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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-17T05:00:40+02:00</updated>
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   <title>"Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie</title>
   <updated>2026-10-07T10:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Batards-Une-comedie-qui-mitraille-sans-pitie-mais-avec-une-bonne-d-humour-et-de-fantaisie_a4676.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-10-07T07:21:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comment faire pour prendre au sérieux son sujet sans se prendre soi-même au sérieux ? C’est ce que parvient à faire la Très Neuve Compagnie avec ce spectacle Bâtards dont le ton, les mots et le jeu des interprètes sont à la fois vrais, réalistes, contemporains, mais également distanciés, clownesques parfois, et souvent explosifs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98286084-68512321.jpg?v=1791300204" alt=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" title=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" />
     </div>
     <div>
      Cela commence comme un échec : la création d’un spectacle bouleversée par le divorce des deux principaux porteurs du projet, l’autrice/comédienne et son compagnon/comédien. Cette pièce, censée parler d’une rencontre amoureuse sur le chemin de Compostelle, va vite dériver vers une autre histoire, une histoire qui semble s’écrire en même temps qu’elle se joue devant nos yeux, l’histoire d’une rupture, mais surtout l’histoire d’un énorme, monstrueux, radical et libérateur cri de révolte.       <br />
              <br />
       Un hurlement viscéral traverse le texte de Louise Dupuis. Le besoin d’expulser à cru la rage et l’impuissance à changer le monde et, dans ce monde, changer principalement les hommes, la norme hétéro et le paternalisme, mais aussi et surtout changer l’adolescent attardé qui sommeille dans tous les mâles, un adolescent qui décide trop souvent à leur place. Discours féministe, oui, mais qui s’inscrit d’abord dans le désir d’évolution pendant toute une partie de la pièce. Bon, cela finit en quelque chose de beaucoup plus radical que je ne dévoilerai pas ici sinon pour dire qu’il s’agit d’un espoir dans le féminisme, d’un rêve idéal bien sûr, mais toute révolution ne commence-t-elle pas par des rêves ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98286084-68512322.jpg?v=1791300221" alt=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" title=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" />
     </div>
     <div>
      Toute la pièce est un parcours de funambule pour les cinq interprètes qui nous emportent depuis la salle du Théâtre Lepic, jusqu’à Marseille dans un foyer de jeunes travailleurs, en passant par le chemin de Compostelle, y croiser un ours, pour finir dans un avenir possible, possiblement radieux, possiblement vivable. Car Bâtards joue en permanence sur les deux plans : le réel et la fiction (en particulier les rôles de Louise, joué par Louise Dupuis et le rôle de Julien, joué par Julien Storini : le choix des prénoms n’est pas un hasard). Une dynamique qui provoque tantôt le rire, tantôt l’émotion.       <br />
              <br />
       L’autrice, Louise Dupuis, a puisé dans sa vie intime, ses désirs intimes et ses rêves intimes pour écrire ce texte plein de rebondissements. Elle manie avec virtuosité l’autodérision ainsi que les pointes acides qui donnent du piquant à la pièce. De cet ingrédient, les garçons (Julien Storini et Thomas Gourdy) sont bien servis. Le côté immature, vivement mis en lumière ici, leur offre, comme dans la vie, un crédit de sympathie, mais aussi un côté pathétique qui ne leur donne pas le beau rôle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98286084-68512349.jpg?v=1791300303" alt=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" title=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" />
     </div>
     <div>
      Les femmes échappent aux piques. Lucile Oza dans le rôle d’une résidente du foyer de travailleurs à Marseille donne à son personnage, grâce à sa très belle présence, une lumière douce et vraie. Lise Lomi incarne l’avenir imaginaire de l’humanité : la première femme au monde, née d’une femme et d’une femme. La première-née d’un amour, en fait. Elle clôt avec fougue et dérision le spectacle dans un monologue radical qui éclate comme un immense rire cruel et sans pitié pour le paternalisme. Au centre de cet univers tourmenté, Louise Dupuis est son propre double, son propre reflet, son avatar ironique, un peu clown blanc. Une belle partition qu’elle joue avec une réelle justesse.       <br />
