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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>Sébastien Guèze, ténor de haut niveau</title>
   <pubDate>Mon, 20 Feb 2017 08:09:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Alors qu'il s'apprête à confirmer la réussite de sa nouvelle prise de rôle avec un Werther charismatique et bouleversant à l'Opéra de Massy, après Metz et avant Reims, le jeune ténor Sébastien Guèze a bien voulu répondre à nos questions.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11215973-18644909.jpg?v=1487575728" alt="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" title="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" />
     </div>
     <div>
      Le ténor ardéchois - comme il aime à le rappeler lui-même - est un chanteur au charisme et au charme vocal évidents, que de nombreuses scènes internationales s'arrachent. Il semblerait bien que l'année 2017 lui permette d'accéder enfin à la vraie reconnaissance qu'il mérite en France. Sa prise de rôle du fameux héros romantique de Massenet dans la production de Paul-Émile Fourny à Metz, retransmise il y a peu sur la chaîne Culturebox <span style="font-style:italic">(1)</span>, pourrait bien constituer une étape importante dans sa belle carrière en lui offrant une place sur le podium des plus grands Werther.       <br />
              <br />
       Avec son timbre éclatant, sa fougue, ses fêlures exquises et son incarnation fiévreuse, son Werther a d'ores et déjà marqué les esprits. Un excellent Werther français ? Voilà un événement très attendu. Et pour qui suit l'ascension du chanteur, dont le cœur de répertoire (français et italien) se situe entre romantisme et vérisme, l'ajouter à ses rôles-phares (Faust, Rodolfo, Roméo, Pinkerton, Nemorino et autres Duca, Alfredo, Hoffmann ou Des Grieux) relevait de l'évidence. C'est avec son habituelle et généreuse simplicité que celui qui se conçoit en ténor (et donc en vrai sportif de haut niveau) a répondu à nos questions.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Qu'est-ce qu'un ténor ardéchois ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> (rires) C'est un ténor qui n'a rien de spécial mais l'expression en signale les origines. J'ai grandi en Ardèche ; au lieu de dire &quot;ténor français&quot;, je précise l'AOC ! L'Ardèche est le territoire de l'enfance qui a nourri mon imaginaire. Dans mes interprétations, j'essaie d'avoir une identité propre, d'avoir une forme de sincérité dans mon travail - qu'on aime ou pas d'ailleurs - grâce à cet imaginaire. Les longues promenades d'autrefois, dans les rochers des montagnes, dans les forêts où on se crée des histoires, me permettent aujourd'hui de m'évader facilement sur scène en incarnant mes personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11215973-18644917.jpg?v=1487575758" alt="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" title="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous avez une riche carrière internationale et on commence à vous entendre davantage au nord de la Loire. Pourquoi le succès est-il d'abord venu de l'étranger, l'Allemagne, le Mexique par exemple ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> Je chante beaucoup en Europe, régulièrement aux États-Unis, parfois en Russie, au Brésil et en Asie. C'est vrai que j'ai d'abord chanté dans le sud de la France, peut-être parce que j'ai fait mes études à Nîmes et à Montpellier. Les opéras de Marseille, Toulon et Avignon m'ont donné ma chance.       <br />
              <br />
       Plus largement, j'ai l'impression qu'en France comme à l'étranger une distribution internationale semble plus attractive sur le papier. Le charme français opère très bien ailleurs aussi, et j'en bénéficie. Il faut trouver un juste équilibre et cela se justifie pour les premiers rôles afin de donner un panorama du monde lyrique au public. Les seconds rôles permettent plutôt de donner une chance à nos voix. Ce qui compte, selon moi, c'est ce qu'un artiste va dégager sur scène, non son CV ou sa nationalité ; qu'il soit à l'écoute de ses collègues sur scène pour obtenir la meilleure alchimie et puis brûler les planches pour saisir le public.       <br />
              <br />
       <b>Êtes-vous content de votre saison ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> J'ai eu de très beaux rôles. J'ai chanté dans &quot;Les Contes d'Hoffmann&quot; au Grand Théâtre d'Essen (une très belle salle avec une des meilleures acoustiques au monde). Hoffmann, pour un ténor, demeure une aventure colossale ! J'ai aussi beaucoup apprécié de reprendre mon Rodolfo au Grand Théâtre de Genève, peut-être ma dixième production dans ce rôle ! Je ne me lasse pas d'improviser et de me réinventer dans ce rôle.       <br />
