la marine militaire pendant la junte criminelle des années soixante-dix (d'où le prénom Marina qu'elle reçut à sa naissance), puis, plus près de nous, les réminiscences d'un spectacle où elle était interprète d'une Andréa, prostituée, retrouvée assassinée, et plus près encore, cette opération de la colonne durant laquelle elle conçoit ce spectacle né de l'angoisse, de la douleur, de la soif de désir.       <br />
              <br />
       Ses cinq danseurs sont nus dès les premières minutes du spectacle. Cinq hommes, dont un se travestit en Marina Otero. C'est autant corrosif, violent, exacerbé que drôle et magnifiquement dérisoire par instant. Les cinq danseurs, figures masculines fièrement exhibées, sont autant sujets de désirs et de violence que marionnettes gentiment ridicules. Le propos de Marina Otero n'est jamais d'un bloc. La réalité se métamorphose régulièrement en fiction, invention, fantaisie.       <br />
              <br />
       Cinq danseurs dont il faut saluer le talent et l'esprit. Car ils se prêtent au jeu de la dérision quasi-fataliste de leur chorégraphe, ainsi tous s'appellent Pablo comme les trois dernières rencontres amoureuses de celle-ci… Pablo n°1, Pablo n°3, Pablo n°4, etc. Mais ils ajoutent à leurs arts de danseurs (danseurs un peu déjantés par moments) énormément de jeu. Ils interprètent finalement chacun, sous la fausse étiquette de leurs prénoms semblables, des personnages qui s'expriment non seulement par le corps, mais par le texte, par le chant. Augusto Chiappe, Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco López Bubica, Matías Rebossio ou Miguel Valdivieso sont la chair ironique ou investie de cette performance, de cette histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505717.jpg?v=1727279884" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Et même si la douleur, avec toute la violence qu'elle provoque, reste le centre du propos de &quot;Fuck Me&quot;, le corps, ses désirs, ses manques et son poids sont les véritables enjeux en question, magnifiquement exposés par des chorégraphies baroques où la liberté est brandie, clamée, revendiquée jusqu'à en perdre le souffle. Les images fortes, faites de mots, de musiques et de corps, restent longtemps dans les esprits après avoir vu ce spectacle qui agit comme une sorte d'exutoire aux souffrances infligées par les autres, par le temps (&quot;La mort de la jeunesse est irréversible&quot; dit-elle) ou par son propre mal-être.       <br />
              <br />
       La  suite des représentations au Théâtre du Rond-Point, ce sera : &quot;Love Me&quot; le mardi 24 septembre 2024 à 19 h 30 pour lequel Marina Otero sera seule sur scène. Puis &quot;Kill Me&quot; du 25 au 29 septembre, un magnifique opus que nous avions chroniqué en juin pour le Printemps des Comédiens.       <br />
       <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Apres-Fuck-me-et-Love-me--Kill-me-poursuit-spectaculairement-la-creation-infinie-de-Marina-Otero_a3942.html" target="_blank">&gt;&gt; Après &quot;Fuck me&quot; et &quot;Love me&quot;, &quot;Kill me&quot; poursuit spectaculairement la création infinie de Marina Otero</a>       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fuck Me"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59505718.jpg?v=1727279917" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      Écriture : Marina Otero.       <br />
       Dramaturgie et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Assistante chorégraphique : Lucía Giannoni.       <br />
       Avec : Augusto Chiappe, Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco, López Bubica, Matías Rebossio, Miguel Valdivieso, Marina Otero.       <br />
       Conception de l'espace et de l'éclairage : Adrián Grimozzi.       <br />
       Direction technique : David Seldes et Facundo David.       <br />
       Conception des costumes : Uriel Cistaro.       <br />
       Conception sonore et musique originale : Julián Rodríguez Rona.       <br />
       Conseil dramaturgie : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Assistante en design d'espaces et éclairage : Carolina Garcia Ugrin       <br />
       Artiste visuel : Lucio Bazzalo       <br />
       Montage technique audiovisuel : Florencia Labat.       <br />
       Stylisme des costumes : Chu Riperto.       <br />
       Photographie : Matías Kedak.       <br />
       Costumes : Adriana Baldani.       <br />
       Opération des surtitres : Myriam Henne-Adda.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