              <br />
       Toute la pièce est rythmée par le jeu et le second degré. On y respire un air de liberté de mots, d’imaginaire et d’insolence qui fait du bien. Une liberté qui ose frôler le trash tout en distillant du rire et qui se permet même, par instant, d’ouvrir une parenthèse où flotte un ballon en forme de licorne, comme le souvenir de l’enfance perdue.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bâtards"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98286084-68512356.jpg?v=1791300329" alt=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" title=""Bâtards" Une comédie qui mitraille sans pitié, mais avec une bonne d’humour et de fantaisie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Louise Dupuis.       <br />
       Mise en scène : Louise Dupuis.       <br />
       Avec : Louise Dupuis, Thomas Gourdy, Lucile Oza, Lise Lomi et Julien Storini.       <br />
       Dramaturgie : Maxime Lévèque.       <br />
       Collaboration artistique : Louise Roch.       <br />
       Création lumières : Victor Inisan.       <br />
       Création sonore : Julien Storini.       <br />
       Scénographie : Louise Dupuis.       <br />
       Collaboration artistique : Ferdinand Barbet.       <br />
       Une production La Très Neuve Compagnie.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 septembre 2026 au 3 janvier 2027.</span>       <br />
       Dimanche à 19 h.       <br />
       Théâtre Lepic, 1, avenue Junot, Paris 18ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 54 15 12.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-lepic.mapado.com/event/778417-batards" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatrelepic.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelepic.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-09-09T12:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4652.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-09-09T12:34:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208536.jpg?v=1788950780" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208537.jpg?v=1788950816" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208538.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97970838-68208539.jpg?v=1788950846" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Alain Cerrer, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru.       <br />
       Scénographie : François Cabanat.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 septembre au 24 octobre 2026.</span>       <br />
       Mardi à 20 h, mercredi à 17 h, jeudi à 19 h, vendredi à 20 h 30, samedi à 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.       <br />
       Relâches exceptionnelles : 1ᵉʳ, 2, 3, 6, 14, 15 et 16 octobre 2026.       <br />
       Horaire exceptionnel le samedi 24 octobre à 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 bis, rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">>> artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée</title>
   <updated>2026-07-14T12:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-La-Parabole-du-Seum-Remake-de-La-grande-bouffe--version-queer-feministe-eclairee_a4619.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97340819-67801326.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-14T11:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si dans "La grande bouffe" en 1973, Marco Ferreri, "cinéaste primé du mauvais goût", avait poussé à son paroxysme la décadence de bourgeois, mâles blancs et nantis, transformant les femmes en objets de jouissance et s'empiffrant de nourriture jusqu'à en mourir, la metteuse en scène et performeuse de "Carte noire nommée désir" (2023), Rébecca Chaillon, s'en prend, elle aussi, à la folie contemporaine… mais pour magnifier la nécessaire résistance des exclus. Invité dans la cour du Cloître des Célestins, un bataillon représentatif des stigmatisés (racisés, croyants non orthodoxes, queers, trans, gros, malades, etc.) va faire communauté pour mettre à mal le monde réactionnaire, porte d'entrée du fascisme annoncé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801326.jpg?v=1784022929" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Le