              <br />
       En ce moment, c'est ma prise de rôle de Werther, qui suscite à ma grande surprise de nombreuses réactions et, m'a-t-on dit, un bel engouement du public (j'en suis ravi !), avant de retourner aux USA pour Cyrano - à l'Opéra de Détroit. J'alterne prises de rôle et mes rôles de signature : que demander de plus ? Je me sens très épanoui dans ma carrière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11215973-18644922.jpg?v=1487575787" alt="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" title="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" />
     </div>
     <div>
      <b>Werther, un rôle souvent décrit comme périlleux. Vous confirmez ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> Oui, mais connaissez-vous des rôles non périlleux ? (rires). Werther est en effet un rôle délicat. Je ne vous cache pas que j'avais d'énormes appréhensions avant la première. Tout rôle nécessite une maturité pour atteindre la plénitude. J'ai d'ailleurs déjà hâte de le reprendre à Massy car j'ai beaucoup de nouvelles idées. Une première c'est beaucoup de joie et de frustration en même temps, un peu comme pour un grand match de football ou une finale sportive. On vibre, on a envie de rejouer certaines actions !       <br />
              <br />
       On est évidemment loin des conditions d'enregistrement d'un disque où on peut faire trente reprises pour obtenir l'aigu parfait. C'est autre chose. Le public vient pour voir nos propositions d'interprète et pour se laisser emmener et frémir en notre compagnie.       <br />
              <br />
       Savoir mon premier &quot;Werther&quot; capté et retransmis en direct sur internet <span style="font-style:italic">(2)</span> a décuplé mon stress, mais il y a aussi ce charme de partager un moment avec le public aux quatre coins du monde le temps d'un opéra. C'est la beauté de l'art – comme du sport - de faire vibrer les cœurs et d'émanciper les âmes.       <br />
              <br />
       <b>Quelle est votre vision du personnage ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> La partition aide beaucoup, tout est indiqué. Massenet note tout, jusqu'aux plus infimes nuances. Pour la dramaturgie le metteur en scène Paul-Émile Fourny a créé un cadre élégant et original tout en me laissant très libre pour garder spontanéité et fraîcheur chaque soir. Du coup, j'ai du mal à en parler, comme si un autre s'était entièrement donné sur scène. Quand le rideau tombe, je reprends de la distance avec le personnage. Au lever de rideau, je me dis au contraire que je dois me laisser porter pendant deux heures par lui, par la musique et par l'histoire.        <br />
              <br />
       Sans aucun jugement, car Werther est un personnage mélancolique - ce qui est très éloigné de mon caractère. Mais durant le spectacle j'accepte totalement de me glisser dans ses habits, dans sa fièvre et sa passion. Je ne le juge pas. Je le laisse piloter. En regardant des extraits de la captation de l‘opéra, j'ai eu du mal à revoir certaines scènes tragiques. Je me souviens naturellement que je suis allé très loin dans certaines phrases mais je suis très troublé, je me vois sans me reconnaître. Il est de toute façon difficile de transmettre une émotion si on ne la ressent pas, parfois on se brûle un peu. Mais se laisser habiter profondément par Werther est inévitable… peut-être pas jusqu'au suicide quand même… (rires). Il faut trouver la limite, jouer entre abandon et sécurité. La clé est de prendre des risques contrôlés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11215973-18644928.jpg?v=1487575819" alt="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" title="Sébastien Guèze, ténor de haut niveau" />
     </div>
     <div>
      <b>Quelle a été la nature de votre travail avec le chef ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> J'ai trouvé des couleurs dans la continuité de ce que proposait l'orchestre. David (T. Heusel, Ndlr) est quelqu'un de très calme et attentif. Je suis venu avec ma vision du personnage et nous avons été d'accord très vite. Je sentais que cette musique permettait d'aller très loin dans les nuances - comme rarement on le peut à l'opéra. Massenet a parfois indiqué des doubles ou triples pianos : il faut susurrer certains mots, qui ne sont audibles que dans un théâtre absolument silencieux. Avec David, nous avions à cœur de respecter cela. Le contraste avec le déchaînement orchestral n'en est que plus saisissant.       <br />
              <br />