       À partir de 16 ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83037168-59508707.jpg?v=1727290396" alt="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" title="Premier des trois spectacles présentés au Rond-Point, "Fuck Me" de Marina Otero fait se lever un public chancelant pour une ovation méritée" />
     </div>
     <div>
      A été joué du 18 au 22 septembre 2024.       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 21 h, samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
              <br />
       <b>"Love Me"</b>       <br />
       A été joué le 24 septembre à 19 h 30.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Kill Me"</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 21 h, samedi à 20 h, diamnche à 17 h.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">>> theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée de "Kill Me"</b>       <br />
       3 et 4 octobre 2024 : HAU - Hebbel am Ufer, Berlin (Allemagne).       <br />
       19 et 20 octobre 2024 : Staatstheater Mainz, Mayence (Allemagne).       <br />
       31 octobre au 2 novembre 2024 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       5 novembre 2024 : L'Onde, Vélizy-Villacoublay (78).       <br />
       12 novembre 2024 : Teatr Polski, Bydgoszcz (Pologne).       <br />
       21 novembre 2024 : Temporada Alta, Girona (Espagne).       <br />
       19 au 23 mars 2025 : Teatro Lliure, Barcelona (Espagne).       <br />
       26 au 29 mars 2025 : Les Célestins, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…</title>
   <updated>2021-10-12T09:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2021-Entre-chuchotements-et-cris-Larsen-C-et-Fuck-me--deux-choregraphies-aux-effets-troublants_a3073.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/59488064-43704499.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-10-12T08:32:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entre la poésie plastique de "Larsen C" et la radicalité artistique de "Fuck me", un monde ; celui porté par les deux chorégraphes qui ont inspiré ces deux formes. Si le Grec Christos Papadopoulos explore la géographie du plateau par des mouvements glissés d'une lenteur envoûtante, l'Argentine Marina Otero convoque sa rage de vivre pour faire matière vivante d'une histoire - la sienne - placée sous le signe de l'irrévérence. En dérogeant l'un et l'autre à l'attendu, leur écriture singulière séduit et/ou bouleverse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704499.jpg?v=1634022023" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Larsen C"</strong></span> se présente comme une expérience à vivre, un temps suspendu entre ombres et lumières, immobilités et mouvements fluides. Rien de heurté dans la succession répétitive de ces figures chorégraphiées, échos de l'ostinato enivrant de petites notes de musique distillées avec économie. Une boucle sans début et sans fin, écho d'un anneau de Möbius, où d'infimes variations s'invitent comme par effraction dans un continuum hypnotique pour suggérer le flux de la vie pulsant au ralenti loin des agitations de notre monde hyper connecté.       <br />
              <br />
       Émergeant progressivement de l'obscurité silencieuse où ils se trouvaient plongés, les corps glissants de six danseurs vêtus de noir, trois hommes et trois femmes, habitent l'espace au gré d'une nécessité invisible. Tantôt chacun semble découvrir l'étrangeté de son corps, territoire énigmatique s'il en est, tantôt ils se regroupent pour faire chorus, offrant alors une vue d'ensemble tout aussi mystérieuse dans ses intentions.       <br />
              <br />
       Ainsi, pris dans les nappes visuelles et sonores qui le recouvrent, bercé par la douce étrangeté du flux et reflux des vagues successives, le spectateur se prend à lâcher prise. Il déserte les rives du réel où ses pieds l'ancrent pour devenir l'un des éléments du rêve qui se déploie face à lui. Comme si, délivré de sa propre pesanteur, il flottait dans un univers où tous les possibles s'offraient. Ainsi, du dernier tableau où la brume, envahissant le plateau et la salle en les réunissant dans un même espace, efface la partie supérieure des corps, les libérant de leur tête pensante. Expérience sensible, de nature chamanique, ouvrant à toutes les interprétations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704503.jpg?v=1634022071" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fuck me"</strong></span> à plus d'un titre - l'incipit initialise ce qui va suivre - s'inscrit dans ce qui fait œuvre pour la chorégraphe argentine : sa vie à part entière… ou, plus exactement ici, son existence mutilée par l'opération de son dos de danseuse brisé par les jetés répétitifs au sol, colonne vertébrale fragilisée qui l'empêche (en partie seulement) d'être sur le plateau.       <br />