lieu choisi n'est en rien anodin, il porte en ses murs – ouverts sur la voûte céleste – un sens religieux dont Rébecca Chaillon va s'emparer… pour <span style="font-style:italic">&quot;remuer ciel et terre&quot;</span> afin d'organiser la riposte. Accueillis par une hôtesse débonnaire, animant l'entrée des gradins par des slogans publicitaires à la gloire du &quot;Super Mammouth&quot;, le temple de la consommation qui l'emploie, les spectateurs sont mis à la place de clients convoités pour leur capacité d'achats. Consommateurs chouchoutés, ils ont même droit à participer (sic) à une grande loterie dotée de prix alléchants : 10 % de leur poids en produits Mammouth, <span style="font-style:italic">&quot;Ce soir c'est Mammouth qui remplit ton assiette…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et l'imposante animatrice, mutine, d'ajouter : <span style="font-style:italic">&quot;Maintenant qu'on a bien rigolé, j'appelle mes camarades&quot;.</span> Changement de ton radical effectivement lorsque deux queers faits féministes à la carrure d'athlète déboulent dans les travées pour, d'un doigt ferme pointé sur les spectateurs, s'écrier en les désignant un à un : <span style="font-style:italic">&quot;Mince ! Blanc ! Vieux blanc ! Bourgeois ! ou encore : Gros (ticket gagnant) ! Arabe ! Emigré ! Noir !&quot;.</span> La discrimination au faciès, donnée sociétale en vigueur, ne pouvait être mieux actée…       <br />
              <br />
       Bascule dans la fable… Comme un contrepoison à la société de surconsommation, qui n'en est pas à une contradiction près en stigmatisant les gros <span style="font-style:italic">&quot;dégoulinant de gras et de beurre&quot;</span>, les actrices et acteurs aux formes généreuses, vont imaginer une rébellion rappelant celle mise en jeu naguère par un certain &quot;théâtre brut&quot; italien. Occuper collectivement les rayons du Mammouth pour s'empiffrer jusqu'à vomir de magrets graisseux à souhait, de chapelets de saucisses iconoclastes, de beurre saturé de matière &quot;grâce&quot; et autres aliments bien chargés en calories. Pour expier leurs péchés de consommation insatiable de gras, encapuchonnés dans une robe de bure, elles et ils graviront ad vitam æternam, pour mieux la dégringoler l'instant d'après, la pente d'un Golgotha reconstitué pour l'occasion dans un coin du plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801338.jpg?v=1784022979" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      &quot;La parabole du Seum&quot;, ce récit allégorique destiné à conjurer le venin des discriminations multiples et (a)variées, prendra alors la forme de la &quot;parabole du gros remplacement&quot;, comme, avec un humour décapant, elle est renommée sur scène… Réactiver le 93, la Seine-Saint-Denis où Rébecca Chaillon a grandi – Aubervilliers, Clichy-sous-bois, Les Lilas, Romainville, Tremblay-en-France, autant de lieux marqués par l'exclusion – apparaît un viatique pour celle qui entend, dans une forme théâtrale investie, diffuser via des &quot;paraboles&quot; les horreurs d'un monde glissant tout droit vers la dictature d'un modèle unique.       <br />
              <br />
       Alors, les participants, dans une révolte jubilatoire, s'en donneront à ventre joie en s'empiffrant de kebabs, gâteaux avalés à pleine poignée, et autres substituts alimentaires, se vautrant dans une orgie de bouffe, allégée ou non, jusqu'à en vomir.       <br />
              <br />
       Alternant le ton de la dérision libératrice et celui plus grave de l'urgence – <span style="font-style:italic">&quot;Faut-il attendre la catastrophe pour détruire le magasin ?&quot;</span> – des tableaux réalistes rendront compte du calvaire quotidien imposé aux grosses et gros… Pas d'ascenseur dans les logements sociaux vétustes et la lave noircie brûlante entre les cuisses échauffées… entrainant comédiennes et comédiens à se mettre à nu, exposant fièrement leur corpulence… et suscitant la sortie immédiate de quelques spectateurs sensibles, ne pouvant – visiblement – supporter l'audace d'une vérité &quot;crue&quot;, vérité prise en l'occurrence en pleine figure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801339.jpg?v=1784023011" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Les corps colonisés par leurs propres cellules gangrénées par les PFAS éternels, les canicules à répétition, les cohortes de gens tombant comme des mouches… et trouver ça normal, distraits que nous sommes par l'effervescence créée par La Coupe du Monde de foot ou encore par La Grande Boucle, pourraient donner l'envie de fuir dans un ailleurs à l'écart… Si récupérer des récits anciens éclaire les désastres de L'Histoire en marche, loin de toute résignation passive, le combat s'impose…       <br />