       <b>Comment gérez-vous la pression dans ces grands rendez-vous que sont les premières, a fortiori quand il s'agit de prises de rôles ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sébastien Guèze -</b> J'échange beaucoup depuis plusieurs années avec Thomas Sammut <span style="font-style:italic">(3)</span>, qui prépare nos champions olympiques de natation et qui est devenu un ami. Un chanteur d'opéra vit une expérience très similaire de celle des sportifs de haut niveau. Nous sommes soumis à de grandes pressions, à de vrais enjeux et confrontés à notre solitude lors de grands rendez-vous, où le public a d'énormes attentes et où on vous attend au tournant. D'autant plus que la voix de ténor (comme celle de soprano) suscite beaucoup de passion et de controverses - beaucoup plus que les autres voix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Après ce n'est que de l'opéra mais cela m'a tout de même permis d'affiner ma réflexion d'artiste : pourquoi monter sur scène ? Pourquoi courir après la médaille d'or, la perfection ? Le fait-on pour soi, pour les autres ? Pourquoi vouloir transcender l'instant présent ? Voilà des problématiques passionnantes que nous affrontons également, sportifs et artistes.       <br />
              <br />
       Autrefois, j'avais en tête (surtout pour les prises de rôles) toutes les références écrasantes de ceux qui m'avaient précédé, et l'envie de bien faire. C'était contre-productif, d'autant plus que nous avons en tête des performances qui représentent l'aboutissement d'une carrière entière, sur scène ou au disque - rarement leurs débuts. Je me suis donc peu à peu déculpabilisé, puis détaché de cela en réalisant que rentrer dans des cadres attendus, lisser mes intentions pour plaire au plus grand nombre était sans intérêt ! En n'étant plus moi-même, je courais le risque de perdre ma vérité artistique.       <br />
              <br />
       L'important pour moi, aujourd'hui, c'est d'être intègre et d'exprimer mon art comme je l'entends, pour être heureux dans ce que je fais, et continuer à grandir en tant qu'artiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) &quot;Werther&quot; de Jules Massenet, dans cette production de Paul-Émile Fourny, sera diffusé sur France 3 dans quelques mois.       <br />
       (2) La retransmission de la première à l'Opéra de Metz est disponible plusieurs mois sur la chaîne Culturebox.       <br />
       (3) Thomas Sammut est préparateur mental et coach sportif, en particulier pour le Cercle des Nageurs de Marseille et de l’Équipe de France de natation.</span>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Werther&quot; en tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">24 et 26 février 2017</span> à l'Opéra de Massy (91).       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-massy.com/" target="_blank">&gt;&gt; opera-massy.com</a>       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 et 21 mars 2017</span> à l'Opéra de Reims (51).       <br />
       <a class="link" href="http://www.operadereims.com" target="_blank">&gt;&gt; ooperadereims.com</a>       <br />
       Plus d'informations :        <br />
       <a class="link" href="http://www.sebastiengueze.com/" target="_blank">&gt;&gt; sebastiengueze.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Sebastien-Gueze-tenor-de-haut-niveau_a1747.html</link>
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   <title>Le retour de "Werther" à Bastille</title>
   <pubDate>Sat, 30 Jan 2016 13:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis le 20 janvier et jusqu'au 4 février, l'Opéra de Paris présente la célèbre production de Benoît Jacquot du chef-d'œuvre de Massenet avec une nouvelle distribution sous la baguette d'un brillant jeune chef italien Giacomo Sagripanti, remplaçant au pied levé Michel Plasson souffrant. Nous avons pu recueillir les impressions d'un chef d'orchestre heureux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053458.jpg?v=1454159615" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Retour de la production de &quot;Werther&quot; du cinéaste Benoît Jacquot dont la création en 2010 - sous la baguette de Michel Plasson avec le ténor Jonas Kaufmann et la mezzo Sophie Koch - a marqué souverainement les mémoires. Après une reprise avec Roberto Alagna (que nous n'avons pas vue), ce troisième opus allait-il nous décevoir ? En 2016, si le plateau nous laisse quelque peu sur notre faim (malgré une distribution de haut vol), la fosse déchaîne notre enthousiasme grâce à la direction de Giacomo Sagripanti en parfaite intelligence avec l'orchestre de l'Opéra de Paris.       <br />
              <br />