              <br />
       Si la performeuse espagnole Angelica Liddell - que la chorégraphe argentine se plaît à citer dans son spectacle "Si seulement j'avais vingt ans de moins, l'amour…" - n'a de cesse de développer un "art cru" axé autour de ses révoltes intimes articulées aux violences d'un monde inique (cf. son poignant "Liebestod" - "Mort d'amour" - présenté au dernier Festival d'Avignon), sa cadette argentine n'a rien à lui envier.       <br />
              <br />
       En se livrant sans fard, dans la vérité crue de sa nature de femme libérée de toutes assignations de genre ou de classe, elle arpente "en tous sens" le chantier de sa mémoire pour nourrir artistiquement le projet de toute une vie, la sienne : "Recordar para vivir" - "Se rappeler pour vivre" -, une pièce sans fin autre que le point final de "la muerte", cet état irréversible. Une mémoire recomposée "de toutes pièces" tant il serait illusoire de vouloir prétendre dans ce domaine labile sceller un pacte avec la vérité qui, par nature, ne peut être "après coup" que reconstruction d'un récit diffracté par le temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704506.jpg?v=1634022101" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Et qu'importe si elle n'est plus en capacité de cogner son corps à la réalité qui, par essence, lui résiste… Cinq danseurs à la musculature superbe, choisis par elle et anonymisés sous le même prénom de Pedro, nus hormis les rangers qui leur permettront de frapper le sol, vont devenir sa doublure complice. Elle, micro en main, souvent assise sur une chaise en bordure d'avant-scène, mais aussi naviguant lentement parmi eux pour les toucher tendrement, ou &quot;prise&quot; dans des scènes chorégraphiées sans concession marquant la puissance du désir à l'état brut, devient la maîtresse d'une cérémonie mémorielle à haute valeur artistique.       <br />
              <br />
       Puisés dans les rushes d'une filmographie personnelle où défilent sur grand écran des scènes de son enfance dansante avec ses cousines, mais aussi l'image de sa grand-mère allongée morte, ou encore celle, très récente, de son corps perfusé sur un lit d'hôpital, les souvenirs arrachés au passé trouent la réalité du présent. Sur le plateau habité superbement par ses cinq danseurs, incarnations d'elle-même, sont rejouées les prouesses de son corps de performeuse sans limites. L'inscription &quot;Fuck me&quot;, écrite en lettres géantes en arrière-scène, résonnant comme le cri de celle qui n'en peut plus aujourd'hui de sentir son corps ne plus lui répondre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704509.jpg?v=1634022144" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Sa voix commente en direct le passé recomposé pour en extraire le suc… Ce prénom, Marina, qu'elle a hérité de son grand-père, agent de renseignements dans la Marine sous la dictature argentine, est porteur de lourds secrets enterrés avec lui dont elle pressent l'impact. Des tableaux présentent les cinq danseurs se recouvrant d'uniformes et de la fameuse casquette de la marine, comme si faire rejouer l'autre scène devant elle, lui permettait de &quot;déminer&quot; cette bombe enfouie. De même, au creux de sa féminité, l'histoire de la prostituée Andréa, un prénom d'emprunt, retrouvée assassinée, qui l'a hantée au point que son histoire à elle a abrité la sienne ; Marina-Andréa, les deux faces d'une même entité tourmentée.       <br />
              <br />
       Se succèdent des scènes où le désir brûlant de sexe (&quot;Fuck me&quot; réplique incandescente du &quot;Baise-moi&quot; de Virginie Despentes faisant la nique à des siècles de domination patriarcale) se traduit en actes bruts… même si la vérité tonitruante de son corps mis à mal ne peut qu'engendrer le sentiment d'une perte douloureuse. Ainsi, des séquences à rayer de la représentation où, sur scène ou hors scène, c'est elle qui &quot;baisait tous les mecs&quot;. N'importe, transformer la douleur en objet artistique a toujours été son viatique, et le restera. Ne pouvant plus danser, la mort de la jeunesse étant irréversible, il lui reste dorénavant à confier son unique objet de recherches - elle - à d'autres.       <br />
              <br />