              <br />
       … y compris avec les armes du théâtre et de la communauté de spectateurs présents invités à signer en direct (QR code affiché à l'écran) la pétition nationale lancée sur les réseaux pour obtenir les 1 % pour la Culture, variable d'ajustement des politiques d'austérité néo-libérales, dont le taux vient d'être scandaleusement réduit à 0,7 %. La metteuse en scène fait alors son apparition sur le plateau pour préciser que, si le quota de signatures venait à ne pas être atteint ce soir, le spectacle s'arrêterait sur le champ... Portables en main, le QR code scanné, l'adhésion à la proposition sera massive et dans la foulée la date de la Manif du lundi 13 juillet, 18 h, sera annoncée signant un théâtre impliqué politiquement, un théâtre rappelant celui porté par les avant-gardistes des années soixante-dix-quatre-vingt où la vie infiltrait l'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801340.jpg?v=1784023027" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Quant à la chute, elle prendra la forme d'un somptueux oratorio (burlesque), à la gloire des Mammouth et consorts, conclu par un serment d'anthologie. La représentation se prolongera, dans L'Église des Célestins jouxtant le Cloître, par une performance de Rébecca Chaillon accompagnée d'une chanteuse guitariste compagnonne de route. Une opportunité offerte là à la Chevalière des Arts et Lettres, nue sous un tablier lamé découvrant ses arrières, de &quot;recoudre&quot; patiemment deux morceaux de la carcasse d'un agneau, avant de lui adjoindre sa tête extraite elle aussi du frigo de l'Histoire. Echo subliminal du rite de l'Agnus Dei où, Jésus-Christ dans le rôle de victime sacrificielle, est l'objet de célébrations afin de &quot;recoudre&quot; l'Humanité dépecée par le péché.       <br />
              <br />
       Ce que Rébecca Chaillon célèbre, de spectacle en spectacle, avec la même frénésie et sans concession possible, c'est la lutte pour la liberté de chacune et chacun – en dehors de tous facteurs discriminatoires liés aux couleurs de peau, aux morphologies, aux genres électifs, aux croyances religieuses – à être soi, tout simplement soi, en recousant les morceaux épars d'un tissu social fractionné en catégories hiérarchisées… Sa formidable troupe de comédiennes et comédiens à l'unisson en est à nouveau ce soir, sous le ciel d'Avignon, l'incarnation ô combien vivante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 11 juillet 2026 au Cloître des Célestins, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Parabole du Seum"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801341.jpg?v=1784023073" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      France. Création 2026.       <br />
       En français, surtitré en anglais.       <br />
       Conception et texte : Rébecca Chaillon.       <br />
       Avec la participation de : Alexia Alexi, Yanis Boulahia, Solenne Capmas, Céline Champinot, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Living Smile Vidya, Nabila Mekkid, Élisa Monteil, Suzanne Péchenart, Chloé Roger, Camille Riquier, Julie Teuf.       <br />
       Mise en scène : Rébecca Chaillon, Céline Champinot.       <br />
       Stagiaire assistante à la mise en scène : Marie Delpit.       <br />
       Avec : Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya.       <br />
       Scénographie : Camille Riquier.       <br />
       Son et régie son : Élisa Monteil.       <br />
       Lumière : Alexia Alexi, Chloé Roger.       <br />
       Costumes : Solenne Capmas.       <br />
       Régie générale de création et plateau : Suzanne Péchenart.       <br />
       Création et régie vidéo : Élisa Bernard, Boris Carré, Tao Klos et Pauline Millet (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Chloé Roger.       <br />
       Régie son : Élisa Monteil.       <br />
       Surtitrage : Lisa Wegener.       <br />
       Traduction anglaise pour le surtitrage : Amelia Parenteau.       <br />
       Accompagnement technique : Nicolas Ahssaine.       <br />