       C'est que cette reprise semble sage, trop sage sur scène. L'ensemble de la distribution est de premier plan, telle la Sophie lumineuse d'Elena Tsallagova, le noble Albert de Stéphane Degout et le Bailli amusant de Paul Gay. Le ténor Piotr Beczala est un Werther impeccable comme la Charlotte d'Elina Garanca. Beczala fait penser à ses glorieux aînés tels Nicolai Gedda ou Alfredo Kraus - pour le pire et le meilleur. Car nous ne sommes plus en 1970 et le public s'est habitué à admirer un jeu incandescent (celui de J. Kaufmann justement). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053575.jpg?v=1454160092" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Quoique la voix du ténor polonais soit séduisante avec son timbre très lumineux, le jeu quant à lui est conventionnel avec son catalogue de postures attendues (pour la joie, la tristesse, le désespoir). Bref, l'affectation domine quand le plateau devrait s'embraser des feux d'un romantisme ardent et noir. Même la mise en scène de Benoît Jacquot inspirée de peintres comme Tischbein ou Hackert, qu'on avait pourtant appréciée il y a six ans, paraît vieillotte.       <br />
              <br />
       Heureusement, la fosse d'orchestre nous régale de ce romantisme ardent et de ces ténèbres de l'âme qui nous manquent tant sur scène. Dès le prologue, le Massenet que nous propose Giacomo Sagripanti vise droit au cœur et ne lâchera plus son emprise jusqu'à la dernière note. Avec la direction racée du chef italien pour un orchestre coloriste, poète et particulièrement dramatique, ce &quot;Werther&quot; nous emmène loin et haut. Une performance rare. Nous voulions donc nous entretenir avec Giacomo Sagripanti qui s'apprête par ailleurs à diriger aussi &quot;Le Barbier de Séville&quot; à Bastille - une direction programmée depuis longtemps celle-là.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053595.jpg?v=1454160718" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Christine Ducq - Quand vous a-t-on contacté pour remplacer Michel Plasson dans ce &quot;Werther&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> L'Opéra de Paris m'a contacté deux jours avant les répétitions prévues avec l'orchestre le 8 janvier, dans l'après-midi du six - si mes souvenirs sont bons.        <br />
              <br />
       <b>Vous connaissiez bien cette partition.</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Absolument. Je l'ai souvent dirigée étudiant, en tant qu'assistant. Je la connais bien mais le problème posé n'est pas tant musical qu'humain. Après dix ans, je ne suis plus la même personne ni le même musicien. Il fallait donc totalement reconsidérer l'œuvre.       <br />
              <br />
       <b>Connaissiez-vous déjà l'orchestre de l'opéra ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Oui ! Je suis venu ici dans les mêmes conditions il y a deux ou trois ans pour remplacer au pied levé le chef pour une &quot;Cenerentola&quot; à Garnier - il s'agissait déjà de l'orchestre qui va travailler avec moi pour &quot;Le Barbier de Séville&quot; en février.       <br />
              <br />
       <b>Vous travaillez donc avec deux formations distinctes. Une pour &quot;Werther&quot; et une pour &quot;Le Barbier&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Oui. L'orchestre pour ce &quot;Werther&quot; avait aussi travaillé avec moi pour &quot;Les Capulet et les Montaigus&quot; dans le passé. Encore un remplacement de dernière minute (il rit). Après ces deux expériences, j'ai commencé à mieux connaître les orchestres de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053623.jpg?v=1454160977" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Aviez-vous une appréhension étant donné ces conditions début janvier ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> C'était en effet une situation particulière. Remplacer Michel Plasson dans cette production historique n'est pas rien. D'un autre côté, j'avais très envie de proposer un &quot;Werther&quot; très lyrique et ce, avec mon expérience de chef italien spécialisé dans le Bel Canto. C'est une œuvre si intéressante du point de vue de l'instrumentation et de l'orchestration. On y trouve bien-sûr beaucoup de poésie et en même temps un vrai caractère dramatique. Nous parlons d'une œuvre inspirée par le Sturm und Drang, c'est-à-dire par les orages des débuts du romantisme. Et c‘est bien ce qu'on lit dans la partition. Massenet utilise beaucoup de nouveaux timbres et combinaisons entre les instruments de l'orchestre.       <br />
              <br />
       Ce ne sera pas le &quot;Werther&quot; français de Michel Plasson car j'en propose un autre que j'espère très intéressant avec cet orchestre et ces chanteurs exceptionnels.       <br />