       Si, dans son magistral &quot;Livre brisé&quot; (roman paru en 1989 en même temps qu'une autre chute, celle du Mur de Berlin), Serge Doubrovsky avait métamorphosé par le verbe la matière de son existence déchirée par les absolus de l'amour en inventant &quot;l'autofiction&quot;, dans son droit fil, Marina Otero fait de son &quot;corps brisé&quot; la matière vivante d'un récit recomposé à couper le souffle. On ne sort pas indemne d'un tel engagement où vie et art se confondent pour créer une épiphanie chorégraphique et humaine. Un très grand moment…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Larsen C"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704522.jpg?v=1634022324" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Conception chorégraphie Christos Papadopoulos.       <br />
       Avec : Maria Bregianni, Chara Kotsali, Georgios Kotsifakis, Sotiria Koutsopetrou, Alexandros Nouskas Varelas, Ioanna Paraskevopoulou, Adonis Vais.       <br />
       Musique et design sonore : Giorgos Poulios.       <br />
       Scénographie : Clio Boboti.       <br />
       Assistant scénographe : Filanthi Bougatsou.       <br />
       Lighting design : Eliza Alexandropoulou.       <br />
       Costumes : Angelos Mentis.       <br />
       Consultant en dramaturgie : Alexandros Mistriotis.       <br />
       Consultante en chorégraphie : Martha Pasakopoulou.       <br />
       Régie lumière en tournée : Stavros Kariotoglou.       <br />
       Régie technique en tournée : Michalis Sioutis.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704534.jpg?v=1634022385" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Vu à La Manufacture CDCN de Bordeaux, le samedi 2 octobre à 19 h 30, dans le cadre du FAB 2021, création 2021  (représentation unique).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 et 6 octobre 2021 : Pôle Sud, Strasbourg (67).       <br />
       22 octobre 2021: Festival One Dance Week, Plovdiv (Bulgarie).       <br />
       16 au 18 novembre 2021 : RomaEuropa Festival, Rome (Italie).       <br />
       21 novembre 2021 : I Teatri Fondazione Reggio Emilia, Reggio Nell Emilia (Italie).       <br />
       27 et 28 novembre 2021 : Festival de Otono, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 9 au 14 décembre : Théâtre de la Ville, Paris (75).       <br />
       19 janvier 2022 : Théâtres de la Ville, Luxembourg (Luxembourg).       <br />
       8 et 9 février 2022 : Halles de Schaerbeek, à Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fuck me"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704540.jpg?v=1634022507" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en espagnol surtitré en français.       <br />
       Dramaturgie et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Avec : Augusto Chiappe : Cristian Vega, Fred Raposo, Juan Francisco López, Bubica, Miguel Valdivieso, Matías Rebossio, Marina Otero.       <br />
       Création scénographique et lumière : Adrián Grimozzi.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Lucía Giannoni.       <br />
       Scénographique et lumière en tournée : David Seldes, Facundo David.       <br />
       Assistante à la scénographie et lumière : Carolina Garcia Ugrin.       <br />
       Création costumes : Uriel Cistaro.       <br />
       Création son et musique original : Julián Rodríguez Rona.       <br />
       Conseils dramaturgiques : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Art visuel : Lucio Bazzalo.       <br />
       Montage audiovisuel : Florencia Labat.       <br />
       Stylisme : Chu Riperto.       <br />
       Photographie : Matías Kedak.       <br />
       Costumes : Adriana Baldani.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59488064-43704541.jpg?v=1634022538" alt="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" title="FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants…" />
     </div>
     <div>
      Vu au TnBA, le mardi 5 octobre à 21 h, dans le cadre du FAB 2021, première française.       <br />
       Autres dates de représentation : mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 à 21 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 14 au 16 octobre 2021 : Festival Sens Interdits, Les Célestins, Lyon (69).       <br />
       Du 19 au 21 octobre 2021 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       24 octobre 2021 :  Cádiz - date non confirmée (Espagne).       <br />
              <br />
       <b>FAB – 6e Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 23 octobre 2021.</span>       <br />
       9 rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       Billetterie : 09 82 31 71 30.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@festivalbordeaux.com')" >contact@festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; fab.festivalbordeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2021-Entre-chuchotements-et-cris-Larsen-C-et-Fuck-me--deux-choregraphies-aux-effets-troublants_a3073.html" />
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