       Durée : 2 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97340819-67801342.jpg?v=1784023091" alt="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" title="•In 2026• "La Parabole du Seum" Remake de "La grande bouffe", version queer féministe éclairée" />
     </div>
     <div>
      Ce spectacle contient des scènes à caractère sexuel et des récits de violences grossophobes, queerphobes, racistes, islamophobes, transphobes, sexistes et sexuelles.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 et du 8 au 12 juillet 2026.</span>       <br />
       A été représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Célestins, Place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 16 au 19 juillet 2026 : Nuits de Fourvière, Lyon (69).       <br />
       Du 26 novembre au 12 décembre 2027 : Théâtre Public de Montreuil dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, Montreuil (93).       <br />
       Du 14 au 17 avril 2027 : La Criée - Théâtre national de Marseille, Marseille (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-La-Parabole-du-Seum-Remake-de-La-grande-bouffe--version-queer-feministe-eclairee_a4619.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-05-25T09:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n_a4567.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96706653-67408233.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-25T09:20:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408233.jpg?v=1779693641" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408234.jpg?v=1779693942" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408235.jpg?v=1772610380" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408236.jpg?v=1772610406" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h 15. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Chêne Noir, Salle Léo Ferré, 8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 86 58 11.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-LE_CHENE_NOIR-33539-0.wb?REFID=GjE9AAAAAAAAAAAACwA" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chenenoir.fr/" target="_blank">>> chenenoir.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n_a4567.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…</title>
   <updated>2026-03-06T12:53:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Niquer-la-fatalite-Dialogue-avec-Gisele-Halimi-Comme-un-parcours-initiatique-pour-devenir-femme_a4496.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95130228-66620378.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-07T07:31:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Création multidisciplinaire, sujette à une indéniable identification à la sphère féminine et, ici, en plus, à l'idéal féministe associant une figure emblématique, au sens référentiel et constructif du terme, que peut être Gisèle Halimi et une musicienne, comédienne, chanteuse, puissante et exigeante, aux convictions affirmées, qu'est Estelle Meyer. Pour cette dernière, Gisèle est une compagnonne de lutte, une marraine rêvée, indispensable au cœur de la sororité des combattantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620376.jpg?v=1694863989" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      Commence un petit monologue sur l'autre, le contact, la relation, la fragilité, la naissance, la mise au monde… Trinquer à la vie, niquer la fatalité. Puis Estelle Meyer nous emmènera dans l'histoire de l'avocate franco-tunisienne, dans un premier temps de l'enfance à l'adolescence (notamment sont narrées la grève de la faim de Gisèle pour se libérer du patriarcat familial ou la &quot;première fois&quot; racontée sans tabou, ni vulgarité). Puis, dans le chemin suivi à l'âge adulte. Estelle agrémente le récit de ses chansons (créées pour le spectacle) et d'un judicieux basculement entre l'incarnation de l'avocate féministe et les expressions tout autant empreintes de féminisme de l'artiste.       <br />
              <br />
       Moment charnière dans le spectacle, la séquence du procès d'Aix-en-Provence en 1978 où Gisèle Halimi défend deux femmes homosexuelles violées dans les Calanques à Marseille. Débats autour du mot consentement. Ce sont les femmes qui doivent se défendre pour dire qu'elles n'ont pas consenti, qui doivent faire reconnaître leur droit à dire non. Y a-t-il consentement quand la violence initiale a été reconnue ?