       En tant que chef, si on connaît son métier - et même si les premiers moments avec l'orchestre peuvent être étranges -, on peut le convaincre de la justesse de ses idées. Que le chef soit jeune ou pas. Quand les musiciens constatent que celui-ci a une conception qu'il sait défendre de la bonne manière et qu'il a un savoir-faire, une relation faite de respect mutuel s'installe. Tout devient plus simple. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053629.jpg?v=1454161193" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Cela se ressent bien de la salle…</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Cet orchestre est magnifique et me suit merveilleusement. Je suis arrivé avec mes tempi, mes dynamiques, ma conception personnelle de l'œuvre. Dès que nous l'avons répétée en entier pour les réglages scène-orchestre, tout le monde a bien compris où je voulais en venir et ce qu'était ma vision.        <br />
              <br />
       <b>Quelle est cette vision ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> La caractéristique la plus importante de &quot;Werther&quot; pour moi est l'orchestration de Massenet avec ses couleurs. Mais aussi les nouveautés du point de vue instrumental comme l'utilisation du saxophone et celle si spéciale des instruments à vent. J'adore également son caractère dramatique. Certes on la considère comme musicalement très française. Je pense quant à moi que sa dramaturgie doit être particulièrement soulignée.        <br />
              <br />
       Dans le répertoire italien, il est plus de situations dramatiques que musicales et j'ai cherché - non un compromis - mais une vision où les deux puissent coexister : les couleurs de l'orchestration française et la dramaticité italienne. Ainsi il me semble qu'on peut donner plus de fluidité musicale et dramatique avec quelques tempi un peu plus rapides (que ceux choisis par Plasson, NDLR) ou que la mort de Werther peut être encore plus tragique d'un point de vue instrumental. Et je laisse beaucoup de liberté aux vents par exemple, je les laisse chanter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053640.jpg?v=1454161732" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
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      <b>Vous dirigerez &quot;Le Barbier de Séville&quot; de Rossini dans quelques jours à Bastille. C'est un de vos compositeurs de prédilection ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> C'est un des compositeurs phare de mon répertoire avec Bellini et Donizetti. Je suis né et j'ai commencé avec le Bel Canto. Il m'a ouvert les portes des grandes maisons lyriques dans le monde entier. Je suis vraiment ravi de travailler avec une si belle équipe artistique à Paris pour ce &quot;Barbier&quot; et j'attends la première (le 2 février, NDLR) avec beaucoup de plaisir.        <br />
              <br />
       <b>Cela ne va pas être trop difficile de conduire deux opéras en même temps ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Si, naturellement. Il faut savoir contrôler son énergie, bien manger et bien dormir. Et être trois ou quatre heures dans sa loge avant la représentation pour travailler la partition et méditer. Cela ira (il rit). Je me sens si privilégié de travailler ici à Paris.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Interview réalisée le 28 janvier 2016.</span>       <br />
              <br />
       Prochaines représentations.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Vendredi 29 janvier, lundi 1er et jeudi 4 février 2016 à 19 h 30.</span>       <br />
              <br />
       Opéra national de Paris, Place de la Bastille, Paris 12e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Werther&quot; (1892).</b>       <br />
       Musique : Jules Massenet (1842-1912).       <br />
       Livret : E. Blau, P. Milliet, G. Hartmann d'après Goethe.       <br />
       En français surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 10 avec deux entractes. 
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     <br style="clear:both;"/>
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      Giacomo Sagripanti, direction musicale.       <br />
       Benoît Jacquot, mise en scène.        <br />
       Charles Edwards, décors et lumières originales.       <br />
       Christian Gasc, costumes.       <br />
       André Diot, lumières.        <br />
              <br />
       Piotr Beczala, Werther.       <br />
       Elina Garanca, Charlotte.        <br />
       Stéphane Degout, Albert.       <br />
       Paul Gay, le Bailli.       <br />
       Elena Tsallagova, Sophie.       <br />
              <br />
       Orchestre de l'Opéra de Paris.       <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine.       <br />
       Chœur d'enfants de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-retour-de-Werther-a-Bastille_a1532.html</link>
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