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620377.jpg?v=1694864013" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      Ce procès &quot;retentissant à l'époque&quot;, qui sera &quot;LE&quot; procès du viol, mais aussi celui du début de la lente déconstruction du tabou de l'homosexualité (malheureusement non finalisée), contribuera à faire reconnaître par la loi le viol comme un crime passible des assises. Deux ans après, la loi du 23 décembre 1980 pénalise pour la première fois le crime de viol et le redéfinit au-delà de la seule relation vaginale imposée. C'est désormais &quot;l'acte de pénétration&quot; qui le caractérise.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'enjeu est très important,</span> expliquait alors l'infatigable combattante pour la cause des femmes, <span style="font-style:italic">ce n'est pas un procès de viol l'enjeu, ce n'est pas une condamnation ou un acquittement, l'enjeu, c'est changer les rapports fondamentalement entre les hommes et les femmes&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Estelle Meyer a indéniablement le sens de la scène, jouant de multiples postures et figures chorégraphiques – remarquablement &quot;scénographiées&quot; – avec, à la fois, une grande précision et une indépendance espiègle. Ses mouvements, ses déplacements, ses pas de danse sont souples, fluides, sensuels et félins. Artiste aux multiples talents, sa voix, riche d'énergie et de tonalités dynamiques, s'amuse avec facilité et avec une grande maîtrise tant des chansons qu'elle a composées que des monologues ou harangues féministes qu'elle projette avec enthousiasme et une certaine &quot;joie&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Niquer la fatalité&quot; est une incarnation délurée, enthousiaste, énergique, vraiment rock'n'roll de la cause des femmes, passée et à venir, par une artiste exceptionnelle, capable de tout, abordant tous les sujets la touchant, du sexe à la philosophie en passant par une forme d'incandescente spiritualité. Un parti pris libre, indépendant, hors normes et hors des cadres habituels du théâtre, pour trouver une nouvelle liberté, féminine, sans contrainte, pour exprimer la conviction profonde d'une artiste et femme jusqu'au bout des tréfonds de l'âme et des sensibilités du corps.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Entendez-vous le chant des femmes/entendez-vous gronder nos âmes/sortir nos cœurs, nos chants, nos armes/jaillissent nos sœurs emplies de flammes/nous sommes debout, nous sommes les femmes/nous ne voulons plus de ce monde infâme/il faut que sonne la fin du drame/que s'aiment enfin les hommes et les femmes…&quot;</span>
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     <div><b>"Niquer la fatalité, chemin(s) en forme de femmes"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620378.jpg?v=1694864039" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      Conception, texte et jeu : Estelle Meyer.       <br />
       Mise en scène et dramaturgie : Margaux Eskenazi.       <br />
       Composition musicale : Estelle Meyer, Grégoire Letouvet, Pierre Demange.       <br />
       Arrangements musicaux : Grégoire Letouvet et Pierre Demange.       <br />
       Création lumière : Pauline Guyonnet.       <br />
       Création costumes : Colombe Lauriot Prévost.       <br />
       Scénographie : James Brandilly.       <br />
       Chorégraphie : Sonia Al Khadir.       <br />
       Piano, clavier : Grégoire Letouvet en alternance avec Thibault Gomez.       <br />
       Batterie, percussions : Pierre Demange en alternance avec Maxime Mary.       <br />
       Régie son et direction technique : Thibaut Lescure en alternance avec       <br />
       Guillaume Duguet.       <br />
       Régie lumière : Pauline Guyonnet en alternance avec Fanny Jarlot.       <br />
       Collaboration, accompagnement et développement : Carole Chichin.       <br />
       Création Printemps 2023.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
       Production : Phénomènes.       <br />
       Coproduction : La Familia.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95130228-66620379.jpg?v=1694864365" alt=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" title=""Niquer la fatalité" Dialogue avec Gisèle Halimi… Comme un parcours initiatique pour devenir femme…" />
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      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 mars 2026 :</span> Sud-Est Théâtre, Villeneuve-Saint-Georges (94).       <br />
       <span class="fluo_jaune">10 mars 2026 :</span> Le Moulin du Roc - Scène nationale, Niort (79).       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 et 13 mars 2026 :</span> La Blaiserie, Poitiers (86).       <br />
       <span class="fluo_jaune">20 mars 2026 :</span> L’espace culturel Odyssée/L’Autre Rive, Eybens (38).       <br />
       Du 2 au 11 avril 2026 : Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e.       <br />
       23 juillet 2026 : L’Astrolabe Grand-Figeac, Figeac (46).
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